Alors que le roi légitime Richard Coeur de Lion est parti en croisade, Robin de Locksley s’oppose au Prince Jean, frère autoritaire qui convoite le trône pour lever encore plus de taxes auprès des plus démunis pour son bon plaisir. Un dîner face à une noblesse arrogante scelle le destin de Robin aux premières loges des tensions entre Saxons et Normands. Dépossédé de tous ses biens, Robin doit se réfugier dans la forêt de Sherwood et à lever les armes contre le prince.

Errol Flynn en Robin des Bois, Olivia de Haviland en Marianne, Basil Rathbone en Shérif de Nottingam (beau méchant), Claude Rains en Prince Jean et Michael Curtiz à la caméra : après notamment Capitaine Blood, on prend les mêmes et on recommence en Technicolor… Le Technicolor, c’est magnifique, le bonheur au cinéma, l’époque où la couleur démarrait et où on voulait en mettre plein la vue en privilégiant les couleurs vives donnant lieu à des visions grandioses. A bien y réfléchir, c’est sont sans doute une des bonnes raisons de mon fort attrait pour Star Trek et ses fameux pyjamas dont les couleurs vives furent choisis justement parce qu’on tournait en couleur, si je ne m’abuse.


Co-réalisé avec William Keighley, Michael Curtiz aurait tourné la plupart des scènes d’intérieur. Avec un peu de recul, on peut constater que l’apport de Curtiz à la réussite du film est plus déterminant, les séquences au château, toujours en mouvement, étant vraiment exceptionnelles. Mais ça ne fait pas pour autant des Aventures de Robin des Bois, un film déséquilibré. La lumière, la profondeur de champs (le film multiplie les décors et arrières-plan formidables jusqu’à une scène de balcon en plongée vertigineuse), la musique d’aventure, le son des flèches… tout concourt à rendre le spectacle enchanteur et enlevé, primaire. C’est un genre facile à parodier. Il faut tout l’art d’Hollywood pour prendre au sérieux l’histoire et le divertissement pour en faire un vrai classique avec un final dans le château anthologique avec par son duel d’ombres renversant.


Le couple star est toujours aussi séduisant. Etrange dans une toge ne dévoilant que son visage, Olivia de Haviland se révèle divine avec une chevelure opulente et sensuelle. C’est évidemment Errol Flynn qui porte le film à bout de bras. Il s’impose ici en héritier du modèle Douglas Fairbanks. Flynn reprend les postures, le jeu aérien, le rire éclatant en ajoutant un oeil terriblement gourmand (dans le tournoi d’archers par exemple). J’avoue : en photo et en costume de scène, Flynn me paraît peu crédible. C’est bien en mouvement qu’il devient LA star du film d’aventure.





Par Pascal
19 septembre 2010
Comme le titre original, Young Sherlock Holmes, l’indique, le film de Barry Levinson raconte la jeunesse de Sherlock Holmes à l’université. Précisément, il scelle les destins d’Holmes et Watson et donc le début des histoires du premier racontées par le second. Loin de trancher avec l’imagerie traditionnelle comme le Sherlock Holmes de Guy Ritchie, Le Secret de la pyramide profite de la jeunesse du héros, du côté prequel de la série, pour dresser la naissance de cet imaginaire autour du célèbre détective, de ses vêtements à son célèbre « Elementaire » qui se termine ici par un « Mon cher Holmes » puisque prononcé par son maître à penser et inventeur farfelu.


Cette approche n’est pas innovante, peut-être l’était-elle un peu plus à l’époque, mais elle est plaisante, jamais ennuyeuse. On ne pourra guère reprocher à Levinson le rythme du film. En une quinzaine de minutes, il pose l’ambiance et les personnages secondaires (les deux mentors, un riche con, une belle à croquer…) et les capacités exceptionnelles de Holmes à travers, entre autres exemples, un jeu de piste amusant.
La suite est une trépidante aventure avec une touche de surnaturelle que Holmes défie avec toute sa logique. Avec Steven Spielberg à la production, on ressent la bénéfique influence d’Indiana Jones et le Temple Maudit (la scène du sacrifice) sans être trop morbide ni toutefois aseptiser. Même s’il est assez prévisible, le dénouement, sur base de la réplique « Never replace discipline with emotions », n’incite pas à la rigolade et s’avère une excellente base pour une série…


… qui n’a jamais eu lieu, le film n’ayant pas eu à l’époque un gros succès. Pourtant, je n’avais vu qu’une seule fois ce film enfant et il m’avait vraiment marqué. Je me souvenais précisément de plusieurs scènes de relation mentor/élève (j’adore ça, comme par exemple ici le dernier duel amical à l’escrime) et surtout de la plupart des séquences à effets spéciaux. Certaines sont anthologiques (l’attaque des gâteaux !) d’autres historiques ainsi l’image vraiment spectaculaire du soldat sortant de son vitrail, séquence numérique dirigée par John Lasseter.


En plus d’un bon film d’aventure, Le Secret de la pyramide est ainsi en un tour de force technique avec de superbes décors et une bonne musique. Tout semble soigné malgré un casting britannique pas forcément inoubliable. Le méchant mystique est excellent mais on retiendra particulièrement un Watson (Alan Cox) ressemblant comme deux gouttes d’eau à Harry Potter. Le rapprochement ne s’arrête pas là puisque l’ambiance scolaire (uniforme/écharpe inclus) rappelle bien les aventures du sorcier à la cicatrice. Et à bien y réfléchir, il suffirait de remplacer les capacités de Holmes par une baguette magique et nous ne serions pas si éloigné de l’univers J.K Rowling… il n’est pas alors très étonnant de retrouver au scénario Chris Colombus, réalisateur des deux premières adaptations.



(voir aussi la longue introduction)
Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal commence par un étrange monticule de terre en guise de représentation du logo de la Paramount puis vient une voiture très happy days en plein désert du Nevada avec de jeunes insouciants s’amusant à faire la course avec un convoi militaire rempli d’espions russes. Nous sommes dans les années 50, exit les nazis donc et bonjour les soviétiques, ennemis en quête d’un savoir absolu évoluant à travers une pensée collective : le must pour des communistes ! Notons que le parti communiste russe a condamné le film.

Cet ennemi emblématique colle parfaitement à l’esprit des années 50. Spielberg va plus loin en nous faisant traverser tout un pan de l’ambiance et de la culture de l’époque. C’est le temps de la chasse aux communistes et de la suspicion à grande échelle qui touchera même le héros Indiana Jones, devenu une cible privilégiée du FBI. Le metteur en scène parvient à recycler toute l’imagerie de l’époque à travers notamment deux grandes explosions : la première nucléaire au coeur d’un faux village restituant parfaitement l’american way of life et la seconde à partir du décollage d’une soucoupe volante. Et il y a cette séquence du bar. Dans des décors parfaits, le dialogue s’y déroulant est presque longuet mais la chute est hilarante puisqu’elle sera le théâtre d’une bagarre inattendue entre jeunes blousons noirs et jeunes teddies bleu. Outre la surprise, la séquence atteste que l’humour est bien présent dans le film.
L’aventure est aussi bien présente (avec en prime en plus une intrigante, mais peu développée, mise en abîme de l’archéologie). Se déroulant entièrement en Amérique, la saga reprend à son compte une légende ancrée dans notre imaginaire, l’Eldorado, la prolongeant d’un mythe plus contemporain qui a littéralement explosé à partir, justement, des fifties : l’intelligence extraterrestre. Assez astucieusement, le film joue avec un événement fantasmé à tendance conspirationniste à savoir Roswell. Cet approche nous conduit tout droit au « hangar secret des USA », relaté dans Indy 1, et donc à l’Arche d’Alliance tout en jouant sur le fait qu’Indy ignore totalement sa présence ! Un très bon clin d’oeil. La suite des découvertes reste dans la lignée des autres films : Tombes, squelettes, gardiens des secrets, objet clé aidant Indy (le crâne du film remplace en quelque sorte le journal dans l’épisode 3 et le médaillon dans l’épisode 1).
Indy 4 parle donc d’aliens. Et à quoi ressemblent t’ils ? A des aliens des fifties. Alors non ce n’est pas une bestiole de Tatopoulos mais ça reste cohérent avec l’ambiance posée. Et surtout, les auteurs désamorcent tout de suite ce qui aurait pu constituer un rebondissement un peu trop anticipé. Ils ont mis les pieds dans le plat en somme.
De la même manière, le film ne contourne pas la vieillesse de l’aventurier tout en évitant l’écueil de tourner celle-ci en dérision. C’est la force de l’interprétation d’Harrison Ford : il bondit, joue du fouet, se bat à mains nues et improvise presque toujours autant. Au fond, Indiana Jones est toujours Indiana Jones, aventurier et archéologue sceptique malgré tous les événements surnaturels dont il a été le témoin et toujours en quête de la part de vérité dans chacune des légendes les plus célèbres.
Cependant, outre les cheveux blancs, le poids des années est marqué par le spectre de la mort dont Indy prend conscience non pas en sautant dans le vide ou quand il a des mitraillettes pointées sur lui mais à travers une photo de son père, décédé, annonçant qu’il sera le prochain à partir. Son caractère est aussi changeant et les approches tant de l’acteur que du metteur en scène sont finalement très intelligentes faisant de Indiana un personnage à la fois sage et lucide mais aussi un peu fou et fringant. Caution scientifique durant tout le film aussi bien sur le magnétisme que la langue Maya (Indy peut traduire TOUTES les langues anciennes), son expérience et son culot, propre à ceux qui n’ont plus peur de choquer, le conduise à encourager un de ses étudiants à aller sur le terrain plutôt que jouer les rats de bibliothèque soit exactement l’inverse du professeur Jones dans l’Arche perdue (de mémoire : « 70% de l’archéologie se fait dans les livres ») dont les principes reposaient sur ces étranges paradoxe dans le plus pur style « faites ce que je dis, pas ce que je fais ».
Le retour de Marion dans ce nouvel opus s’inscrit également dans cette perspective. L’apparition annoncée de ce qui constitue sans doute l’unique grand amour d’Indiana Jones symbolise quelque peu le retour aux sources voulues par les auteurs (notons que Spielberg voulait encore voir apparaître Marion dans Indiana Jones et le temple maudit). Elle s’inscrit aussi dans l’air du temps : la figure imposée un film / une fille est moins à l’ordre du jour dans les productions familiales, les deux opus de Benjamin Gates l’attestant. A tel point que si l’actrice est indisponible, on préfère la remplacer par une autre pour le même rôle comme c’est le cas pour la Momie 3 où Maria Bello jouera le rôle détenu par Rachel Weisz auparavant.
Le rôle de Karen Allen au sourire amoureux et adolescent va évidemment au-delà du clin d’oeil. Si elle prend la même pose que dans l’Arche perdue lors de ses retrouvailles avec Jones, la joie authentique de ce dernier (sourire en plus brutalement éconduit) vaut tout les discours. C’est peut-être la scène la plus sincère de Ford. Indy ne se cache plus et a ravalé sa fierté et cette séquence sera suivie d’une déclaration d’amour devant témoin aussi rapide que définitive. De même que la révélation de Marion dans les sables mouvants montre un Indiana aussi hilarant qu’allant droit au but. Le héros n’a plus le temps d’hésiter et rattrape les erreurs du passé à la moindre occasion. La dernière scène ne dit pas autre chose : on ne vit qu’une fois.
Elle nous dit aussi avec amusement qu’Indy est encore assez arrogant, et en forme, pour ne pas passer la main. Passer la main est assez rare dans les films d’aventure. Dans Indiana Jones et le Royaume du Crâne de cristal, le personnage de Mutt Williams s’impose quand même en compagnie d’Indiana Jones comme l’héritier impétueux et plein de certitudes. Indiana Jones tente de lui transmettre son expérience tout en lui laissant développer sa fougue. De fait, Mutt est autant présent sinon plus dans les scènes d’action qu’Indy. C’est une vraie relation maître/élève (dissipé) qui se dessine, ce qui fait un peu penser à la mythologie Jedi, et qui est bilatérale : à la manière que les enfants doivent s’occuper de leurs parents vieillissant, Mutt doit sauver la mise de son nouveau mentor.
A l’écran le duo fonctionne bien : Shia LaBeouf, dont j’ai déjà vanté ici les mérites, n’a rien du sidekick qu’il était dans Constantine et assure une interprétation toujours dans le bon ton ce qui n’était pas gagné d’avance. L’illustration la plus frappante est le peigne. Se recoiffant toutes les deux scènes, Shia Labeouf est crédible là où n’importe quel autre serait passé pour un ersatz de Fonzie. La classe.

L’absence d’une nouvelle femme pour Indiana Jones devait être contrebalancé. C’est naturellement que le grand méchant de l’histoire devient une femme. Totalement au service de son rôle, voire effacée derrière celui-ci, Cate Blanchett interprète une russe glaciale et impeccable en toute circonstance. Ajouté à son accent trop prononcé génial et son épée, le personnage a vraiment l’allure d’un ennemi juré dont la chute sera la conséquence de la volonté de s’octroyer des pouvoirs qu’elle n’est pas digne de recevoir. Comme tous les méchants dans Indiana Jones.
L’autre méchant, Mac (Ray Winstone), est réussi mais pas moins développé que les méchants d’Indy 3. Difficile en effet de nous faire avaler qu’une collaboration/amitié de plusieurs années se solde par une trahison grossière. Le personnage conserve néanmoins des aspects intéressants vis à vis de la quête de l’Eldorado car il traduit judicieusement cette fièvre de l’or qui empare son esprit dans la deuxième partie du film comme au temps des conquistadors.
Autre déception : le personnage de Ox. Même pas une déception mais une mauvaise surprise. Le personnage incarné par John Hurt est un professeur pérpétuellement à demi-fou et à côté du ton du film, plus embarrassant que raté. Peut-être qu’au film des visions, il se bonifiera telle Willie dans Indy 2.

Bien entendu, la quête multiplie péripéties et destruction de la plupart des décors. On retrouve avec plaisir en terrain connu. A la première vision, l’action est plutôt réussie. Le résultat est pour moi sans appel : en tant que spectateur, j’ai pris beaucoup de plaisir et trouvé l’action presque toujours fort distrayante et bien découpée, lisible en fait. Outre les deux énormes explosions, les différentes poursuites sont le théâtre de nombreuses acrobaties dont le gimmick amusant est de voir Indy sauter d’un véhicule à l’autre. Le combat d’épée, évidemment annoncé, est assez anthologique. A l’inverse, les jeunes guerriers adeptes de la capoeira sont plus ludiques que menaçants.
C’est sans conteste la séquence des lianes qui est le vrai moment raté du film. L’idée des lianes et l’hommage à Tarzan était une belle idée. Malheureusement, son déroulement est trop long ou mal foutu (1).
Autre traditionnel danger : la faune. Le numérique a parfois du bon car la séquence des fourmis rouges est surprenante et tendue. Nous aurons droit aussi à quelques scorpions, le talon d’Achille de Mutt?, et la traditionnelle apparition des serpents ici sur un ton (vraiment) comique. J’avais estimé dernièrement qu’Indy avait peut-être vaincu sa phobie des serpents à travers l’expérience dans l’antre de l’Arche d’Alliance mais je me trompais.
Au fond ce qui surprend le plus c’est l’utilisation des CGI. On nous avait plus ou moins promis un usage parcimonieux des effets de ce type. Si Spielberg les a largement utilisé pour donner donner vie à des visions inédites, il ne semble pas un fanatique des fonds bleus. Et surtout, les effets se fondaient dans le décors avec beaucoup de classe. L’impression est différente dans Indy 4, les CGI sont très utilisés contrairement à ce qui avait été annoncé mais aussi assez voyants. Toute la partie dans la jungle fait très tournage en studio. Ce n’est pas choquant à première vue car le spectacle l’emporte. Il demeure que les intentions, entre manque de temps à parfaitement finaliser les effets ou une véritable volonté de faire studio, demeurent peu claires. (2)
Je ne vais pas pour autant bouder mon plaisir. Je sais que la deuxième partie déséquilibre un peu l’excellente première moitié du film, comme dans de très nombreux films. Mais comme Harry Knowles, j’ai bien vu un Indiana Jones, un aventurier vieillissant mais toujours espiègle au coeur du danger qu’il passe sa vie à trouver. Il s’amuse visiblement autant que moi. Je n’avais pas d’attente finalement démesurée, je voulais juste revoir Indiana Jones encore une fois. Je suis comblé.

(1) J’ai lu une comparaison avec celle de poutres / barres asymétriques dans Le Monde Perdu. Aussi saugrenue puisse t’elle être, ce que je ne crois pas, la scène avait le mérite de l’efficacité et de la surprise : ce qui se déroulait juste avant (l’attaque des Raptors dont cette horrible scène où l’un deux passe la tête dans le trou que deux femmes creusaient pour s’échapper) était très tendue si bien que la salle où je voyais le film a applaudi de soulagement. Bon j’aime cette scène ! Pour revenir aux lianes, on ne retrouve rien de tout ça. Peut-être qu’une ellipse en voyant simplement Mutt surgir de la jungle aurait mieux fonctionné mais je préfère éviter le plus possible la critique type « on refait le film ».
(2) Il s’avère que la partie dans la jungle a été tournée en extérieur !

L’aventure, c’est aussi l’action. Les créateurs des films imaginent souvent de grandes scènes d’action qui seront autant de figures imposées aux scénaristes qui devront d’une manière ou d’une autre les inclure dans le scénario.
L’action prend ainsi la forme d’innombrables poursuites, à pied, à cheval, en train, en bateau, en avion ou plus classiquement en voiture. Celle dans le désert rappelle Duel surtout quand Jones parvient à prendre le contrôle du camion et fonce vers la voiture où se trouve Belloq. La plus originale est celle dans la mine à bord de wagonnets dans un réseau de rails infini. Donner vie au plus invraisemblable tout en restant le plus sérieux possible est sans doute une des plus grandes réussites de cette série d’aventure.
Indiana Jones ne sait pas seulement tout conduire. Il sait aussi se battre. Il est parfois opiniâtre quand il a son revolver, tout le monde se souvient de la scène face au combattant à l’épée au Caire qu’il préfère abattre avec détachement : Ford était malade sur le tournage et a trouvé cette idée pour expédier le tournage alors qu’un combat singulier était prévu. Mais il ne participe pas à des fusillades sans qu’elles ne se terminent en empoignade (à l’image du combat dans le bar de Marion). Il est le plus souvent inconscient que ce soit face à des guerriers indiens dans une redite d’une séquence de Star Wars où il poursuit deux trois soldats puis se retrouve à être poursuivi par une armée entière. La séquence la plus réussie est sans doute celle sur le tank, dans Indiana Jones et la dernière Croisade à la fois drôle quand il tue d’une balle plusieurs soldats et éprouvante quand il lutte contre Vogel qui n’hésite pas à lui mettre la tête sur les chenilles du char !
On retiendra enfin avec amusement qu’Indy a eu à chaque épisode un éternel ennemi en la personne de Pat Roach. L’acteur de près de deux mètres joue un ou plusieurs rôles dans chaque film pour en mettre plein la gueule à Indy pour finalement se faire abattre par lui. Il est entre autre le colosse nazi sous l’aile volante dans Les Aventuriers de l’Arche perdue ou le chef des gardes dans Indiana Jones et le Temple Maudit. Il n’est par contre pas tué par le troisième épisode, sa scène ayant été coupée au montage (il ne fait qu’une courte apparition aux côtés de Vogel).

Indiana Jones sait aussi détruire. C’est Indiana Jones le destructeur. On ne compte plus les explosions et les déluges de feu, quand ce n’est pas le souffle divin, en passant par les effondrements en tout genre dont le pont suspendu dans le temple maudit. A bien y regarder, il n’est pas vraiment un endroit où il se rend qu’Indiana Jones ne parvient pas à mettre sans dessus dessous !
Comme le fait remarquer George Lucas, une des raisons de tout ce désordre, outre l’entertainment, est qu’il importe que l’objet de la recherche ne soit pas conservé à la fin du film ainsi la coupe du Graal tombe dans les abîmes avec tout l’édifice où elle se trouvait tandis que l’Arche d’alliance se perd dans un hangar immense rempli de secrets en tout genre (Chris Carter saura se souvenir de cette scène pour le premier et le dernier épisode de la première saison d’X-files). Avant cela, Indy aura eu le temps de mettre à mal le temple où l’Arche était abritée depuis des millénaires…
Outre les explosions en tout genre, le cassage de nazi et la destruction de sites archéologiques, la vie mouvementée d’Indiana Jones est parfois malmenée par la faune.

Et puis que serait un film d’aventure exotique sans serpent surtout quand son héros éprouve une phobie pour ceux-ci ? Il va presque de soi que chaque épisode doit contenir son lot de serpents en tout genre, du serpent de compagnie au cobra noblement mis en valeur (autour de milliers d’autres…) en passant par les serpents comestibles !
Spielberg n’hésite donc pas à mettre à l’épreuve son héros. Et à la fin des trois épisodes, on se dit que quand même la phobie est toute relative. Peut-être même que Les Aventuriers de l’Arche Perdue a des vertus curatives pour Indiana Jones. Dans l’introduction du troisième épisode, nous voyons le jeune Indy tombe dans un « bain » de serpents et nous assistons vraisemblablement à la naissance de sa phobie pour ceux-ci.
La phobie est illustrée dans Indiana Jones et le temple maudit lorsqu’il devient paralysé de peur face à Willie réglant son compte à un serpent, excédée par toutes les inconvenances de la jungle.
Finalement, dans le premier épisode, Indiana Jones reproduit précisément sa chute dans le bac à serpents en se plongeant dans une ruine antique pour retrouver l’Arche remplie de milliers de serpents (vraiment des milliers, le making-of du DVD est particulièrement passionnant pour cette séquence). Enfermé par Belloq avec Marion, il est obligé d’aller de l’avant pour sauver sa belle et survivre. Peut-être est-ce de la sur-interprétation (le quatrième épisode le dira) mais, au-moins le temps du sauvetage, Indiana Jones aura surmonté sa légendaire phobie.

Outre les serpents, la série fait aussi la part belle aux rongeurs. On observe ainsi les rats dans les catacombes de Venise vivant tranquillement sur une mare de pétrole hautement inflammable. On pourra même croiser des chiroptères géants (ou chauve-souris pour ceux qui préfèrent rester populaire. Wikipédia m’apprend par ailleurs que les chauve-souris ne font pas parti des rongeurs. Si.), l’équipe ayant profité de leur présence sur les lieux du tournage en Inde.
Indiana Jones a peur des serpents mais je n’ai pas peur des serpents. Le père d’Indiana Jones a peur des rats mais je n’ai pas peur des rats. Et puis les chauve-souris « vampires géantes » vues de loin, c’est rigolo. Par contre je n’aime pas vraiment les insectes. Satiro dans Les Aventuriers de l’Arche perdue est recouvert d’araignées mais c’est plus dégoûtant que terrifiant bien qu’Alfred Molina reconnaisse volontiers que cela ne lui faisait pas particulièrement plaisir pendant le tournage. Il faut arriver à la séquence du piège de la chambre avec des pointes (la séquence préférée de Spielberg) pour se retrouver confronté à des milliers de moyens et gros insectes. Et là, je trouve ça dégoûtant ET terrifiant. Ces séquences révèlent aussi un Spielberg au service d’un film dont il a du mal à parler (il trouvait le scénario trop noir) devenant volontiers masochiste demandant à ses techniciens de jeter des insectes par seaux entiers sur Willie / Kate Capshaw, sa future femme !
Passé ces anecdotes, on louera la force des créateurs de la série à faire resurgir l’une ou l’autre de nos propres peurs et à donner vie à nos pires cauchemars…


Toute la saga Indiana Jones

Au départ de l’aventure Indiana Jones, il y a l’envie de Spielberg de réaliser un James Bond et l’ambition de George Lucas de retrouver l’ambiance des serials d’antan, ces feuilletons sans prétention mais au rythme trépidant. Avec un plus gros budget, sans être particulièrement astronomique, les deux réalisateurs joignent leur force pour créer un nouvel héros et retrouver l’ambiance des années 30 avec le plus grand sérieux, vraiment au premier degré, tout en y mêlant habilement humour et ironie. La réussite est absolue puisqu’ils parviennent à le faire croire aux spectateurs comme moi qui n’a qu’une idée théorique de ce qu’est un serial ou le film d’aventure de l’entre deux-guerre. Et en fait, tout concourt dans la série à restituer ce parfum d’aventure invraisemblable mais fantasmé depuis notre plus tendre enfance.
L’aventure commence très souvent par le dépaysement. Comme pour James Bond, les voyages aux quatre coins du monde sont au rendez-vous et illustrés par ces magnifiques cartes tout au long des voyages en avion, en voiture ou en sous-marin du héros. Curieusement d’ailleurs, Indy ne passe pas beaucoup de temps aux états-unis et part très vite pour les lieux chargés d’histoire(s) : Le Proche-Orient, l’Europe ou même l’Amérique du sud, la Chine, l’Inde… autant de destinations exotiques et rêvées.
Et qu’ils soient en extérieur ou en studio, les décors souvent grandioses et les nombreuses ruines et autres châteaux forts ne peuvent qu’attiser notre imagination et notre plaisir. Indiana Jones voyage pour nous dans des endroits inaccessibles ou définitivement transformés par les sociétés modernes quand ils n’évoquent, en de rare occasion, directement pas une page sombre de notre histoire lorsqu’Indy se rend à Berlin (la grande Histoire demeure cependant en marge d’Indy).


L’aventure dans Indiana Jones passe aussi par une forte iconisation. Les acteurs sont souvent mis en valeur avec des poses très évocatrices qui nous ramènent autant aux films de l’époque du film (où on éclairait souvent le visage des stars comme s’ils étaient pris en photo) qu’à la bande dessinée colorée. En véritable homme de cinéma, Spielberg ne s’arrêtera pas à faire prendre la pose à ses acteurs mais les inscrira dans des séquences souvent lyriques.

Ce lyrisme et cette iconisation passent également par la musique. Quand il parle de la musique de Superman, le réalisateur Richard Donner raconte la première fois où il entend John Williams faisant jouer à son orchestre le thème majeur du film. Et il s’écrit que les trois notes du « refrain » sont les trois syllabes de Superman. Quand on écoute les quatre notes du thèmes d’Indiana Jones, je ne peux m’empêcher de penser à son nom. Dans les trois films, John Williams va multiplier les thèmes associés aux personnages composant des musiques pour presque toutes les scènes du film. Une oeuvre immense pour un résultat exceptionnel, la beauté de la musique du compositeur de Star Wars renforce la tension ou l’émotion transmise par chaque scène illustrée par sa musique.


Au final, des moments telles la découverte de l’endroit où se trouve l’Arche d’Alliance où la rencontre avec le chevalier gardant le Graal confirment que la force de la réalisation, largement autant que l’exotisme des situations, donnent naissance à des images qui vont s’imprimer longtemps dans nos rétines.

Toute la saga Indiana Jones
Revu le 1/7/2007 en DVD
Film américain (1986 – Big Trouble in Little China) de John Carpenter avec Kurt Russel, Kim Cattral, Dennis Dun, James Hong, Victor Wong, Kate Burton, Donald Li…
Un chinois raconte à gorge profonde une bien étrange histoire : Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin Lo Pan.
Prévu d’abord comme un western, Ce long titre suggère un sérial trépidant. Et c’est le cas. Pour quelques dollars de plus, 1148 en fait, Jack Burton, un vrai nom de héros, est embarqué au bout de quelques minutes dans une histoire chinoise sur fond de sorcellerie soit un dur à cuir qui n’a rien demandé à personne dans des péripéties rocambolesques dans la grande tradition des films d’aventure mais sans le all-american hero propre à l’époque.

(Lire la suite…)
Par Pascal
5 février 2008