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Heroes S208 - Four months ago…

Heroes Saison 2 Episode 8
Réalisé par Greg Beeman, écrit par Tim Kring
Appréciation : ***

« Shall we save the world ? »

Comme la saison dernière, et comme dans beaucoup de série d’ailleurs, Heroes nous propose un épisode flash back relatant les moments marquants, et attendus par le spectateur que je suis, entre la fin de la première saison et le début de la deuxième. L’épisode se place idéalement après la révélation incroyable de l’épisode précédent et la rencontre inattendue entre Peter Petrelli et Adam Monroe. C’est aussi un épisode moins éprouvant car le précédent était une fuite en avant quasi-frénétique et portant définitivement bien son nom : Out of Time.

En dehors de quelques surprises (la présence de D.L), Four months ago n’apporte au fond pas de révélations fracassantes ni de nouvelles connexions entre le personnages. La fonction de cet épisode est tout autre : il sert à mettre la lumière sur plusieurs zones d’ombre de la saison, une manière d’étoffer les motivations des personnages, raconter leurs (tristes) destinées et maintenir l’intérêt du spectateur.

Ainsi, nous découvrons les débuts de la cavale morbide de Maya et d’Alexandro et la convalescence de Nathan après son envol avec son frère. L’épisode s’attarde aussi sur D.L, Micah et Niki. Cette dernière rencontre Bob qui propose de jouer cartes sur table au sujet du danger qu’elle peut représenter pour sa famille. Le bonheur semble toutefois à leur porte, toujours dans le secret, mais unis, même si Micah évoque son envie qu’ils deviennent une famille de héros, « the fantastic four… minus one », et même si D.L l’utilise pour son métier. (pompier). Niki est un danger tandis que D.L une chance : tout un pan des conséquences de cette « évolution » de l’humanité nous est raconté.

Le gros morceau, et donc narrativement la raison première de cet épisode, demeure bien la relation naissante entre Peter Petrelli, sorti indemne de son implosion et récupéré par Bob, et Adam Monroe/Takezo Kensei, immortel invincible piégé dans une chambre étriquée à cause du même Bob. Sur fond de fin du monde et, plus important sans doute, de sauvegarde de son frère défiguré, Adam convainc Peter de s’évader. Une entreprise qui sera couronné de succès jusqu’à la poursuite très intelligente avec le Haitien nous ramenant au tout début de la saison : « Restart a new life Peter. ».

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Tout aussi intéressant sont les motivations de plus en plus inquiétantes de la Compagnie. L’ambiguïté de Bob, et son emprise et ses connaissances sur de nombreux protagonistes et sur toute l’histoire, demeure encore très mystérieuse : veut-il vraiment guérir tous les personnages de leur « mal » ? Mais pourquoi alors garde t’il Monroe sous le coude, pourquoi ne délivre t’il pas sa fille Elle de son pouvoir avilissant ?

Ceci nous amène aux deux défauts qui ternissent un peu la bonne tenue de cet épisode à commencer par quelques raccourcis (la femme d’Alejandro le trompant le jour de leurs noces, le destin tragique de D.L). Il est curieux de constater qu’une série en général est une expérience sur la durée où on a le temps de développer des personnages comme jamais ne le pourrait un film et que pourtant, elle est paradoxalement obligée de recourir à certaines ficelles pour tout simplement maintenir la tension et nous captiver. Même des séries « de prestige » (A part peut-être Les Soprano qui n’a jamais cédé à la facilité ou au soap), telle Six Feet Under, n’ont pas évité certains de ces écueils. Dans ces moments, le show est dans une position délicate, risquant de perdre en crédibilité, demandant aux scénaristes de véritables tours de force.
Heroes rentre donc parfois dans cette problématique d’autant plus que la série raconte beaucoup d’histoires qui doivent toutes contenir leur lot de rebondissements. Et notons enfin qu’une seule d’entre elles ne durent au final à peine plus qu’un film… L’approche choisie est d’enrober ces raccourcis par des images violentes et fortes : la rue de Saint Domingue jonchée de cadavres, l’éclaboussure de sang sur le visage de Niki. C’est réussi.

Le deuxième défaut est un personnage : Elle. L’ex Veronica Mars est donc une pétasse au sourire agaçant apportant une touche d’excentricité mal venue. Ses dialogues sont mêmes plutôt nuls au point d’entièrement gâcher la première scène entre Bob et Peter. On pourrait d’ailleurs se demander comment la Compagnie a retrouvé un Peter invisible à peine il a déposé son frère après un long vol de nuit dans New York. Parce qu’il y a pas mal d’hôpitaux à New-York quand même !

Soyons malgré tout optimiste, Elle pourrait devenir plus intéressante par la suite. Le résumé qu’elle fait de sa vie et son baiser « électrique » rappelle un peu l’impossibilité de vivre une vie normale de Rogue dans X-Men. Son pouvoir l’aurait donc rendue instable et le fait qu’elle ne soit pas soignée cache peut-être des choses.

Nous pouvons donc suivre toujours aussi passionnément la série qui poursuit sa réflexion sur le bien et le Mal et l’homme à travers ici la mémoire. Nous sommes, après tout, la seule espèce à nous soucier du passé.

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Fiche IMDB

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