Volt est un chien adopté par la petit Penny. Ils deviennent tout deux des vedettes d’une série d’action télévisée à succès où Volt est un chien doté de super pouvoirs, protecteur de Penny. Mais Volt croit dur comme fer qu’il est vraiment super chien, les producteurs faisant tout pour qu’il en soit ainsi. Ces derniers poussant le réalisme trop loin, Volt finit par se retrouver livré à lui-même à des milliers de kilomètres d’Hollywood…
Deux qualités sortent Volt de l’ordinaire : la première peut paraître anodine mais suffisamment étrange pour que ce ne soit pas une coïncidence. L’agent de Penny et Volt est un personnage cynique très drôle. Surtout, il a des faux airs de Barney Stinson. Ce n’est pourtant pas Neil Patrick Harris qui prête sa voix mais Greg Germann, avocat cupide d’Ally Mc Beal qui, à bien y réfléchir, pourrait d’ailleurs un parent de Stinson. Et les célèbres expressions de Barney jalonnent le film à plusieurs reprises : « legendary », « wait for it », « true story », « awesome ». Que ce soit les auteurs, les réalisateurs ou les producteurs, certains d’entre eux doivent être fan du sitcom How i met your mother.
La deuxième est le dessin. Les décors d’arrière-plan sont inspirés des peintures d’Edward Hopper. Dès le début, à travers le reflet d’une vitre de magasin, nous devinons le style du peintre. Plus qu’une source d’inspiration, on ressent comme un véritable hommage, les dessinateurs reprenant directement des éléments de ses peintures : la station service, des maisons, toute cette verdure. Dès lors qu’on n’est moins absorbé par l’histoire, on peut toujours s’enthousiasmer par les aspects visuels du film et l’ambiance qui en ressort.
Pour le reste, Volt est moins original. Le déroulement de l’histoire est plutôt bon surtout lorsque Volt découvrent que ses super pouvoirs n’en sont pas mais qu’il peut être super quand même. A ce titre, l’épisode de l’incendie est bien amené et émouvant. Mais bien que rythmé, je n’ai pas accroché à toutes les péripéties. La caractérisation des personnages, surtout Volt, est plutôt sommaire et la voix de John Travolta peine à faire passer l’émotion comme l’humour. C’est d’ailleurs dans les moments où le chien ne parle pas qu’il est le plus attachant. On peut faire les mêmes remarques pour la chatte Mittens, auquel Susie Essman (habituée des séries télé) prête sa voix sans briller alors que le design du personnage est particulièrement réussi.
Le film conserve quand même de très bons moments. Même si le film n’a pas tout misé sur l’humour débridé, il fait parfois rire franchement, notamment grâce au cochon d’Inde accompagnant Volt et Mittens dans leur route vers Los Angeles. D’autres personnages sont tout aussi amusants comme les pigeons, très bien croqués, et les autres chats acteurs hélas sous-employés. Et il reste le côté émotion que Disney semble parvenir à distiller dans tous ses dessins animés quelque soit sa qualité. Le début du film, où Penny choisit Volt dans un chenil est un modèle : en dix secondes, je suis ému. Ce que Disney peut faire avec une carotte qui fait du bruit est assez prodigieux. Volt, c’est le savoir faire de Disney et l’expérience de Pixar, sa patte, que John Lasseter veut mêler. Sans bouleverser le cinéma et en étant en dessous des productions de la maison Pixar, cette première sortie est encourageante. Volt n’est pas un film de qualité ordinaire mais plutôt un film ordinaire de bonne qualité. On passe donc un bon moment.
Vu le 1/12/2008 à l’UGC Orient Express salle 1 en VO
En se fumant un joint tranquillement, Dale Denton assiste à un meurtre. Pas de bol, l’assassin est le boss de son (gentil) dealer.
Délire Express est une comédie d’action. Le scénario efficace, plus étoffé qu’un scénario prétexte, a le soucis de la continuité et du gag réussi. Ainsi, le film est toujours bon esprit, jamais ennuyeux. On ne rigole pas toujours mais quand on rigole, c’est très fort. Dans une salle de cinéma, c’est plutôt euphorisant surtout que Délire Express ose beaucoup de choses de l’assez facile mais toujours drôle (le beau papa à la gachette facile) au plus gonflé (la vente de drogue aux mineurs sans véritable conséquence).
A travers les personnages immatures de Seth Rogen et ses compères, on va plus loin que l’histoire du gars ordinaire à qui il arrive une histoire extraordinaire car leurs repères, notamment cinématographiques, sont vraiment les notres, ceux des 20-40 ans : On cite Jude Law et Jeff Goldblum et les personnages, souvent défoncés, tirent comme dans les John Woo (même à la mitraillette !) et se battent n’importent comment. Ainsi combien de fois me suis-je dit lors d’une poursuite en voitures : »Mais pourquoi ne freine t’il pas ? » et dans Délire Express, on tente tout simplement le coup avec une conséquence hilarante et finalement prévisible. C’est peut-être la réussite majeure de Délire Express : l’art subtil s’intéresser au détail réaliste dans des circonstances invraisemblables
Face au jeune premier James Franco, ici sale et décalé, Seth Rogen joue le gars ordinaire si bien qu’on se demande s’il n’est pas la même personne dans la vie. Sa crédible normalité, pourtant souvent mise à mal (il est plus drôle et immature que nous et flingue facilement) et sa sincerité nous font vraiment entrer dans le film. Délire Express a également le soucis de ses seconds et troisièmes rôles. On retrouve par exemple Bill Hader le temps d’une scène aussi drôlissime qu’absurde (mettant en scène des scaphandres). Le super méchant et les chinois semblent plus conventionnels mais ils sont caricaturaux à l’extrême. Plus inattendu, le réalisateur David Gordon Green développe les hommes de main en les inscrivant également dans la vraie vie, limite vie de bureau, l’un d’eux étant par exemple toujours pressé de rentrer dîner en famille.
Cette réunion de talents et d’histoires débridées se retrouve dans des excellentes comédies aussi diverses que 40 ans toujours puceau, Superbad, Frangins malgré eux, Sans Sarah rien ne va ou Rien que vos cheveux. Le point commun est Judd Apatow. Producteur, réalisateur, scénariste, et grand fédérateur, il chapeaute les meilleures comédies américaines du moment. Ses productions constituent un peu le Pixar du comique. Et Délire express maintient le niveau très haut.
Wall-E est sorti et a émerveillé le monde entier (notons que son succès est moindre que Kung-fu Panda). Il est maintenant temps de s’intéresser à la suite des aventures de Pixar. Et comme on dit : « And Now, something completely different ». Et on obtient Up : c’est l’histoire d’un homme qui voyage avec un boy-scout à bord de sa maison transformée en une sorte de montgolfière. Dit comme ça, c’est évidemment étrange. Et assez génial, Up continue de prouver la créativité et les paris audacieux de Pixar alors qu’il ont accéléré la cadence avec un film par an.
Up est réalisé par Bob Peterson, « vétéran » de Pixar qui débute dans la réalisation, et surtout Pete Docter, scénariste de Wall-E et réalisateur de Monstres et compagnie, mon préféré, encore et toujours. Même si l’effet de la bande annonce, très amusante, est moindre que le premier teaser de Wall-E, c’est peu de dire que j’ai très hâte de découvrir l’été prochain ce Up.
Enfin, je vois Wall-E. Nous n’avions vu d’abord que des images de Wall-E puis EVE puis quelques publicités de BuynLarge. Au delà de ces images poétiques, il fallait bien raconter quelque chose. Andrew Stanton divise son film en deux parties qu’il lie essentiellement par l’amour inconditionnel de Wall-E.
Autour de ce couple, il y a le néant, terrestre en premier, puis humain. Reprenant le thème de l’homme seul dans son monde appliqué à la machine, le réalisateur du Monde de Nemo décrit d’abord le quotidien drolatique et plus ou moins vain du robot Wall-E devenu sensible à force de visionner, 700 ans durant, une comédie musicale (Hello Dolly). L’arrivée d’EVE depuis les étoiles et surtout son arrêt momentané sont d’une poésie rare, difficile d’y voir du tire-larme facile.
La deuxième partie est génialement absurde avec la compagnie buynlarge remplaçant ACME. On se retrouve comme plongé dans l’univers de Tex Avery qui nous présentait la maison de demain. Suivant les sensibilités, on pourra y trouver un message écologique, ce que le réalisateur rejette, aussi bien qu’une farce comme l’injustement boudé Idiocracy (tout ceux qui l’ont vu autour de moi ont pourtant aimé).
Le bestiaire robotique est un peu un prolongement ce monde absurde, les robots héritant de nos problèmes contemporains pour servir l’homme avec un certain sens de la manipulation. L’inventivité, l’imagination règnent en maître jusqu’à l’apothéose dans l’ « hôpital psychiatrique » des robots ou la découverte de Wall-R. Et comme dans tous les Pixar, le ryhtme est trépidant, les rebondissements, les détails et les références (explicitement 2001) très nombreuses.
Faisons donc simple : Wall-E est un film beau, très beau dans sa première partie et magnifiquement touchant. Après une dizaine de rebondissements, les derniers instants m’ont terrifié jusqu’à ce que les mains s’effleurent. Wall-E est bien cette histoire d’amour éternelle.
J’ai cependant cette impression d’avoir espéré un peu plus. Quand on attend un film depuis plus d’un an il y a toujours cette appréhension que celui-ci ne soit pas à la hauteur de nos espérances même avec un consensus critique et public. De ce point de vue, le succès de Wall-E est indéniable mais similaire aux autres Pixar en terme de recettes avec un engouement critique cependant (encore) plus grand sur ce robot amoureux.
En quelque sorte le film ne sort pas du lot. Rien qu’à dire ça, c’est presque injurieux envers la réussite que constitue Wall-E. Le constat est là : les films précédents de Pixar sont souvent si parfaits et singuliers qu’on en est presque à trouver ça normal d’adorer les films si bien qu’un film très légèrement en deçà comme Cars (ce n’est pas mon avis pour ce film mais visiblement c’est un avis assez commun) est presque considéré comme un échec. C’est aussi ça la rançon du succès.
Devant tant de chef d’œuvres produits par la firme de Disney, il serait aussi indécent que je tente d’essayer de les classer par ordre de préférence. Je ne vais pas le faire maintenant (je me demande par contre si j’en ai pas déjà fait un) mais je crois que c’est toujours Monstres et compagnie mon préféré. L’avenir pour le film est de toute façon radieux car, comme le fait Ratatouille, Wall-E suscite l’émerveillement. C’est ce qu’il y a de plus beau au cinéma.
Nous avons donc en bas de cette page deux affiches de Wall-E, l’une anglophone, l’autre est l’affiche française que nous pouvons voir notamment dans les rues parisiennes. Il n’y a pas tellement de différences mais pourtant le traitement est confondant. Pour tout dire, j’ignore totalement à qui est destiné le tagline « Y’a de l’amour dans l’air » (reprise, idiote, de la chanson d’un des teasers « Love is in the air »). Aux enfants ? Aux parents ? Aux jeunes des cités ? Aux bobos ? Sérieusement, qui peut-être interpellé, touché par cette horrible sentence ? Wall-E est sorti depuis quelques jours aux USA où le film est le plus souvent décrit comme le meilleur film de 2008 ce que j’espérais. Et tandis que l’affiche américaine a tout du rêve, l’affiche française fait preuve d’un désolant simplisme. Voilà comment on traite ce qui pourrait être un chef d’oeuvre.
J’en ai vu des jeux de mots débiles, très très rarement amusants, sur les affiches des dessins animés sortis en France mais celle-ci dépasse les bornes. Et au cas où nous aurions pas compris, il y a un coeur étoilée. Lamentable.
Il est temps que le marketing sur ces dessins animés change, surtout au vu de la qualité de ceux-ci, qui dépasse largement le cadre du film pour enfants de moins de huit ans. En l’état, je méprise les « as » du marketing. Y’a bon banania.
Il est évident que le film que j’attends le plus en 2008 est Wall-E. Ratatouille n’est peut-être pas le meilleur film de 2007 car je n’ai pas vu beaucoup de films cette année mais c’est en tout cas le meilleur film que j’ai vu durant cette période.
Ce n’est pas pour ça que j’attends impatiemment Wall-E. Ce sont les visuels géniaux et un teaser extraordinaire qui m’ont profondément touché. En fait, il y a deux teasers, le premier ici et le second là.