Heroes Saison 2 Episode 6
Réalisé par Jeannot Szwarc, écrit par Adam Armus & Nora Kay Foster
Appréciation : **
« i know you don’t understand me. »
Maya fait trop confiance à Gabriel/Sylar au grand dam de son frère, Mohinder refuse les expérimentations humaines, Bennet parle urkrainien (ou russe), Hiro dévoile son amour, Peter part pour Montréal et Claire nous ennuie.
The Line est réalisé par Jeannot Szwarc qui a une grosse expérience des séries télé américaines mais aussi des superhéros car il est le réalisateur du film Super Girl (et aussi de Les Dents de la Mer 2) ainsi que… de comédies franchouillardes ! La vengeance d’une blonde, Hercule et Sherlock, Les soeurs soleil, c’est lui ! Plutôt que ces comédies insipides, la télévision américaine peut se réjouir qu’il soit revenu à ses premiers amours après sa période faste de réalisation de séries dans les années 70.
Pour cet épisode, les scénaristes ne l’ont cependant pas vraiment gâté. Chacun des protagonistes va donc franchir la ligne de Claire et son père, chacun de leur côté, à Hiro et Maya.
Et donc oui Claire nous ennuie. Son intrigue d’humliation de la pom pom girl hautaine est nulle et téléphonée, à peine drôle. On est loin du « great power, great responsability ». Ses états d’âmes auprès de son petit ami après leur sordide forfait sont déplacés. Rien à sauver à part éventuellement une scène de chute, l’utilisation du pouvoir de Claire étant toujours amusant, et le fait de constater que le mensonge reprend ses droits chez les Bennet mais nous l’avions déjà vu dans les deux derniers épisodes.
La plupart des autres intrigues sont plus convenues mais bien mieux écrites. En dévoilant son amour, Hiro pense mettre en péril le « continuum espace temps ». S’en suit une double trahison autour du triangle amoureux. Kensei résume très bien la douleur issue de ce triangle amour : « First, you showed me that I can be harmed by no weapon and then you cut me deeper thant any blade possibly could ». Il faut reconnaître que l’amour de Hiro et son sérieux le rende un peu moins attachant.
Mohinder, quant à lui, nous en apprend plus sur Monica qui a la « mémoire musculaire absorbante » et s’oppose à l’autorité de la Compagnie et du toujours aussi mystérieux Bob (Stephen Tobolowky est délicieusement ambivalent). Rien de bien original malgré une évocation d’un personnage menaçant, Adam Monroe (le tueur ?), et la formation imposé par la compagnie d’un duo inattendu.
Les deux autres histoires sortent plus du lot. A Odessa, nous rencontrons l’homme que fut Noah Bennet face à son mentor maintenant devenu un ennemi au service de la compagnie : un agent implacable. Le coup de téléphone à Claire en plein interrogatoire est ironique et glaçant. Il accentue le caractère inhumain de cette torture mentale autour de ce qui nous touche le plus : la famille. Avec ses plans de travers en contre plongée, la tension persiste tout au long des séquences entre Bennet et son mentor, Bennet face à son passé et ses forfaits (dont la mort d’un certain « liquid man » ?)
Notons ce côté paradoxal : le Haïtien peut enlever des souvenirs précis mais justement ne pas les « récupérer », un pouvoir difficile à cerner mais jouissif.
Enfin, l’attraction entre Maya et Sylar malgré les fortes réticences d’Alejandro est assez classique. Mais l’attraction est malsaine comme si Maya était attiré par le côté obscur. Totalement affaibli, il est même malmené par Alejandro, Sylar a la beauté du diable et demeure tout aussi dangereux et fascinant. Son monologue où il dévoile ses desseins est terrifiant.
Bien que disposant toujours de nombreux bons moments et de cliffhangers toujours aussi bons, The Line est le moins bon épisode de la saison avec des intrigues aux enjeux plus convenus ou déjà évoqués. Par exemple, si la projection de Peter est assez bluffante, elle a en effet déjà été évoquée dans l’épisode précédent. Mais, plus inquiétant, toute une intrigue est ratée ce qui est plutôt rare et même inattendu. Espérons que ce n’est qu’un accident de parcours et que la menaçante grève des scénaristes à Hollywood ne jouera pas trop en défaveur de cette fabuleuse série.




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