Troisième Ă©pisode des enquĂŞtes/aventures de Chan Ka Kui (Jackie Chan). L’intrigue, autour du trafic de drogue (avec des europĂ©ennes qui meurent d’overdose), demeure assez simple mais dĂ©veloppe une toile de fond intĂ©ressante sur la future unification de Hong Kong ou la Chine, oĂą Chan enquĂŞte et infiltre la pègre. Je dois louper des rĂ©fĂ©rences culturelles mais certaines sont intrigantes comme le fait que le film au dĂ©but alterne Cantonnais et Mandarin.

Dans ce troisième opus, Jackie Chan laisse la camĂ©ra Ă Stanley Tong. DĂ©jĂ responsable des cascades sur les deux prĂ©cĂ©dents films. Il fera des merveilles dans Jackie Chan dans le Bronx. Ce choix de rĂ©alisateur fut une contrainte imposĂ©e par la production (la Golden Harvest) trouvant Chan trop lent Ă la rĂ©alisation. Ce n’est pourtant pas un hasard si ce Police Story 3 est bien meilleur que les deux premiers, plus distrayant notamment quand il n’y a pas d’action. MĂŞme au niveau comĂ©die, le film m’a arrachĂ© quelques sourires ce qui n’Ă©tait pas le cas avant. Jackie Chan fait gentiment le clown et les passages limite vaudeville (la visite de la fausse famille de Chan) sont plutĂ´t rigolos.
CĂ´tĂ© action, les arts martiaux sont une composante mais pas la fin en soi du film. Le premier duel Ă mains nues est très impressionnant. Après une Ă©vasion vertigineuse et quelques passages comiques, le film prend son envol et livre 40 dernières minutes hallucinantes allant de la fusillade explosive dans la jungle Ă la course poursuite en auto, moto, train et hĂ©licoptère en plein Kuala Lumpur ! Pour tout dire, je pense que c’est un des meilleurs films d’action que j’ai vu, très imaginatif et nerveux. AccrochĂ© Ă une Ă©chelle d’hĂ©lico, Jackie Chan m’a une nouvelle fois fait très peur.


Le fait de voir le film en version original amĂ©liore Ă©galement la vision. Je dĂ©couvre ainsi une Maggie Cheung, (un peu) moins nunuche, (un peu) plus intĂ©ressante mais aussi (encore) plus belle, perdant parfois son cĂ´tĂ© enfantin pour gagner en fĂ©minitĂ©. Mais le joyau de ce Police Story 3 est Michelle Yeoh. Miss Malaisie 1983, sublime avec des nattes ou en uniforme strict, Ă l’aise dans la comĂ©die et dans l’action (oĂą elle donne de sa personne comme le rappelle le gĂ©nĂ©rique de fin), elle s’impose comme double fĂ©minin de Chan dans le film au point de jouer dans un spin-off de la sĂ©rie : Police Story 3 – Supercop 2 !







Par Pascal
6 mai 2010 Catégories: Articles CinĂ©ma Polar
L’inspecteur Chan Ka Kui est de retour mais en uniforme, forcĂ© de donner des contraventions Ă une dizaine de camions Ă la fois (!) et de rĂ©gler la circulation. Mais son ennemi du premier Ă©pisode, Ă qui il avait donnĂ© une sĂ©vère correction, sort de prison et veut se venger. Il intimide ainsi sa famille ce qui met Chan hors de lui au point d’infliger une sĂ©vère correction Ă ceux qui se moquent de lui. C’est mal de se venger de la sorte mais je dois reconnaĂ®tre ce sentiment de plaisir dĂ©licieux de voir des mĂ©chants arrogants et bĂŞtes s’en prendre plein la gueule. Ça arrive un peu moins souvent dans la vie donc profitons-en.

L’action semble encore une fois « simple » mais tellement dangereuse. Quand Jackie Chan traverse une quatre voie avec des voitures roulant Ă vitesse rapide, on se demande vraiment s’il le fait vraiment avec des cameramen le filmant Ă l’arrache. Et d’un autre cĂ´tĂ©, nous assistons Ă des bagarres très prĂ©parĂ©es et chorĂ©graphiĂ©s avec des effets d’accĂ©lĂ©rĂ©s. Dans les deux cas, la fluiditĂ© des mouvements et la violence apparente des coups et des chocs sont vraiment impressionnants et immersifs. Une nouvelle fois, le gĂ©nĂ©rique du fin indique qu’on ne plaisante pas avec la moindre cascade.


Cette double histoire de chantage et vengeance est classique avec a priori un plus gros budget que Police Story et donc plus d’explosions. Le hĂ©ros est toujours partagĂ© entre son devoir et sa petite amie (toujours la craquante, et quelque peu horripilante, Maggie Cheung) et fera cavalier seul Ă la fin. Chan est plus sĂ©rieux que dans le premier opus, il accentue son cĂ´tĂ© excellent enquĂŞteur et se met en retrait dans la comĂ©die. Il faut quand mĂŞme se taper la chiasse de son chef Ă plusieurs reprises. La version anglaise n’arrange rien Ă l’affaire et donc, entre deux bonnes sĂ©quences de baston et quelques prouesses physiques, on peut trouver le temps très long. A vrai dire, je prĂ©fère regarder Shanghai Kid. On peut trouver ça grave. C’est peut-ĂŞtre culturel. Et j’adore Owen Wilson.

Un hommage Ă John Woo ?

Par Pascal
25 avril 2010 Catégories: Articles CinĂ©ma Polar
Jackie Chan est connu pour sa pratique des arts martiaux. Au fait de sa gloire en Asie, il rĂ©alise ce Police Story soit une plongĂ©e dans l’action pure avec sa troupe de cascadeurs. Le dĂ©but est pĂ©taradant avec un gunfight dans un bidon ville puis surtout sa traversĂ©e en voiture. Il n’aura Ă©chappĂ© Ă personne que Michael Bay a repris cette scène telle quelle pour son Bad Boys 2 près de 20 ans après. Ce plagiat est presque une bonne chose. Il montre que le fric ne fait pas tout : la sĂ©quence dans Police Story est plus sensitive que celle du film de Michael Bay. Nul doute que dans les deux cas, la prĂ©paration fut importante mais celle de Police Story donne l’impression d’une prise de risque et d’une spontanĂ©itĂ© plus grande. Elle prend aux tripes. Il y a d’excellents films d’action amĂ©ricain mais une « simple » cabriole (de plusieurs minutes !) avec un parapluie de Jackie Chan pour s’accrocher Ă un bus est beaucoup plus spectaculaire que des fx numĂ©riques.

Le dĂ©but de ce Police Story est donc excellent et ce ne sont pas les arts martiaux qui sont mis en avant mais bien toutes les capacitĂ©s d’Action Man de Jackie Chan et son Ă©quipe. Et hĂ©las de comĂ©die. Police Story raconte une histoire de protection de tĂ©moin. Ce dernier est une dernière (Brigitte Lin). Le protecteur est Jackie Chan et il a une petite amie May (Maggie Cheung qui est très mignonne, ingĂ©nue). Nous avons donc droit Ă de la comĂ©die. J’ai vu le film en anglais et il y avait dĂ©jĂ des contresens entre l’anglais doublĂ© et l’anglais sous-titrĂ© ce qui limite la portĂ©e des gags. Mais bon en plus ce n’est pas excessivement drĂ´le : certes on peut sourire lors du faux interrogatoire et de la fausse tentative d’assassinat mais les quiproquos dans l’appartement sont plutĂ´t pĂ©nibles. Le procès, avec perruques, est si nul qu’on peut en rire au troisième degrĂ© (au-moins). Le problème est que tout ça dure plus de 45 minutes et qu’on peut trouver le temps long. Tout juste peut-on apprĂ©cier Chan se garant de manière incroyable, s’amuser avec des fils de tĂ©lĂ©phones et provoquer quelques chutes et accidents.

La dernière demi-heure est beaucoup plus sĂ©rieuse, Ă©galement au niveau de l’intrigue, avec des combats spectaculaires et des chorĂ©graphies brutales. Certaines scènes sont accĂ©lĂ©rĂ©es mais ce qui pouvait nuire est ici plutĂ´t bien menĂ© (c’est pas les Anges Gardiens, quoi). Jackie Chan fait des choses inimaginables jusqu’au final anthologique dans le centre commercial. Ça fait un bon tiers d’hallucinant. C’est largement suffisant pour nous impressionner d’autant que, comme souvent dans les films de Chan, le gĂ©nĂ©rique de fin nous rappelle que toutes ces acrobaties ont un prix.
Par Pascal
22 avril 2010 Catégories: Articles CinĂ©ma Polar
Vu le 12/1/2009 Ă l’UGC George V salle 7 en VO
Je me souviens d’une critique, nĂ©gative, de TĂ©lĂ©rama sur Twister oĂą le film de Jan de Bont Ă©tait comparĂ© Ă une fĂŞte foraine, un spectacle avec des attractions. Je n’ai jamais trop compris, enfin un peu quand mĂŞme, pourquoi il faut dĂ©nigrer ce style de film. L’oeil du Mal rentre un peu dans cette catĂ©gorie. Après son sympathique ParanoĂŻak qui se rĂ©fèrait Ă FenĂŞtre sur cour, D.J. Caruso reprend Ă son compte la Mort au trousse. Son film est une sorte de tour de montagnes russes. Ainsi, deux inconnus reçoivent, sĂ©parĂ©mment, un coup de tĂ©lĂ©phone et entendent une femme les ordonnant de suivre rapidement des instructions dĂ©lirantes. Ses prĂ©dictions, ses menaces et ses capacitĂ©s d’action, comme dĂ©router un mĂ©tro ou manipuler des grues, se rĂ©vèlent de plus en plus insistantes. Et c’est parti pour un tour avec deux personnes qui n’ont pas la moindre idĂ©e de leur prĂ©sence dans cette galère…
En toile de fond, il y a une histoire de terrorisme et des choix difficiles Ă faire au Moyen Orient mais je crois qu’on peut en avoir rien Ă faire. Seul compte la course trĂ©pidante de Jerry et Rachel. Le rythme est en effet frĂ©nĂ©tique. D.J. Caruso privilĂ©gie l’action Ă tout va ce qui a quelques consĂ©quences dont un certain manque de lisibilitĂ© dans les grands moments d’action. On pourra aussi oublier un final très conservateur limite all american hero avec une rĂ©conciliation factice père-fils, une mĂ©daille du congrès (ou Ă©quivalent) dĂ©livrĂ©e, des responsables du dĂ©sastre qui ne sont pas mis Ă l’Ă©cart et un baiser final certes tendre mais sur la joue. On pourrait aussi discuter de la deuxième partie du film, conçue autour d’un twist Ă mi-parcours. Ce dernier Ă©tait relativement nĂ©cessaire, la femme au tĂ©lĂ©phone ayant une capacitĂ© un peu trop exceptionnelle d’improvisation, mais il se rĂ©vèle lĂ©gèrement invraisemblable. Il est cependant tellement ludique qu’on a vraiment envie d’y croire pour au-moins une autre heure.
Et il y a d’excellents moments de suspense particulièrement dans la salle de traitement des bagages dans un aĂ©roport, dĂ©luge de tapis roulant, rarement montrĂ© au cinĂ©ma je crois (j’ai uniquement en mĂ©moire Toy Story 2 seulement). Cet enfer de tapis roulants est pourtant très cinĂ©matograhique. Au fond, mĂŞme si on ne comprend pas toujours tout, c’est souvent jouissif.
Et comme ParanoĂŻak, le film est tirĂ© vers le haut grâce Ă un excellent Shia Labeouf très bien Ă©paulĂ© par Michelle Monaghan. Shia Labeouf, protĂ©gĂ© de Steven Spielberg producteur du film comme il le fut pour Transformers est toujours très bon, très vif. C’est aussi un peu mon chouchou actuel, dont le nom incite Ă me dĂ©placer dans les salles obscures. Particulièrement grâce Ă ce couple et Ă un plutĂ´t drĂ´le Billy Bob Thornton, on sort de la salle obscure sur les rotules et ravi : pendant deux heures, j’ai oubliĂ© mon quotidien. C’est pas la Mort au trousse hein mais Ce soir-lĂ , c’est exactement ce qu’il me fallait. Merci Shia.

Par Pascal
16 janvier 2009 Catégories: Articles CinĂ©ma
Vu le 6/1/2009 Ă l’UGC George V salle 11 en VO
Trois hommes, mais aussi des gangs et une armĂ©e, se mettent en quĂŞte d’une carte au trĂ©sor, le fameux trĂ©sor de la Mandchourie.
Bien que largement vu comme principalement amĂ©ricain, le western, ses grands espaces et ses grandes histoires, a toujours dĂ©passĂ© les frontières jusqu’en Europe mais aussi en Asie. Le rĂ©alisateur corĂ©en Kim Ji-Woon n’a pas rĂ©sistĂ© Ă s’attaquer au genre en citant explicitement Sergio Leone et son Le Bon, La Brute et le Truand. Mais alors que le rĂ©alisateur italien situait son film en AmĂ©rique, Kim Ji-Woon transpose l’action en Mandchourie dans les annĂ©es 30. Film cosmopolite tournĂ© en trois langues (CorĂ©en, Japonais, Chinois), le metteur en scène magnifie le dĂ©sert de Mandchourie et dresse un dĂ©corum de western traditionnel poussiĂ©reux avec un petit cĂ´tĂ© post-apocalyptique pour sa prĂ©sence d’Ă©lĂ©ments plus modernes car nous sommes dans les annĂ©es 30 : armes automatiques,motos et jeeps.
C’est donc dire s’il règne un joyeux bordel dans la première partie du film oĂą tout le monde semble l’ennemi de tout le monde jusqu’au vertige lors des fusillades diverses oĂą les diffĂ©rents camps ne sont pas toujours clairement identifiĂ©s (peut-ĂŞtre est-ce liĂ© Ă une mĂ©connaissance culturelle). Les fusillades et sĂ©quences mouvementĂ©es sont très nombreuses dans le film avec un ton très singulier, mĂ©lange d’humour noir ou absurde (la sĂ©quence oĂą Kang-ho Song revĂŞt un casque de scaphandre est tordante) et de gore explicite, le sang jaillissant Ă profusion. Kim Ji-Woon nous propose ainsi un cocktail mĂ©morable et imprĂ©visible.
Les moments de rĂ©pits en deviennent un peu longs, Le Bon, la Brute et le CinglĂ© a en effet un peu moins de corps dans son dĂ©veloppement mais il trouve une conclusion dantesque partant d’une chevauchĂ©e explosive et terriblement jouissive pour se terminer sur le gĂ©nial et attendu duel Ă trois. A moins d’ĂŞtre totalement hermĂ©tique aux films d’action, Cette dernière bonne demi-heure, très bien filmĂ©e, est un vĂ©ritable bonheur.
La toile de fond est aussi intĂ©ressante puisqu’elle Ă©voque l’occupation japonaise en CorĂ©e sous la forme d’exilĂ©s en terre chinoise. Ces mercenaires corĂ©ens, tels les Ronins japonais, cherchent pour la plupart la bonne fortune et ont une vision empreinte de fatalitĂ© sur cette occupation loin des vellĂ©itĂ©s patriotiques. Il n’est alors pas Ă©tonnant que la quĂŞte de ces hommes tournent comme Ă vide, se raccrochant Ă quelques grandes espĂ©rances (l’argent pour le Bon, la terre et le troupeau pour le cinglĂ©, la gloire, et la vengeance, pour la brute) que le regard de Kim Ji-Woon rend pathĂ©tique. Ce cĂ´tĂ© dĂ©risoire, cette absence de sens se retrouvent donc dans ces belles images et ces fusillades sans fin. Les dĂ©racinĂ©s n’ont plus que cela Ă faire : errer et se battre.
La rĂ©ussite du film est aussi celle du trio d’acteurs. Loin de l’ironie du « Bon » Clint Eastwood, Jung Woo-Sung interprète un chasseur de prime monolithique très proche hĂ©ros solitaire sans peur et sans reproche. CombinĂ© Ă son sĂ©rieux Ă toute Ă©preuve, il tranche avec les deux autres protagonistes. Mais il n’est pas sans un certain humour, le rĂ©alisateur poussant cette figure hĂ©roĂŻque Ă massacrer Ă lui tout seul la moitiĂ© d’un rĂ©giment japonais !
Byung-hun Lee est la brute ou plus ou moins le mĂ©chant de l’histoire aux motivations et actions tordues. Acteur principal du prĂ©cĂ©dent film de Kim Ji-woon, le bon A Bittersweet Life, l’acteur est plus survoltĂ© et inquiĂ©tant, parfait.
Enfin, j’ai dĂ©jĂ dit Ă deux reprises, pour The Host et Foul King (de Kim Ji-Woon Ă©galement) tout le bien que je pensais de Kang-ho Song. Excellent cinglĂ© et singulièrement comique tout au long du film et capable de changer en un regard totalement son attitude dans ses derniers instants. Star en CorĂ©e, il est tout simplement un des meilleurs acteurs actuels.

Par Pascal
15 janvier 2009 Catégories: Articles CinĂ©ma

L’aventure, c’est aussi l’action. Les crĂ©ateurs des films imaginent souvent de grandes scènes d’action qui seront autant de figures imposĂ©es aux scĂ©naristes qui devront d’une manière ou d’une autre les inclure dans le scĂ©nario.
L’action prend ainsi la forme d’innombrables poursuites, Ă pied, Ă cheval, en train, en bateau, en avion ou plus classiquement en voiture. Celle dans le dĂ©sert rappelle Duel surtout quand Jones parvient Ă prendre le contrĂ´le du camion et fonce vers la voiture oĂą se trouve Belloq. La plus originale est celle dans la mine Ă bord de wagonnets dans un rĂ©seau de rails infini. Donner vie au plus invraisemblable tout en restant le plus sĂ©rieux possible est sans doute une des plus grandes rĂ©ussites de cette sĂ©rie d’aventure.
Indiana Jones ne sait pas seulement tout conduire. Il sait aussi se battre. Il est parfois opiniâtre quand il a son revolver, tout le monde se souvient de la scène face au combattant Ă l’Ă©pĂ©e au Caire qu’il prĂ©fère abattre avec dĂ©tachement : Ford Ă©tait malade sur le tournage et a trouvĂ© cette idĂ©e pour expĂ©dier le tournage alors qu’un combat singulier Ă©tait prĂ©vu. Mais il ne participe pas Ă des fusillades sans qu’elles ne se terminent en empoignade (Ă l’image du combat dans le bar de Marion). Il est le plus souvent inconscient que ce soit face Ă des guerriers indiens dans une redite d’une sĂ©quence de Star Wars oĂą il poursuit deux trois soldats puis se retrouve Ă ĂŞtre poursuivi par une armĂ©e entière. La sĂ©quence la plus rĂ©ussie est sans doute celle sur le tank, dans Indiana Jones et la dernière Croisade Ă la fois drĂ´le quand il tue d’une balle plusieurs soldats et Ă©prouvante quand il lutte contre Vogel qui n’hĂ©site pas Ă lui mettre la tĂŞte sur les chenilles du char !
On retiendra enfin avec amusement qu’Indy a eu Ă chaque Ă©pisode un Ă©ternel ennemi en la personne de Pat Roach. L’acteur de près de deux mètres joue un ou plusieurs rĂ´les dans chaque film pour en mettre plein la gueule Ă Indy pour finalement se faire abattre par lui. Il est entre autre le colosse nazi sous l’aile volante dans Les Aventuriers de l’Arche perdue ou le chef des gardes dans Indiana Jones et le Temple Maudit. Il n’est par contre pas tuĂ© par le troisième Ă©pisode, sa scène ayant Ă©tĂ© coupĂ©e au montage (il ne fait qu’une courte apparition aux cĂ´tĂ©s de Vogel).

Indiana Jones sait aussi dĂ©truire. C’est Indiana Jones le destructeur. On ne compte plus les explosions et les dĂ©luges de feu, quand ce n’est pas le souffle divin, en passant par les effondrements en tout genre dont le pont suspendu dans le temple maudit. A bien y regarder, il n’est pas vraiment un endroit oĂą il se rend qu’Indiana Jones ne parvient pas Ă mettre sans dessus dessous !
Comme le fait remarquer George Lucas, une des raisons de tout ce dĂ©sordre, outre l’entertainment, est qu’il importe que l’objet de la recherche ne soit pas conservĂ© Ă la fin du film ainsi la coupe du Graal tombe dans les abĂ®mes avec tout l’Ă©difice oĂą elle se trouvait tandis que l’Arche d’alliance se perd dans un hangar immense rempli de secrets en tout genre (Chris Carter saura se souvenir de cette scène pour le premier et le dernier Ă©pisode de la première saison d’X-files). Avant cela, Indy aura eu le temps de mettre Ă mal le temple oĂą l’Arche Ă©tait abritĂ©e depuis des millĂ©naires…
Outre les explosions en tout genre, le cassage de nazi et la destruction de sites archĂ©ologiques, la vie mouvementĂ©e d’Indiana Jones est parfois malmenĂ©e par la faune.

Et puis que serait un film d’aventure exotique sans serpent surtout quand son hĂ©ros Ă©prouve une phobie pour ceux-ci ? Il va presque de soi que chaque Ă©pisode doit contenir son lot de serpents en tout genre, du serpent de compagnie au cobra noblement mis en valeur (autour de milliers d’autres…) en passant par les serpents comestibles !
Spielberg n’hĂ©site donc pas Ă mettre Ă l’Ă©preuve son hĂ©ros. Et Ă la fin des trois Ă©pisodes, on se dit que quand mĂŞme la phobie est toute relative. Peut-ĂŞtre mĂŞme que Les Aventuriers de l’Arche Perdue a des vertus curatives pour Indiana Jones. Dans l’introduction du troisième Ă©pisode, nous voyons le jeune Indy tombe dans un « bain » de serpents et nous assistons vraisemblablement Ă la naissance de sa phobie pour ceux-ci.
La phobie est illustrĂ©e dans Indiana Jones et le temple maudit lorsqu’il devient paralysĂ© de peur face Ă Willie rĂ©glant son compte Ă un serpent, excĂ©dĂ©e par toutes les inconvenances de la jungle.
Finalement, dans le premier Ă©pisode, Indiana Jones reproduit prĂ©cisĂ©ment sa chute dans le bac Ă serpents en se plongeant dans une ruine antique pour retrouver l’Arche remplie de milliers de serpents (vraiment des milliers, le making-of du DVD est particulièrement passionnant pour cette sĂ©quence). EnfermĂ© par Belloq avec Marion, il est obligĂ© d’aller de l’avant pour sauver sa belle et survivre. Peut-ĂŞtre est-ce de la sur-interprĂ©tation (le quatrième Ă©pisode le dira) mais, au-moins le temps du sauvetage, Indiana Jones aura surmontĂ© sa lĂ©gendaire phobie.

Outre les serpents, la sĂ©rie fait aussi la part belle aux rongeurs. On observe ainsi les rats dans les catacombes de Venise vivant tranquillement sur une mare de pĂ©trole hautement inflammable. On pourra mĂŞme croiser des chiroptères gĂ©ants (ou chauve-souris pour ceux qui prĂ©fèrent rester populaire. WikipĂ©dia m’apprend par ailleurs que les chauve-souris ne font pas parti des rongeurs. Si.), l’Ă©quipe ayant profitĂ© de leur prĂ©sence sur les lieux du tournage en Inde.
Indiana Jones a peur des serpents mais je n’ai pas peur des serpents. Le père d’Indiana Jones a peur des rats mais je n’ai pas peur des rats. Et puis les chauve-souris « vampires gĂ©antes » vues de loin, c’est rigolo. Par contre je n’aime pas vraiment les insectes. Satiro dans Les Aventuriers de l’Arche perdue est recouvert d’araignĂ©es mais c’est plus dĂ©goĂ»tant que terrifiant bien qu’Alfred Molina reconnaisse volontiers que cela ne lui faisait pas particulièrement plaisir pendant le tournage. Il faut arriver Ă la sĂ©quence du piège de la chambre avec des pointes (la sĂ©quence prĂ©fĂ©rĂ©e de Spielberg) pour se retrouver confrontĂ© Ă des milliers de moyens et gros insectes. Et lĂ , je trouve ça dĂ©goĂ»tant ET terrifiant. Ces sĂ©quences rĂ©vèlent aussi un Spielberg au service d’un film dont il a du mal Ă parler (il trouvait le scĂ©nario trop noir) devenant volontiers masochiste demandant Ă ses techniciens de jeter des insectes par seaux entiers sur Willie / Kate Capshaw, sa future femme !
PassĂ© ces anecdotes, on louera la force des crĂ©ateurs de la sĂ©rie Ă faire resurgir l’une ou l’autre de nos propres peurs et Ă donner vie Ă nos pires cauchemars…


Toute la saga Indiana Jones
Par Pascal
13 mai 2008 Catégories: Articles CinĂ©ma Indiana Jones