Le réalisateur Uwe Boll s’est taillé au fil des années une solide réputation de plus mauvais réalisateur du monde, une sorte d’Ed Wood des années 2000. J’ai entendu pour la première fois parler de lui pour House of the Dead. Le film avait mauvaise réputation mais en même temps, rare sont les adaptations de jeux vidéos qui ont bonne réputation. Le film ne rapporta pas beaucoup d’argent mais apparemment suffisamment pour rentrer dans ses frais d’après IMDB.
La production suivante du réalisateur fut une nouvelle adaptation de jeu, celle du célèbre Alone in the Dark. Budget confortable (20 M$) et casting solide : Christian Slater, Stephen Dorff et une Tara Reid essayant de se diversifier après pas mal de comédie pour ado. Le film est un four au Box Office et surtout un four critique. Mais Uwe Boll se spécialise pourtant dans le genre et continue d’enchaîner les films d’action parfois relativement onéreux :In the Name of the King: A Dungeon Siege Tale coûte quand même 60 M$. Tout une communauté d’internautes engagea une véritable campagne de dénigrement systématique, lui suppliant même d’arrêter le cinéma. Uwe Boll les provoque en les défiant alors à un combat de boxe. Ceux qui acceptèrent se prirent alors un coup de Boll, plutôt un signe de malchance ici. Et Uwe Boll poursuit avec une assurance insolente sa carrière. Ca mérite qu’on s’y attarde.
Mon premier film de Uwe Boll est donc Postal soit une « grosse » comédie mêlant terrorisme, religion, politique et american way of life et un peu LE film d’Uwe Boll. Dans la ville de Paradise, Dude est un chômeur marié à une obèse lubrique et vivant dans une caravane. Cherchant à se sortir de là, il s’allie à ami devenu gourou d’une secte pour voler des caisses d’une célèbre poupée allemande, Krotchy Dolls, qu’ils pourront vendre à prix d’or aux enchères. Mais des terroristes islamiques emmenés par Ben Laden, vivant aux USA, ont la même idée, en vue d’un attentat à l’arme bactériologique.
Comme une sorte de réponse à la célèbre saillie d’Audiard, Uwe Boll ose tout : terroristes demandant à Ben Laden le nombre exact de vierges au paradis avant de s’écraser sur une tour du WTC, massacres d’enfants et d’handicapés dans un parc d’attraction, scènes de sexe avec une obèse (farine inclus)… et donc l’accroche du film : Bush et Ben Laden gambadant main dans la main. C’est peu de dire que le film est plus provocant, et vulgaire, que drôle. On ne rit d’ailleurs pas beaucoup, surtout quand on regarde le film dans un Thalys entouré d’hommes et femmes d’affaire. La surenchère permanente (la fusillade à la sécu US est plutôt drôle), quelques plans sexy et la trajectoire vengeresse du Postal Dude constituent malgré tout un plaisir coupable pour les amateurs.
Bande-annonce (qui annonce vraiment la couleur, j’aime bien l’encouragement final de Ben Laden sur le film) :
Encore des ressemblances troublantes entre deux comédies françaises : Vilaine et Un chat un chat.
Nous ne sommes pas vraiment loin du jeu des sept différences : un chat, une fille et une poubelle (les modèles semblent identiques). Notons que Chiara Mastroianni n’a pas de tablier. La SPA s’insurgeait contre l’affiche de Vilaine, Un chat un chat est peut-être une réponse faisant suite à ce scandale national.
Porté par Jim Carrey, Yes Man s’inscrit dans la mouvance des comédies type Menteur Menteur ou Bruce Tout-Puissant. Pas forcément de très grands films mais de très gros succès par contre. Dans Menteur Menteur, un menteur invétéré se retrouve obligé de dire la vérité, son fils lui ayant jeté un sort. Je n’ai pas vu Bruce Tout-Puissant mais au vu du succès et du concept (Dieu/Morgan Freeman donne à Bruce/Jim Carrey ses pouvoirs), on peut deviner l’aspect énorme de l’entreprise tant au niveau des gags que des bons sentiments. Car la dernière partie des deux films consiste en une grosse louche de bonnes intentions, difficilement regardable car trop édifiante.
Yes Man suit ce canevas : Carl Allen, divorcé et banquier, dit toujours non à tout et décide de dire toujours oui. Le film a une structure très scolaire type thèse (non), antithèse (oui) et synthèse (oui et non) ce qui est en soit un progrès par rapport à Menteur Menteur (=c’est pas beau de mentir). L’élément de modification est lui personnifié par un Terence Stamp en gourou du oui que j’ai rarement vu aussi insipide. Il est donc celui qui va convaincre Carrey de dire oui grâce à un pacte de pacotille, Yes Man n’ayant pas vraiment d’argument fantastique. C’est à peu près à ce moment que le film démarre vraiment, le début étant fort longuet. J’étais pourtant bien disposé à rire et le début m’a vraiment effrayé par la pauvreté de son ton et des trois faire-valoirs amis/collègues de Carl sans intérêt. Une fois la machine à oui enclenchée, le film retrouve un peu de saveur (il faut toutefois se farcir une vieille nymphomane) d’où émerge même l’acteur Rhys Darby très sympathique en patron fan de Harry Potter et 300.
La comédie n’atteint quand même pas des sommets (une cuite à l’alcool et une autre à la Red Bull) mais le film se révèle plutôt plaisant surtout quand il lorgne dans la comédie romantique. L’atout charme de Yes Man est ainsi assurée par Zooey Deschanel, que je n’avais déjà pas oublié dans Phénomènes et Le Secret de Térabithia. Elle joue aussi Trillian dans Le Guide Galactique. En fille lunaire, chanteuse à ses heures et donnant des cours de « photofooting », elle est définitivement craquante et forme un jolie couple avec Carrey notamment dans cette grange sous la pluie, instant fort romantique. Toute l’escapade dans une ville des USA (Lincoln je crois, j’ai totalement oublié le nom de cette ville) constitue un des moments les divertissants dont la conclusion, rebondissement du film, est une amusante idée.
Après sa rupture peu convaincante, le réalisateur Peyton Reed se montre donc mal à l’aise avec ses gags vulgaires, on ressent bien que nous ne sommes pas dans une production Apatow, mais il réussit mieux ses moments romantiques nous permettant de regarder le dernier acte du film sans subir une avalanche de guimauve. Quant à la vedette Jim Carrey, elle est toujours parfaitement à l’aise, comme dans son récent Braqueurs Amateurs. Yes Man est donc beaucoup moins sirupeux que les deux comédies Menteur Menteur et Bruce Tout-Puissant. Il est aussi plus modeste et parfois ennuyeux mais finalement assez attachant.
Bonus et non des moindres : la musique dans le film, principalement par Eels, est excellente et originale pour le genre.
Comme une sorte de tradition, la période janvier-avril est généralement propice aux « grosses » comédies françaises. C’est ainsi que vont débarquer sur nos écrans des pointures du rire dans des comédies packagées pour être de grands succès. Voici mes a priori sur quelques-unes des prochains mois. Il en faut bien car on ne peut tout voir, et comme on peut le lire sur MovieBlog, ce n’est pas un drame.
Benoît Poelvoorde dans La guerre des miss
Le film est réalisé par Patrice Leconte qui met donc en scène une lutte entre deux villages voisins.. On dit aussi du bien de la performance d’Olivia Bonamy. Mais vraiment, la bande-annonce est laborieuse et terne. Le film aussi ? La bande annonce
Gérard Jugnot et Gérard Lanvin dans Envoyés très spéciaux
Soit deux journalistes partant pour couvrir la guerre en Irak. L’un d’eux a des problèmes maritaux. Normal, le second couche avec sa femme. La bande-annonce laisse traîner un ou deux gags qui font sourire et s’illustre par des décors très pauvres. Surtout elle semble bien raconter 80% du film. Je risque donc de m’en contenter. La bande-annonce
Pierre-François Martin-Laval et Florence Foresti dans King Guillaume
Un couple fauché hérite d’un titre royal sur une île de Bretagne. L’affiche est assez nulle mais, surprise, la bande-annonce m’a beaucoup bien fait rire et elle ne raconte visiblement pas tout. La bande annonce
Bruno Solo et Yvan Le Bolloc’h dans le Séminaire
Ne regardant pas trop caméra café, j’ai bien apprécié Espace Détente. Je ne l’ai pas revu et j’ai finalement assez peu de souvenirs mis à part la dernière partie. Les teasers-saynètes sont plutôt amusantes avec un Jean Claude Convenant outrancier comme toujours. La bande annonce
Dany Boon et Marina Foïs dans Le Code a changé
La réalisatrice Danièle Thompson continue dans la comédie chorale autour d’un dîner un peu comme dans la Bûche. Le teaser fleure bon la comédie à dialogues avec ses répliques piquantes et Dany Boon en mari un peu innocent. Ca pourrait être pas mal et puis après tout La Bûche et Fauteuil d’orchestre n’étaient pas déplaisants. Notons quand même le budget annoncé de douze millions d’euros ce qui est bien cher pour des plans dans des voitures et dans une maison mais il y a peut-être des choses coûteuses qu’on nous montre pas… La bande annonce
Elie Semoun dans Cyprien
Elie Semoun revient au cinéma avec son personnage célèbre de frustré cherchant les blondes à forte poitrine tout en plongeant dans l’univers des geeks/nerds. A cela s’ajoute une touche de fantastique façon Dr Jekyll et Mr Hide. La bande-annonce est une promesse de grosse caricature rendant ce Cyprien d’entrée distancé par les films américains similaires dont le savoir faire en terme de vulgarité étonnamment bien dosée semble très supérieur. Elie Semoun n’ayant, souvent à très juste titre, pas eu beaucoup de succès au grand écran, on peut rester sceptique. La bande annonce
Gad Elmaleh dans Coco
Comme Elie Semoun, Gad Elmaleh puise dans ses sketches pour trouver des points de départ de comédie. Il reprend donc ici un personnage d’un de ses spectacles dont le nom et aussi le titre du film. Gad Elmaleh l’a déjà fait pour Chouchou qui fut un grand succès. Ce dernier film m’a pour ainsi dire « eu » grâce à de nombreux atouts : une bande-annonce très drôle, Alain Chabat et une salle de cinéma comble et acquise à sa cause (qui applaudit dès le générique). La deuxième vision à la télé révéla de nombreuses tares, un faux rythme et une histoire fort dérisoire. En se mettant également derrière la caméra, Gad Elmaleh a peut-être voulu prendre mieux les choses en main. Le teaser promet un abattage énergique d’un comique de tout premier plan avec sans doute une trame classique (on peut supposer que Coco rachètera ses « fautes » et lubies dans la dernière partie). Tout ceci semble un peu facile mais je lui laisse le bénéfice du doute. La bande annonce
On finit deux films à commencer par ce que j’attends le plus : OSS 117 : Rio ne répond plus
Le teaser, une scène, me fait beaucoup rire et me donne d’espoir pour retrouver l’esprit étonnant du premier épisode et un grand Jean Dujardin.
L’autre comédie est celle que j’attends le moins : De l’autre côté du lit. Il faut d’abord commencer la bande annonce :
Je n’ai rien contre Dany Boon, comique aux spectacles souvent rigolos, dont le succès démesuré de ses ch’tis doit autant lui faire plaisir que l’embarrasser. Quant à Sophie Marceau, je l’adore mais sa filmographie n’est pour moi pas à la hauteur sans beaucoup de films inoubliables et aussi pas mal de navets. Et j’en reviens toujours à regretter qu’elle n’est pas fait plus de film comme La fille de d’Artagnan, un de mes films de chevet, où elle est virevoltante, tout à fait dans son élément.
Que dire finalement de ces quelques images ? Au delà de l’idée de départ, assez peu originale à l’ère de la télé réalité type « vis ma vie » et « on a échangé nos mamans », on nous remet une couche féministe façon le mari pense que mère au foyer c’est les vacances (qui pense vraiment ça de nos jours ?) agrémenté d’enfants insupportables le tout littéralement surligné au fluo (la vie de bureau, c’est tout noir et gris, la vie à la maison c’est rose bonbon). Et des répliques déjà cultes : »plus de chocapic ? Et pourquoi pas une pénurie de nutella pendant que vous y êtes ? ». Je crois donc que je vais passer mon chemin ce qui est plutôt agaçant tant j’aime bien Sophie Marceau.
Vu le 1/12/2008 à l’UGC Orient Express salle 1 en VO
En se fumant un joint tranquillement, Dale Denton assiste à un meurtre. Pas de bol, l’assassin est le boss de son (gentil) dealer.
Délire Express est une comédie d’action. Le scénario efficace, plus étoffé qu’un scénario prétexte, a le soucis de la continuité et du gag réussi. Ainsi, le film est toujours bon esprit, jamais ennuyeux. On ne rigole pas toujours mais quand on rigole, c’est très fort. Dans une salle de cinéma, c’est plutôt euphorisant surtout que Délire Express ose beaucoup de choses de l’assez facile mais toujours drôle (le beau papa à la gachette facile) au plus gonflé (la vente de drogue aux mineurs sans véritable conséquence).
A travers les personnages immatures de Seth Rogen et ses compères, on va plus loin que l’histoire du gars ordinaire à qui il arrive une histoire extraordinaire car leurs repères, notamment cinématographiques, sont vraiment les notres, ceux des 20-40 ans : On cite Jude Law et Jeff Goldblum et les personnages, souvent défoncés, tirent comme dans les John Woo (même à la mitraillette !) et se battent n’importent comment. Ainsi combien de fois me suis-je dit lors d’une poursuite en voitures : »Mais pourquoi ne freine t’il pas ? » et dans Délire Express, on tente tout simplement le coup avec une conséquence hilarante et finalement prévisible. C’est peut-être la réussite majeure de Délire Express : l’art subtil s’intéresser au détail réaliste dans des circonstances invraisemblables
Face au jeune premier James Franco, ici sale et décalé, Seth Rogen joue le gars ordinaire si bien qu’on se demande s’il n’est pas la même personne dans la vie. Sa crédible normalité, pourtant souvent mise à mal (il est plus drôle et immature que nous et flingue facilement) et sa sincerité nous font vraiment entrer dans le film. Délire Express a également le soucis de ses seconds et troisièmes rôles. On retrouve par exemple Bill Hader le temps d’une scène aussi drôlissime qu’absurde (mettant en scène des scaphandres). Le super méchant et les chinois semblent plus conventionnels mais ils sont caricaturaux à l’extrême. Plus inattendu, le réalisateur David Gordon Green développe les hommes de main en les inscrivant également dans la vraie vie, limite vie de bureau, l’un d’eux étant par exemple toujours pressé de rentrer dîner en famille.
Cette réunion de talents et d’histoires débridées se retrouve dans des excellentes comédies aussi diverses que 40 ans toujours puceau, Superbad, Frangins malgré eux, Sans Sarah rien ne va ou Rien que vos cheveux. Le point commun est Judd Apatow. Producteur, réalisateur, scénariste, et grand fédérateur, il chapeaute les meilleures comédies américaines du moment. Ses productions constituent un peu le Pixar du comique. Et Délire express maintient le niveau très haut.
Muriel et Philippe sont des agents secrets et accessoirement amants. Pour retrouver la trace d’une clé usb contenant des informations importantes, ils infiltrent un cours de chant pour approcher Constance qui détiendrait la fameuse clé. Le cours et leurs rencontres vont peu à peu les conduire à s’interroger sur eux mêmes.
Pourquoi voir ce film le jour de sa sortie ? L’affiche est pas terrible, le titre est difficile à retenir. J’aime bien les acteurs sans que ce soit mes idoles. Le film sort sur peu d’écrans et risque de disparaître (très) rapidement de l’affiche. En fait, ce sont les trois étoiles (même pas la critique que je n’ai pas lue) du magazine ciné live qui m’ont fait me déplacer et le fait que c’est présenté comme une comédie. Le Plaisir de chanter a d’ailleurs plutôt bonne presse.
Et c’est vraiment une comédie, assez drôle parce que l’aspect espionnage est joyeusement traité par dessus la jambe avec un cours de chant devenant un repaire d’espions de tout horizon de la prostituée ancien de la « pop academy » au jeunot bcbg à la solde de la Corée du Nord (!). Les debriefings de leur supérieure/coach/conseillère matrimoniale (excellente Dominique Reymond) sont savoureux. Le coeur du récit n’est évidemment pas cette histoire d’uranium mais les élans amoureux et sexuels des protagonistes. Le film est d’une crudité plutôt inattendue et frontale qui rappelle un peu les premiers films de Guillaume Nicloux (Les très bons Le Poulpe et Une affaire privée) et finissent curieusement par donner corps au récit tout en caractérisant les personnages. Sans être une comédie musicale, la musique tient évidemment une place très importante. Art lyrique, jolies morceaux de piano et variété ponctuent l’histoire et l’enrichissent puisque certains personnages se révèlent ou justement se bloquent (comme le fils de la professeur de chant).
Ce cocktail de sexe, de comédie, de thriller et de musique est au final assez inattendu, une sorte d’illustration d’un des autres films de l’auteur Ilan Duran Cohen : La confusion des genres. Si le film est parfois un peu étiré et n’évite pas le piège de l’égarement, il est au final un film assez libre et attachant au même titre que ses acteurs, particulièrement Lorànt Deutsch qui n’a pas la partition la plus drôle et qui tire pourtant son interprétation vers le haut. Bien que souvent rattaché à des comédies, il est un acteur plutôt sérieux et à suivre.
Dans une ferme où ils ont trouvé refuge, Karim avoue à Agathe (Agnès Jaoui) qu’il avait quitté rapidement le travail qu’elle lui avait trouvé quelques années auparavant parce que son employeur l’avait tout de suite tutoyé. Ma maman a toujours tutoyé ses employés de moins de 30 ans. Dans cette même ferme, il évoque un moment où il va à la pharmacie et que la pharmacienne tutoie et infantilise sa mère sur les prescriptions. Ma femme m’a raconté qu’ado, elle s’était rendue avec sa grand-mère dans une officine et que la vendeuse s’adressait directement à l’ado pour les prescription. Je ne suis pas à la place de Karim/Djamel Debbouze mais cette « humiliation ordinaire » évoqué par Karim est-il vraiment du racisme ? L’attitude méprisante de Stéphane (Guillaume de Tonquédec), pourtant un gentil philosophe, envers Mimouna (Mimouna Hadji, très attachante) dépend-elle vraiment de la couleur de peau ou simplement d’une situation patron/employé cruelle ? Des exemples bien mal choisies.
Parlez-moi de la pluie est pourtant bon voire très bon dans sa dernière partie, après la pluie. Toujours dans le registre du goût des autres personnes. Les auteurs ont toujours l’art de présenter des personnages qu’on commence presque mécaniquement par « catégoriser » pour s’apercevoir qu’ils sont plus compliqués, souvent plus fragiles. C’est presque une mise en abîme tant le spectateur catégorise pour le film autant qu’il pourrait le faire dans la vie courante lorsqu’il rencontre pour la première fois quelqu’un. Le film nous parle de nos a priori.
L’adhésion au film et son ambiance est facilitée par les réactions crédibles des personnages même finalement dans leurs propos les plus démonstratifs que ce soit ce cultivateur contre les technocrates de Bruxelles ou donc Karim quand il s’offusque du mépris des blancs. Son ressentiment sonne juste mais un malaise s’est immiscé. Non pas de la mauvaise conscience mais l’impression que le talent des auteurs aboutit à une forme de manipulation à tel point que je m’interroge sur leurs intentions, un peu démonstrative et sans nuance, à propos du racisme. J’avoue même m’être honteusement interrogé sur ce fait : la seule actrice dont le prénom dans le film est son propre prénom est Mimouna. Est-ce une coïncidence, un très beau prénom (ce qui est vrai) ou une forme de condescendance (d’humiliation ordinaire) alors que la première partie montrent les gentils arabes écrasés (la mère) ou corrompus par les blancs (Karim, marié, qui finit par regarder une autre femme suite à une remarque de Michel/Jean Pierre Bacri) ?
Ma compréhension du film doit certainement être biaisée. Mais je persiste à croire que ces moments déservent le film. Les dialogues sont bons et naturels comme si les bons mots réguliers arrivaient spontanément alors qu’ils découlent d’un long travail sur les personnages. Sans faire dans la pure comédie, Agnès Jaoui distille quelques moments fort comiques jouant sur la longueur ainsi le fumage de joint qui fait peu à peu ses effets sur les deux protagonistes le partageant, le regard fixe jusqu’au dérangeant d’un agriculteur sur Agathe ou encore cette élégante ellipse où d’un plan où la soeur d’Agathe part seule, on la retrouve ensuite avec son mari au volant, béat mais sans arrogance, satisfait. La réalisatrice semble aussi comme attraper au vol de jolies moments dont le plus beau est cette main tendue à la sortie du TGV.
Et comme toujours, les acteurs excellent tous dans ces registres très humains. Djamel Debouzze, acteur doué, ne cherche pas la performance (Angel-A et son plan face au miroir par exemple) ou à souligner l’importance de son rôle (Indigènes) et trouve peut-être là son meilleur travail à ce jour. Tout au naturel. Il serait alors dommage de faire l’impasse sur des auteurs français parmi les plus habiles actuellement.
Fido est un film étrange. C’est un film de zombie, c’est un film uchronique, c’est un film ironique, c’est un film parodique, c’est une comédie. Ça fait beaucoup. Et quand les films essayent de faire plein de choses en même temps, en général, c’est le gadin assuré. Et bien là, ce film a un défaut : il manque de rythme. Voila, c’est tout. Pour le reste, il est juste génial, et assuré de devenir un film culte au même titre que son prestigieux ancêtre, La nuit des morts-vivants.
Dans un monde touché par les Zombies’ wars, lorsque les morts sont sortis de leurs tombes pour dévorer les vivants, quelques communautés parviennent à survivre dans la paix, la sécurité et l’abondance grâce à la firme Zomcon qui leur fournit une main-d’oeuvre à bon marché (des zombies domestiqués). L’ambiance est aux couleurs sursaturées de l’Amérique triomphante des années 50.
Le héros, du moins le personnage principal, est un petit garçon affligé d’un père atroce dans le genre coincé et refoulé et d’une mère un peu stressée mais qui se révèlera tout à fait charmante. Il est persécuté par deux bullies et il n’a pas d’ami. Heureusement, Fido le zombie entre dans sa vie pour devenir son meilleur ami.
On a le droit à une assez bonne charge contre le bonheur lisse et obligatoire (« le bonheur grâce au contrôle ») et ce qui est peut-être, ce qui serait regrettable, une charge contre les armes. Mais honnêtement, je n’en sais rien, et j’ai trouvé la présence de tous ces gens armés (y compris le gamin qui se voit offrir un petit Smith & Wesson, même s’il n’a pas encore douze ans et le droit de le porter) très sympathique. Je suis peut-être trop premier degré pour ça.
Revu le 1/1/2008 en DVD enregistré
Film français (1973) de Philippe de Broca avec Jean Paul Belmondo, Jacqueline Bisset, Vittorio Caprioli, Hans Meyer, Jean Lefèvre, Monique Tarbès…
Bob Sinclar (Jean Paul Belmondo, oui j’écris Sinclar, voilà) ne résout pas les problèmes de son temps aux quatre coins du monde, il les expédie. Agent séducteur et vraie machine à tuer légèrement parano, pianiste virtuose à ses heures, il est le héros macho et grandiose par excellence. Une sorte de James Bond ou plutôt de SAS. Ca tombe bien, Bob Sinclar n’existe pas, il est le héros d’un roman de gare. Son auteur, François Merlin (toujours Belmondo), est tout le contraire de Bob et achève péniblement son 43è roman.
Revu le 1/7/2007 en DVD
Film américain (1986 – Big Trouble in Little China) de John Carpenter avec Kurt Russel, Kim Cattral, Dennis Dun, James Hong, Victor Wong, Kate Burton, Donald Li…
Un chinois raconte à gorge profonde une bien étrange histoire : Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin Lo Pan.
Prévu d’abord comme un western, Ce long titre suggère un sérial trépidant. Et c’est le cas. Pour quelques dollars de plus, 1148 en fait, Jack Burton, un vrai nom de héros, est embarqué au bout de quelques minutes dans une histoire chinoise sur fond de sorcellerie soit un dur à cuir qui n’a rien demandé à personne dans des péripéties rocambolesques dans la grande tradition des films d’aventure mais sans le all-american hero propre à l’époque.