Un Mari de trop

Vu le 9/9/2008 à l’UGC Danton salle 4 en VO

Emma Lloyd (Uma Thurman) est un conseiller matrimonial, véritable vedette de la radio, dispensant aux femmes des vérités sur les illusions du grand amour. Une de ses auditrices finit par plaquer son fiancé Patrick (Jeffrey Dean Morgan), amoureux transi. Rancunier, il trouve le moyen informatique d’être juridiquement marié avec elle alors qu’elle allait se marier avec son homme idéal Richard (Colin Firth). Et donc ça fait un mari de trop…

On aura rapidement deviné que le fiancé éconduit va finir par s’enticher de la vedette radio qui ne restera pas insensible à ses manières brusques empreintes de culture indiennes d’Inde, donnant quelques tonalités orientales à l’ensemble du film. Pour peu qu’on soit sensible à la comédie romantique, le film n’est pas désagréable mais malgré quelques timides tentatives, le réalisateur Griffin Dune n’épice ni ne pétille vraiment cette comédie qui pourrait tomber dans l’oubli dans quelques années. A se demander pourquoi j’en parle.

Deux séquences constituent le clou comique du film : une dégustation de pâtisseries et une fête en l’honneur de la sortie du livre d’Emma : les quiproquos ne sont pas embarrassants (pour le spectateur) et les situations explosives aidée par le talent des acteurs. Car le casting est impeccable. Uma Thurman est rayonnante, Colin Firth incarne parfaitement la perfection un peu lisse mais élégante et sincère. Et on découvre Jeffrey Dean Morgan avec sa gueule de mec sympa et un bon tempérament comique. Il vole d’ailleurs la plupart des scènes.

L’issue du film est facilement identifiable et on sait que la comédie romantique appelle presque méthodiquement le happy end et le label feel good movie. La pilule est cependant amère : si l’amoureux éconduit est fair play et qu’il n’y a pas vraiment de mal « officiel », pas d’enfant et pas vraiment de mariage. La conclusion du triangle amoureux inverse évidemment les propos de son héroïne, qui passe toute la première partie du film à convaincre ses auditrices d’effectuer des choix raisonnables et même raisonnés, mais sans poser plus de question que « l’amour c’est comme ça ». Et c’est souvent douloureux. Le film pose pourtant la question de l’après happy end en se servant de l’exemple de La Belle et le Clochard. La conclusion aborde sans risque le sujet finalement moins profondément et frontalement que celle d’Amour et Amnésie, véritable joyau (je le dis dès que j’en ai l’occasion).

Notons enfin que Un Mari de trop n’est pas franchement féministe : les mecs sont sympas, et même beaux joueurs, tandis que les femmes leur vampirisent la vie et se révèlent fort lunatiques. On met ça évidemment sur le compte du grand Amour. Une nouvelle fois, ce dernier a bon dos. On pourrait sans doute émettre ce genre de critique de bien des comédies romantiques et Un mari de trop a un certain courage à aborder un triangle amoureux avec deux prétendants authentiquement sympathiques, fidèles et rassurants, là où on oppose généralement un preux chevalier et un salaud ou une incarnation de la perfection béate (comme Owen Wilson dans Mon beau père et moi, seule personne drôle de cette comédie poussive au demeurant). Mais les bonnes intentions hélas ne suffisent pas…

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Par Pascal
Commenter9 octobre 2008
Catégories : Cinéma

Mamma Mia!

Vu le 10/9/2008 à l’UGC Normandie Salle 1 en VO

Entendu une fille parlant à une autre à la sortie de la salle : « T’enlèves les chansons d’ABBA et c’est mauvais ». Cela me rappelle Agrippine de Brétecher : « Mozart c’est nul sauf la musique du film ». Il ne s’agit pas ici de mettre sur un pied d’égalité Mozart et ABBA pas plus que le Amadeus de Milos Forman avec cette adaptation d’une comédie musicale à succès. Mais il est important de prendre en compte le fait que Mamma Mia! a été conçu sur la musique d’ABBA. La scénariste Catherine Johnson n’a pas écrit une histoire puis s’est dit : « Tiens et si j’illustrais mon propos des chansons d’un groupe scandinave ? ». Bon et donc ces critiques à peine remis de mes émotions, c’est nul.

D’ailleurs, l’histoire est-elle si nulle ? C’est une comédie. Elle est 33% plus compliquée que Les Compères de Francis Veber ou Une Chance sur deux de Patrice Leconte. En effet, Sophie (Amanda Seyfried, craquante et sexy) ne connaît pas son père et invite ses trois pères potentiels à assister à son mariage sans le dire à sa maman. Elle pense pouvoir le reconnaître au premier coup d’oeil mais évidemment ce n’est pas le cas. Bon, on a vu pire comme histoire. C’est même parfois assez drôle grâce un peu aux amis de Maman sorties de Absolutely Fabulous et bien sur au trio gagnant Brosnan/Firth/Skarsgard dans le rôle des pères.

Le problème majeur de Mamma Mia! est la réalisation calamiteuse de Phyllida Lloyd qui travaille dans l’opéra, et qui fait partie des créateurs initiaux de cette pièce. Mais elle ne sait visiblement pas tenir une caméra. Dès lors que celle-ci est en mouvement, tout est à peu près raté. Très souvent mal éclairées, comme si on voulait vraiment nous montrer qu’on tourne en studio, des séquences entières sont gâchées et la moindre des chorégraphies, généralement peu audacieuses d’ailleurs, est illisible. D’autant plus dommage que quand la réalisatrice prend le temps de poser sa caméra pour un plan mère/fille devant le miroir ou pour un départ en bateau, elle rend service au film. Mais c’est si rare…

Que reste t’il pour sauver le film ? Les acteurs et les chansons d’ABBA. La fille du cinéma n’a pas si tort au fond. La prestation de Meryl Streep semble avoir des avis mitigées. Certes j’adore les comédies musicales et je me fais facilement avoir mais admirer Meryl Streep (quand elle est bien cadrée) danser maladroitement et chanter sincèrement la chanson titre m’a donné des frissons. De même, Pierce Brosnan chante terriblement faux mais il a un tel aplomb qu’il devient touchant jusqu’à son génial « It’s only for the rest of your life. ».

Le film est sauvé et beau. La réalisation est impardonnable mais je pardonne volontiers les scènes parfois hystériques entre deux chansons car elles aboutissent à des arrangements musicaux enthousiasmants. A la limite, on peut se demander si cet écrin bancal n’est tout simplement pas idéal pour les chansons d’autant que la dernière séquence pendant le générique est hilarante et débridée (les acteurs avec des costumes d’ « époque ») mais finalement très simple (une scène, un micro). Les standards d’ABBA sont sûrement éternels…

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Par Pascal
Commenter13 septembre 2008
Catégories : Cinéma


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