Saga Indiana Jones : les femmes

Sans être un homme à femmes, Indiana Jones sait séduire, au-moins pendant son cours d’archéologie. A l’instar du marin qui en a une à chaque port, Indy a une femme par film pour lequel il joue volontiers les chevaliers servants, leur sauvant la vie une bonne demi-douzaine de fois par épisode.
La pertinence des géniteurs du héros au fouet est d’avoir su caractériser et différencier les femmes de sa vie.

Marion Ravenwood (Karen Allen)

Marion Ravenwood

Marion Ravenwood est la fille d’un des mentors d’Indiana Jones qui succombera à son charme pour mieux la larguer ensuite. Dix ans plus tard, comme piégée suite à la mort de son père, elle survit dans un bar au coeur des montagnes du Népal. En une seule séquence d’un concours de descente d’alcool, Spielberg nous résume toute la force de cette femme au caractère bien trempé.
Fière mais toujours amoureuse, quand Indiana revient chercher un médaillon qu’elle détient dans les Aventurier de l’Arche perdue, elle ne peut que le suivre comme un prince charmant emmenant sa belle au bois dormant (pour la description détaillée des retrouvailles voir l’excellent article de Rafik Djoumi).
Généralement femme préférée des Indianaphiles, Marion Ravenwood est un mélange étonnamment harmonieux d’indépendance et de (très) belle à sauver (à plusieurs reprises). Et si elle marche parfois sur les plates-bandes des hommes, elle n’est pas encore une de ses héroïnes qui a échangé sa vraie féminité contre une tenue sexy généralement en latex, deux guns et des cours de kung-fu. La lutte contre l’homme n’est donc pas frontale mais plus sournoise : dans la fusillade dans le bar, elle tue deux hommes dans le dos et pour sa tentative d’évasion de la tente de Belloq, elle saoule son geôlier ! Personnage féminin le plus original et le plus crédible de la série, Marion Ravenwood est peut-être la seule vraie femme d’Indiana Jones.

Wilhelmina « Willy » Scott (Kate Capshaw)

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Chanteuse de cabaret, Wilhelmina Scott est embarquée dans l’action d’Indiana Jones et le temple maudit malgré elle. Peu habituée à la vie au grand air, elle accumule les catastrophes et les déclarations péremptoires ce qui finira par charmer Indiana Jones.
Très jolie (mais trop souvent coiffée avec une coupe années 80 trop marquée), Wilhelmina Scott collectionne les tares censées faire craquer les hommes : excessivement vénale, gaffeuse, exigeante, prétentieuse, minaude, bête… Soyons clair, pour Indy c’est vraisemblablement une histoire de cul car elle est l’archétype de la ravissante idiote mais sûre d’elle et demeure principalement un side kick comique avec beaucoup plus de cris à pousser (elle aurait même pris des cours pour le film auprès de scream queen) que de dialogues à réciter.
Globalement horripilant, le personnage a plutôt la tendance à se bonifier au fil des visions, l’abattage de Kate Capshaw (Madame Spielberg à la ville) finissant par l’emporter. Et être couvert d’insectes force le respect. Plus troublant encore est que si le personnage paraît bien caricatural, il est peut-être celui qui se rapproche le plus de nous, citadins, qui serions bien peu fiers de nous retrouver dans les mêmes situations qu’elle…

Elsa Schneider (Alison Doody)

Elsa Schneider

Le docteur Elsa Schneider est un docteur en archéologie chargée de suivre Indiana Jones dans la recherche du Graal et de son père. Séduisant Indiana, elle révèle une perfidie démente et sexuelle au cours de la quête puisqu’elle n’hésite pas à coucher avec Henry Jones Junior et Senior pour parvenir à ses fins !
Assez peu crédible en savante sexy de 23 ans, mais plus que Denise Richards en docteur en physique nucléaire façon Lara Croft dans Le Monde ne suffit pas, elle demeure comme un hommage au personnages féminins d’antan. Sa chevelure blonde impeccable très années 30-40 et son sex-appeal naturel (elle fut notamment choisi pour cela) en fait une descendante directe des femmes fatales que le cinéma de l’époque avait sanctifiées. Elle est une mante religieuse avec sa propre morale et aux intentions toujours égoïstes, le reste du monde autour d’elle n’étant que des moyens d’atteindre son but et d’étendre son pouvoir. L’erreur qu’elle commet à la fin du film (franchir la dalle scellée malgré les avertissements du chevalier) et sa chute dans les ténèbres témoignent de sa soif de pouvoir. Et les larmes de la belle lors des autodafés nazis ne suffiront pas à en faire une victime. Schneider est bien du côté des méchants.
Remarquons que l’actrice Alison Doody, incarnant cette femme fatale et qui n’a pas vraiment eu une grande carrière après ce film comme d’ailleurs Karen Allen et Kate Capshaw (disons que leur rôle le plus marquant est précisément celui dans Indiana Jones), refusa la proposition de Peter Jackson d’interpréter le rôle d’Eowyn dans le Seigneur des Anneaux, rôle qui échut à la mignonne Miranda Otto, du fait de sa grossesse.

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Par Pascal
3 commentaires15 mai 2008
Catégories : Articles, Cinéma, Indiana Jones


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