Sex and the City
Vu le 3/6/2008 Ă l’UGC George 5 Salle 1 en VO
Il est dĂ©licat de faire une critique sur un film clĂ´turant une sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e que je connais Ă peine, disons que j’ai vu 7 ou 8 Ă©pisodes, d’autant que je n’ai rien du public cible. Ce dernier est aisĂ©ment reconnaissable, il suffisait d’attendre une quinzaine de minutes devant les caisses automatiques de l’UGC George 5 la semaine de la sortie du film. C’est Ă©videmment un public essentiellement fĂ©minin, les quelques hommes perdus accompagnant madame. Elles sont des filles et des femmes se fondant dans cette masse que nous croisons tous les jours dans la rue mais qui, une fois rĂ©unies, forment une classe Ă©tonnamment homogène et en osmose avec les quatre hĂ©roĂŻnes de la sĂ©rie.
Le film Sex and the City semble donc être la conclusion de la série. Les quatre femmes sont plus ou moins installées et vivent fort richement tandis que la dernière des célibataires, Carrie (qui a souvent des tenues abominables), accepte de se marier avec Mr Big. Le jour du mariage ne se passe pas comme prévu. Il faudra alors subir le plus horrible malentendu de la décennie soit :
- Big a des doutes et appelle Carrie qui est injoignable le jour J.
- Big finalement parvient Ă la joindre et lui dit qu’il ne peut pas et s’en va.
- Carrie lâche son tĂ©lĂ©phone au ralenti et s’en va.
- Big change d’avis et retourne Ă la noce (5 minutes, dans le film, plus tard).
- Il croise Carrie en voiture qui lui balance son bouquet Ă la figure et s’en va.
Après, ils ne se parlent et ne se voient plus pendant huit mois. Et finalement, en une seule scène, ils se retrouvent et dĂ©cident de se marier quand mĂŞme. Je viens de raconter la fin, oups. Et après on me dit que le script d’Indiana Jones est mauvais !
Les histoires avec les autres filles sont du mĂŞme tonneau Ă la limite du moralisateur façon : « MĂŞme si tu Ă©tais grosse, on t’aimerait quand mĂŞme. ». Tout romantisme est exclu ou bien trop appuyĂ©. Un nĂ©ophyte peut difficilement ĂŞtre touchĂ© par la vie amoureuse de ces femmes.
Quant Ă la comĂ©die, on rit de temps en temps et tous les acteurs font bien leur travail. On retrouve avec surprise Jennifer Hudson, après Dreamgirls, toujours aussi Ă l’aise Ă l’Ă©cran : son entretien d’embauche constitue la meilleure scène du film et la plus spontanĂ©e. Son personnage, la fille qui vient Ă la City pour trouver le grand amour et finit par le (re)trouver dans sa ville natale, est un joli contrepoint aux hĂ©roĂŻnes.
Devant un tel film, on pourrait donc tranquillement dire qu’il s’agit d’un Ă©pisode version longue, Ă©dulcorĂ© soit dit en passant. Ce n’est pas tout Ă fait vrai. Avec un montage un peu remaniĂ©, Sex and the City correspondrait en fait Ă quatre Ă©pisodes mis bout Ă bout (le mariage ratĂ©, la dĂ©pression, la vie sans Big fois deux qui se clĂ´ture par les retrouvailles). Tout ça pour la modique somme de soixante-cinq millions de dollars lĂ oĂą la production de trois Ă©pisodes en aurait coĂ»tĂ© peut-ĂŞtre quatre. Strictement rien ne justifie Ă l’Ă©cran une telle somme. Certains se sont certainement bien servis au passage, un peu comme dans les BronzĂ©s 3. Dans le genre sĂ©rie rĂ©cente adaptĂ©e Ă l’Ă©cran, on peut dire ce qu’on veut de la qualitĂ© d’une adaptation comme X-Files mais au-moins l’argent Ă©tait un peu dĂ©pensĂ© pour l’image avec de grosses explosions et des images magnifiques.
En dĂ©finitive, Sex and the city semble comme souvent rĂ©servĂ© exclusivement aux fans. Les autres ne trouveront pas lĂ une raison de dĂ©couvrir la sĂ©rie. Et l’amateur de comĂ©die romantique prĂ©fĂ©rera le plus modeste Jackpot, sorti deux semaines plus tĂ´t, et qui est Ă la fois plus drĂ´le et mĂŞme plus romantique.
Par Pascal Commenter5 juin 2008 Catégories: Articles CinĂ©ma
