Catégorie 'Cinéma'
Comme une sorte de tradition, la période janvier-avril est généralement propice aux « grosses » comédies françaises. C’est ainsi que vont débarquer sur nos écrans des pointures du rire dans des comédies packagées pour être de grands succès. Voici mes a priori sur quelques-unes des prochains mois. Il en faut bien car on ne peut tout voir, et comme on peut le lire sur MovieBlog, ce n’est pas un drame.

Benoît Poelvoorde dans La guerre des miss
Le film est réalisé par Patrice Leconte qui met donc en scène une lutte entre deux villages voisins.. On dit aussi du bien de la performance d’Olivia Bonamy. Mais vraiment, la bande-annonce est laborieuse et terne. Le film aussi ?
La bande annonce
Gérard Jugnot et Gérard Lanvin dans Envoyés très spéciaux
Soit deux journalistes partant pour couvrir la guerre en Irak. L’un d’eux a des problèmes maritaux. Normal, le second couche avec sa femme. La bande-annonce laisse traîner un ou deux gags qui font sourire et s’illustre par des décors très pauvres. Surtout elle semble bien raconter 80% du film. Je risque donc de m’en contenter.
La bande-annonce
Pierre-François Martin-Laval et Florence Foresti dans King Guillaume
Un couple fauché hérite d’un titre royal sur une île de Bretagne. L’affiche est assez nulle mais, surprise, la bande-annonce m’a beaucoup bien fait rire et elle ne raconte visiblement pas tout.
La bande annonce
Bruno Solo et Yvan Le Bolloc’h dans le Séminaire
Ne regardant pas trop caméra café, j’ai bien apprécié Espace Détente. Je ne l’ai pas revu et j’ai finalement assez peu de souvenirs mis à part la dernière partie. Les teasers-saynètes sont plutôt amusantes avec un Jean Claude Convenant outrancier comme toujours.
La bande annonce
Dany Boon et Marina Foïs dans Le Code a changé
La réalisatrice Danièle Thompson continue dans la comédie chorale autour d’un dîner un peu comme dans la Bûche. Le teaser fleure bon la comédie à dialogues avec ses répliques piquantes et Dany Boon en mari un peu innocent. Ca pourrait être pas mal et puis après tout La Bûche et Fauteuil d’orchestre n’étaient pas déplaisants. Notons quand même le budget annoncé de douze millions d’euros ce qui est bien cher pour des plans dans des voitures et dans une maison mais il y a peut-être des choses coûteuses qu’on nous montre pas…
La bande annonce
Elie Semoun dans Cyprien
Elie Semoun revient au cinéma avec son personnage célèbre de frustré cherchant les blondes à forte poitrine tout en plongeant dans l’univers des geeks/nerds. A cela s’ajoute une touche de fantastique façon Dr Jekyll et Mr Hide. La bande-annonce est une promesse de grosse caricature rendant ce Cyprien d’entrée distancé par les films américains similaires dont le savoir faire en terme de vulgarité étonnamment bien dosée semble très supérieur. Elie Semoun n’ayant, souvent à très juste titre, pas eu beaucoup de succès au grand écran, on peut rester sceptique.
La bande annonce
Gad Elmaleh dans Coco
Comme Elie Semoun, Gad Elmaleh puise dans ses sketches pour trouver des points de départ de comédie. Il reprend donc ici un personnage d’un de ses spectacles dont le nom et aussi le titre du film. Gad Elmaleh l’a déjà fait pour Chouchou qui fut un grand succès. Ce dernier film m’a pour ainsi dire « eu » grâce à de nombreux atouts : une bande-annonce très drôle, Alain Chabat et une salle de cinéma comble et acquise à sa cause (qui applaudit dès le générique). La deuxième vision à la télé révéla de nombreuses tares, un faux rythme et une histoire fort dérisoire. En se mettant également derrière la caméra, Gad Elmaleh a peut-être voulu prendre mieux les choses en main. Le teaser promet un abattage énergique d’un comique de tout premier plan avec sans doute une trame classique (on peut supposer que Coco rachètera ses « fautes » et lubies dans la dernière partie). Tout ceci semble un peu facile mais je lui laisse le bénéfice du doute.
La bande annonce
On finit deux films à commencer par ce que j’attends le plus : OSS 117 : Rio ne répond plus
Le teaser, une scène, me fait beaucoup rire et me donne d’espoir pour retrouver l’esprit étonnant du premier épisode et un grand Jean Dujardin.
L’autre comédie est celle que j’attends le moins : De l’autre côté du lit. Il faut d’abord commencer la bande annonce :
Je n’ai rien contre Dany Boon, comique aux spectacles souvent rigolos, dont le succès démesuré de ses ch’tis doit autant lui faire plaisir que l’embarrasser. Quant à Sophie Marceau, je l’adore mais sa filmographie n’est pour moi pas à la hauteur sans beaucoup de films inoubliables et aussi pas mal de navets. Et j’en reviens toujours à regretter qu’elle n’est pas fait plus de film comme La fille de d’Artagnan, un de mes films de chevet, où elle est virevoltante, tout à fait dans son élément.
Que dire finalement de ces quelques images ? Au delà de l’idée de départ, assez peu originale à l’ère de la télé réalité type « vis ma vie » et « on a échangé nos mamans », on nous remet une couche féministe façon le mari pense que mère au foyer c’est les vacances (qui pense vraiment ça de nos jours ?) agrémenté d’enfants insupportables le tout littéralement surligné au fluo (la vie de bureau, c’est tout noir et gris, la vie à la maison c’est rose bonbon). Et des répliques déjà cultes : »plus de chocapic ? Et pourquoi pas une pénurie de nutella pendant que vous y êtes ? ». Je crois donc que je vais passer mon chemin ce qui est plutôt agaçant tant j’aime bien Sophie Marceau.
Bonne année cinéma.
Par Pascal
9 janvier 2009 Catégories: Articles Cinéma
Vu le 15/12/2008 Ã l’UGC Normandie Salle 1
Après le Plaisir de chanter, on reste dans l’espionnage français mais en beaucoup plus sérieux. Secret Défense suit la trajectoire de deux jeunes inexpérimentés, une fille et un garçon, dans le monde de l’espionnage et celui du terrorisme jusqu’à l’impact. Puisqu’on est en France, qu’on a (un peu) envie d’y croire, que le réalisateur s’est entouré paraît-il d’experts de la question (on aperçoit même dans un bureau un habitué de C dans l’air !), il n’est pas déplaisant de suivre ce jeu de dupes et autres manipulations. Il y a toujours des rebondissements qu’on n’attend pas et quelqu’un d’indulgent mais amateur de thriller d’espionnage (on parle de moi en gros) pourra y trouver son compte.
Mais il ne reviendra sans doute pas sur ce film. On ressent bien que Philippe Haïm a écouté des experts, qu’on lui a dit des trucs. La restitution de ceux-ci demeure délicate. Secret Défense a tout du film avec « des gros sabots ». Le metteur en scène s’emploie très minutieusement à tout alourdir dès le générique que ce soit le contexte, le dialogue et même la musique jusqu’à mettre de la TRES grosse musique quand un mec fume son cigare tranquille devant la piscine. C’est parce que c’est le méchant. Pour faire un rendez vous discret, on se met sur un terrain totalement à découvert et sans aucune foule mais on discute dos à dos comme ça on ne se doute de rien (mais en fait c’était un coup monté). Et comme on est dans un film français, il faut mettre un arabe français agent secret qui prie Allah parce qu’il y a des bons et des mauvais arabes mais les français ils n’aiment quand même pas ça les tapis vers La Mecque. Il va sans dire que le sérieux de circonstance n’arrange rien. Curieusement, côté action c’est plutôt léger : une course en ombre chinoises et un parcours dans le métro. Et une explosion vraiment spectaculaire mais qu’on ne voit que dans un unique plan de trois secondes… Et nous apprenons donc que la DGSE résout plein d’affaires de terrorismes grâce à de gros coups de poker et des francs tireurs. Rassurant.
La partie terrorisme pouvait être plus intéressante. Et il y a des choses pas trop mauvaises comme le camp d’entraînement et quelques bonnes scènes en prison autour des relations entre Pierre et son mentor musulman. Nicolas Duchauvelle, qui joue Pierre, a un rôle assez difficile mais finalement c’est lui qui s’en sort le mieux avec Rachida Brakni mal servi hélas par un rôle incompréhensible style sergent instructeur le jour en France, agent infiltré au Maghreb la nuit. Ou l’inverse. Vahina Giocante en agent de charme, très jolie d’ailleurs, exulte plus qu’elle ne joue, Simon Abhakian est donc le super méchant cf la grosse musique et en plus il prend les femmes violemment par derrière. Enfin Gérard Lanvin est sérieux comme tout, pas mauvais mais sérieux, froid. Et triste évidemment de toutes ces pertes humaines.
Après l’également très laborieux Les Daltons, Philippe Haïm a eu raison de changer de registre mais on retrouve finalement un peu de son précédent métrage, son côté balourd sans doute. Son Secret Défense demeure un peu meilleur. Il reste du chemin à parcourir pour atteindre le niveau d’un simple Mensonges d’état ou, plus près de chez nous, d’un Agents Secrets.

Par Pascal
23 décembre 2008 Catégories: Cinéma
Vu le 10/12/2008 Ã L’UGC Montparnasse Salle 1
Julien et Lisa sont amoureux et heureux avec leur enfant. Mais Lisa est arrêtée violemment pour un crime qu’elle n’a pas commis et se retrouve en prison pour 20 ans. Julien décide de lutter contre cette fatalité.
La fatalité est en effet implacable dans Pour elle. Pour concentrer tout le suspense sur les choix de Julien, Fred Cavayé évacue rapidement tout doute au spectateur, la scène du crime est ainsi montrée, tout en le laissant le doute aux protagonistes (au fond, peut-être une seule personne connait la vérité). Il souligne ainsi sans forcer tout l’amour et le courage de Julien. Et c’est l’un des talents de ce metteur en scène : il ne force jamais le trait, explique peu (on ne verra pas le procès), se reposant sur des dialogues concis et le talent des acteurs pour donner du corps à son film. Ce choix donne beaucoup de grandeur à Pour elle particulièrement dans les relations entre Julien et sa famille, frère et parents, et son fils.
Le coeur du sujet demeure les préparatifs et l’exécution du projet (d’évasion, ce n’est pas une surprise pour peu qu’on voit la bande-annonce) de Julien soit un chemin de croix, une douleur motivés par l’amour et un refus des circonstances. Fred Cavayé reprend quelques aspects classiques du genre. On pense notamment à ce plan sur le mur comme dans le meilleur moment de la série Prison Break où Scofield, seul dans un grand appartement vide, arrache tout son plan accroché au mur (Hélas, c’était une des toutes premières scènes du premier épisode de la première saison !) Ce n’est d’ailleurs pas la seule analogie avec la série. Ce qui fait la particularité de la préparation de Julien, c’est son ancrage réaliste où Fred Cavayé évoque le difficile passage à l’illégalité (recherche des faux papiers, filatures, élaboration du plan et surtout quête d’argent) jusqu’à l’irréparable.
Au fond, Julien est un débutant qui n’évite pas quelques erreurs un peu trop visibles pour nous conduire au dernier acte du film. Ces ficelles scénaristisques un peu grossières se révèlent cependant très payantes pour mettre en place un suspense plutôt intense. Ca passe, comme on dit, et plutôt efficacement.
Dans le rôle de la femme emprisonnée, Diane Kruger est exceptionnelle. En finalement assez peu de scènes, elle dégage une peine qui transperce l’écran. Elle est bien plus qu’à la hauteur du rôle et du titre du film. Il ne faut pas pour autant oublier Vincent Lindon, que j’adore, car c’est lui qui porte tout le film. Si la détresse de Lisa nous imprègne, c’est aussi par son regard triste et ses actes insensés. L’alchimie entre les deux amoureux est palpable et éclate lors d’une séquence coup d’éclat dans la chambre d’hôpital : Julien tombe le masque et crie tandis que Lisa arrive à peine à balbutier quelques mots. Du très bon cinéma où rarement, l’histoire extraordinaire d’un type ordinaire n’a été aussi forte.

Par Pascal
20 décembre 2008 Catégories: Cinéma
Vu le 3/12/2008 au MK2 Odéon salle 1 en VO
Les disparus du Zoos de New York décident de retourner chez eux par un avion piloté par les pingouins. Autant dire qu’ils n’arriveront pas vraiment à destination…
C’est donc reparti pour les aventures de Alex, Marty, Melman et Gloria qui découvrent à nouveau un monde qui n’est pas vraiment le leur mais qui s’avère pourtant être leur berceau. Rien ne change et nous retrouvons aussi le même design carré qu’on peut ne pas adorer. Si les personnages sont bien croqués (Alex en bébé lion est vraiment trognon), ils sont très marqués. Le bon souvenir que laissa l’épisode précédent est cependant suffisant pour l’adhésion.
Les intrigues sont multiples du fait du nombre de personnages et les thèmes abordés fort nombreux : amour, amitié, identité, origine et paternité. Conséquence directe : sans être affligeant, tout est survolé et l’intérêt que ces histoires suscitent est principalement lié aux gags qu’elles engendrent. En cela, on reste toujours bien en deçà des productions Pixar au-moins pour ces deux aspects, design et histoire, beaucoup plus soignés dans la filiale de Disney. Je dois dire ça à peu près à chaque film de Dreamworks

Au demeurant, Madagascar 2 est vraiment tordant. Les intrigues « sérieuses » sont éclipsées par des intrigues fort loufoques. On retrouve évidemment les pingouins, animal très à la mode en ce moment (les Rois de la glisse, Happy feet pour ne citer que ceux où ils sont les héros) et ils sont largement à la hauteur. Accompagnés d’une troupe de singes (dont deux intellos syndiqués !), leurs apparitions sont toujours hilarantes. A ce titre, il convient de signaler cet excellent dessin animé dont ils sont les héros. L’autre intrigue surprenante tourne autour du roi Julien. Totalement à côté de la plaque mais sur de lui, ses certitudes et sa cruauté sont géniales jusqu’à l’étonnant quand il propose un sacrifice. Derrière les gags, se dégage même un pamphlet absurde autour des croyances idiotes et de la manipulation.
Certains méchants du métrage sont tout aussi surprenants. Si on oublie le méchant classique, un lion raffiné, lâche et sournois à la Georges Sanders, l’autre méchant est l’Homme, ou plutôt des hommes guidés par une vieille dame (vu dans le premier épisode), tous New-Yorkais et embarqués dans un délire façon survivor ! Et tout se termine par « la danse vaut mieux que la violence ». Un peu étrange, évidemment moralisateur mais le message passe plutôt bien. Et puis j’aime authentiquement « i like to move it »…
Par Pascal
10 décembre 2008 Catégories: Cinéma
Vu le 1/12/2008 Ã l’UGC Orient Express salle 1 en VO
En se fumant un joint tranquillement, Dale Denton assiste à un meurtre. Pas de bol, l’assassin est le boss de son (gentil) dealer.
Délire Express est une comédie d’action. Le scénario efficace, plus étoffé qu’un scénario prétexte, a le soucis de la continuité et du gag réussi. Ainsi, le film est toujours bon esprit, jamais ennuyeux. On ne rigole pas toujours mais quand on rigole, c’est très fort. Dans une salle de cinéma, c’est plutôt euphorisant surtout que Délire Express ose beaucoup de choses de l’assez facile mais toujours drôle (le beau papa à la gachette facile) au plus gonflé (la vente de drogue aux mineurs sans véritable conséquence).
A travers les personnages immatures de Seth Rogen et ses compères, on va plus loin que l’histoire du gars ordinaire à qui il arrive une histoire extraordinaire car leurs repères, notamment cinématographiques, sont vraiment les notres, ceux des 20-40 ans : On cite Jude Law et Jeff Goldblum et les personnages, souvent défoncés, tirent comme dans les John Woo (même à la mitraillette !) et se battent n’importent comment. Ainsi combien de fois me suis-je dit lors d’une poursuite en voitures : »Mais pourquoi ne freine t’il pas ? » et dans Délire Express, on tente tout simplement le coup avec une conséquence hilarante et finalement prévisible. C’est peut-être la réussite majeure de Délire Express : l’art subtil s’intéresser au détail réaliste dans des circonstances invraisemblables
Face au jeune premier James Franco, ici sale et décalé, Seth Rogen joue le gars ordinaire si bien qu’on se demande s’il n’est pas la même personne dans la vie. Sa crédible normalité, pourtant souvent mise à mal (il est plus drôle et immature que nous et flingue facilement) et sa sincerité nous font vraiment entrer dans le film.
Délire Express a également le soucis de ses seconds et troisièmes rôles. On retrouve par exemple Bill Hader le temps d’une scène aussi drôlissime qu’absurde (mettant en scène des scaphandres). Le super méchant et les chinois semblent plus conventionnels mais ils sont caricaturaux à l’extrême. Plus inattendu, le réalisateur David Gordon Green développe les hommes de main en les inscrivant également dans la vraie vie, limite vie de bureau, l’un d’eux étant par exemple toujours pressé de rentrer dîner en famille.
Cette réunion de talents et d’histoires débridées se retrouve dans des excellentes comédies aussi diverses que 40 ans toujours puceau, Superbad, Frangins malgré eux, Sans Sarah rien ne va ou Rien que vos cheveux. Le point commun est Judd Apatow. Producteur, réalisateur, scénariste, et grand fédérateur, il chapeaute les meilleures comédies américaines du moment. Ses productions constituent un peu le Pixar du comique. Et Délire express maintient le niveau très haut.

Par Pascal
4 décembre 2008 Catégories: Cinéma
Vu le 26/11/2008 au Miramar Salle 2
Muriel et Philippe sont des agents secrets et accessoirement amants. Pour retrouver la trace d’une clé usb contenant des informations importantes, ils infiltrent un cours de chant pour approcher Constance qui détiendrait la fameuse clé. Le cours et leurs rencontres vont peu à peu les conduire à s’interroger sur eux mêmes.
Pourquoi voir ce film le jour de sa sortie ? L’affiche est pas terrible, le titre est difficile à retenir. J’aime bien les acteurs sans que ce soit mes idoles. Le film sort sur peu d’écrans et risque de disparaître (très) rapidement de l’affiche. En fait, ce sont les trois étoiles (même pas la critique que je n’ai pas lue) du magazine ciné live qui m’ont fait me déplacer et le fait que c’est présenté comme une comédie. Le Plaisir de chanter a d’ailleurs plutôt bonne presse.
Et c’est vraiment une comédie, assez drôle parce que l’aspect espionnage est joyeusement traité par dessus la jambe avec un cours de chant devenant un repaire d’espions de tout horizon de la prostituée ancien de la « pop academy » au jeunot bcbg à la solde de la Corée du Nord (!). Les debriefings de leur supérieure/coach/conseillère matrimoniale (excellente Dominique Reymond) sont savoureux. Le coeur du récit n’est évidemment pas cette histoire d’uranium mais les élans amoureux et sexuels des protagonistes. Le film est d’une crudité plutôt inattendue et frontale qui rappelle un peu les premiers films de Guillaume Nicloux (Les très bons Le Poulpe et Une affaire privée) et finissent curieusement par donner corps au récit tout en caractérisant les personnages. Sans être une comédie musicale, la musique tient évidemment une place très importante. Art lyrique, jolies morceaux de piano et variété ponctuent l’histoire et l’enrichissent puisque certains personnages se révèlent ou justement se bloquent (comme le fils de la professeur de chant).
Ce cocktail de sexe, de comédie, de thriller et de musique est au final assez inattendu, une sorte d’illustration d’un des autres films de l’auteur Ilan Duran Cohen : La confusion des genres. Si le film est parfois un peu étiré et n’évite pas le piège de l’égarement, il est au final un film assez libre et attachant au même titre que ses acteurs, particulièrement Lorà nt Deutsch qui n’a pas la partition la plus drôle et qui tire pourtant son interprétation vers le haut. Bien que souvent rattaché à des comédies, il est un acteur plutôt sérieux et à suivre.

Par Pascal
2 décembre 2008 Catégories: Cinéma
Vu le 24/11/2008 au MK2 Odéon salle 1
L’ennemi public n°1 est le deuxième volet du diptyque sur Jacques Mesrine après l’instinct de mort. Il retrace les dernières années de sa vie principalement en France jusqu’à sa mort en 1979. C’est dans ce deuxième film que nous voyons naître la « légende » Jacques Mesrine ou du moins le personnage public, celui qui fait la une des journaux pour ses méfaits parfois spectaculaires mais également pour ses interviews et son livre l’instinct de mort qu’il écrit en prison.
L’approche de Richet sur Mesrine est encore plus radicale que dans le premier film comme si nous étions au cÅ“ur du personnage Mesrine. La mise en scène suit donc le personnage au plus près, épouse son énergie et ses multiples contradictions. D’une scène à l’autre, nous passons du charme à la violence la plus abjecte, du spectaculaire à l’intime face à son père ou à sa fille où il peine à trouver des mots. L’ennemi public n°1 est une succession de coups de gueule, de coup d’éclats et de numéro de charme. Cette forme syncopée, souvent géniale (l’interview notamment) déroute quand même un peu et, bien que le film soit très dense, on ne retrouve pas l’intensité du premier film. Les ellipses sont plus abruptes rendant l’histoire très discontinue.
Plus déroutant est l’humour. Mesrine fait rire au tribunal et cela fait partie de sa vie. Cependant, le réalisateur imagine également des situations humoristiques dans toute la première partie du film notamment sur la négociation de la rançon avec Henry Lelièvre. Les séquences fonctionnent, aèrent même le récit, mais elles semblent aussi donner une nature comique à Jacques Mesrine et au film, dans les limites de la complaisance. La deuxième partie est plus sérieuse, pour peu qu’on oublie l’effroyable accent de Gérard Lanvin dans le rôle de Charlie Bauer.
Enfin une remarque mineure plus liée au spectateur : la réalisation se heurte à notre connaissance des thrillers hollywoodiens ou de Hong-Kong où les flics et autres hommes de main meurent en masse. Richet doit se soumettre à la réalité puisqu’il s’agit malgré tout d’un biopic : si beaucoup de coups de feu sont échangés lors des multiples fusillades du film, ils ne tuent presque jamais personne. Au cinéma, cela paraît peu crédible tout comme lorsque Mesrine abat de trois balles un journaliste qui finit par s’en sortir. C’est assez intéressant : ce qui paraît invraisemblable au cinéma est vrai dans la réalité…
Sur l’histoire de Mesrine, le réalisateur n’hésite pas à trancher sur certains points encore nébuleux notamment sur son évasion de la prison de la Santé ou sur sa mort. Mesrine est un truand plein de contradictions, un sanguin marchant au culot et à l’esbroufe, se considérant volontiers comme une star jusqu’à devenir exubérant face à la police. Bien qu’obsédé par les quartiers de haute sécurité, son engagement politique est aussi opportuniste que peu compréhensible idéologiquement. Cet engagement est efficacement rejeté par François Besse (superbe Mathieu Almaric), compagnon qui finit par prendre ses distances.
Pris isolément, ce deuxième film laisserait sans doute une impression d’épuisement un peu vain. Couplé à l’Instinct de Mort, il demeure éprouvant et, bien que très morcelé, il reste cohérent avec le personnage et nous conduit vers l’inéluctable. Entre le split screen dément du premier film, la frénésie médiatique et le génial point de vue des policiers, comme pris au piège dans leur planque, dans le second, la mise en scène de l’exécution de Mesrine pourrait faire l’objet d’un seul article. Aucun héroïsme mais un constat minutieux, pas nécessairement véridique, mais d’une précision chirurgicale. On trouvera au passage la reconstitution des années 70 très jouissive. Le diptyque Mesrine est une belle réussite et portée par un Vincent Cassel au sommet.

Par Pascal
29 novembre 2008 Catégories: Cinéma
Vu le 17/11/2008 à l’UGC Odéon salle 3 en VO
Roger Ferris (Leonardo DiCaprio), un agent de la CIA, s’engage dans la traque d’un terroriste insaisissable en Jordanie. Il est en contact presque permanent avec Ed Hoffman (Russell Crowe), basé aux USA. Rarement d’accord, les deux agents fomentent des coups de plus en plus douteux pour retrouver la trace du terroriste.
Mensonges d’état est d’abord un thriller à rebondissements très prenant. Ce n’est presque pas une surprise tant nous sommes en compagnie de pros du thriller. Le scénario de William Monahan (oscarisé pour son adaptation des Infiltrés) est volontiers tortueux mais nous perd jamais et les deux stars DiCaprio et Crowe sont parfaites. A la caméra, Ridley Scott semble trouver une bonne synthèse de ses dernières productions et de celles de son frère Tony : Ennemi d’état, Spy games et Black Hawk Down notamment. Son film est très spectaculaire et les séquences d’action sont parfaitement réalisées (et d’une grande clarté). Rien que pour cela, le film mérite le détour.
On doit cependant aller un petit peu plus loin puisque le sujet de Mensonges d’état est très actuel puisqu’il est question de terrorisme et de l’action américaine. Les films traitant de ce thème très « post 11 septembre » sont assez nombreux et ont tous la particularité d’être des demi-succès ou des échecs commerciaux sur le sol américain (Syriana, Lions et Agneaux, Dans la vallée d’Elah, Détention secrète et même le World Trade Center de Oliver Stone). Mensonges d’état n’échappe pas à la règle. Ridley Scott y voit une forme de colère des américains face à leur incompréhension. Son film évoque quelque peu cet aspect.
Mensonges d’état repose sur deux points de vue : celui depuis le terrain et celui depuis la mère patrie. Ferris et Hoffman personnifient ces deux facettes d’une même nation. Ce sont aussi une vision locale et une vision globale qui s’opposent. La mise en scène de Ridley Scott oppose en effet constamment ces deux hommes Å“uvrant pour le même camp sans arrières-pensées. Ferris est au coeur de l’action, risque sa vie, doit toujours mentir et couvrir des actes parfois contradictoires. Il est un bras armé mais très humain, de plus en plus embarrassé et de plus en plus détaché de sa terre natale (il est en instance de divorce). Si on oublie son oreillette comme greffée à son oreille, Hoffman est l’américain type, un peu bedonnant, amenant sa fille à l’école et regardant ses matchs de foot. La plupart de ses scènes renvoient à la traditionnelle american way of life alors qu’il décide du sort du monde par téléphone !
Le film de Ridley Scott n’est cependant pas binaire. Il rappelle les raisons de ce combat (des attentats en Occident, terriblement meurtriers) ainsi que la réalité sur le terrain. Malgré le chaos, Ferris s’attache au Moyen Orient et une de ses femmes (qui doit assumer des regards désapprobateurs) tandis que le pouvoir local demeure, et ce n’est pas idiot de le rappeler, un acteur de tout premier plan. Il est représenté par un chef de la police (excellent Mark Strong) toujours en costume impeccable et volontiers manipulateur.
Mensonge d’état ne délivre cependant pas de message politique péremptoire mais préfère dresser un état des lieux d’une Amérique qui se fixe un but mais qui a du mal à trouver les bons moyens pour y parvenir jusqu’à imaginer des coups tordus et ratés sous la forme d’un faux groupe terroriste. C’est pourtant une idée de Ferris, l’agent censé connaître le terrain (et plus ou moins gentil de l’histoire, preuve supplémentaire de la subtilité du film), illustration cinglante de la difficulté des américains les plus pragmatiques à comprendre la situation ou du moins à la prendre en main.
On pourrait voir dans tout ça un propos et une prise de risque limités mais Mensonge d’état évite d’être confus comme Syriana et nuance les positions actuellement en vigueur à Hollywood. C’est déjà pas mal. Et il n’est pas non plus mal de voir en Mensonge d’état un simple et bon thriller.

Par Pascal
24 novembre 2008 Catégories: Cinéma
Vu le 5/11/2008 Ã l’UGC Normandie Salle 1 en VO
(spoiler inside)
Deux ans après un Casino Royale qui relançait la franchise, la direction empruntée par le dernier James Bond, en gros plus de sérieux et moins de gadgets, était source de nouvelles possibilités plutôt inédites, pour la série, qui ne demandaient qu’à être développées. L’essai est-il transformé dans ce 2(2)ème épisode ? Pas vraiment. Si Quantum of Solace est dans la continuité du premier épisode, il est déception sur bien des aspects.
Quantum of Solace commence une poignée de minutes après la fin de Casino Royale, comptant peut-être un peu trop sur notre mémoire. Et nous sommes plongés dans une histoire géopolitisante, jeu trouble de la CIA inclus, où on monnaye un coup d’état bolivien et une portion de désert disposant d’une ressource mystérieuse. Tout le monde croit que c’est du pétrole mais c’est forcément une fausse piste. Derrière tout ça, une mystérieuse organisation (a t’elle un nom ?) et un projet « quantum » d’où plus ou moins le titre du film que Craig explique comme étant associé à « une once de consolation » et le fait de ne pas abandonner. Bien, bien.
De toute façon, plus encore que Casino Royale, on se fiche un peu de cette histoire d’autant plus qu’elle est traitée par-dessus la jambe. C’est un crash aérien fort à propos dans le désert qui nous révèlera le pot aux roses. Certes les scénarios des Bond sont souvent des histoires prétexte à des péripéties multiples mais ici sa dimension volontairement sérieuse, presque réaliste, implique une ambition peu compatible avec cette machination sud américaine peu captivante.
Comme souvent, les méchants sont mieux mis en valeur que leurs coups tordus. Ici, nous nous trouvons donc confrontés à une organisation évoquée dans l’épisode précédent. Elle est donc très mystérieuse, inconnue de l’Intelligence Service, mais aussi tentaculaire car un garde du corps personnel de M se révèle être un traitre à leur solde façon « nous sommes partout ». On évite heureusement les traîtres à répétition tout au long du film façon 24. L’organisation est révélée très joliment lors d’un opéra où les conspirateurs se réunissent à distance loin des meetings dans les repaires souterrains. Une bonne idée mais aussi le seul véritable développement sur cette organisation, l’action et l’intrigue prenant le pas autour du méchant Dominic Greene.

Ce dernier est dans la tradition des méchants milliardaires et soi-disant philanthropes. L’écologie est le domaine de prédilection de Greene. Ses motivations demeurent cependant purement pécuniaires. L’interprétation de Mathieu Almaric est plutôt intéressante montrant un côté effrayant mais aussi effrayé face à Bond notamment lors d’une rencontre fortuite à l’opéra. Le revers de cette double facette est que son affrontement face à Bond à la hache comme Zorin dans Dangereusement votre,couinements aigus en sus (pour marquer le côté énergie du désespoir ?), ne présente que peu d’intérêt et aucun suspense. Sa fuite dans le désert est du coup pénible. Le super méchant est faible et lâche. En deux ellipses, on nous fait comprendre qu’il trahit tout ses « collègues » qui vont finir par l’abattre. Etant accompagné d’un homme de main encore plus faible, ça ne fonctionne tout simplement pas et on s’étonne même, tant au niveau de la crédibilité de l’histoire que du scénario, qu’un homme si organisé n’a pas de plan B et se ballade au cÅ“ur du désert bolivien sans des dizaines de gardes du corps.
Quantum of Solace souffre au final d’un singulier manque de développement de l’histoire et ses enjeux. L’intrigue autour de la mort de Vesper Lynd n’arrange rien car elle est également très mal traitée. Bond est donc marqué par la mort de Vesper et chercherait à la venger. En dehors éventuellement d’un acte très cruel envers Greene (qui le lâche dans le désert comme le Bon lâche la Brute), aucun de ses actes indique qu’il aurait agi différemment sans cette quête de justice. Sa brutalité et son entêtement sont déjà deux traits de caractère du personnage et n’ont pas besoin de justifications supplémentaires. Ne reste que des dialogues fonctionnels et une photo de Vesper pour essayer de nous convaincre du contraire. C’est raté et finalement, il fait son deuil dans la dernière et courte scène face à l’ex de Vesper Lynd, scène peu claire et sans rapport avec le reste de l’histoire. Quantum of Solace n’est pas un film vigilante façon Permis de tuer.
Le réalisateur Marc Forster semble donc comme survoler le scénario. Cela se ressent d’ailleurs dans sa durée. Alors que Casino Royale s’étirait inutilement, mais spectaculairement, après la mort du super vilain, Quantum of Solace est plutôt court. On passe d’ailleurs d’un extrême à l’autre : Casino Royale est semble t’il le plus long film de la série, Quantum of Solace le plus court (1h48). Ce dernier est expédié. On arrive même au final James Bond Vs Dominic Greene presque par surprise lors d’une séquence de signature du contrat entre Greene et le future ex-prochain dictateur sud américain, le Général Medrano.
Comme tout lecteur de Franquin sait que les contrats ne peuvent être signés, on comprend que ça va mal se passer. Si j’ai bien compris, l’explosion de deux bouteilles d’hydrogène provoque une réaction en chaîne conduisant à la destruction complète d’un hôtel de cent mètre de long, décors vraiment fantastique soit dit en passant, les autres décors ne faisant guère plus qu’assurer un dépaysement de carte postale (ce qui n’est pas si mal). Cette explosion de bouteilles reste à vérifier car nous arrivons au plus gros problème de Quantum of Solace : l’action. Au jeu de la mise en scène de l’action, Marc Forster prouve qu’il n’est ni Paul Greengrass (La Mort dans la peau), ni Martin Campbell (Casino Royale et Goldeneye) . C’est simple : l’action n’est pas lisible et terriblement saccadée. Les poursuites à pied du début sont incompréhensibles. On ne sait tout simplement pas où sont les acteurs, particulièrement dans le souterrain. Depuis quelques temps au cinéma, c’est la fête de la course à pied dans les films (Les rivières pourpres, Jason Bourne, Mission Impossible 3, Ne le dis à personne…). Ca doit être moins cher qu’une poursuite en voitures et c’est souvent plus spectaculaire. Ce n’est évidemment pas le cas ici et les poursuites dans ce Bond ne supporte pas la comparaison avec aucun des films précédemment cités. On ne sait même pas parfois ce que fait Bond pour se tirer de situations épineuses. Si quelqu’un pouvait ainsi m’expliquer exactement la manÅ“uvre que Bond fait pour provoquer l’explosion de l’avion ennemi (à part l’aveugler), je suis preneur.
Le montage est évidemment à l’avenant : épileptique. C’est sans doute l’air du temps qui veut ça mais là où l’action de la Mort dans la peau est extrêmement sensitive, celle de Quantum of Solace ne suscite que de la gêne et un effort pour comprendre ce qu’il se passe à l’écran.
Demeure malgré tout les balades dans le désert et la séquence finale somme toute très explosive cinégénique avec un Bond uniquement aidé par son pistolet. Daniel Craig a heureusement beaucoup d’énergie à revendre et demeure parfait en toute circonstance. Aidé par toujours autant de technologie (ordinateurs et portables), presque materné (on ne voyais pas autant M auparavant), il acquiert plus d’indépendance et demeure le plus souvent livré à lui-même, toujours autant borné et brutal, limite rustre. Il est paradoxalement superbe en smoking dans une suite de luxe. 007 a en outre un esprit plutôt « badass » quand il jette dans une benne à ordures le cadavre d’un ennemi-ami sous le regard désapprobateur de Camille :« c’est ce qu’il aurait aimé ». Excellent. L’humour est même parfois direct au détour de quelques répliques mais c’est assez rare.

Quantum of Solace vaut aussi le coup d’oeil pour les amateurs de James Bond girls. Les deux copines de l’agent secret sont largement meilleures que dans Casino Royale. Olga Kurylenko est superbe, évidemment, mais en plus elle tient parfaitement son rôle, bien plus crédible que sa Ford Ka rutilante dans les rues délabrées de Port au Prince. Comme de plus en plus avec les James Bond récents, ce rôle féminin est un peu étoffé avec une intrigue sur base d’une vengeance assénée rapidement mais peut-être un peu plus intéressante que celle de Bond puisque plus directe. Et son combat final est plus efficace en terme de suspense que celui de Bond.
Dans ces conditions, fallait-il alors se contenter de la bonne bande-annonce ? La franchise James Bond doit certes répondre à un cahier des charges précis mais le film que nous avons sous les yeux est terriblement formaté jusqu’aux références caricaturales (la fille recouverte de pétrole dans son lit façon Goldfinger…). On a l’impression qu’au lieu de construire sa légende, la franchise se sert sans imagination de ses acquis et de la mode ciné actuelle. L’avenir nous le confirmera. En attendant, les indulgents, dont je fais souvent partie, verront dans ce Quantum of Solace un film d’action carré, sans fioritures et rythmé. Le succès est garanti. La séance ciné n’est pas une punition et on n’est pas mécontent de voir un James Bond. Mais le sécheresse générale du film pèse lourdement et il est tout simplement impossible pour ce Quantum of Solace de s’en sortir avec un second degré salvateur. James Bond est devenu un divertissement sérieux, lourd mais pas bien solide. Dans dix ans, je me demande si je ne préférerais pas revoir Moonraker pour me divertir… et en plus le méchant est aussi Français !

Fortunately, James Bond will return…
Par Pascal
15 novembre 2008 Catégories: Cinéma
Michael Crichton s’est éteint à 66 ans le 4 novembre, quelques heures avant l’élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis. Ces deux faits sont sans rapport mais disons que le second fait beaucoup d’ombre au premier. Je dois à cet écrivain d’être à la base d’un de mes plus grands chocs au cinéma à savoir Jurassic Park de Steven Spielberg adapté d’un de ses plus célèbres romans dont la lecture fut fut aussi un choc.
Dès lors, je suivis sa carrière, passionné par ses romans souvent de science fiction mais parfois non comme l’excellent Les mangeurs de morts qui donna lieu également à un non moins excellent film, et une bataille entre le romancier et le réalisateur John McTierman. Ce ne fut pas toujours le cas : Soleil Levant est, de mémoire, passablement ennuyeux tandis que Congo et Sphère, romans formidables, ont une réputation peu flatteuse. Je le confirme pour Sphère que j’ai vu. C’est nul. Tout comme Harcèlement mais je n’ai pas lu le livre éponyme.
Dans un de ses ultimes romans, très bon, il exposait son scepticisme face au réchauffement climatique. D’après Wikipédia, il a visiblement fait scandale en exposant son point de vue en tant qu’expert sur la question alors qu’il n’a aucune formation sur le sujet. Médecin de métier, il me paraît cependant plus crédible, et moins intéressé, que l’archi-politicien Al Gore. Bon ce n’est pas très petit écran comme propos. Pour rester hors sujet, j’ai été aussi fort intrigué par ses expériences personnelles, parfois mystiques, qu’il relata dans son autobiographie Voyages.
Retour au petit écran et autre réalisation majeure : la création de la série Urgences et ce pilote incroyable avec ce Ross bourré (George Clooney) et Green qui ne dort pas (Anthony Edwards) puis Carter (Noah Wyle) que j’ai vu grandir puis vieillir jusqu’à son départ de la série (et le mien en tant que spectateur).
Enfin, je n’ai vu aucune de ses réalisations, une erreur qu’il convient de réparer en supposant que les scripts valent bien mieux que celui de Twister…
On s’intéresse souvent davantage aux gens quand ils disparaissent. Je suis tristement banal… mais surtout triste qu’il nous ait quittés. Je lui rend hommage.

Par Pascal
10 novembre 2008 Catégories: Cinéma Séries
Wall-E est sorti et a émerveillé le monde entier (notons que son succès est moindre que Kung-fu Panda). Il est maintenant temps de s’intéresser à la suite des aventures de Pixar. Et comme on dit : « And Now, something completely different ». Et on obtient Up : c’est l’histoire d’un homme qui voyage avec un boy-scout à bord de sa maison transformée en une sorte de montgolfière. Dit comme ça, c’est évidemment étrange. Et assez génial, Up continue de prouver la créativité et les paris audacieux de Pixar alors qu’il ont accéléré la cadence avec un film par an.
Up est réalisé par Bob Peterson, « vétéran » de Pixar qui débute dans la réalisation, et surtout Pete Docter, scénariste de Wall-E et réalisateur de Monstres et compagnie, mon préféré, encore et toujours. Même si l’effet de la bande annonce, très amusante, est moindre que le premier teaser de Wall-E, c’est peu de dire que j’ai très hâte de découvrir l’été prochain ce Up.

source : firstshowing.net
Par Pascal
8 novembre 2008 Catégories: Cinéma
Vu le 27/10/2008 Ã l’UGC George V salle 2
La vie de Jacques Mesrine en deux films. L’instinct de mort, titre de l’autobiographie de Mesrine, raconte son parcours de l’Algérie au Canada au début des années 70.
Jacques Mesrine est un personnage controversé. Héros ou exemple pour certains, pourriture pour d’autres, il est toujours le sujet d’enquêtes, de bios et de chansons populaires. L’instinct de mort n’est d’ailleurs pas le premier biopic à l’écran de ce personnage singulier. Jean-François Richet et le producteur Thomas Langmann, qui quoique je puisse en penser (notamment sur sa version des aventures d’Astérix) a su malgré tout porter ce projet pendant plusieurs années, ont choisi une approche brute, sans glorification, qui évite les pièges du pensum politico-héroique. Passé l’excellent générique/épilogue, nous sommes plongés en pleine guerre d’Algérie où on l’ordonne à un Jacques encore jeune d’exécuter une femme. Tout au long du film il sera confronté à des situations où il choisit ou assume un choix, entre famille et amis, entre vie « honnête » et vie de bandit.
Le milieu de la pègre est alors dépeint dans toute sa noirceur : aucun respect, aucun principe où plutôt chacun vit avec ses principes dans un monde sans loi. Si Mesrine est souvent profondément cruel voire un peu fou quand il menace sa femme, il se forge parallèlement des amitiés solides et des amours sans concessions. Et nous parvenons peut-être aux sources de la fascination qu’exerce Mesrine : celle d’un homme buté qui dicte ses propres règles, et méprise toutes les autres. Il met au défi une société tout aussi paradoxale que lui, jusqu’à l’absurde quand il souhaite sauver sa compagne Jeanne ou prendre pour cible un système carcéral (auquel il contribua à sa chute) !
Depuis l’Assaut sur le central 13, j’ai confiance en Jean-François Richet et il ne déçoit en rien. Sa mise en scène aux ellipses parfois géniales (comme son premier passage en prison pour un braquage dont nous ne verrons rien) est encore plus intense que son remake du film de John Carpenter. De scènes intimistes en séquences violentes, pas une seconde n’est perdue. Un exemple de film coup de poing qui devient spectaculaire lors d’une fusillade brutale dans la prison canadienne où il fut enfermé. Cette scène d’action en immersion complète vaut plus que toutes celles de James Bond – Quantum of Solace qui sort presque en même temps.
Entouré d’une troupe d’acteurs parfaite (on voit partout au cinéma Gilles Lelouche et Gérard Depardieu), Vincent Cassel interprète Jacques Mesrine et met en avant son jeu, sa manière de jouer. Il y a bien sur une certaine recherche de mimétisme, l’acteur a pris beaucoup de poids pour le rôle, mais il apporte sa propre vision. Vincent Cassel ne joue pas la comédie, n’est pas non plus Mesrine, il l’incarne superbement.
Mesrine sera toujours un personnage controversé. Jean-François Richet ne tranchera sans doute pas un débat qui va jusqu’à la prononciation du nom « Mesrine » mais il n’oublie pas une chose : il fait du cinéma. Du très bon. Vivement la suite.

Par Pascal
7 novembre 2008 Catégories: Cinéma
Vu le 22/10/2008 Ã l’UGC Danton Salle 2
En 1980, Coluche est au fait de sa gloire enchaînant les salles combles et les fêtes débridées dans sa maison près du parc montsouris. Voulant décoincer la pensée ambiante, il décide de devenir candidat à l’élection présidentielle.
Du propre aveu d’Antoine de Caunes, l’histoire de Coluche ne comporte que peu de zones d’ombres aussi préfère t’il décrire le changement d’une époque à travers le célèbre trublion qui finit par prendre au sérieux son engagement national au fur et à mesure qu’il portait non plus le rire mais un véritable espoir. Le néophyte du personnage que je suis découvrira donc un comique, cordonnier raté à ses heures, amateur d’herbe et plutôt mauvais exemple pour ses enfants. Son parcours à travers des médias, enthousiaste d’abord puis beaucoup moins ensuite, quand il ne le censurent pas, soulignent ses paradoxes et sa prise de conscience sur le monde politique.
Et donc Coluche et sa bandes de joyeux anars, de Romain Goupil au Professeur Choron, colorent un peu ce monde terne en s’opposant à … à quoi exactement ? Des hommes en costume hypocrites, des censeurs invisibles, des gens qui se téléphonent dans des bureau très haut de plafonds, et visiblement des flics aux ordres… on est loin des films politiques américains des années 70. L’ennemi est tapi dans l’ombre et nous ne saurons vraiment jamais qui il est pas plus que le réalisateur tentera de nous faire comprendre contre quoi exactement Coluche se bat. Il nous demande simplement de croire qu’avant 81, la France c’est nul et que les ouvriers au chômage croient en Coluche dans des séquences fort lourdes en province.
Enfin, il filme complaisamment le basculement à gauche, avec Jacques Attali l’incorruptible, le juste, tout en n’osant à peine admettre dans l’épilogue que les restos du coeur sont une illustration cinglante de l’échec de toutes les politiques dont celle du pouvoir en place à l’époque…
Outre ce manque d’enjeu, voire de suspense, la réalisation est le plus souvent très plate, alignant les fautes de goûts (la musique inappropriée lors du déjeuner chez la mère, les éclairages « floues » qui centrent sur la vedette, le travelling lors de l’annonce de la candidature). Antoine De Caunes voulait filmer comme un reportage et nous sommes plus près du reportage de proximité sans saveur que du documentaire choc et de Strip Tease. Et le tempo des répliques n’est pas bon, trop déclamatoire. C’est le cas aussi dans Monsieur N, que j’ai beaucoup aimé, mais cela convenait mieux à ce film en costumes.
Au terme d’une séance un peu ennuyeuse, le film laisse une impression neutre. On n’attendait pas que Coluche, l’histoire d’un mec, soit une comédie façon Inspecteur La Bavure mais le film est très rarement drôle. Et on est peiné de ne pas rire même aux retranscriptions des sketches. Même si je me suis à plusieurs reprises interrogé non sur sa ressemblance avec Coluche mais plutôt avec Michaël Youn, l’investissement de François-Xavier Demaison dans le rôle titre n’est pas en cause mais la performance demeure sans saveur. Reste Olivier Gourmet, impressionnant en impresario autoritaire mais toujours fidèle, toujours au second plan. C’est peu.

Par Pascal
30 octobre 2008 Catégories: Cinéma
Vu le 20/10/2008 Ã l’UGC George V salle 2 en VO
Tonnerre sous les tropiques par…une pub puis plusieurs bandes-annonces mettant en vedette quatre stars imaginaires : Ben Stiller/Tugg Speedman l’action-man en baisse de popularité, Robert Downey Jr/Kirk Lazarus le grand acteur aux 5 oscars (!), Jack Black/Jeff Portnoy le comique pétomane et enfin Brandon Jackson/Alpa Chino le rappeur. Tonnerre sous les tropiques devient alors le film dans le film au tournage virant au cauchemar malgré tous ses atouts standards : une adaptation d’un livre sur une mission suicide au Vietnam, un jeune réalisateur étranger limite yes man (Steve Coogan déjà vu avec Ben Stiller dans la Nuit au musée et héros du très vite oublié rigolo Tour du monde en 80 jours), un producteur/dictateur qui donne des punitions depuis son bureau, des effets pyrotechniques à quatre millions de dollars (!) et donc le quatuor de stars.
Ben Stiller a bien en ligne de mire le système hollywoodien. Son film demeure une superproduction (85 millions de dollars tout de même) pleine d’explosions et de décors de jungle superbes, filmées à Hawaï où s’est tourné aussi Jurassic Park, qui se moque des superproductions. Le système n’est certainement pas remis en cause et il démontre plutôt sa capacité à rire de lui-même à la manière du président des USA lors du traditionnel gala annuel de l’archevêché. C’est toujours efficace et cela nous permet d’apprécier divers caméos des stars dont l’un des premiers est Tobey Maguire, hilarant en une seule seconde avec son prix MTV du meilleur baiser (qu’il a vraiment obtenu pour Spiderman).
Ben Stiller est sans doute un des acteurs/réalisateurs du moment les plus opportuns pour le genre apportant au film un ton mêlant adroitement parodie, gags exubérants (la plupart débités par un Jack Black déchaîné) souvent très drôles, mises en abîmes (la vrai/fausse tête sanguinolente) et délire pur.
Son film approche parfois ainsi l’abstraction grâce au duo Stiller/Downey Jr. Chacun d’eux est dans son monde, l’un plongé dans son rôle même quand il ne tourne pas tandis que l’autre se persuade que tout est filmé. L’apothéose est leur court et incompréhensible face à face totalement à côté de la plaque et parodiant Voyage au bout de l’enfer ! Ces expositions d’ego surdimensionnés lâchés en pleine nature dresse un portrait assez corrosif du « métier » de star : une vie où ils s’isolent, leurs seuls moments fraternels étant toujours une forme de représentation, un mensonge, en vue de la reconnaissance. Ce sont ces moments entre réalité et déconnexion des acteurs qui tirent le film vers le haut et qui rappellent, toute proportion gardée, les films de Wes Anderson où certaines scènes comiques n’entraînent pas un rire franc mais une sorte de rire contemplatif, un peu triste.
Le film de Ben Stiller est donc une réussite avec des acteurs qui ont l’air de s’être beaucoup amusés. Côté seconds rôles, on retiendra Matthew McConaughey, excellent dans un rôle initialement prévu, et c’est palpable à l’écran, pour l’ami Owen Wilson (prix MTV du meilleur baiser 2004 !). L’acteur avait du abandonner le rôle suite à son hospitalisation peu de temps avant le tournage.
Enfin, je n’ai jamais douté du potentiel comique de Tom Cruise que ce soit grâce à Risky Business ou Entretien avec un vampire jusqu’à ce vrai/faux making-of culte avec justement Ben Stiller pour Mission Impossible 2. Dans ce rôle du producteur-requin, Tom Cruise va plus loin que la simple parodie et livre une composition sérieusement originale et outrancière. Il est la cerise sur le gâteau de cet étonnant Tonnerre sous les tropiques.

Par Pascal
25 octobre 2008 Catégories: Cinéma
Alors que son drame Changeling, présenté à Cannes, sort le 12 novembre, Clint Eastwood a déjà achevé son film suivant dont l’affiche vient tout juste de paraître.

Rappelons que la Ford Gran Torino est donc une voiture dont la légende traversa l’atlantique grâce à la série Starsky et Hutch. Elle sera au coeur du film puisqu’elle servira à nouer une étrange relation entre un vétéran de la guerre de Corée raciste et un jeune asiatique.
Cela fait déjà quelques mois que ce film a été annoncé mais dont on ne disposait que de très peu d’information si ce n’est le titre. Ce premier visuel a un effet très euphorisant, elle a même une sacré gueule, tout comme celle d’Eastwood qui ne l’oublions pas a 78 ans…
Le film sortira vraisemblablement début 2009.
Source : InContention, MovieBlog
Par Pascal
24 octobre 2008 Catégories: Cinéma
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