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	<title>Petit écran &#187; Bons baisers de Russie</title>
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	<description>Revues ciné et séries TV</description>
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		<title>Casino Royale</title>
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		<pubDate>Sat, 16 Dec 2006 16:30:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pascal</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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		<category><![CDATA[Bons baisers de Russie]]></category>
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		<description><![CDATA[Vu le 6/12/2006 à l&#8217;UGC George V salle 3 en VO
(Spoiler inside)
James Bond revient avec une nouvelle tête et nécessairement, une nouvelle personnalité. Cette dernière tranche singulièrement avec le précédent. Au delà de la qualité du film, c&#8217;est cette personnalité qui devra relancer la série vers de nouveaux succès. Aussi la question la plus légitime [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Vu le 6/12/2006 à l&#8217;UGC George V salle 3 en VO</p>
<p>(Spoiler inside)</p>
<p>James Bond revient avec une nouvelle tête et nécessairement, une nouvelle personnalité. Cette dernière tranche singulièrement avec le précédent. Au delà de la qualité du film, c&#8217;est cette personnalité qui devra relancer la série vers de nouveaux succès. Aussi la question la plus légitime devient : <strong>Qui est donc ce James Bond ?</strong></p>
<p><img src="http://grandespoches.net/petit-ecran/wp-content/uploads/2006/12/casino-royale2.jpg" alt="James Bond" width=100% /></p>
<p>Le prégénérique de Casino Royale met en scène James Bond comme un nouvel agent double zéro. Ce choix d&#8217;un retour aux sources n&#8217;est pas anodin. <strong><em>Casino Royale</em> se présente comme une préquelle à tous les autres épisodes de la série</strong> et c&#8217;est un choix qui s&#8217;inscrit directement dans la mode récente des « au commencement&#8230; » et dont l&#8217;origine doit tout simplement remonter à <em>La Menace fantôme</em> et la nouvelle trilogie <em>Star Wars</em>. Les projets de préquelles sont alors devenus légions, et dans tous les genres :<em> Batman, L&#8217;exorciste, Massacre à la tronçonneuse, Dumb and Dumber, Bilbo le Hobbit, Hannibal Lecter</em>&#8230;<br />
Ici ce choix demeure judicieux notamment pour (un peu) étoffer les relations entre M et Bond mais surtout pour s&#8217;intéresser aux premiers actes d&#8217;un Bond venant d&#8217;obtenir le fameux permis de tuer. </p>
<p>Bien que court, le prégénérique en noir et blanc donnent plusieurs indications sur la personnalité de Bond à travers un double meurtre. Le premier, à mains nus, est sérieux et brutal. Tous les combats du film mêleront gestes très pro (le combat sur la grue) et une violence crue, naturaliste qui n&#8217;est pas sans rappeler <em>la Mémoire dans la peau</em> et sa suite. Le second assassinat, au pistolet, est net et sans bavure.  L&#8217;esbroufe n&#8217;est plus de mise en somme. Disparaissent alors naturellement l&#8217;humour second degré mais aussi les gadgets. Ces derniers, qui ont pour beaucoup contribué à la renommée de la série, sont remplacés par une débauche de technologie : ordinateurs, puces GPS, téléphones portables et palm deviennent indispensables avec même une gestion centralisée (comme le montre notamment la suffocante tentative de sauvetage à distance après l&#8217;empoisonnement). <strong>Les aventures de Jason Bourne et de Jack Bauer ne sont certainement pas étrangères à cette évolution, ce qui pourrait finalement être un juste retour des choses, et tout laisse alors penser à un Bond froid et direct</strong>. Des qualités fort appréciées dans son métier&#8230;</p>
<p>Son côté buté est moins apprécié. L&#8217;hallucinante poursuite à pied (et<a href="http://grandespoches.net/petit-ecran/cinema/ne-le-dis-a-personne"> j&#8217;aime les poursuites à pied</a>) avec une sorte de Yamakasi est sans nul doute le clou du film en terme d&#8217;action. Elle oppose deux hommes et deux styles clairement identifiables ce qui permet une caractérisation de celui de James Bond qui dévoile une personnalité, astucieuse, brute (il traverse superbement le placo!) et  volontiers bornée puisqu&#8217;il mettra en péril sa mission.<br />
Et il y a ce moment, un des plus intéressants du film, où Bond, en costume sur mesure, se regarde et s&#8217;admire dans le miroir avec un air suffisant. <strong>Loin du discret côté anglais « je suis tellement supérieur aux autres », l&#8217;arrogance du personnage ici nous explose à la gueule. C&#8217;est dans ces moments où Daniel Craig excelle le plus</strong>. Son élégance, ses manières non pas naturelles mais comme acquises (comme se lever mécaniquement quand une femme quitte la table), et son corps donnent l&#8217;image d&#8217;un prolo qui s&#8217;est fait tout seul, un parvenu, un gagnant à mille lieue de la classe naturelle et britannique de  Pierce Brosnan.</p>
<p><img src="http://grandespoches.net/petit-ecran/wp-content/uploads/2006/12/casino-royale3.jpg" alt="Bond" width=100% /></p>
<p>Mais James Bond est-il vraiment un bloc infaillible, un robot sans sentiment? Non, bien sur. La faille la plus évidente intervient dans sa relation avec Vesper Lynd. Il succombe donc à l&#8217;amour presque subitement, comme quelqu&#8217;un qui renferme tout et se confie d&#8217;un coup. Mais les failles sont aussi professionnelles. Revenons à ce décidément révélateur prégénérique et à ces deux assassinats montés parallèlement. Pendant qu&#8217;on le voie lutter durement pour tuer un homme de main, le second assassiné interroge Bond sur sa capacité à honorer son permis de tuer : assassiner n&#8217;est ni facile, ni « automatique ». <strong>Et nous revoyons par la suite Bond se regarder dans le miroir, les miroirs sont très révélateurs dans le film, beaucoup moins suffisant, sonné et presque abattu par la dureté des actes qu&#8217;il accomplit et l&#8217;image qu&#8217;il sait qu&#8217;il doit donner : celle de l&#8217;assurance, du contrôle</strong>.</p>
<p>Avec ce nouveau Bond, la série prend donc une tournure plus sérieuse avec un Daniel Craig qui crève l&#8217;écran, superhéros fort et doublé d&#8217;un tueur froid et distant. Ce premier degré plus assumé et l&#8217;absence d&#8217;ironie facile apportent aussi au plus célèbre agent de sa majesté une dimension humaine  rare, marquée par la nécessité de cacher ses sentiments, mais qui peut les faire jaillir abruptement (sa déclaration d&#8217;amour le montre), pour toujours rester menaçant face à l&#8217;ennemi.<br />
<strong>Il est indéniable que le choix de Daniel Craig pour ce rôle est formidable</strong>, quoiqu&#8217;en dise quelques fans, cette « légion de puristes ignares » comme c&#8217;est fort bien dit dans Mad Movies. L&#8217;acteur s&#8217;impose avec la manière et ce choix est totalement assumé (par la prod ) dès le générique où une ombre prend finalement l&#8217;apparence de Craig mais également, et surtout, lors de cette fin directe où Bond, mitraillette à la main, écrase un ennemi et se présente à l&#8217;aide sa plus célèbre réplique. You know my name, comme le dit la chanson.</p>
<p>Il est grand temps de parler (un peu) du film lui-même, discussion qu&#8217;il faut articuler autour de quatre points essentiels dans un James Bond : les girls, les méchants, l&#8217;action et  l&#8217;histoire.</p>
<p>Ce dernier point n&#8217;est pas le plus important mais il faut bien reconnaître que <strong>le scénario n&#8217;est pas à la hauteur de ce nouveau Bond</strong>. On revient donc aux sources de la série et même des livres nous dit-on et on succombe donc à la mode des préquelles tout en abordant la série de manière un peu plus grave. Daniel Craig indique même avec enthousiasme : « James Bond apparaît ici comme un personnage plus sombre, ce qui correspond davantage à la manière dont l&#8217;a dépeint Ian Fleming à l&#8217;origine ». « Sombre », le mot clé est laché, le mot qui doit satisfaire tout le monde, véritable sésame pour nombre de critiques. Une suite se doit toujours d&#8217;être « plus sombre » que le film précédent, que ce soit <em>Batman, Spiderman ou Harry Potter</em>. On ne se plaindra pas nécessairement de cette tendance pour James Bond mais elle n&#8217;est pas originale et  peut rapidement devenir un simple argument commercial sur les affiches publicitaires. </p>
<p>Pour le personnage lui-même, nous l&#8217;avons vu, ce n&#8217;est pas vraiment le cas. Mais niveau histoire, les scénaristes ont tenté d&#8217;aller au delà du « James Bond tue tous les méchants pour sauver le monde libre » et livrent un vague leçon de géopolitique à travers le financement du terrorisme. Si cette idée donne une première partie rythmée, l&#8217;histoire finit par traîner un peu les pieds dès la partie de poker et devient qu&#8217;irrégulièrement divertissante à partir de la mort du Chiffre qui intervient une demi-heure avant la fin du film. Dès lors, le film rappelle furieusement la fin du <em>Arsène Lupin</em> de Jean Paul Salomé <strong>dans sa façon de prolonger inutilement un métrage avec d&#8217;une part, des faux mystères et, d&#8217;autre part, des faux rebondissements</strong>. </p>
<p>Faux mystères à travers l&#8217;introduction d&#8217;une sorte de menace fantôme. L&#8217;approche sur le méchant, Le Chiffre, demeure intéressante. Commençons par dire qu&#8217;il ressemble au Numéro 5, Kronsteen, de <em>Bons baisers de Russie</em> (mon préféré) : ressemblance d&#8217;abord physique :</p>
<table width=100%>
<tr>
<td><img src="http://grandespoches.net/petit-ecran/wp-content/uploads/2006/12/lechiffre.JPG" alt="le chiffre" width=100% />
</td>
<td><img src="http://grandespoches.net/petit-ecran/wp-content/uploads/2006/12/numero5.JPG" alt="Kronsteen" width=100% />
</td>
</tr>
</table>
<p>La ressemblance est aussi psychologique : les deux étant friands de plans « scientifiques » &#8211; ils sont des champions d&#8217;échec, Le Chiffre a en plus une passion pour le poker et les probabilités. La ressemblance est aussi scénaristique : une fois leur plan déjoué par Bond, ils sont tués par leurs propres troupes.<br />
Cette piste est bonne et à l&#8217;instar du SPECTRE, <em>Casino Royale</em> introduit donc une « organisation ». Mais le film ne laisse cependant pas de mystère planer avec méchant dans l&#8217;ombre mais qui échappe à 007 vu que celui qui tire les ficelles est neutralisé à la toute fin (grâce à un sms!). Peut-être existe t&#8217;il quelqu&#8217;un qui tire encore plus les ficelles mais cela n&#8217;est jamais évoqué. En l&#8217;état, <em>Casino Royale</em> ne laisse rien en suspens.</p>
<p>Faux rebondissements à travers l&#8217;histoire d&#8217;amour. <strong>S&#8217;il y a bien une chose qui a évolué dans les films bondiens, c&#8217;est bien la condition de la femme</strong>. Il est loin le temps où un père corse promettait sa fille (Diana Rigg, la meilleure) à Bond car elle avait besoin d&#8217;un homme qui la mate. Il est loin le temps où deux gitanes se battaient sauvagement pour passer la nuit avec 007.<br />
Fort de la fin du machisme, la série des Brosnan avait plutôt accentué la venue d&#8217;actrices fortes  ainsi Famka Jaanseen et Sophie Marceau pour les méchantes mais on trouvait aussi des femmes de caractère côté gentil avec bien sur Halle Berry et surtout Michelle Yeoh, ma James Bond girl préféré de la période Brosnan.</p>
<p>Et si le James Bond 2006 plaît toujours, les femmes se retournent pour l&#8217;admirer, il n&#8217;en abuse pas. Tout juste fricote t&#8217;il avec femme maquée pour obtenir des informations, ce qui lui coûtera la vie, et avec la fameuse Vesper Lynd dont Bond va finalement tomber amoureux au point de vouloir tout arrêter (avec un email de démission qui rappelle un des plus magnifiques épisodes de <em>X-Files : Smoking Man</em>).<br />
Point de romantisme dans tout ceci, la déclaration d&#8217;amour de Bond se fait dans l&#8217;urgence et l&#8217;amour physique dans une chambre d&#8217;hôpital terne. Point d&#8217;amour torride non plus, la faute à Eva Green, décevante et au jeu limité dans le film. Difficile dans ces conditions qu&#8217;il ressorte quelque chose d&#8217;original surtout que la conclusion d&#8217;un tel amour « impossible » est nécessairement prévisible : trahison de Vesper ou mort de Vesper. Ou les deux, bien sur.</p>
<p><img src="http://grandespoches.net/petit-ecran/wp-content/uploads/2006/12/casino-royale6.jpg" alt="Vesper" width=100% /></p>
<p>Enfin, pendant ce temps, <strong>Martin Campbell, glorieux faiseur du <em>Masque de Zorro</em> (et de sa suite bien moins bonne) enrobe ce scénario dans des séquences d&#8217;action qui n&#8217;ont rien de faiblardes</strong>. Poursuite explosive dans un chantier puis dans une ambassade, empoisonnement asphyxiant, destruction spectaculaire d&#8217;une Aston Martin, démolition d&#8217;un immeuble vénitien (incroyable)&#8230; toutes ces séquences ont du tonus et une réalisation irréprochable (à comparer à certains effets limites de Meurs un autre jour). Peu aidé par certains aspects de l&#8217;histoire, le réalisateur donne malgré tout le la des épisodes à venir comme il l&#8217;a fait pour <em>Goldeneye</em>. C&#8217;est certain, James Bond is back ou plutôt James Bond begins comme on le lit souvent. Et ça fait plaisir.</p>
<p><img src="http://grandespoches.net/petit-ecran/wp-content/uploads/2006/12/007.JPG" alt="007" width=100% /></p>
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