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	<title>Petit écran &#187; Jean Dujardin</title>
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	<description>Revues ciné et séries TV</description>
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		<title>Lucky Luke</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Oct 2009 12:19:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pascal</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Vu le 21/10/2009 à l&#8217;UGC Normandie Salle 1
Après le récent Petit Nicolas, encore une adaptation du regretté Goscinny. Le Lucky Luke dessiné par Morris a déjà fait l&#8217;objet de plusieurs dessins animés (mon préféré étant la Balade des Dalton) et films notamment le récent et raté Les Dalton avec Eric et Ramzy. Cette fois-ci, c&#8217;est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Vu le 21/10/2009 à l&#8217;UGC Normandie Salle 1</em></p>
<p>Après le récent <a href="http://petit-ecran.org/articles/cinema/le-petit-nicolas">Petit Nicolas</a>, encore une adaptation du regretté Goscinny. Le Lucky Luke dessiné par Morris a déjà fait l&#8217;objet de plusieurs dessins animés (mon préféré étant <em>la Balade des Dalton</em>) et films notamment le récent et raté <em>Les Dalton</em> avec Eric et Ramzy. Cette fois-ci, c&#8217;est le couple James Huth/Jean Dujardin qui relève le défi en racontant la lutte de Lucky Luke pour rétablir l&#8217;ordre à Daisy Town.</p>
<p>La réussite de cette nouvelle adaptation est surtout formelle. De ce point de vue, le film n&#8217;est pas loin d&#8217;être merveilleux : splendides paysages argentins mis en valeur par la caméra de James Huth et son équipe, jouant en virtuose les couleurs et éclairages de son métrage. Les décors de Daisy Town sont aussi réussis, très détaillés et soigneusement usés tout comme les costumes, vieillis avec amour, et imaginatifs, gentiment parodiques parfois (la traîne de Jesse James). James Huth a parfaitement habillé son film. L&#8217;univers de ce <em>Lucky Luke</em> est esthétiquement réussi. Même sans s&#8217;intéresser à l&#8217;action, on ne peut qu&#8217;être qu&#8217;admiratif du travail effectué jusqu&#8217;au effets spéciaux ainsi ce duel où voir dégainer Luke surprend et impressionne. Plaisir des yeux donc. </p>
<p><em>Lucky Luke</em> démarre même plutôt bien. Enfin, pas exactement. Il y a cette première scène qui sonne comme un avertissement : on voit les parents du jeune Luke, père irlandais, mère indienne, se faire abattre par un gang. Avec la montre à musique et ce trauma d&#8217;enfance, on lorgne du côté de Leone mais pas vraiment de Lucky Luke. D&#8217;entrée, Huth nous prévient : Luke sera torturé par le Mal, la vengeance. Sans être un spécialiste de la question, Luke dans la bande dessinée est un monolithe tout en confiance, un sourire ironico-narquois sur les lèvres, souvent amusé comme s&#8217;il connaissait l&#8217;issue de l&#8217;histoire dès le début. Le générique joue d&#8217;ailleurs sur la légende, l&#8217;icône : habillement en gros plans et tir plus vite que l&#8217;ombre contre le mur. La mission de Luke est rapidement avancée par la cavalerie. Passée la réminiscence plutôt nulle du fabuleux album <em>Le 20ème de cavalerie</em> avec McStraggle (peu excusable), deux scènes exemplaires : une explication dans le wagon enfumé du président, le film se joue avec délectation de cette histoire de je fume/je fume pas, et une rencontre dans le bureau du shérif avec Pat Poker vraiment réussie, tout en clair obscur avec une démonstration de force rappelant, en mieux, celle pourtant géniale du dessin animée Daisy Town (anthologique &laquo;&nbsp;j&#8217;ai plus de monnaie, aucune importance, je vais en faire&nbsp;&raquo; avec le billet qui se transforme en pièces). Lucky Luke est sur les bons rails. L&#8217;humour, les dialogues, l&#8217;ambiance sont bien présents, palpables.</p>
<p>Nous entrons alors dans une sorte de faille, un peu comme le final dans l&#8217;adaptation de <em>Blueberry</em>. <em>Lucky Luke </em>laisse tomber le flingue et se transforme en fermier amoureux. Toute cette partie est tellement déconcertante que je me suis demandé si je n&#8217;étais pas entrain de voir un chef d&#8217;œuvre. A plusieurs moments, on se demande surtout s&#8217;il ne s&#8217;agit pas d&#8217;un délire du héros entrain de rêver tant tout semble décousu avec une alternance de hauts et de bas, de gags &laquo;&nbsp;autres&nbsp;&raquo; parfois drôles (&laquo;&nbsp;c&#8217;est chiant d&#8217;être fermier&nbsp;&raquo;), parfois moins (on pouvait définitivement se passer de la relation zoophile). L&#8217;album-film devient un étrange fourre-tout où on frôle l&#8217;overdose de n&#8217;importe quoi et des caméos de personnages sans intérêts (Phil Defer). </p>
<p>C&#8217;est le problème de ces adaptations qui veulent tout donner tout de suite, faire le tour complet du personnage dès sa première apparition ce qui est déjà un peu idiot si on veut lancer une franchise (mais est-ce vraiment le but de cette entreprise ?). Lucky Luke règle ses problèmes d&#8217;enfance tout en étant déjà une légende, le film le présentant comme le plus grand justicier d&#8217;un Ouest finissant marqué par la fin de la construction de la ligne de chemin de fer d&#8217;Est en Ouest. Lucky Luke n&#8217;est cependant pas un héros de comic-book mais d&#8217;une bande dessinée belge avec des héros sans passé (Luke, Tintin, Spirou, Astérix&#8230;). . Certains des plus grands représentants du genre se sont parfois intéressés à l&#8217;origine de leurs personnages à commencer par Goscinny pour Astérix et l&#8217;histoire <em>Comment Obélix est tombé dans la marmite de potion magique</em> &#8211; notons qu&#8217;il n&#8217;en a pas fait un &laquo;&nbsp;vrai&nbsp;&raquo; album. Mais ils le font après que leur héros sont bien installés en album. Notre époque semble à tout prix vouloir imposer le contraire. Est-ce pourtant si impossible d&#8217;espérer faire la même chose pour un film ? James Huth répond non. Il en met plein la vue sur la forme, réussite, et sur le fond, échec. C&#8217;est mieux que <em>Les Dalton</em> quand même, mais ce n&#8217;est pas certains que ce Lucky Luke aura beaucoup plus de succès.</p>
<p>Avec un rebondissement téléphoné, le réalisateur redonne heureusement son arme à Lucky pour clore le film dans un repaire de super vilain superbe et ludique. Le film retrouve un bon style, un bon rythme, pas prodigieux mais autrement plus captivant que tout le développement avec un jeu de miroir final étonnant. Ca fait trente à quarante minutes tout à fait présentables. On peut facilement en conclure que le métrage souffre d&#8217;un problème d&#8217;écriture et de montage. On se prend à rêver ce qu&#8217;aurait pu donner l&#8217;adaptation par les auteurs habiles d&#8217;<em>OSS 117</em>. Non pas que je souhaitais voir ce<em> Lucky Luke </em>tomber dans la pure parodie mais on pouvait espérer un peu de rigueur dans le scénario, d&#8217;autant qu&#8217;au delà de la parodie, OSS 117 est d&#8217;abord présenté comme un vrai héros, même si c&#8217;est tourné en dérision.</p>
<p>Jean Dujardin est tout à fait à la hauteur du rôle tout comme Sylvie Testud en Calamity Jane. Cette femme est à l&#8217;aise dans tout ce qu&#8217;elle joue. Daniel Prévost est également parfait, fin, jamais dans l&#8217;outrance. Outrancier, Michaël Youn l&#8217;est évidemment en Billy the Kid mais c&#8217;est son rôle qui le veut. Il semble même dirigé, canalisé. Melvil Poupaud, Jesse James féru de Shakespeare, et Jean-François Balmer, sorte de père de substitution de Luke, m&#8217;ont semblé moins convaincants, outranciers aussi mais pas dans le ton. Du moitié-moitié en somme comme ce film qui a des qualités et des défauts. James Huth a tenté quelque chose avec cette adaptation mais ne transforme pas cette tentative. Il livre une oeuvre assez inclassable (à qui est destiné ce film ?) et bancal. Rendez-vous sans doute dans X années pour un nouveau reboot.</p>
<p><a href="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2009/10/LuckyLuke.jpg"><img src="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2009/10/LuckyLuke.jpg" alt="LuckyLuke" title="LuckyLuke" width="500" class="alignnone size-full wp-image-1725" /></a></p>
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		<title>99 F</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Nov 2007 18:19:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pascal</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Vu le 1/10/2007 à l&#8217;UGC George V Salle 1
Film français (2007) de Jan Kounen avec Jean Dujardin, Jocelyn Quivrin, Patrick Mille, Vahina Gioccante, Elisa Tovati, Nicolas Marié, Dominique Bettenfield&#8230;
Je n&#8217;ai pas vraiment aimé le livre de Frédéric Beigbeder soit une sorte de fausse autobiographie, avec un double dénonçant qui il est, soit un acteur du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Vu le 1/10/2007 à l&#8217;UGC George V Salle 1<br />
<em><strong>Film français (2007) de Jan Kounen avec Jean Dujardin, Jocelyn Quivrin, Patrick Mille, Vahina Gioccante, Elisa Tovati, Nicolas Marié, Dominique Bettenfield&#8230;</strong></em></p>
<p>Je n&#8217;ai pas vraiment aimé le livre de Frédéric Beigbeder soit une sorte de fausse autobiographie, avec un double dénonçant qui il est, soit un acteur du système cynique et qui en profite finalement bien jusqu&#8217;à en devenir dans la vraie vie une de ses créations. L&#8217;écrivain est en effet l&#8217;archétype du people. Il faut sans doute voir les affiches pour les galeries Lafayette comme du troisième ou quatrième degré&#8230; Même si c&#8217;est sans doute un tort, je n&#8217;ai jamais été à l&#8217;aise avec ce paradoxe. Pour ma part, je trouve que notre société, occidentale au sens large et au-delà des très nombreux défauts de notre bel état tentaculaire, est la meilleure qu&#8217;on est connue à moins qu&#8217;elle soit terriblement addictive. De fait, cracher dans la soupe ou vouloir détruire le système, certes perfectible, me semble idiot sinon dangereux. Au fond, je dois être moi-même un pur produit du système dans la mesure où je pourrais vivre difficilement dans un autre. En ce sens, <em>99 F</em> n&#8217;est pas vraiment mauvais. Au demeurant le livre est souvent drôle et si le dernier acte me semblait inadaptable, beaucoup de ces passages étaient faits pour le cinema.</p>
<p>Le choix de Jan Kounen à la réalisation était intéressant. Ses films, le drôle <em>Doberman</em> et l&#8217;étrangement raté Blueberry, ne sont pas des monuments et a vrai dire je doute même qu&#8217;ils passent l&#8217;épreuve du temps. On ressent cependant pas mal de libertés, un sens de l&#8217;image certain et beaucoup d&#8217;aisance et d&#8217;assurance a la caméra bref on peut espérer une vision réussie, un regard tranché sur le roman. Pas de miracle hélas, on en reste a l&#8217;essai raté, qui n&#8217;a rien de déshonorant surtout pour une production française et il mérite d&#8217;être vu jusque qu&#8217;après son générique, il mérite même d&#8217;être vu rapidement puisque le film pourrait aussi tomber dans l&#8217;oubli.</p>
<p>Comme pour le livre, le film de Jan Kounen ne manque pas de qualités. Le propos est souvent précis, drôle et imaginatif. Les scènes de réunion chez madone sont vraiment géniales tout comme deux délirants passages, l&#8217;un tire du roman et nous livrant une création-minute, l&#8217;autre originale ou nous tombons littéralement dans une pub pour une barre chocolatée bien connue. Ce sont les moments forts de <em>99 F</em>, ceux dont on parle facilement après le film garantissant ainsi une certaine adhésion et un bon bouche à oreille. Et leur force n&#8217;est pas sans rapport avec le fait que Kounen parle d&#8217;un milieu qu&#8217;il connaît aussi. puisqu&#8217;il a été réalisateur de films publicitaires. </p>
<p>Un des points clé du film, et du livre, demeure l&#8217;histoire d&#8217;amour entre Octave et Sophie (excellente Vahina Giocante). Cet amour est assez bien rendu. cette relation aurait pu, du, être vouée à la superficialité. Or, il en ressort quelque chose de bien plus fort, de l&#8217;amour, un amour salvateur qui conduit à une scène décisive de choix et d&#8217;espoir pour octave. Ce dernier va pourtant renoncer à cette chance de s&#8217;évader de son monde.</p>
<p>Ce renoncement sonne comme une fatalité et Octave en veut autant a lui même, en fantasmant son ex dont il est encore amoureux, qu&#8217;au monde qui a fait de lui la personne qu&#8217;il est. La suite ne sera que fantasmes et cauchemars, Kounen truffant alors de plus en plus son films de scènes évoquant regrets et amour perdu avec des séquences d&#8217;hallucinations post prise de drogue qui rappellent parfois les trips chamaniques de Blueberry. Et il n&#8217;y a pas a dire, c&#8217;est du bel ouvrage. Les « voyages » sont tous bien réalisés. L&#8217;intrusion dans une pub et la mise en abîme inattendue étant, nous l&#8217;avons vu, LE morceau de bravoure du film.</p>
<p>Où le bat blesse alors ? Déjà, autour de cet amour, pas mal de comédie mais assez caricatural à l&#8217;image de ses personnages caricaturaux : chef de produit étriqué, directeur artistique maléfique, binôme jovial et pdg d&#8217;un groupe alimentaire puant. C&#8217;est parfois drôle mais tout ce qui pourrait être grinçant tombe le plus souvent à l&#8217;eau quand ça ne flirte pas avec le mauvais goût (le « passé » d&#8217;Octave par exemple) et le saugrenu ((la plongée dans le placenta qui rappelle aussi bien <em>Trainspotting</em> que <em>l&#8217;aventure intérieure</em>)<br />
Seul commercial faussement cool mais vraiment stressé est assez attachant. Libéré de son côté arrogant (comme le montrait une scène de la bande annonce coupée au montage), il semble représenter la limite entre notre monde et celui d&#8217;Octave.</p>
<p>Et Jean Dujardin/Octave ? Il est bon et il est drôle quand il fait du Dujardin (avec ses jokes dans la boîte qui ne sont pas sans rappeler Brice de Nice). Et on ne ressent pas grand chose pour lui, ni empathie ni gêne même lorsqu&#8217;il fait venir des prostituées pour les grimer comme Sophie. De l&#8217;indifférence en somme, aucune connivence avec le spectateur malgré un amour réel du héros. Peut-être étais-ce le but ? Plus personnellement, je dirais qu&#8217;il est difficile d&#8217;émouvoir avec les états d&#8217;âme d&#8217;un homme qui a tout et qui se renferme quand il peut obtenir ce qui pourrait être le bonheur. Jean Dujardin était finalement meilleur dans <em>OSS 117 </em>en partie parce qu&#8217;il était au service d&#8217;une histoire et d&#8217;une vision parodique certes mais aussi très fine. </p>
<p><a href='http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2007/11/99f2.jpg' title='99f2.jpg'><img src='http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2007/11/99f2.jpg' alt='99f2.jpg' width=100% /></a></p>
<p>Ce n&#8217;est pas le cas de <em>99 F</em>. En digérant ses classiques (<em>Fight Club</em>, <em>Trainspotting</em> mais aussi <em>2001</em> et <em>La Ligne Rouge</em> pour la musique), Kounen, avec ses masturbations dans les toilettes, les prises de drogues, les meurtres en dessin animé et les fausses fins implacables cherche à choquer mais rien n&#8217;y fait, la charge sur les travers de notre société de consommation est grossière, aussi caricaturale que les personnages. </p>
<p>Et alors le dernier acte ? Celui du livre est assez confus dans mon esprit : il était question je crois d&#8217;une île paradisiaque comme dans <em>Wonder Woman</em> avec de nombreuses célébrités soi-disant mortes comme Elvis Presley et vivant dans la luxure totale incluant des parties à trois avec Ayrton Senna chevauchant Octave et sa bien aimée. Pas simple à adapter. Kounen clôture lui une deuxième fin à son film. Après une première conclusion peu convaincante, le réalisateur nous surprend en prolongeant donc son film de vingt minutes pour nous raconter l&#8217;évasion d&#8217;Octave amorcée par une publicité réalisée en commando, passée en prime-time et censée faire bouger le monde.</p>
<p>Mais cette pub, adaptation maladroite et simplificatrice de celle du livre, faite d&#8217;images toujours de mauvais goût (= notre société ?), ne jette aucun pavé dans la mare, ne détruit en rien ni le système, ni la compagnie, tout au plus quelques boucs émissaires dans la compagnie (le commercial) et sa pub est en effet directement récupérée par ce même système puisque l&#8217;obtention de récompenses est évoqué ! Une façon de tirer sa révérence ratée. Et ne nous voilons pas la face : si cette pub passait dans le monde réel, le buzz existerait mais ne durerait pas longtemps(qui se souvient des antipub?). La suite est un peu plus intelligente, moins grossière, soit un monde fantasmé nécessitant une adaptation, un sevrage (les scènes en solitaire sur la plage sont là pour ça) musclé. Mais ce monde fantasmé ne serait qu&#8217;un trompe l&#8217;oeil. Il est déjà trop tard. Un constat désespéré envoyé au spectateur. </p>
<p>Pour un peu, on passerait sur la comparaison balancée au générique entre le coût de la pub comme un cheveu sur la soupe comparé au pseudo-coût (parce qu&#8217;il ne faut pas que de l&#8217;argent pour régler le problème) pour en finir avec la faim dans le monde. Et non, je ne passe pas. Cette juxtaposition est aussi malvenue qu&#8217;idiote. Il y a quelque années, on avait mis au pilori le Front National avec son tout aussi stupide « trois millions de chômeurs, trois millions d&#8217;immigrés ». Le ressort est exactement le même. Et là Kounen finalement choque mais par son simplisme.<br />
Apres le générique, on nous propose la première pub réalisée par les Lumières. Le clin d&#8217;oeil est amusant mais après la débile juxtaposition de la fin, Kounen essaye de nous dire que la pub s&#8217;est enracinée dans l&#8217;image. Ce n&#8217;est pas faux mais il n&#8217;y a pas de lien de cause a effet. La pub, même balbutiante, existait déjà et elle s&#8217;est emparée de ce nouveau, et prometteur, media comme le cul et la religion.</p>
<p>On pourra toujours me répondre que je suis tombé dans le panneau et que le système m&#8217;a bouffé comme le démontre (?) le film. Peut-être mais pour autant d&#8217;autres films parviennent à critiquer sans vulgarité ce que nous sommes. Alors ne nous en faisons pas trop et revenons au début du commentaire : on se souvient principalement de la partie comédie mais à peine du fond. Quelques happy few verront dans ce film une critique intelligente de notre monde, d&#8217;autres souhaiteront avoir la réussite d&#8217;Octave. Mais je pense que la majorité y verra un film visuellement bien fait, parfois drôle mais qui dénonce pas grand chose d&#8217;autres que ce que l&#8217;on savait déjà. Ce n&#8217;est pas plus mal quoiqu&#8217;un peu tragique : le film 99 F, comme son titre, semble sortir avec plusieurs années de retard. Comme le cinéma français ?</p>
<p><a href='http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2007/11/99f-1.jpg' title='99f-1.jpg'><img src='http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2007/11/99f-1.jpg' alt='99f-1.jpg' width=100% /></a></p>
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