Ce que pensent les hommes

Comme je le dis souvent, j’aime beaucoup les comédies romantiques. Et un peu moins les romances un peu plus dramatiques soit dit en passant. Hugh Grant est mon idole. Ce que pensent les hommes n’est pas avec Hugh Grant mais c’est une comédie romantique. Et en plus une des actrices a joué avec Hugh Grant (Drew Barrymore dans l’excellent Le Come Back). C’est cool.

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Ce que pensent les hommes raconte plusieurs histoires avec des personnages plus ou moins liés : des colocataires, des copines ou de simples collègues de bureau. A part les amusants interludes et le générique de fin, la réalisation assez conventionnelle de Ken Kwapis permettra à tout amateur du genre de trouver son bonheur dans ces multiples intrigues surtout au vu du casting de stars féminines. La moins convaincante est Jennifer Aniston. Enchaînant pas mal de succès post Friends (Polly et moi, Bruce Tout Puissant, Marley and Me, ce film), elle est ici plutôt lisse. Elle s’inquiète que son copain pourtant très épris d’elle ne veut pas se marier. Ben Affleck joue ici le gars idéal, un peu comme Owen Wilson dans Mon beau père et moi mais en un peu plus premier degré. Autant dire que tout ceci est assez faiblard.

Plus de passage qu’autre chose (elle est une productrice du film), Drew Barrymore remporte le prix de la meilleure moue quand elle écoute ses deux messages au téléphone avec ses collègues de travail.

Scarlett Johansson joue de son sex appeal naturel avec un applomb confondant. Sa rivale qu’elle ne croisera jamais n’est autre que que Jennifer Connelly qui a le rôle le plus délicat de la femme mariée nerveuse et triste, une sorte de Monica Geller s’installant dans sa nouvelle maison. Le triangle amoureux est complété par Bradley Cooper, peut-être le plus heureux des acteurs. Dans la même scène, il plotera sauvagement Johansson pour ensuite se faire chevaucher par Connelly… dans la même scène ! Le fantasme le plus réjouissant qu’a sorti Hollywood ces dernières années !

La palme revient à une actrice moins connue : Ginnifer Goodwin. Vu dans la série Big Love, elle interprète avec une grande conviction la jeune fille voyant l’homme idéal chez tous les hommes. Bien que diablement craquante, mais légèrement obstinée, les déconvenues sont nombreuses mais elle finit par être coachée par un mec qui lui révèle tout du comportement des hommes. Et si le mec en question était le bon ? C’est tout simplement la meilleure histoire du film, la plus drôle, la plus touchante et la plus captivante (sans être la plus réaliste) avec même une jolie inversion des rôles. Il n’est pas étonnant que le titre français soit une référence directe à cette histoire (histoire principale du film en fait).

Et c’est à peu près tout. Comme le genre semble l’obliger, Ce que pensent les hommes est aussi consensuel et demeure très prudent dans sa morale. Il y a bien une rupture douloureuse mais le gars se révèle surtout être un vrai lâche (le personnage est au fond assez réaliste) et beaucoup de happy end dont un terriblement grossier (Aniston/Affleck). Ca ne casse donc pas les trois pattes du canard mais demeure distrayant et parfois euphorisant. C’est l’effet que me fait une bonne comédie romantique. Contrat Rempli.

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 Par Pascal     Commenter20 février 2009    Catégories: Cinéma

Yes Man

Vu le 26/1/2009 à l’UGC George 5 en VO

Porté par Jim Carrey, Yes Man s’inscrit dans la mouvance des comédies type Menteur Menteur ou Bruce Tout-Puissant. Pas forcément de très grands films mais de très gros succès par contre. Dans Menteur Menteur, un menteur invétéré se retrouve obligé de dire la vérité, son fils lui ayant jeté un sort. Je n’ai pas vu Bruce Tout-Puissant mais au vu du succès et du concept (Dieu/Morgan Freeman donne à Bruce/Jim Carrey ses pouvoirs), on peut deviner l’aspect énorme de l’entreprise tant au niveau des gags que des bons sentiments. Car la dernière partie des deux films consiste en une grosse louche de bonnes intentions, difficilement regardable car trop édifiante.

Yes Man suit ce canevas : Carl Allen, divorcé et banquier, dit toujours non à tout et décide de dire toujours oui. Le film a une structure très scolaire type thèse (non), antithèse (oui) et synthèse (oui et non) ce qui est en soit un progrès par rapport à Menteur Menteur (=c’est pas beau de mentir). L’élément de modification est lui personnifié par un Terence Stamp en gourou du oui que j’ai rarement vu aussi insipide. Il est donc celui qui va convaincre Carrey de dire oui grâce à un pacte de pacotille, Yes Man n’ayant pas vraiment d’argument fantastique. C’est à peu près à ce moment que le film démarre vraiment, le début étant fort longuet. J’étais pourtant bien disposé à rire et le début m’a vraiment effrayé par la pauvreté de son ton et des trois faire-valoirs amis/collègues de Carl sans intérêt. Une fois la machine à oui enclenchée, le film retrouve un peu de saveur (il faut toutefois se farcir une vieille nymphomane) d’où émerge même l’acteur Rhys Darby très sympathique en patron fan de Harry Potter et 300.

La comédie n’atteint quand même pas des sommets (une cuite à l’alcool et une autre à la Red Bull) mais le film se révèle plutôt plaisant surtout quand il lorgne dans la comédie romantique. L’atout charme de Yes Man est ainsi assurée par Zooey Deschanel, que je n’avais déjà pas oublié dans Phénomènes et Le Secret de Térabithia. Elle joue aussi Trillian dans Le Guide Galactique. En fille lunaire, chanteuse à ses heures et donnant des cours de « photofooting », elle est définitivement craquante et forme un jolie couple avec Carrey notamment dans cette grange sous la pluie, instant fort romantique. Toute l’escapade dans une ville des USA (Lincoln je crois, j’ai totalement oublié le nom de cette ville) constitue un des moments les divertissants dont la conclusion, rebondissement du film, est une amusante idée.

Après sa rupture peu convaincante, le réalisateur Peyton Reed se montre donc mal à l’aise avec ses gags vulgaires, on ressent bien que nous ne sommes pas dans une production Apatow, mais il réussit mieux ses moments romantiques nous permettant de regarder le dernier acte du film sans subir une avalanche de guimauve. Quant à la vedette Jim Carrey, elle est toujours parfaitement à l’aise, comme dans son récent Braqueurs Amateurs. Yes Man est donc beaucoup moins sirupeux que les deux comédies Menteur Menteur et Bruce Tout-Puissant. Il est aussi plus modeste et parfois ennuyeux mais finalement assez attachant.
Bonus et non des moindres : la musique dans le film, principalement par Eels, est excellente et originale pour le genre.
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 Par Pascal     Commenter30 janvier 2009    Catégories: Articles Cinéma

Un Mari de trop

Vu le 9/9/2008 à l’UGC Danton salle 4 en VO

Emma Lloyd (Uma Thurman) est un conseiller matrimonial, véritable vedette de la radio, dispensant aux femmes des vérités sur les illusions du grand amour. Une de ses auditrices finit par plaquer son fiancé Patrick (Jeffrey Dean Morgan), amoureux transi. Rancunier, il trouve le moyen informatique d’être juridiquement marié avec elle alors qu’elle allait se marier avec son homme idéal Richard (Colin Firth). Et donc ça fait un mari de trop…

On aura rapidement deviné que le fiancé éconduit va finir par s’enticher de la vedette radio qui ne restera pas insensible à ses manières brusques empreintes de culture indiennes d’Inde, donnant quelques tonalités orientales à l’ensemble du film. Pour peu qu’on soit sensible à la comédie romantique, le film n’est pas désagréable mais malgré quelques timides tentatives, le réalisateur Griffin Dune n’épice ni ne pétille vraiment cette comédie qui pourrait tomber dans l’oubli dans quelques années. A se demander pourquoi j’en parle.

Deux séquences constituent le clou comique du film : une dégustation de pâtisseries et une fête en l’honneur de la sortie du livre d’Emma : les quiproquos ne sont pas embarrassants (pour le spectateur) et les situations explosives aidée par le talent des acteurs. Car le casting est impeccable. Uma Thurman est rayonnante, Colin Firth incarne parfaitement la perfection un peu lisse mais élégante et sincère. Et on découvre Jeffrey Dean Morgan avec sa gueule de mec sympa et un bon tempérament comique. Il vole d’ailleurs la plupart des scènes.

L’issue du film est facilement identifiable et on sait que la comédie romantique appelle presque méthodiquement le happy end et le label feel good movie. La pilule est cependant amère : si l’amoureux éconduit est fair play et qu’il n’y a pas vraiment de mal « officiel », pas d’enfant et pas vraiment de mariage. La conclusion du triangle amoureux inverse évidemment les propos de son héroïne, qui passe toute la première partie du film à convaincre ses auditrices d’effectuer des choix raisonnables et même raisonnés, mais sans poser plus de question que « l’amour c’est comme ça ». Et c’est souvent douloureux. Le film pose pourtant la question de l’après happy end en se servant de l’exemple de La Belle et le Clochard. La conclusion aborde sans risque le sujet finalement moins profondément et frontalement que celle d’Amour et Amnésie, véritable joyau (je le dis dès que j’en ai l’occasion).

Notons enfin que Un Mari de trop n’est pas franchement féministe : les mecs sont sympas, et même beaux joueurs, tandis que les femmes leur vampirisent la vie et se révèlent fort lunatiques. On met ça évidemment sur le compte du grand Amour. Une nouvelle fois, ce dernier a bon dos. On pourrait sans doute émettre ce genre de critique de bien des comédies romantiques et Un mari de trop a un certain courage à aborder un triangle amoureux avec deux prétendants authentiquement sympathiques, fidèles et rassurants, là où on oppose généralement un preux chevalier et un salaud ou une incarnation de la perfection béate (comme Owen Wilson dans Mon beau père et moi, seule personne drôle de cette comédie poussive au demeurant). Mais les bonnes intentions hélas ne suffisent pas…

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 Par Pascal     Commenter9 octobre 2008    Catégories: Cinéma

Sex and the City

Vu le 3/6/2008 à l’UGC George 5 Salle 1 en VO

Il est délicat de faire une critique sur un film clôturant une série télévisée que je connais à peine, disons que j’ai vu 7 ou 8 épisodes, d’autant que je n’ai rien du public cible. Ce dernier est aisément reconnaissable, il suffisait d’attendre une quinzaine de minutes devant les caisses automatiques de l’UGC George 5 la semaine de la sortie du film. C’est évidemment un public essentiellement féminin, les quelques hommes perdus accompagnant madame. Elles sont des filles et des femmes se fondant dans cette masse que nous croisons tous les jours dans la rue mais qui, une fois réunies, forment une classe étonnamment homogène et en osmose avec les quatre héroïnes de la série.

Le film Sex and the City semble donc être la conclusion de la série. Les quatre femmes sont plus ou moins installées et vivent fort richement tandis que la dernière des célibataires, Carrie (qui a souvent des tenues abominables), accepte de se marier avec Mr Big. Le jour du mariage ne se passe pas comme prévu. Il faudra alors subir le plus horrible malentendu de la décennie soit :
- Big a des doutes et appelle Carrie qui est injoignable le jour J.
- Big finalement parvient à la joindre et lui dit qu’il ne peut pas et s’en va.
- Carrie lâche son téléphone au ralenti et s’en va.
- Big change d’avis et retourne à la noce (5 minutes, dans le film, plus tard).
- Il croise Carrie en voiture qui lui balance son bouquet à la figure et s’en va.
Après, ils ne se parlent et ne se voient plus pendant huit mois. Et finalement, en une seule scène, ils se retrouvent et décident de se marier quand même. Je viens de raconter la fin, oups. Et après on me dit que le script d’Indiana Jones est mauvais !

Les histoires avec les autres filles sont du même tonneau à la limite du moralisateur façon : « Même si tu étais grosse, on t’aimerait quand même. ». Tout romantisme est exclu ou bien trop appuyé. Un néophyte peut difficilement être touché par la vie amoureuse de ces femmes.
Quant à la comédie, on rit de temps en temps et tous les acteurs font bien leur travail. On retrouve avec surprise Jennifer Hudson, après Dreamgirls, toujours aussi à l’aise à l’écran : son entretien d’embauche constitue la meilleure scène du film et la plus spontanée. Son personnage, la fille qui vient à la City pour trouver le grand amour et finit par le (re)trouver dans sa ville natale, est un joli contrepoint aux héroïnes.

Devant un tel film, on pourrait donc tranquillement dire qu’il s’agit d’un épisode version longue, édulcoré soit dit en passant. Ce n’est pas tout à fait vrai. Avec un montage un peu remanié, Sex and the City correspondrait en fait à quatre épisodes mis bout à bout (le mariage raté, la dépression, la vie sans Big fois deux qui se clôture par les retrouvailles). Tout ça pour la modique somme de soixante-cinq millions de dollars là où la production de trois épisodes en aurait coûté peut-être quatre. Strictement rien ne justifie à l’écran une telle somme. Certains se sont certainement bien servis au passage, un peu comme dans les Bronzés 3. Dans le genre série récente adaptée à l’écran, on peut dire ce qu’on veut de la qualité d’une adaptation comme X-Files mais au-moins l’argent était un peu dépensé pour l’image avec de grosses explosions et des images magnifiques.

En définitive, Sex and the city semble comme souvent réservé exclusivement aux fans. Les autres ne trouveront pas là une raison de découvrir la série. Et l’amateur de comédie romantique préférera le plus modeste Jackpot, sorti deux semaines plus tôt, et qui est à la fois plus drôle et même plus romantique.

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 Par Pascal     Commenter5 juin 2008    Catégories: Articles Cinéma


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