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	<title>Petit écran &#187; famille</title>
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		<title>Lovely Bones (2009) de Peter Jackson</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Mar 2010 06:48:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pascal</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Susie Salmon, 13 ans, vit heureuse dans une famille heureuse. A quelques jours de son premier rendez-vous galant et de son premier baiser, elle est assassinée par un de ses voisins. De l&#8217;au-delà, une sorte de purgatoire, elle regarde et tente de communiquer avec sa famille. Pour son &#171;&#160;retour&#160;&#187; vers des films moins énormes que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2010/03/lovely-bones-versparadis2.jpg"><img src="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2010/03/lovely-bones-versparadis2.jpg" alt="" title="lovely-bones-versparadis2" width="500" class="alignnone size-full wp-image-1794" /></a></p>
<p>Susie Salmon, 13 ans, vit heureuse dans une famille heureuse. A quelques jours de son premier rendez-vous galant et de son premier baiser, elle est assassinée par un de ses voisins. De l&#8217;au-delà, une sorte de purgatoire, elle regarde et tente de communiquer avec sa famille. </p>
<p>Pour son &laquo;&nbsp;retour&nbsp;&raquo; vers des films moins énormes que <strong><a href="http://www.imdb.com/title/tt0360717/">King Kong</a></strong> et <strong><a href="http://www.imdb.com/title/tt0167260/">Le Seigneur des Anneaux</a></strong>, Peter Jackson adapte un roman sur cette jeune fille assistant aux supplices de sa famille après sa mort. En mélangeant thriller, ados et fantastique, Jackson se rapproche de son magnifique <strong><a href="http://www.imdb.com/title/tt0110005/">Créatures Célestes</a></strong>. Avec de plein de morceaux de vrai cinéma et de coups de génie, le résultat m&#8217;a parfois décontenancé et pourtant, avec le recul, <a href="http://www.imdb.com/title/tt0380510/"><strong>Lovely Bones</strong></a> se tient admirablement.</p>
<p>Le film traite aussi du deuil. Avec beaucoup de justesse, le metteur en scène ne filme pas des pleurs de groupes mais des âmes solitaires vivant le deuil chacun de leur côté : le père enfermé dans son bureau, la mère qui perd pied, le fils qui rêve de sa soeur, la fille cadette qui court, qui court. Et bien sur Susie, généralement seule et monologuant dans son monde imaginaire, un monde souvent superbe, un peu kitsch et parfois même assez laid mais qui n&#8217;est en fait l&#8217;expression des sentiments et de l&#8217;imaginaire d&#8217;une adolescente marquée par son père. Jackson nous rappelle aussi sa maîtrise et son amour du cinéma notamment dans ce travelling étrange de Susie parcourant plusieurs paysages. </p>
<p><a href="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2010/03/lovely-bones-susie.jpg"><img src="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2010/03/lovely-bones-susie.jpg" alt="" title="lovely-bones-susie" width="500" class="alignnone size-full wp-image-1791" /></a></p>
<p>La virtuosité la plus palpable de Jackson réside dans la tension : la scène du meurtre bouleverse par son découpage (avec la famille de Susie à table) et son inéluctabilité. Le suspense devient Hitchcockien dans la maison du meurtrier et son plancher qui grince. Toutes les scènes avec le meurtrier (Stanley Tucci, excellent), sont inquiétantes et parfois mêmes insoutenables dans les non dits et la sensation de peur et d&#8217;écrasement. <strong>Lovely Bones</strong> prend alors des aspects de thriller fantastique, sans véritables indices mais à travers des convictions et des sensations que le père et la soeur de Susie ressentent séparément.</p>
<p>Bien que tournée comme un thriller, la scène clé du film est une rencontre qui n&#8217;avait pu avoir lieu. Cette séquence est aussi dérangeante que futile au vu des enjeux et de la tension qu&#8217;impose Jackson sur un coffre-fort mais elle est finalement émouvante et profonde. Elle nous ramène aux désirs premiers de Susie et au vrai thème du film : l&#8217;adolescence. Je ne peux que la lier à l&#8217;accroche sur l&#8217;affiche de <strong>Créatures Célestes</strong> : la tendre histoire vraie d&#8217;un crime abominable. </p>
<p>Alors si le déroulement peut nous perdre un peu, ou du moins alterner des scènes sublimes (le champs de mais avec le père poursuivant le meurtrier, la découverte de la vie de ce dernier par Susie dans son purgatoire) avec des acteurs parfaits (Mark Wahlberg et Saoirse Ronan) et des moments plus en retrait (Rachel Weisz et Susan Sarandon n&#8217;ont pas les meilleures parties), <strong>Lovely Bones</strong> est un film aux thèmes profonds et intelligemment traités qui nous accompagnent après la séance de cinéma, ce qui n&#8217;est pas si évident. Lovely Bones est bien une réussite. Peter Jackson accumule les visions magnifiques et manie les tensions les émotions avec adresse et audace. Un vrai bon cinéaste.</p>
<p><a href="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2010/03/lovely-bones-purgatoire.jpg"><img src="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2010/03/lovely-bones-purgatoire.jpg" alt="" title="lovely-bones-purgatoire" width="500" class="alignnone size-full wp-image-1791" /></a></p>
<p><a href="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2010/03/lovely-bones-versparadis.jpg"><img src="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2010/03/lovely-bones-versparadis.jpg" alt="" title="lovely-bones-versparadis" width="500" class="alignnone size-full wp-image-1791" /></a></p>
<p><a href="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2010/03/lovely-bones-tueur-champmais.jpg"><img src="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2010/03/lovely-bones-tueur-champmais.jpg" alt="" title="lovely-bones-tueur-champmais" width="500" class="alignnone size-full wp-image-1791" /></a></p>
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		<title>Fantastic Mr. Fox (2009) de Wes Anderson</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Feb 2010 19:33:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pascal</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Comme je l&#8217;ai déjà dit, j&#8217;ai beaucoup de mal à écrire sur Wes Anderson pourtant un des metteurs en scène qui m&#8217;a le plus émerveillé ces dernières années. J&#8217;ai vu le jour de sa sortie son Fantastic Mr. Fox, l&#8217;adaptation d&#8217;un roman de Roald Dahl dont l&#8217;affiche promo ne cesse de rappeler qu&#8217;il est l&#8217;auteur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2010/02/fantastic-mr-fox-murray.jpg"><img src="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2010/02/fantastic-mr-fox-murray.jpg" alt="" title="fantastic-mr-fox-murray" width="450" height="276" align=center /></a></p>
<p><a href="http://petit-ecran.org/articles/cinema/les-films-de-ma-vie-letudiant-partie-2-1999-2002">Comme je l&#8217;ai déjà dit</a>, j&#8217;ai beaucoup de mal à écrire sur Wes Anderson pourtant un des metteurs en scène qui m&#8217;a le plus émerveillé ces dernières années. J&#8217;ai vu le jour de sa sortie son <strong>Fantastic Mr. Fox</strong>, l&#8217;adaptation d&#8217;un roman de Roald Dahl dont l&#8217;affiche promo ne cesse de rappeler qu&#8217;il est l&#8217;auteur de <strong><a href="http://blogaska.blogspot.com/2005/08/charlie-et-la-chocolaterie.html">Charlie et la Chocolaterie</a></strong> ce qui renvoie non au pas au livre mais au film de Tim Burton bien sur qui a fait des millions d&#8217;entrées. Les as du marketing ont encore frappé.</p>
<p>Wes Anderson a choisi l&#8217;animation en image par image un peu comme <strong><a href="http://www.imdb.com/title/tt0116683/">James et La Pêche Géante</a></strong> tiré lui aussi d&#8217;un livre de Roald Dahl. Ce n&#8217;est pas pour autant véritablement un film pour enfants. Ces derniers peuvent le voir mais je ne suis pas certain que son esprit les passionne. L&#8217;approche sur la forme est bien nouvelle pour Wes Anderson mais il ne renonce pas à son cinéma avec des travelling géniaux et des gros plans frontaux sans profondeur plutôt rares dans l&#8217;animation (me semble t&#8217;il). Il fait également appel à sa troupe. Si en tête d&#8217;affiche (aux voix), George Clooney et Meryl Streep sont des nouveaux venus, Anderson retrouve Owen Wilson, Bill Murray, Michael Gambon, William Dafoe, Jason Schwartzman&#8230;<br />
Le metteur en scène, et scénariste, ne renonce pas non plus à ses thèmes de prédilection avec un personnage central qui est un père atypique comme le furent Royal Tanembaum ou Steve Zissou. La filiation tient à nouveau une place prépondérante avec le style de l&#8217;auteur tout en &laquo;&nbsp;déviances élégantes&nbsp;&raquo;. Ainsi Mr Fox préfère ouvertement son neveu à son fils jusqu&#8217;au bout. <strong>Fantastic Mr Fox</strong> introduit cependant une réflexion sur la différence et l&#8217;amour. Le fils délaissé est dit &laquo;&nbsp;différent&nbsp;&raquo; et se sent rejeté ce qui le rapproche de son père, lui-même différent, et fait de lui un être à part entière. C&#8217;est à la femme/mère Mrs Fox que revient ce rôle de ciment entre les différents protagonistes. L&#8217;angle de vue de Wes Anderson est aussi original que poignant loin du gnangnan ou de l&#8217;émotion facile.</p>
<p>J&#8217;ose quand même dire que tout génial qu&#8217;il soit, <strong>Fantastic Mr. Fox</strong> est peut-être le moins bon film de son auteur. Il manque peut-être un peu de rythme dans la première partie, il faut sans doute du temps pour s&#8217;imprégner de cette animation saccadée, mais superbe, après plusieurs films au style bien reconnaissable, s&#8217;imprégner de cet univers où les animaux sont élégants mais mangent comme des animaux et rêvent d&#8217;un certain retour à la vie sauvage. Et il y a déjà beaucoup d&#8217;amour, de personnages étranges (l&#8217;opossum maître de maison qui renvoie au fidèle serviteur de Royal Tenenbaum).<br />
Les éléments mis en place, la seconde partie devient parfaite. Elle enchaîne les morceaux de bravoure enlevés dont un combat rat/renard, monté littéralement comme une bande dessinée, vraiment étonnant, l&#8217;humour dans les dialogues et les situations, et les (nombreuses) séquences typiquement andersonniennes dont la rencontre &laquo;&nbsp;autre&nbsp;&raquo; avec le loup est l&#8217;élément le plus magnifiquement représentatif. Une nouvelle fois, Wes Anderson m&#8217;offre un moment de bonheur. Fantastique <strong>Fantastic Mr Fox</strong>.</p>
<p><a href="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2010/02/FantasticMrFox-MrFox2.jpg"><img src="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2010/02/FantasticMrFox-MrFox2.jpg" alt="" title="FantasticMrFox-MrFox2" width="500" class="alignnone size-full wp-image-1768" /></a></p>
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		<title>Marley &amp; Moi</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Mar 2009 10:53:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pascal</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Vu le 4/3/2009 à l&#8217;UGC George V salle 2 en VO Un jeune couple déménage en Floride. Afin d&#8217;atténuer le désir d&#8217;enfant de sa femme, Jennifer, le mari, John, lui offre un chien. Ils ne sont pas au bout de leurs peines. Ma femme l&#8217;a donc emporté (comme toujours) et nous nous sommes déplacés pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Vu le 4/3/2009 à l&#8217;UGC George V salle 2 en VO</p>
<p>Un jeune couple déménage en Floride. Afin d&#8217;atténuer le désir d&#8217;enfant de sa femme, Jennifer, le mari, John, lui offre un chien. Ils ne sont pas au bout de leurs peines.</p>
<p>Ma femme l&#8217;a donc emporté (comme toujours) et nous nous sommes déplacés pour ce film avec un chien. On aime ou on n&#8217;aime pas le chien. Moi je n&#8217;aime pas. Le marketing du film se fondait presque exclusivement sur le chien : Marley fout le bordel dans le garage, Marley sort de la voiture en marche, Marley mange tout et même le collier qu&#8217;on est obligé de retrouver dans le caca, Marley gambade dans le jardin des voisins, Marley regarde ses maîtres faire l&#8217;amour&#8230; etc. On revoit les mêmes scènes à l&#8217;écran avec pour ainsi dire aucune autre surprise. Kathleen Turner n&#8217;apparaît ainsi qu&#8217;une seule fois et guère plus que les images de la bande-annonce qui étaient évidemment les plus drôles. Autant dire qu&#8217;un bon tiers du film n&#8217;a pas été drôle du tout, sans être irritant toutefois vu que j&#8217;étais prévenu.</p>
<p>Heureusement pour moi, et pour tout le monde je pense, <em>Marley &#038; moi</em> est surtout une chronique familiale où Marley opère en témoin privilégié des vivissitudes du couple jusqu&#8217;à sa mort (du chien, oh mon dieu, j&#8217;ai dit la fin) soit douze ans et des enfants. Marley &#038; moi est particulièrement centré sur le mari, le moi en fait, qui tente de trouver sa voie entre vie privée et vie professionnelle où il devient chroniqueur alors qu&#8217;il souhaitait devenir grand reporter comme son ami Sebastian. <em>Marley &#038; moi</em> fait alors plutôt bonne figure dans le genre même s&#8217;il faut se farcir des horreurs (pour moi) du type &laquo;&nbsp;on a supporté un chien, on supportera un bébé&nbsp;&raquo; (je n&#8217;ai ni bébé ni chien mais non ce n&#8217;est pas pareil) et des enfants acteurs pas terribles (les garçons surtout). Le film se révèle même assez inventif le temps d&#8217;une séquence/montage assez vertigineuse où John égrène les titres de ses chroniques.</p>
<p>J&#8217;irai même jusqu&#8217;à dire que, passé les gaffes du début et quelques moments épars, le chien Marley n&#8217;est pas si désagréable. Il suit les peines, voire les crises, et puis le bonheur de ses maîtres qui sont intérprétés par des acteurs aussi sympathiques que sexy. Je ne louerai jamais assez Owen Wilson. Il nous rappelle ici qu&#8217;il n&#8217;est pas qu&#8217;un acteur andersonnien, ce qui serait suffisamment exceptionnel, mais aussi un comédien à succès, sobre et très touchant. J&#8217;ai aimé <em>Marley &#038; moi</em>. Il ne faut jamais dire fontaine comme on dit.</p>
<p><a href="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2009/03/marley-wilson-aniston.jpg"><img src="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2009/03/marley-wilson-aniston.jpg" alt="marley-wilson-aniston" title="marley-wilson-aniston" width="500" class="aligncenter size-full wp-image-1370" /></a></p>
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		<title>Largo Winch</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Jan 2009 13:13:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pascal</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Vu le 22/12/2008 à l&#8217;UGC George V salle 2 Il était largement prévisible de voir porter au grand écran la bande dessinée Largo Winch, l&#8217;enfant caché par son père qui l&#8217;adopta pour préparer la succession de son immense fortune. L&#8217;oeuvre de Jean Van Hamme et Philippe Françq a déjà fait l&#8217;objet d&#8217;une adaptation télévisée mais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Vu le 22/12/2008 à l&#8217;UGC George V salle 2</em></p>
<p>Il était largement prévisible de voir porter au grand écran la bande dessinée <em>Largo Winch</em>, l&#8217;enfant caché par son père qui l&#8217;adopta pour préparer la succession de son immense fortune. L&#8217;oeuvre de Jean Van Hamme et Philippe Françq a déjà fait l&#8217;objet d&#8217;une adaptation télévisée mais elle ne semble pas avoir laissé de grands souvenirs. Si on sent le potentiel pour un film, voire toute une saga, l&#8217;adaptation peut s&#8217;avérer délicate notamment visuellement. Il y a par exemple ce moment dans la BD où Winch laisse tomber les actes de propriété de son empire du haut d&#8217;une falaise. Très belle page de BD, terriblement révélatrice mais difficile à placer tel quel car trop invraisemblable.</p>
<p>Le metteur en scène Jérôme Salle avait donc prévenu d&#8217;entrée Jean Van Hamme que son film, qui se fonde sur les premiers albums, allait prendre quelques libertés avec la BD. Ainsi l&#8217;allié Simon Ovronnaz passe à la trappe au profit d&#8217;un homme de main de l&#8217;ombre (impeccable Gilbert Melki) et un personnage de femme plus ou moins fatale interprétée par Mélanie Thierry actrice superbe qui a le mérite d&#8217;avoir dernièrement tenté sa chance dans des films fantastiques ratés (<em>Chrysalis, Babylon A.D.</em>) plutôt que des films d&#8217;auteur ratés. Et il y a bien entendu Tomer Sisley qui n&#8217;a pas vraiment la carrure du personnage dessiné par Philippe Francq. L&#8217;acteur très investi est à l&#8217;aise dans toutes les scènes. Il est un choix crédible qui se révèle même fort judicieux car son allure tranche &laquo;&nbsp;physiquement&nbsp;&raquo; avec l&#8217;empire qu&#8217;il est censé diriger et impose naturellement un fossé.</p>
<p>Fort d&#8217;un matériau de base plutôt riche, le scénario est solide et dose bien les rebondissements, issus pourtant d&#8217;une très vieille marmite contenant notamment le coup de l&#8217;enregistrement en micro/caméra caché. Certaines scènes explicatives sont mêmes assez captivantes (la description de l&#8217;OPA) et un humour pince sans rire ressort  (<em>&laquo;&nbsp;Je suis le méchant de l&#8217;histoire, &#8211; vous êtes parfait&nbsp;&raquo;</em>). Il demeure quelques facilités et quelques maladresses mais elles sont mineures. Jérôme Salle a pris quelques distances avec la BD mais il n&#8217;a cependant pu s&#8217;empêcher de faire quelques clins d&#8217;oeil aux fans à travers l&#8217;apparition sans intérêt de Miss Pennywinkle (dans les toilettes&#8230;) ou d&#8217;un majordome à la coiffure atypique. Ces deux personnages auraient gagné à être développés. Peut-être pour une suite&#8230;</p>
<p>Le point faible de <em>Largo Winch</em> est l&#8217;action. Tomer Sisley affirma qu&#8217;après avoir montré son film à des distributeurs américains, ceux-ci croyaient à une production de 100 millions de dollars alors que le film n&#8217;en coûta que 34,3 (au taux du jour). Les scènes d&#8217;action sont pourtant très courtes, filmées de trop près (le premier combat est incompréhensible) et faites à l&#8217;économie. Jérôme Salle évoque souvent son tournage d&#8217;une course à pied (encore une cf ma remarque sur <a href="http://petit-ecran.org/articles/cinema/quantum-of-solace">Quantum of Solace</a>) dans les rue de Hong Kong sans autorisation et en équipe réduite. Cela se voit. Et en regard des standards américains actuels, sauter d&#8217;un bus n&#8217;est pas très spectaculaire. Reste un ultime combat très sauvage sur le toit d&#8217;un immeuble.  C&#8217;est peu pour un rival de James Bond. Mais <em>Largo Winch</em> est moins frustrant que la dernière mission de l&#8217;agent de sa Majesté et se révèle bien supérieur dans les moments intimes. Car cet épisode de <em>Largo Winch</em> est avant tout une histoire de famille et du poids de l&#8217;héritage surtout quand il est mal accepté. Jérôme Salle propose finalement un film assez réussi dont on peut espérer une suite si le succès, plutôt modéré (Le film atteindra difficilement deux millions d&#8217;entrées en France), le permet.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2009/01/largowinch.jpg" title="largowinch"><img src="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2009/01/largowinch.jpg" alt="largowinch" width="500" height="333" class="attachment wp-att-910 " /></a></p>
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		<title>Le Premier Jour du reste de ta vie</title>
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		<pubDate>Sun, 27 Jul 2008 08:18:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pascal</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un prêt de DVD inattendu m&#8217;a fait regarder il y a un mois un film de Sophie Fillière avec Emmanuelle Devos : Gentille. Auréolée de critiques fort flatteuses à sa sortie en 2005, Sophie Fillières est considérée comme une auteur fantaisiste même loufoque à l&#8217;image du nom de l&#8217;héroïne de Gentille : Fontaine Leglou. Le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un prêt de DVD inattendu m&#8217;a fait regarder il y a un mois un film de Sophie Fillière avec Emmanuelle Devos : <a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=57667.html">Gentille</a>. Auréolée de critiques fort flatteuses à sa sortie en 2005, Sophie Fillières est considérée comme une auteur fantaisiste même loufoque à l&#8217;image du nom de l&#8217;héroïne de <em>Gentille</em> : Fontaine Leglou.<br />
Le problème de <em>Gentille</em> est que sa mise en scène est d&#8217;une platitude sidérale si bien que si on peut rire ou sourire, tout sonne faux. La réalisatrice semble se reposer uniquement sur le talent certain de ses interprètes ainsi le monologue de Michael Lonsdale mais il ne faut attendre aucune émotion, aucune réflexion un tant soit peu juste. Ce n&#8217;est pas du cinéma. Tout au plus un téléfilm s&#8217;achevant sur un long et inattendu (et involontaire?) placement publicitaire pour les vêtements North Face et agrémenté de scènes de nudité gratuites et surtout d&#8217;une fouille de matière fécale, Fontaine y cherchant sa bague de fiançaille qu&#8217;elle avait avalée. De cette longue séquence ni drôle ni touchante mais en fait profondément con, rien de nous est épargné. John Waters aurait aimé mais rien dans le contexte ne justifie ce moment (une simple ellipse avec la bague au doigt suffisait) si ce n&#8217;est de la provocation vulgaire et toc. Il y a peut-être quelque chose de cérébral qui m&#8217;échappe. Et puis c&#8217;est loufoque&#8230; Le film a fait 47000 entrées. C&#8217;est un certain cinéma français. </p>
<p>Trois mois avant ce film sortait <em>Ma Vie en l&#8217;air</em> de Rémi Bezançon, une comédie romantique lumineuse. Avec son nouveau film, <em>Le Premier Jour du reste de ta vie</em>, également auréolé de critiques flatteuses,  Rémi Bezançon continue de nous faire croire que le film d&#8217;auteur, puisqu&#8217;au fond il écrit et réalise, n&#8217;est pas toujours consternant.</p>
<p>Il y a une même scène qui aurait pu être totalement idiote dans <em>Le Premier Jour du reste de ta vie</em>, c&#8217;est lorsque Fleur qui vient de faire une gâterie à son copain file au toilette pour cracher mais tombe sur les parents du copain. Et pourtant, on rigole franchement. Ca doit être la mise en scène.</p>
<p>A première vue, ce titre, est de ces saillies réchauffées façon slogan de 68 pour ados gentiment torturés, quelque chose d&#8217;éculé en somme qui ne donne pas nécessairement envie. C&#8217;était une grossière erreur, <em>le Premier Jour du reste de ta vie</em> est un film réjouissant.</p>
<p>Le titre trouve sa justification par la construction du film puisqu&#8217;il narre cinq journées d&#8217;une famille, les parents et leurs trois enfants, sur douze ans, chacune des journées étant centrée sur un des protagonistes. Illustré par la chanson éponyme d&#8217;Etienne Daho, le réalisateur Rémy Bezançon assume même le côté ado torturé puisque c&#8217;est Fleur, la cadette, alors âgée de 16 ans qui écrit le titre dans son journal intime !</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2008/07/premierjour2.jpg" title="premierjour2"><img src="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2008/07/premierjour2.jpg" alt="premierjour2" width="500" height="333" class="attachment wp-att-615 " /></a></p>
<p>Pour son deuxième film, Rémi Bezançon s&#8217;attaque à la chronique familiale et de fort belle manière. Il est certain que le film a de fortes tonalités nostalgiques sur les années 90 et l&#8217;auteur s&#8217;amuse à disséminer des moments collectifs forts sans pour autant chercher le consensus facile ainsi l&#8217;humiliation de la disqualification de 1994 que la victoire de 1998 mais aussi la mort de Kurt Cobain et le grunge, l&#8217;affaire Monica Lewinsky / Bill Clinton. Il est sur que le film va bien fonctionner chez le trentenaire moderne et qu&#8217;on pourra trouver ça facile. Et donc j&#8217;ai marché. </p>
<p>Mais le film ne se limite pas à ces très courts instants et s&#8217;en détache même pour nous conter une très touchante histoire de famille. Si on n&#8217;est pas obligé de se retrouver dans un personnage en particulier, si le film n&#8217;échappe pas à certaines simplifications, aucun moment n&#8217;est raté. Le long métrage demeure ainsi d&#8217;une belle justesse et nous raconte avec de la nostalgie mais aussi de la lucidité la fin de l&#8217;enfance mais aussi la transmission, la mort et tout simplement tous ces liens aussi évidents mais si complexes que ceux entre frères et soeurs, parents et enfants. </p>
<p>Et l&#8217;apport de Rémi Bezançon ne s&#8217;arrête pas à un scénario habile. Le jeu des ellipses et des flashback est très important pour chaque protagoniste à l&#8217;image de cette rencontre décisive pour le frère cadet lors d&#8217;une soirée avec une fille dont il perd bêtement le numéro. C&#8217;est aussi très ludique pour le spectateur qui se retrouve à interprété ces ellipses. Rémi Bezançon a donc soigné sa mise en scène aussi notamment dans son approche de chacune des journées (comme on peut le lire <a href="http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod=89283-note-53794.html">ici</a>). Rien de révolutionnaire mais c&#8217;est réfléchi et cohérent. </p>
<p>Et de cette réussite sur la forme comme sur le fond avec des comédiens formidables ressort des moments inoubliables et nombreux que ce soit dans la comédie ou le drame. Pour la comédie, l&#8217;après-midi que passe le père avec ses deux fils maintenant adultes en est un exemple frappant  d&#8217;autant plus qu&#8217;il est difficile de transmettre au spectateur les « délires » d&#8217;une bande de potes ou d&#8217;une famille. Quant à l&#8217;émotion, aucun pathos mais de l&#8217;attendrissement et de la tristesse. Je retiendrai le face à face bouleversant entre Fleur et elle-même plus jeune (la très jeune actrice, dont je n&#8217;ai pas retrouvé le nom, est formidable) et cette porte se fermant sur cette dernière signe simple mais si beau de la fin de l&#8217;enfance. Et enfin, il faudra être très insensible pour ne pas craquer lors de cette ultime séquence en solitaire de Marie-Jeanne (Zabou Breitman) dans la voiture. Finalement, <em>Le Premier Jour du reste de ta vie</em>, c&#8217;est un beau film. Et un beau titre.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2008/07/premierjour3.jpg" title="premierjour3"><img src="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2008/07/premierjour3.jpg" alt="premierjour3" width="500" height="333" class="attachment wp-att-616 " /></a></p>
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		<title>Breaking Bad</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Jun 2008 19:07:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jb</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Vous êtes habitués aux images léchées de Desperate Housewives, Prison Break, ou bien Weeds. Aux bons sentiments et personnages sans faille d&#8217;Heroes ou Lost. Oubliez tout cela avec Breaking Bad. Une série dure, réaliste. Un décor et photographie sans fignolage, raw. Des dialogues limités, sans superflu. Et des personnages communs, mal fagotés, ridés; assez moches. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Vous êtes habitués aux images léchées de <em><a href="http://petit-ecran.org/articles/television/series/miss-van-de-kamp-2">Desperate Housewives</a></em>, <em>Prison Break</em>, ou bien <em><a href="http://petit-ecran.org/articles/television/series/weeds-saison-3">Weeds</a></em>. Aux bons sentiments et personnages sans faille d&#8217;<em><a href="http://petit-ecran.org/articles/television/series/heroes-saison-2-sur-petit-ecran">Heroes</a></em> ou <em>Lost</em>.<br />
Oubliez tout cela avec <em>Breaking Bad</em>. Une série dure, réaliste. Un décor et photographie  sans fignolage, <em>raw</em>. Des dialogues limités, sans superflu. Et des personnages communs, mal fagotés, ridés; assez moches.</p>
<p>L&#8217;histoire ressemble à celle de <em>Weeds</em>, mais une classe (au sens marxiste) en dessous. Disparue, la mentalité <em>libérale démocrate</em>.<br />
Walter White, un professeur de chimie qui a vraiment du mal à joindre les deux bouts et nourrir sa petite famille (comprenant un adolescent infirme), apprend soudainement qu&#8217;il est atteint d&#8217;un cancer des poumons.<br />
Se sachant condamné, il décide d&#8217;utiliser ses exceptionnels talents de chimiste pour entreprendre, avec un ancien de ses élèves, un commerce de méthamphétamines. Pour ainsi engranger rapidement beaucoup d&#8217;argent et mettre sa famille à l&#8217;abri du besoin &#8211; et accessoirement payer sa chimiothérapie.</p>
<p>Outre les personnages très réalistes, l&#8217;ambiance est tendue au possible. Le handicap du fils, la pauvreté du foyer, la maladie de Walter créent des situations difficiles. Physiquement et moralement. La communication est peu évidente dans la famille.<br />
Puis, évidemment, le trafic de drogues et les nouvelles relations humaines qu&#8217;il engendre ne vont pas aller sans complications sérieuses.</p>
<p>Que dire de plus? Cette série est une sensation. Arrêtez tout et regardez-la. Yo.</p>
<p align="center"><a href="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2008/06/breakingbad_1280x1024_02thumbnail.jpg" title="breakingbad_1280x1024_02thumbnail"><img src="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2008/06/breakingbad_1280x1024_02thumbnail.jpg" alt="breakingbad_1280x1024_02thumbnail" width="450" height="256" class="attachment wp-att-563 " /></a></p>
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		<title>There will be blood</title>
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		<pubDate>Sun, 23 Mar 2008 18:20:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pascal</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Vu le 18/3/2007 au Balzac Salle 2 en VO Film américain (2007) de Paul Thomas Anderson avec Daniel Day-Lewis, Paul Dano, Dillon Freasier, Ciaran « César » Hinds, Sydney McCallister&#8230; There will be blood. Les titres des films de Paul Thomas Anderson, où PTA pour faire simple et/ou pour les fanatiques d&#8217;acronymes, sont un plaisir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Vu le 18/3/2007 au Balzac Salle 2 en VO<br />
Film américain (2007) de Paul Thomas Anderson avec Daniel Day-Lewis, Paul Dano, Dillon Freasier, Ciaran « César » Hinds, Sydney McCallister&#8230;</em></p>
<p><em>There will be blood</em>. Les titres des films de Paul Thomas Anderson, où PTA pour faire simple et/ou pour les fanatiques d&#8217;acronymes, sont un plaisir en soi. Celui-ci, en lettres gothiques au début du film, sonne comme une curieuse promesse. Et puis le titre revient à la fin, toujours une promesse ?</p>
<p>Même au coeur de l&#8217;aridité du désert californien (enfin, le tournage a eu lieu au Texas) illustrés par des images nécessairement sèches et des mouvements bien moins amples et généreux que ses précédents chef d&#8217;oeuvres, PTA filme toujours la vie, nos vies que cela nous émeuve ou nous mette mal à l&#8217;aise. Comme une épreuve en fait, ainsi Barry Egand (Adam Sandler) dans <em>Punch Drunk Love</em> auquel je me suis un peu trop identifié. </p>
<p>Pour parvenir à ce résultat, le metteur en scène s&#8217;éloigne des coïncidences et des pluies de grenouilles de Magnolia pour nous raconter au plus près la quête de solitude de Daniel Plainview, « oil man » en pleine ascension. La reconstitution fait vraie avec ses figurants locaux et ses décors à l&#8217;ancienne. Les fameuses premières séquences vides de dialogue sont très sensitives, physiques. Elle nous plonge dans un monde de pionniers d&#8217;où émerge un Daniel Plainview blessé et se trouvant presqu&#8217;au même instant un métier lucratif, pétrolier, et une famille, son fils adoptif. </p>
<p><a href="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2008/03/therewillbeblood1.jpg" title="therewillbeblood1.jpg"><img src="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2008/03/therewillbeblood1.jpg" width=100% /></a></p>
<p><em><br />
There will be blood</em> refuse aussi tout effet du grand Hollywood. La scène spectaculaire, le jet de flamme hors du derrick, est assez symptomatique : le « désamorçage » de l&#8217;incendie est préparé avec une quantité astronomique de bâtons de dynamite dans deux bidons. L&#8217;explosion a bien l&#8217;effet escompté mais elle est pourtant aussi sèche que le film, et un peu ridicule, un peu pathétique presque comique. Ca me rappelle la séquence d&#8217;allumage du barbecue d&#8217;Homer dans les Simpson (ouch, ardue la référence, disons qu&#8217;Homer met deux tonnes d&#8217;allume-feu dans son barbecue pendant vingt bonnes secondes et quand il l&#8217;allume, on s&#8217;attend à une catastrophe et il démarre parfaitement bien, gentiment – aucun gag. Forcément Anthologique). </p>
<p>On pourrait aussi faire un long article sur la musique de ce film et son usage. Je n&#8217;en suis pas capable. Elle est magnifique. Elle n&#8217;accompagne étrangement pas le film mais les personnages (c&#8217;était d&#8217;ailleurs je crois un peu le cas déjà dans <em>Punch Drunk Love</em>).</p>
<p>Le metteur en scène ne dénonce rien, il montre. Son amour presque émerveillé de ses personnages, qui donna des scènes aussi simples que bouleversantes (les retrouvailles de Dirk Diggler avec son producteur dans <em>Boogie Nights</em>) est moins évident dans <em>There will be blood</em>, la caméra se trouvant plus distante. Il y a quand même cet amour muet de Mary pour le fils Plainview et ce flash back étonnant, très tendre, à la fin du film entre Plainview et son fils qui nous rappelle le chemin parcouru par le pétrolier mais aussi malgré tout l&#8217;amour que veut traquer partout le réalisateur. </p>
<p>Mais ici, l&#8217;amour est un souvenir d&#8217;avant l&#8217;abandon du père adoptif. Abandon assumée car cohérente avec le but que Plainview s&#8217;est fixé et qu&#8217;il nous livre dans ce qui constitue sans doute la seule scène où Plainview se livre un peu : vivre seul à l&#8217;abri de tous les humains. Son pire ennemi est donc Eli Sunday le prêcheur qui veut faire prospérer sa communauté religieuse autour des puits de pétrole jusqu&#8217;à imaginer Plainview devenir lui-même un de ses fidèles membres. Et alors qu&#8217;on peut s&#8217;interroger sur la possible schizophrénie d&#8217;Eli, Paul et Eli Sunday sont joués par le même et génial acteur Paul Dano déjà étonnant dans <em>Little Miss Sunshine</em>, vient mon identification non pas à un personnage mais au deux personnages principaux de <em>There will be blood</em>.  </p>
<p>Deux facettes violentes de nous(moi)-mêmes nous(me) touchent : le besoin de reconnaissance tout en restant hypocritement modeste, tel Eli, et la misanthropie, tel Daniel. Il y a quelque chose de terriblement amer, désespérant dans leur duel. Les abandons de ce frère qui lui ressemble pourtant de loin, de ce fils qui marche sur ses traces sont comme des abandons d&#8217;une part de Plainview lui-même. Avec le recul, c&#8217;est plutôt bouleversant. Une nouvelle fois.</p>
<p>Il y a déjà tant de littérature sur ce film, tant de points de vue pertinents, passionnants, frustrants aussi, sur ce que le film transmet, sur Paul Thomas Anderson, sur l&#8217;inoubliable Daniel Day-Lewis, sur le cinéma américain de la décennie. Tâchons de faire simple : <em>There will be blood</em> est un grand film et je crois qu&#8217;il sera un grand film parce qu&#8217;il touche quelque chose d&#8217;intemporel sur notre  humanité. Il faut voir <em>There will be blood</em>. Au cinéma, surtout. <em>There will be blood</em> se ressent. Et malgré ses deux heures trente huit, la fin me tombe dessus comme une quille alors que la quête de Plainview trouve son aboutissement. <em>« I&#8217;m finished »</em>. Et c&#8217;est moi qui saigne.</p>
<p><a href="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2008/03/therewillbeblood2.jpg" title="therewillbeblood2.jpg"><img src="http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2008/03/therewillbeblood2.jpg" width=100% /></a></p>
<p><a href="http://www.imdb.com/title/tt0469494/">Fiche IMDB</a></p>
<p>Quelques autres commentaires :</p>
<p><a href="http://www.dvdclassik.com/forum/viewtopic.php?f=3&#038;t=25287&#038;st=0&#038;sk=t&#038;sd=a">Discussion sur DvdClassik</a><br />
<a href="http://culturopoing.com/Blogs/Cinema.php?Id=668">culturopoing</a><br />
<a href="http://ilikeyourstyle.net/index.php/2008/03/21/there-will-be-grosse-farce/">ilys</a></p>
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		<title>7h58 ce samedi-là</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Nov 2007 22:04:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pascal</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Vu le 8/10/2007 à l&#8217;UGC George V salle 6 en VO Film américain (2007 – Before the Devil Knows You&#8217;re Dead) de Sidney Lumet. Deux frères chacun dans le besoin se décident à cambrioler la bijouterie appartenant à leurs parents, ni vu ni connu. Mais le braquage tourne (très) mal. 7h58 ce samedi-là marquerait pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Vu le 8/10/2007 à l&#8217;UGC George V salle 6 en VO<br />
Film américain (2007 – Before the Devil Knows You&#8217;re Dead) de Sidney Lumet.</em></p>
<p>Deux frères chacun dans le besoin se décident à cambrioler la bijouterie appartenant à leurs parents, ni vu ni connu. Mais le braquage tourne (très) mal.<br />
<em>7h58 ce samedi-là</em> marquerait pour beaucoup le retour du réalisateur Sidney Lumet sur le devant de la scène avec un film très au dessus du lot. Je serais mal habile de parler moi-même de retour étant donné que je connais que trop peu les plus de 60 ans de carrière du vieux monsieur. Il s&#8217;attarde ici sur une tragédie familiale pleine de non dits et de ressentiments<br />
<strong><br />
La mise en scène est la vraie star du film</strong> : c&#8217;est une mise en scène éclatée comme construite autour des réflexions que se font les personnages se demandant comment ils en sont arrivés là. La vie ne les épargne effectivement pas. Les acteurs, tous parfaits, portent en eux beaucoup d&#8217;amertume et des blessures indélébiles. Le film demeure évasif sur les motivations profondes des personnages notamment les relations entre les deux frères et leur père, mais en s&#8217;attardant sur la pesanteur de leur présent, c&#8217;est tout le poids du passé qui semble perpétuellement refaire surface.<br />
Le braquage apparemment vu comme l&#8217;espoir d&#8217;une deuxième chance, de rêve d&#8217;ailleurs, devient un peu aussi une forme de vengeance. Le drame qui suit le braquage conduit les protagonistes dans une forme de purgatoire où chacun attend son jugement entre ciel et enfer. Presque chacune des situations confinent au pathétique, une des plus terribles et presque drôle étant le départ de la femme d&#8217;un des frères, qui trouve encore l&#8217;aplomb, car totalement désoeuvrée, de demander de l&#8217;argent pour son taxi à son futur ex-mari&#8230;<br />
Les ultimes scènes sont enfin dérangeantes : le salut, mis en avant par le tout dernier plan, est accompli par un acte sordide. </p>
<p>A part ce très troublant plan final, tout est donc sombre dans <em>7h58 ce samedi-là</em>. Aucun personnage n&#8217;a vraiment un bon côté : mensonge, adultère, duperie, lâcheté, addiction, faiblesses en tout genre&#8230; Lumet a peut-être un peu tendance à s&#8217;acharner sur ces frères. Les personnages de l&#8217;ex-femme et de la fille de Hank, totalement haineux, marquent vraiment un excès de noirceur inopportun. Il y a des films qu&#8217;on dit trop rose bonbon, <em>7h58 ce samedi-là</em> pêche dans l&#8217;excès inverse à se demander si l&#8217;histoire elle-même ne s&#8217;est pas mise au service de la mise en scène, très réussie malgré tout.<br />
Et plus prosaïquement, l&#8217;amateur de chair ne manquera pas ce film s&#8217;il veut pouvoir admirer la belle poitrine de Marisa Tomei !</p>
<p><a href='http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2007/11/7h58cesamedila.jpg' title='7h58cesamedila.jpg'><img src='http://petit-ecran.org/wp-content/uploads/2007/11/7h58cesamedila.jpg' alt='7h58cesamedila.jpg' width=100% /></a></p>
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