Non, The New Adventures of Old Christine n’est pas le retour de la fameuse voiture hantée sortie du cerveau de Stephen King.
Il s’agit néanmoins d’un retour, celui de Julia-Louis Dreyfus, héroine de la série Seinfeld, dans un sitcom.
La série, débutée en 2006, en est déjà à sa quatrième saison. Ce qui devrait être en soi un gage de qualité.
Il est souvent difficile pour des comédiens ayant incarné des rôles mémorables, des personnages remarquables par leurs caractères, et sur le très long terme – pour Seinfeld, neuf saisons, 180 épisodes – de se reconvertir.
Certains, il est vrai, font logiquement le choix d’en rester là. C’est le cas de Jerry Seinfeld lui-même, qui, incarnant son propre rôle dans sa série, a préféré se reposer sur son tapis de millions, pour se contenter de participer à des doublages de dessins animés et à des publicités extrêmement rémunératrices.
Différemment, on peut écouter Jason Alexander dans un extrait bonus d’un des DVD de Seinfeld (il s’agit en en réalité d’un extrait tiré de Curb your enthusiasm) expliquer à Larry David combien il lui a été impossible de trouver un rôle intéressant suite à l’arrêt de la série, son personnage, George Costanza, l’ayant trop imprégné.
On pourrait dire la même chose pour James Gandolfini dans le rôle de Tony Soprano.
On en vient à se demander si le talent et le travail de ces acteurs, si exceptionnels, ainsi que la chance d’être tombé sur un rôle très élaboré, ne les ont pas finalement desservis, en les attachant trop à leur personnage.
C’est à mon sens le même syndrome qui a touché Julia-Louis Dreyfus pour le rôle d’Elaine Benes dans Seinfeld.
Il lui a donc fallu trouver une parade, ce qu’elle a réussi à faire, avec succès : en créant une nouvelle série reprenant les caractères essentiels de son ancien personnage, accentués avec l’âge, et se déroulant autour d’éléments extérieurs adaptés à l’époque de sa vie actuelle.
Christine Campbell est donc une Elaine Benes de la quarantaine. Divorcée, un enfant, propriétaire d’un club de sport.
On pouvait sentir la névrose d’Elaine Benes se développer dans les dernières saisons de Seinfeld. On la retrouve ici, omniprésente. Et toujours là, aussi, cette manie de se compliquer la vie, perdurer dans ses erreurs, et gâcher des opportunités.
Il n’est pas étonnant de voir Andy Ackerman, déjà producteur et réalisateur de Seinfeld, encore une fois aux manettes.
Le thème de la série ne va pas chercher bien loin. C’est la vie quotidienne de Christine, à travers sa recherche d’une certaine paix intérieure, d’un équilibre, et d’un nouveau compagnon.
Un peu irritant est l’épisode où Christine prend activement part à une action de discrimination positive dans l’école de son fils, trop « blanche » à son goût. Mais à part ce numéro trop politique et pénible, les intrigues sont convenues et classiques, sur les rapports humains des protagonistes.
Vous aurez compris que les aventures de Christine ne sont pas forcément destinées au public de Heroes ou de The Big bang Theory.
On vise ici l’américaine moyenne de la quarantaine, pour partager ses soucis et états d’âme.
Y aurait-il un rapport, à part ce désespoir, avec Desperate Housewives? Aucun. Déjà dans le format, réduit ici de moitié (20 minutes). Surtout, Old Christine a beaucoup moins d’ambition que DH, dans la réalisation et les intrigues. Et il s’agit avant tout d’une série comique, alors que DH explore bien plus de facettes scénaristiques.
Et, en effet, on rigole pas mal. Les dialogues sont fins, réussis. Les acteurs secondaires plutôt bons.
Le problème de Old Christine est finalement celui de toutes les séries : le renouvellement réussi des intrigues. On passe ici d’un souci quotidien à un autre. Est-ce suffisant pour nous retenir?
The New Adventures of Old Christine est-elle une série réussie? Oui. Mais il faut se sentir un minimum concerné, s’identifier à l’héroïne, pour passer les premiers épisodes et devenir un habitué du show.
Sans quoi, vous passerez un bon moment, tout en ayant le risque que la lassitude vous gagne rapidement.
Attention, le texte suivant relate des évènements survenus dans l’épisode 4 de la saison 2 de la série télévisée Prison Break. Il contient donc des spoilers.
Le Premier évadé se fait attraper
John Abruzzi (le mafieu) se fait tuer par le FBI alors qu’il cherche à se venger de sa balance. C’est la seconde fois qu’il est trahi, l’indice donné par ses « amis » pour retrouver sa balance étant un simulacre pour qu’il plonge à nouveau.
En tant que membre important de la mafia, Abruzzi avait l’avantage, par rapport aux autres évadés, d’un réseau organisé pour parvenir à s’échapper, mais ce milieu comme nous le constatons est à double tranchant.
Péripéties de parcours pour deux autres évadés
Tweener (David Apolskis) continue son voyage en auto-stop vers l’Utah. On croit longtemps qu’il va être dénoncé par sa conductrice qui paraît avoir des soupçons à son encontre, mais finalement celle-ci craque pour lui!
T-Bag perd bêtement sa voiture dans une station-service, et, alors confronté à des policiers, s’en sort limite. Il reçoit l’aide inespérée d’un passant en se faisant passer pour un vétéran d’Irak (ce qui explique l’état de sa main). Mais son instinct lui joue des tours quand il tente de séduire la fille de son protecteur, une pré-adolescente. Celle-ci réagit justement et prévient son père. T-Bag le tue et s’enfuit avec la voiture.
Le Thème en exergue: l’instinct dévastateur
Abruzzi cède à sa volonté destructrice de vengeance, et T-Bag à sa perversité sexuelle.
Le Captain Bellick se fait avoir par la copine de Michael à cause de son obsession sexuelle (elle lui subtilise son couteau et aide ainsi ses comparses à s’évader).
Les Héros
De nouvelles péripéties dans cet épisode pour Michael et Lincoln qui tiennent en haleine, et ce dès le tout début avec une course-poursuite très sympathique.
Reprise de contact entre le héros et l’héroïne (Sara, pas la drogue – la drogue, c’est pour Sara). Ca se passe au téléphone et c’est vraiment peu enclin à une suite très crédible pour le scénario, vu que tout les sépare à présent, mais Michael se laisse aller et dévoile ses émotions, c’est assez poignant.
Michael apparaît un peu en retrait dans cet opus mais est toujours aussi chanceux et efficace.
Les Ennemis
Le FBI avance lentement et réunit des éléments importants pour la suite. Notamment le disque dur de Michael qu’il a balancé dans la rivière avant son entrée en prison.
L’inspecteur psycho du FBI fait très bonne impression face à Abruzzi (excellent personnage et acteur très crédible dans le rôle).
Captain Bellick et son copain gardien de prison semblent HS à présent maintenant que Michael et Lincoln s’en sont débarassés.
Mention spéciale à Lincoln Burrows
Globalement peu charismatique dans toute la série par rapport à son frère Michael, je l’ai trouvé très bon dans cet épisode, réactif, entreprenant et efficace. Il va peut-être prendre du relief dans la suite des évènements.
Crédibilité de l’intrigue
La série ne gagne pas en crédibilité: Bellick décide de partir à la recherche du trésor de 5 millions de dollars au lieu de se contenter de la prime de capture de Michael et Lincoln. La manière dont ces deux héros s’en sortent encore une fois et l’histoire de T-Bag avec les policiers est irréaliste.
Il y a bien une volonté délibérée des scénaristes de multiplier les situations à risque quitte à perdre notablement en crédibilité lors de leurs résolutions.
Prochain épisode
Il sera sûrement assez semblable à l’actuel. On devrait suivre Tweener et revoir Sucre et C-note… on verra si Michael et Lincoln ont de nouvelles surprises sur la route ou bénéficieront d’un court moment de calme, ne serait-ce le temps d’un épisode.
Généralités
Alors que le thème directeur de la saison 1 était le darwinisme, ce qui semble logique car se passant en prison, le thème directeur de cette saison 2 semble être celui de la dualité entre instinct et raison. L’instinct étant ce qui pousse à agir les divers évadés non héros (C-note veut revoir sa famille, Sucre sa copine, T-Bag est guidé par sa perversité), et c’est souvent ce qui les a menés en prison.
Au contraire Michael et Lincoln ayant été enfermés par erreur ou à dessein, sont plus rationnels et équilibrés, même si quelquefois l’instinct reprend le dessus (sauver Burrows Jr dans le palais de justice par exemple) et les remet en danger.
Pourquoi cette série marche
Les héros sont beaux, intelligents, victimes et rebelles, téméraires, et dotés de grandes valeurs morales (Michael veut sauver son frère, Lincoln essaie de sauver le gardien de prison dans l’épisode 107). Ils donnent envie de s’y identifier. Même les pervers peuvent se voir dans T-Bag. Il y en a pour tout le monde.
L’héroîne est belle et brillante, tout en ayant des failles, elle est touchante.
Les méchants sont très méchants.
L’intrigue principale (sauvetage du frère) est hautement morale, basée sur la témérité et l’abnégation.
Les scénaristes n’hésitent pas à changer les intrigues, en abandonnant la piste des juristes (Véronica et Nick Savrinn meurent) pour pouvoir suivre les différents évadés plus pleinement. C’est judicieux.
Les autres séries
Alors que des séries comme Lost ou Desperate Housewives fédèrent par leur côté « bulle », microcosme (l’île,Wisteria Lane) et fonctionnent en cercle fermé, en outre elles ne prêtent pas facilement à identification (pour les hommes dans Desperate, et les personnages de Lost sont trop tarabiscotés).
Prison Break fonctionne aussi en circuit cloisonné du moins dans la saison 1 (la prison), et surtout met en scène des héros stéréotypés, à l’ancienne. C’est la plus-value de la série.
Le cas de The Sopranos (série chère à mon coeur) est particulier, car ne prêtant pas à identification, mais l’intrigue, basée sur la psychanalyse de Tony Soprano, est tellement originale et bien ficelée que l’on s’y attache.