La saga Indiana Jones : les ennemis

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Il est convenu de dire qu’un bon film d’aventure est rarement sans méchants, de même qu’un film d’aventure est bon quand les méchants sont réussis. Les mauvais sont légions dans Indiana Jones, du simple soldat nazi au prince indien en passant par un singe espion. Et il n’y a que rarement de l’ambivalence chez ces hommes et ces femmes. C’est la quête de pouvoir, la cupidité, la méchanceté même qui sont leur moteur.

Compte tenu de cette volonté de domination, de l’époque (les années 30), et du côté sérial parfaitement assumé, l’ennemi principal des Jones devient l’Allemagne nazi. Le pays est vu comme le symbole du Mal faisant passer Hitler comme particulièrement féru de mysticisme et de légendes anciennes. Dans les épisodes un et trois, Indiana Jones cassera donc du nazi, des soldats par dizaines, des tortionnaires et des collabos jusqu’à pénétrer au coeur de ses terres et rencontrer Hitler lui-même lors d’une séquence mémorable de dédicaces ! Les gamers se souviennent certainement du jeu adapté du troisième épisode offrant la possibilité alléchante de frapper Hilter dans la même situation que le film (avec cela va sans dire une issue funeste mais bon on doit mourir environ mille fois avant de finir ce jeu).

Dans cette lutte entre le Bien et le Mal, c’est évidemment le Bien qui triomphe face à des forces maléfiques toujours plus mauvaises et égoïstes. Leur chute est alors souvent aussi cruelle qu’eux. La réalisation laisse autant de place au gore, avec découpage à l’hélice et mort au rouleau compresseur quand on est tout simplement pas avalé par les crocodiles, qu’à l’ironie.

Les ennemis d’Indy meurent donc souvent sauvagement. Même le singe mourra empoisonné ou même la belle Elsa Schneider (voir l’article sur les femmes d’Indiana Jones) tombera, victime comme les autres de sa soif de puissance, l’archéologue qui ira trop loin dans la cupidité comme Bellock (ou Satipo).

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Satipo (Alfred Molina)

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Bien qu’apparaissant seulement quelques minutes dans les Aventuriers de l’Arche perdue, il est important de l’évoquer brièvement car on peut considérer Satipo, et sa bande, comme le premier ennemi d’Indiana Jones ou le premier traître. Alors qu’un de ses acolytes tente déjà d’abattre Indiana Jones dans le dos, il reste lâchement avec lui jusqu’à le suivre dans les ruines menant à l’idole. Bien qu’Indiana Jones lui sauve plusieurs fois la vie en quelques minutes, il l’abandonne tout aussi lâchement à son sort une fois l’idole entre ses mains. Une grossière erreur puisqu’il mourra abominablement au premier piège ! Nous apprenons que même si Indiana Jones n’a pas son pareil pour se fourrer dans des situations désespérantes, il convient de quand même rester à ses côtés si on veut sauver sa peau ! La trahison se paye toujours le prix fort.
Notons dans le rôle l’acteur Alfred Molina dans une de ses toutes premières apparition au cinéma.

Dr René Belloq (Denholm Elliot)

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René Belloq est un français qui pactise avec les nazis, un vrai collabo ! Ce n’est évidemment pas ce qui intéresse Steven Spielberg. René Belloq est surtout un homme se donnant tous les moyens possibles pour parvenir à ses fins en se faisant passer pour un prophète auprès de la tribu ovitos ou donc de collaborer avec les nazis pour trouver l’Arche d’alliance.
La réussite de ce méchant réside notamment dans son embarrassante supériorité qu’il puise dans son manque de scrupules et une grande confiance en lui : « Il n’y a rien que vous ne possédiez dont je ne réussisse à m’emparer. ».
Et comme Indiana Jones, Belloq est un archéologue de terrain habité par la même passion qui vaut largement celle du héros. Ses discours exaltés sur l’Arche jettent même le trouble sur les motivations d’Indiana Jones. Face à l’élégance et la non violence de Belloq, Indiana Jones avec son revolver, son fouet et sa chemise couverte de poussière, tue sans beaucoup de discernement et prend des allures de pilleur de bas étage. Il en vient à décider de faire sauter l’Arche plutôt que la remettre aux mains de Belloq et des nazis et c’est donc Belloq qui sauvera avec talent l’Arche de la destruction en convaincant le professeur Jones de ne pas la détruire.
Enfin, Belloq fait preuve d’humanité à plusieurs reprises particulièrement face aux nazis qu’il doit supporter pour trouver son trésor ou lorsqu’il croit séduire Marion en lui offrant une robe. Devant cet adversaire hors norme, Indiana Jones n’aura comme solution que de le laisser succomber à son arrogance tandis que lui choisira l’humilité lors de l’ouverture de l’Arche face aux forces divines.

Major Arnorld Toht (Ronald Lacey)

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Toht est peut-être le méchant le plus emblématique de la série. Son visage terrifiant et sa calvitie suante font de lui un nazi tortionnaire à l’image de la laideur du dictateur en plus malsain. Son entrée dans le bar de Marion Ravenwood, alors qu’il ne semblait qu’une simple menace dans l’avion conduisant Indy au Népal, révèle une voix viciée, un sourire fourbe et une cruauté sans véritable finalité. Toht EST le Mal dont la seule présence inspire la crainte et le dégoût à tel point qu’il est à l’origine d’un gag imprévisible, celui du cintre. Et il est amené et joué si sérieusement qu’il transcende son côté idiot sur le papier, un vrai gag-miracle.
Choisi par Spielberg pour sa ressemblance avec Peter Lorre, l’interprétation de Ronald Lacey fait date et, comme Denholm Elliot, est un modèle dans ce genre de personnage. L’acteur apparaîtra très brièvement dans le troisième épisode dans le rôle de Himmler !

Mola Ram (Amrish Puri)

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Celui qui a vu Indiana Jones et le temple Maudit a sans doute encore en mémoire de nombreuses séquences d’anthologie. Mais c’est peut-être la main extirpant le coeur encore battant de la poitrine d’un homme sur le point d’être sacrifié qui est la scène la plus marquante. C’est ainsi que nous découvrons Mola Ram sorte de sorcier ou de prêtre indien au pouvoir absolu et rêvant de dominer le monde par la découverte des pierres de Sankara. Indiana Jones est donc opposé à un mégalomane cupide ET terriblement cruel souhaitant être respecté comme un Dieu, entouré d’esclaves dont il dispose comme il l’entend jusqu’à s’en servir comme de projectiles sur Indiana Jones accroché au pont suspendu qui s’effondre ! Et plus terrifiant encore, il parviendra à soumettre Indiana à son contrôle grâce au pouvoir de ses potions maléfiques.
Dans ce deuxième épisode bien plus noir que le premier, Mola Ram incarne donc une sorte de démon et tous les autres méchants ne seront que des serviteurs ainsi le maharadjah, encore enfant, et Chattar Lal son tuteur lettré. Ce personnage, au crâne chauve, dans la pénombre et la fureur rappelle Marlon Brando dans Apocalypse Now. Ce n’est pas un hasard : face à lui, Indiana Jones est bien au coeur des ténèbres.

Walter Donovan (Julian Glover) et Vogel (Michael Byrne)

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Dans Indiana Jones et la dernière Croisade, les deux méchants sont comme des figures atténuées du premier épisode. Donovan est une sorte de Belloq avide de trouver le Graal et d’accéder à la vie éternelle, trouvant avec les nazis un moyen de parvenir à ses fins, tandis que Vogel « remplace » Toht dans le rôle du tortionnaire en plus brutal et aryen. A leur décharge, leur importance est mineure face à Elsa Schneider complète un trio inattendu de méchants tandis que la relation avec le père détourne les enjeux du film vers une quête du père. Moins mémorables nécessairement mais sans être inutiles : les figures imposées sont bonnes avec de belles mises à mort : un vieillissement accéléré pour Donovan et une poursuite en tank trépidante jusqu’à la chute pour Vogel.

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Par Pascal
Commenter17 mai 2008
Catégories : Articles, Cinéma, Indiana Jones


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