7h58 ce samedi-là

Vu le 8/10/2007 à l’UGC George V salle 6 en VO
Film américain (2007 – Before the Devil Knows You’re Dead) de Sidney Lumet.

Deux frères chacun dans le besoin se décident à cambrioler la bijouterie appartenant à leurs parents, ni vu ni connu. Mais le braquage tourne (très) mal.
7h58 ce samedi-là marquerait pour beaucoup le retour du réalisateur Sidney Lumet sur le devant de la scène avec un film très au dessus du lot. Je serais mal habile de parler moi-même de retour étant donné que je connais que trop peu les plus de 60 ans de carrière du vieux monsieur. Il s’attarde ici sur une tragédie familiale pleine de non dits et de ressentiments

La mise en scène est la vraie star du film
: c’est une mise en scène éclatée comme construite autour des réflexions que se font les personnages se demandant comment ils en sont arrivés là. La vie ne les épargne effectivement pas. Les acteurs, tous parfaits, portent en eux beaucoup d’amertume et des blessures indélébiles. Le film demeure évasif sur les motivations profondes des personnages notamment les relations entre les deux frères et leur père, mais en s’attardant sur la pesanteur de leur présent, c’est tout le poids du passé qui semble perpétuellement refaire surface.
Le braquage apparemment vu comme l’espoir d’une deuxième chance, de rêve d’ailleurs, devient un peu aussi une forme de vengeance. Le drame qui suit le braquage conduit les protagonistes dans une forme de purgatoire où chacun attend son jugement entre ciel et enfer. Presque chacune des situations confinent au pathétique, une des plus terribles et presque drôle étant le départ de la femme d’un des frères, qui trouve encore l’aplomb, car totalement désoeuvrée, de demander de l’argent pour son taxi à son futur ex-mari…
Les ultimes scènes sont enfin dérangeantes : le salut, mis en avant par le tout dernier plan, est accompli par un acte sordide.

A part ce très troublant plan final, tout est donc sombre dans 7h58 ce samedi-là. Aucun personnage n’a vraiment un bon côté : mensonge, adultère, duperie, lâcheté, addiction, faiblesses en tout genre… Lumet a peut-être un peu tendance à s’acharner sur ces frères. Les personnages de l’ex-femme et de la fille de Hank, totalement haineux, marquent vraiment un excès de noirceur inopportun. Il y a des films qu’on dit trop rose bonbon, 7h58 ce samedi-là pêche dans l’excès inverse à se demander si l’histoire elle-même ne s’est pas mise au service de la mise en scène, très réussie malgré tout.
Et plus prosaïquement, l’amateur de chair ne manquera pas ce film s’il veut pouvoir admirer la belle poitrine de Marisa Tomei !

7h58cesamedila.jpg

 Par Pascal     1 commentaire2 novembre 2007    Catégories: Cinéma


Meta

Auteurs

Catégories

Les derniers articles

Archives mensuelles

Liens