Heroes S209 – Cautionary Tales
Heroes Saison 2 Episode 9
Réalisé par Greg Yaitanes, écrit par Joe Polaski
Appréciation : ****
«We have the power of God. That does not mean we can play God. »
Depuis l’épisode 7, la série s’emballe et le rythme est soutenu. Les histoires dans Cautionary Tales se croisent et se resserrent jusqu’à la rencontre entre la compagnie et les Bennet. Pendant ce temps, l’immortalité de Monroe, et celle éventuelle de Claire, se précise. Le sang des immortels pourrait être le nerf de la guerre comme l’illustre le cliffhanger surprenant de l’épisode !
Il est beaucoup question d’enfants et de choix dans cet épisode. D’enfants et d’enfance, d’infantilisme et de maturité. Apprenant la mort de son père, Hiro souhaite le sauver en remontant le temps avant sa mort. Lui apprenant son funeste destin, son père demande à Hiro de ne pas changer le cours du temps. Pensant le convaincre et lui montrer ce qu’il ressent en remontant le temps jusqu’à l’enterrement de sa femme, Hiro change finalement d’avis, « we cannot play God », en se rencontrant lui-même, enfant. Une scène aussi intelligente que bouleversante où Hiro, après ses difficultés à ne pas changer le passé, dessinent peu à peu les contours de son immense pouvoir tout en suivant l’enseignement de son père . Pour ce dernier, notons qu’il semble disposer d’un pouvoir sans s’en servir, tout comme la mère de Peter. Sagesse ?
Matt suit exactement la même trajectoire mais presque malgré lui. Cherchant à tout prix les principaux fondateurs de la compagnie, il se rend compte qu’il peut influencer les gens sans qu’ils s’en rendent compte. Pouvoir terrifiant qu’il utilise pour servir ses propres intérêts et même en voyant la souffrance d’Angela Petrelli forcée de lui dire la vérité. Vérité qui, soit dit en passant, n’a rien de spectaculaire (où l’art x-filien de tout dire sans rien révéler et où on protège le monde en secret). Matt devient donc entêté, pour protéger Molly, et prend le risque du manque de discernement. Le même chemin que son père probablement. Et les mêmes erreurs…
L’épisode met aussi en place un parallèle entre Elle et Claire. Toutes semblaient destinées à devenir des rats de laboratoire. Noah affirme qu’Elle en est devenue un. L’évocation de sa (triste) vie le prouve et il veut protéger sa fille de ce (triste) sort. Deux formes d’immaturité se présentent, celle d’une fille déconnecté disposant d’un trop dangereux pouvoir et celle d’une ado se déclarant blessée par son père pour rester auprès d’un amour naissant. La rencontre de ces filles lors de la géniale scène dite « règlement de compte à Costa Verde » se soldent pour elles deux par une expérience de la vérité. Face à deux pères qui les aiment, «You touch my daughter, i kill yours and then i kill you. », Elle va douter et Claire regretter ses actes passés.
Dommage que la plupart des scènes avec les filles soient plutôt mauvaises. Heroes a décidément des difficultés à construire ses personnages féminins. Elle est agaçante au possible. Entre grimaces minaudantes et dialogues casse-gueules, « can i keep it ? » en parlant de Mohinder, on finit par se réjouir de la voir se faire torturer ! Mieux servie dans cet épisode, les états d’âmes de Claire ne touchent pas. Les idées romantiques, le « sorry » en cailloux, et les bonnes répliques, « i’m just a cheerleader. » qui est beaucoup moins culcul que ça en a l’air, ne fonctionnent pas. Osons le dire : peut-être faut-il aussi mettre en cause le jeu d’Hayden Panettiere.
Les oppositions continuent. Entre Noah et Mohinder, ce sont deux philosophies qui s’affrontent. Mohinder se joint à la Compagnie pour, pense t’il, sauver l’humanité, et Niki. Pour cela, il doit prendre la fille de Noah. Il pense agir pour le bien commun, l’intérêt général jusqu’à se surprendre à devenir un tueur. Noah est un tueur et défend d’abord les siens au dessus de tout autre mission, celle de détruire la compagnie n’étant qu’une conséquence de sa première priorité, ses mots face à Bob l’attestant. Quand Noah et Mohinder, nous avons presque un aperçu du combat entre bien commun et individualisme et des sacrifices auquel il pousse.
Entre les deux personnages, il existe aussi une relation d’antériorité. A ses débuts, Noah était comme Mohinder au service de la compagnie et agissait pour sauver le monde. L’amour pour sa fille l’a transformé le rendant protecteur et vindicatif. S’il peut tuer froidement, le doute et la pitié s’instaurent par l’entremise notamment de West qui conduit Noah à épargner Mohinder qui lui rendra bien.
A la fin de la première saison, Noah est rentré dans les côtés des gentils au côté de Mohinder qui, tout comme Matt, a choisi le camp de la Compagnie dans l’épisode Five Years Gone (le meilleur épisode de la série) mais le regretta. Leurs actions respectives nous éloignent de tout manichéisme. Les meurtres de Noah et sa détermination d’une part et les doutes de Mohinder se voyant devenir menteur et assassin amateur d’autre part, apportent une passionnante ambiguïté à la série. Ambiguïté qui suit presque tous les personnages dans cette saison à commencer par l’étrange association Adam Monroe/Peter Petrelli. Jamais l’étendue des pouvoirs de nos héros favoris n’a été autant difficile. Choisir de le cacher, chercher à s’en débarrasser, en profiter, se le faire voler ou « emprunter » (le sang de Claire), ne pas l’utiliser même pour aider… des choix variés et raisonnés pour les personnages.
Les conséquences de ces choix sont des destins croisés et opposés : Matt et Hiro, Elle et Claire, Noah et Mohinder, tous marqués par la figure du père. Dans Heroes, le père est vu sous tous les angles qu’il soit alternativement absent ou mort, protecteur ou lâche, manipulateur ou honnête. Jamais simplement, mais souvent naturellement car motivés par des raisons précises, les protagonistes naviguent d’un camp à un autre. L’art pour Heroes de nous montrer des personnages complexes et de brouiller délicieusement les cartes.
Par Pascal 4 commentaires25 novembre 2007 Catégories: Heroes




4 Commentaires Add your own
1. Petit écran » Hero&hellip | novembre 25th, 2007 at 6:11
[...] of Strangers S205 – Fight or flight S206 – The Line S207 – Out of time S208 – Four month ago S209 – Cautionary Tales S210 – Truth & Consequences S211 – [...]
2. Jb | janvier 11th, 2008 at 10:41
Je trouvais le jeu d’Hayden Panettiere très convaincant dans la première saison, Claire avait un champ d’expressions assez grand, remarquable même, et elle s’en tirait très bien, je dirais même mieux que tous les autres personnages, à l’exception peut-être de Nathan Petrelli. Les autres personnages sont, comme Scofield dans Prison Break, totalement unidimensionnels et offrent tout le temps la même expression.
Dans la saison 2, plus que son jeu, son rôle s’est considérablement appauvri en terme de diversité, entraînant de fait une interprétation bien plus au ras des pâquerettes.
Quant à l’intrigue, je n’ai toujours pas compris en quoi la Compagnie est réellement méchante, et surtout quel est son objet précis. S’il est d’aider les héros à prendre conscience de leurs pouvoirs et de tenter de les soigner, quel est le problème, même si j’admets qu’il y a des « bavures », ou erreurs (involontaires?).
Je considère Linderman et autres partisans de faire sauter NY comme des déviants de la compagnie, et que je sache Noah dans la saison 1 n’a jamais travaillé pour permettre ce genre de choses. Ce dernier d’ailleurs, malgré sa tête de méchant désigné, m’a toujours semblé agir pour le bien.
Bob essaie bien de soigner Nikki, soigne Molly et n’essaie pas de la retenir, etc. Le seul élément qui me ferait penser que la compagnie est néfaste, c’est la tronche de Bob, qui n’est pas du genre à inspirer véritablement confiance.
3. Aska | janvier 13th, 2008 at 8:14
La compagnie n’a semble t’il rien de néfaste et centrée sur la personnalité de Bob qui est quand même bizarre surtout vis à vis de sa fille. Et il y a aussi les recherches biologiques…
Noah était visiblement un agent assez hard (tueur de sang froid et sans trop d’état d’âmes devenu plus humain au contact de Claire).
Quant à Claire, c’était selon moi le personnage qui aurait du être le plus passionnant. Et pourtant, il ne ressort surtout qu’une ado lourde plutôt qu’un personnage rendu mature prématurément et donc un peu mélancolique à l’image de Molly, sous-développée je trouve.
4. Jb | janvier 13th, 2008 at 8:52
Oui, il conviendrait de ne pas considérer la compagnie comme un bloc, mais plutôt regarder les actes de chacun de ses membres… mais en même temps, ce n’est pas l’optique des scénaristes qui nous bassinent dessus. Alors, on peut penser que c’est une maladresse à la Lost, une intrigue mal ficelée, et c’est décevant.
Concernant Claire, son manque de saveur est plus la conséquence de mauvais choix de la production que de sa qualité d’actrice. C’est vrai qu’elle n’évolue absolument pas, reste à la même place, n’a pas de nouvelles responsabilités… Très décevant.
Quant à Molly, c’est vraiment la fille que je rêverais d’avoir, si un jour je deviens papa.
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