Vu le 4/3/2009 Ă l’UGC George V salle 2 en VO
Un jeune couple dĂ©mĂ©nage en Floride. Afin d’attĂ©nuer le dĂ©sir d’enfant de sa femme, Jennifer, le mari, John, lui offre un chien. Ils ne sont pas au bout de leurs peines.
Ma femme l’a donc emportĂ© (comme toujours) et nous nous sommes dĂ©placĂ©s pour ce film avec un chien. On aime ou on n’aime pas le chien. Moi je n’aime pas. Le marketing du film se fondait presque exclusivement sur le chien : Marley fout le bordel dans le garage, Marley sort de la voiture en marche, Marley mange tout et mĂŞme le collier qu’on est obligĂ© de retrouver dans le caca, Marley gambade dans le jardin des voisins, Marley regarde ses maĂ®tres faire l’amour… etc. On revoit les mĂŞmes scènes Ă l’Ă©cran avec pour ainsi dire aucune autre surprise. Kathleen Turner n’apparaĂ®t ainsi qu’une seule fois et guère plus que les images de la bande-annonce qui Ă©taient Ă©videmment les plus drĂ´les. Autant dire qu’un bon tiers du film n’a pas Ă©tĂ© drĂ´le du tout, sans ĂŞtre irritant toutefois vu que j’Ă©tais prĂ©venu.
Heureusement pour moi, et pour tout le monde je pense, Marley & moi est surtout une chronique familiale oĂą Marley opère en tĂ©moin privilĂ©giĂ© des vivissitudes du couple jusqu’Ă sa mort (du chien, oh mon dieu, j’ai dit la fin) soit douze ans et des enfants. Marley & moi est particulièrement centrĂ© sur le mari, le moi en fait, qui tente de trouver sa voie entre vie privĂ©e et vie professionnelle oĂą il devient chroniqueur alors qu’il souhaitait devenir grand reporter comme son ami Sebastian. Marley & moi fait alors plutĂ´t bonne figure dans le genre mĂŞme s’il faut se farcir des horreurs (pour moi) du type « on a supportĂ© un chien, on supportera un bĂ©bĂ© » (je n’ai ni bĂ©bĂ© ni chien mais non ce n’est pas pareil) et des enfants acteurs pas terribles (les garçons surtout). Le film se rĂ©vèle mĂŞme assez inventif le temps d’une sĂ©quence/montage assez vertigineuse oĂą John Ă©grène les titres de ses chroniques.
J’irai mĂŞme jusqu’Ă dire que, passĂ© les gaffes du dĂ©but et quelques moments Ă©pars, le chien Marley n’est pas si dĂ©sagrĂ©able. Il suit les peines, voire les crises, et puis le bonheur de ses maĂ®tres qui sont intĂ©rprĂ©tĂ©s par des acteurs aussi sympathiques que sexy. Je ne louerai jamais assez Owen Wilson. Il nous rappelle ici qu’il n’est pas qu’un acteur andersonnien, ce qui serait suffisamment exceptionnel, mais aussi un comĂ©dien Ă succès, sobre et très touchant. J’ai aimĂ© Marley & moi. Il ne faut jamais dire fontaine comme on dit.

Par Pascal
15 mars 2009 Catégories: Articles CinĂ©ma
Dirt est une sĂ©rie dĂ©butĂ©e en 2007. Deux saisons sont pour l’instant sorties: douze Ă©pisodes pour la première, sept pour la seconde Ă ce jour.
Le personnage principal, Lucy Spiller, est interprĂ©tĂ© par Courteney Cox. Elle campe une rĂ©dactrice en chef d’un tabloĂŻd basĂ© Ă Hollywood, nommĂ© Dirt Now. Perverse, roublarde mais aussi mal dans sa peau, elle centre toute sa vie sur son magazine et son succès dans les kiosques. Ses mĂ©thodes de travail sont extrĂŞmement immorales. Corruption, chantage de cĂ©lĂ©britĂ©s, mensonges, promesses non tenues, tout y passe. Mais elle-mĂŞme arrive Ă justifier son job et son utilitĂ© dans la sociĂ©tĂ©, en rejetant les consĂ©quences nĂ©fastes de ses articles sur les acteurs du jeu; son journal n’Ă©tant qu’un rĂ©vĂ©lateur. Des explications plus « psychologiques » expliquent ce comportement, mais je n’en dirai pas plus.
Les autres personnages sont tout aussi intéressants.
Le second rôle de la série est le photographe paparazzi et ami de Lucy, Don. Il est schizophrène, mais fonctionnel, comme il aime le répéter.
Les autres rôles, en vrac: une jeune et charmante journaliste arriviste, un directeur de publication minable, des acteurs hollywoodiens caricaturaux prêts à tout pour réussir.
Les intrigues de la sĂ©rie sont mĂŞlĂ©es. Contrairement Ă House M.D., certaines trames durent des saisons entières, d’autres sont plus Ă©pisodiques, seulement lĂ pour assurer une couverture d’un des numĂ©ros du magazine de Lucy.
Un peu comme dans Californication, il y a beaucoup de scènes de sexe. C’est normal, c’est Hollywood. 
Il faut poser une question importante maintenant: pourquoi regarder cette série?
On peut dire qu’elle permet de dĂ©couvrir le fonctionnement du micro-système hollywoodien. Car on devine aisĂ©ment que les intrigues sont inspirĂ©es de faits rĂ©els.
Il paraĂ®t impossible de s’identifier Ă un des personnages. Ils sont trop immoraux pour cela. Lucy est proprement dĂ©testable. D’ailleurs, Courteney Cox, avec ses cheveux de corbeau et son visage Ă©maciĂ©, la campe superbement. Seul le photographe, Don, est un poil attachant, parce qu’il souffre, et provoque en nous de la compassion. Il fait bien sentir qu’il n’aime pas son job, mais le fait plus par impuissance de changer que par rĂ©elle mĂ©chancetĂ© ou arrivisme. Plus amoral qu’immoral.
Cela suffit-il Ă regarder Dirt? Ă€ part ces deux raisons, Ă vrai dire rien n’y pousse: son univers comme les personnages, tout y inspire la rĂ©pugnance.
Néanmoins les histoires sont bien construites, intéressantes, et, aussi étrange que cela puisse paraître, on y accroche bel et bien.
Par Jb
8 mai 2008 Catégories: SĂ©ries TĂ©lĂ©vision