Explorers (1985) de Joe Dante

A partir de rĂŞves d’Ă©vasion et de la dĂ©couverte d’une force Ă©nergĂ©tique immense, trois gamins un peu Ă  l’Ă©cart dĂ©cident de construire un vaisseau pour partir dans l’espace.

Explorers dĂ©marre sur des visions qui rappellent Tron mais le film de Joe Dante dĂ©vie vers une sorte de version personnelle de Rencontre du Troisième type (Explorers y fait mĂŞme rĂ©fĂ©rence Ă  travers un singe en peluche). La vision est d’ailleurs très personnelle et s’attache Ă  une Ă©vocation d’enfants, un rĂŞveur (Ethaw Hawke), un scientifique (River Phoenix) et un « dur » lucide et indĂ©pendant (Jason Presson), dans une banlieue amĂ©ricaine typique ou plutĂ´t spielbergdienne.

Joe Dante en profite pour truffer son films de rĂ©fĂ©rences (que j’ai lues pour la plupart sur imdb…) entre l’Ă©cole Charles M. Jones (pour le faiseur de cartoons Chuck Jones) et des films de science-fiction vrais ou faux (l’excellent film Starkiller en rĂ©fĂ©rence au premier nom choisi par George Lucas pour celui qui deviendra Luke Skywalker). J’ai notĂ© aussi une vague obsession pour les chewing gum (entre le pilote de l’hĂ©lico, jouĂ© par son acteur fĂ©tiche Dick Miller et le chien).

En plus de cĂ©lĂ©brer une culture qui deviendra plus ou moins une norme Ă  partir des annĂ©es 2000 (le « geekisme »), Joe Dante livre une histoire d’enfants très touchante avec un propos pour le moins invraisemblable mais qui devait enthousiasmer les gamins d’alors avec communication par talkie-walkie, tĂ©lĂ© dans la chambre, cave-laboratoire, Apple 2…
En mĂ©langeant rĂŞve, espoir et rĂ©alitĂ© et en Ă©vacuant rapidement tout manichĂ©isme, le metteur en scène parvient Ă  ĂŞtre juste. MalgrĂ© une post production chaotique et une dĂ©possession de son film, il reste une quĂŞte puis une rencontre Ă©chappant Ă  tout manichĂ©isme binaire. Le rĂ©alisateur Ă©vacue toute lutte entre « bons » et « mĂ©chants » pour ne s’attacher qu’au trio et ses fantasmes/aventures.

A tel point d’ailleurs qu’il est difficile de savoir oĂą le film veut en venir si bien que je me suis un peu dit que ça ne racontait pas grand chose si ce n’est une exploration. Vu le titre du film, je ne peux pas dire que je me suis fait avoir. En tout cas, le dernier acte est visuellement dĂ©lirant et gĂ©nial mais aussi plutĂ´t nihiliste. Les enfants sont mĂŞmes confrontĂ©s Ă  ce qu’ils pourraient devenir, presque comme une mise en garde oĂą Dante dĂ©nonce la culture non digĂ©rĂ©e, la tĂ©lĂ©vision et son pouvoir avilissant en citant Le Faucon Maltais dans un rythme entraĂ®nant (All Around The World de Little Richard).

Explorers reste un bon film, qu’il convient peut-ĂŞtre d’avoir vu enfant puisque c’est lĂ  qu’il aura le plus gros impact, portĂ©e par une musique exceptionnelle (carrĂ©ment) de Jerry Goldsmith.

 Par Pascal     Commenter14 mai 2010    Catégories: Articles CinĂ©ma Science-Fiction

7h58 ce samedi-lĂ 

Vu le 8/10/2007 Ă  l’UGC George V salle 6 en VO
Film amĂ©ricain (2007 – Before the Devil Knows You’re Dead) de Sidney Lumet.

Deux frères chacun dans le besoin se décident à cambrioler la bijouterie appartenant à leurs parents, ni vu ni connu. Mais le braquage tourne (très) mal.
7h58 ce samedi-lĂ  marquerait pour beaucoup le retour du rĂ©alisateur Sidney Lumet sur le devant de la scène avec un film très au dessus du lot. Je serais mal habile de parler moi-mĂŞme de retour Ă©tant donnĂ© que je connais que trop peu les plus de 60 ans de carrière du vieux monsieur. Il s’attarde ici sur une tragĂ©die familiale pleine de non dits et de ressentiments

La mise en scène est la vraie star du film
: c’est une mise en scène Ă©clatĂ©e comme construite autour des rĂ©flexions que se font les personnages se demandant comment ils en sont arrivĂ©s lĂ . La vie ne les Ă©pargne effectivement pas. Les acteurs, tous parfaits, portent en eux beaucoup d’amertume et des blessures indĂ©lĂ©biles. Le film demeure Ă©vasif sur les motivations profondes des personnages notamment les relations entre les deux frères et leur père, mais en s’attardant sur la pesanteur de leur prĂ©sent, c’est tout le poids du passĂ© qui semble perpĂ©tuellement refaire surface.
Le braquage apparemment vu comme l’espoir d’une deuxième chance, de rĂŞve d’ailleurs, devient un peu aussi une forme de vengeance. Le drame qui suit le braquage conduit les protagonistes dans une forme de purgatoire oĂą chacun attend son jugement entre ciel et enfer. Presque chacune des situations confinent au pathĂ©tique, une des plus terribles et presque drĂ´le Ă©tant le dĂ©part de la femme d’un des frères, qui trouve encore l’aplomb, car totalement dĂ©soeuvrĂ©e, de demander de l’argent pour son taxi Ă  son futur ex-mari…
Les ultimes scènes sont enfin dérangeantes : le salut, mis en avant par le tout dernier plan, est accompli par un acte sordide.

A part ce très troublant plan final, tout est donc sombre dans 7h58 ce samedi-lĂ . Aucun personnage n’a vraiment un bon cĂ´tĂ© : mensonge, adultère, duperie, lâchetĂ©, addiction, faiblesses en tout genre… Lumet a peut-ĂŞtre un peu tendance Ă  s’acharner sur ces frères. Les personnages de l’ex-femme et de la fille de Hank, totalement haineux, marquent vraiment un excès de noirceur inopportun. Il y a des films qu’on dit trop rose bonbon, 7h58 ce samedi-lĂ  pĂŞche dans l’excès inverse Ă  se demander si l’histoire elle-mĂŞme ne s’est pas mise au service de la mise en scène, très rĂ©ussie malgrĂ© tout.
Et plus prosaĂŻquement, l’amateur de chair ne manquera pas ce film s’il veut pouvoir admirer la belle poitrine de Marisa Tomei !

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 Par Pascal     1 commentaire2 novembre 2007    Catégories: CinĂ©ma


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