Catégorie 'Cinéma'
Au fond, ça ne doit pas être simple de faire une affiche originale avec un visuel accrocheur. Je connaissais les affiches de dessins animés et les jeux de mots foireux, les affiches de comédies, souvent françaises, sur fond blanc avec des lettres rouges, les affiches des films d’Europa avec un gros ciel tout bleu mais je n’avais pas encore prêté attention aux affiches de thrillers bien sérieux : le gris/bleu/noir est de mise. Les similarités entre les affiches de Secret Défense et Le Premier cercle sont assez troublantes. Heureusement que ces films ne partagent pas les annonces dans le métro. C’est la présence de Vahina Giocante, et ses quelques cheveux rebelles sur le visage, qui m’a fait me rendre compte de ces ressemblances. Merci à elle.
Par Pascal
21 février 2009 Catégories: Cinéma
Comme je le dis souvent, j’aime beaucoup les comédies romantiques. Et un peu moins les romances un peu plus dramatiques soit dit en passant. Hugh Grant est mon idole. Ce que pensent les hommes n’est pas avec Hugh Grant mais c’est une comédie romantique. Et en plus une des actrices a joué avec Hugh Grant (Drew Barrymore dans l’excellent Le Come Back ). C’est cool.
Les indécis peuvent se référer à cette excellente publicité sans aucune image du film pour se déplacer dans les salles obscures –> ici
Ce que pensent les hommes raconte plusieurs histoires avec des personnages plus ou moins liés : des colocataires, des copines ou de simples collègues de bureau. A part les amusants interludes et le générique de fin, la réalisation assez conventionnelle de Ken Kwapis permettra à tout amateur du genre de trouver son bonheur dans ces multiples intrigues surtout au vu du casting de stars féminines. La moins convaincante est Jennifer Aniston. Enchaînant pas mal de succès post Friends (Polly et moi, Bruce Tout Puissant, Marley and Me , ce film), elle est ici plutôt lisse. Elle s’inquiète que son copain pourtant très épris d’elle ne veut pas se marier. Ben Affleck joue ici le gars idéal, un peu comme Owen Wilson dans Mon beau père et moi mais en un peu plus premier degré. Autant dire que tout ceci est assez faiblard.
Plus de passage qu’autre chose (elle est une productrice du film), Drew Barrymore remporte le prix de la meilleure moue quand elle écoute ses deux messages au téléphone avec ses collègues de travail.
Scarlett Johansson joue de son sex appeal naturel avec un applomb confondant. Sa rivale qu’elle ne croisera jamais n’est autre que que Jennifer Connelly qui a le rôle le plus délicat de la femme mariée nerveuse et triste, une sorte de Monica Geller s’installant dans sa nouvelle maison. Le triangle amoureux est complété par Bradley Cooper, peut-être le plus heureux des acteurs. Dans la même scène, il plotera sauvagement Johansson pour ensuite se faire chevaucher par Connelly… dans la même scène ! Le fantasme le plus réjouissant qu’a sorti Hollywood ces dernières années !
La palme revient à une actrice moins connue : Ginnifer Goodwin. Vu dans la série Big Love , elle interprète avec une grande conviction la jeune fille voyant l’homme idéal chez tous les hommes. Bien que diablement craquante, mais légèrement obstinée, les déconvenues sont nombreuses mais elle finit par être coachée par un mec qui lui révèle tout du comportement des hommes. Et si le mec en question était le bon ? C’est tout simplement la meilleure histoire du film, la plus drôle, la plus touchante et la plus captivante (sans être la plus réaliste) avec même une jolie inversion des rôles. Il n’est pas étonnant que le titre français soit une référence directe à cette histoire (histoire principale du film en fait).
Et c’est à peu près tout. Comme le genre semble l’obliger, Ce que pensent les hommes est aussi consensuel et demeure très prudent dans sa morale. Il y a bien une rupture douloureuse mais le gars se révèle surtout être un vrai lâche (le personnage est au fond assez réaliste) et beaucoup de happy end dont un terriblement grossier (Aniston/Affleck). Ca ne casse donc pas les trois pattes du canard mais demeure distrayant et parfois euphorisant. C’est l’effet que me fait une bonne comédie romantique. Contrat Rempli.
Par Pascal
20 février 2009 Catégories: Cinéma
On commence donc par The Wrestler , le nouveau film de Darren Aronofsky se déroulant dans le milieu du catch mais vu de son côté humain, comme l’excellent Foul King . Pour ceux qui ne vont pas au cinéma voir des films comme Sin City, Desperado 2, Domino, Man on fire ou même Animal factory ou The Pledge , ce film est donc le fameux come back de Mickey Rourke. Bon, c’est vrai qu’ici il a le rôle titre. Beau joueur, l’acteur reconnaît volontiers que c’est son meilleur rôle. La bande-annonce étonne un peu : Darren le virtuose des effets semble jouer très sobre et documentaire, suivant les pas et la performance de son beau personnage. Enfin, tout ceux qui ont vu 7h58 ce samedi là savent qu’il faut aussi voir The Wrestler pour Marisa Tomei.
Comme presque chaque semaine , une comédie française sort sur les écrans. Avec des critiques peu enthousiastes mais indulgentes, Le code a changé pourrait se trouver un public comme les précédents de opus Danièle Thompson (j’ai vu au cinéma ses deux autres films chorale mais pas Décalage Horaire). Et je me dis : pourquoi pas moi ?
Le 18, on a droit aussi à deux suite à commencer par la Panthère Rose 2 . Je reconnais volontiers avoir aimé le premier et j’ai même quelques souvenirs d’excellents gags. Entre deux épisodes, on perd Beyonce (tant mieux) et Kevin Kline (dommage) mais on gagne le toujours bon John Cleese, la bombe Aishwarya Rai, Andy Garcia, Jeremy Irons, Alfred Molina, Judith Godrèche (non crédité sur imdb cependant) et Johnny Halliday ! Malgré le casting, La bande-annonce mise tout sur les pitreries de Steve Martin et ce n’est pas spécialement drôle. Cette suite sera certainement reservée pour mon petit écran.
Encore une suite mais française cette fois-ci, Banlieue 13 Ultimatum suit donc à nouveau l’histoire de la banlieue 13 toujours aussi isolée du reste de notre beau pays. Passée les 20 premières minutes pétaradantes, le premier opus s’est révélé être assez minable particulièrement par son côté français. A tel point que je préfère largement les productions Europacorps dans la langue de Shakespeare. Au demeurant, par je ne sais quel plaisir coupable, je suis attiré par les productions Besson (je discute de quelques-unes ici et ici où j »exprime déjà ce sentiment). « On ne sait jamais » comme on dit et je regrette d’avoir loupé Taken au cinéma. Mais bon, ma tendre moitié ne se fera sans doute pas avoir…
Enfin, une sorte de film d’horreur débarque en France : Palace pour chien . Le comédie avec des animaux est sans doute un des genres auquel je suis le plus allergique. N’y allons pas par quatre chemins : Palace pour chien doit être une immense purge, film familial tout juste bon à faire cachetonner Lisa Kudrow et Don Cheadle. Quand je pense que ce film a déjà rapporté aux USA plus que son budget, mon poil s’hérisse. Au fait, je n’aime pas les chiens. La bande-annonce, que j’ai même subie sur grand écran, a bien mérité le titre de bande-annonce pourrie de la semaine :
Il y a bien sur d’autres nouveaux films qui sortent mais je m’en fiche un peu.
Par Pascal
18 février 2009 Catégories: Articles Cinéma
Vu le 11/2/2009 à l’UGC Ciné cité des Halles salle 14 en VO
Une fille et son père emménagent dans leur nouvel appartement sous les yeux de Oskar, un pré-adolescent solitaire. Ce dernier et la jeune fille, Eli, ne tardent pas à se lier d’amitié. Mais elle n’est pas vraiment une fille…
…Car c’est un vampire. Avec le film/livre Twilight et la série True blood , sans compter la série Underworld , les amours des vampires est un sujet à la mode jusqu’en Suède.
La Suède du réalisateur Tomas Alfredson dans les années 80 ressemble à un pays communiste de l’Est profondément triste. On retrouve un peu de l’ambiance de la Vie des autres dans ces décors maronnasses, la neige immaculée en plus isolant les personnes plus encore que les cartons mis aux fenêtres pour protéger la jeune vampire de la lumière. Tous les protagonistes sont seuls ou ont une peur terrible de la solitude. Dans Morse , la solitude c’est le rejet tandis que le groupe installe la peur du rejet. Ce constat terrifiant se retrouve entre adultes, entre enfants, entre adultes et enfants. Erik pleure la disparition de son ami Jocke (problème de morsure…), qui brise l’équilibre du groupe, au point de rejeter sa femme. Oskar s’amuse beaucoup avec son père mais dès qu’un invité se présente, le fils est immédiatement rejeté. Une bande d’enfants martyrise Oskar mais la terreur se lit sur les visages des sous-fifres face à l’enfant dominant. Et ce dernier n’est qu’un pantin tout aussi faiblard face à son grand frère.
Morse dépeint un cadre violent aussi figé que la neige où tout autorité morale semble absente (personne n’est puni). Ce contexte inspire le désenchantement. L’intervention de vampires dans cet univers déteint à peine. On est bien loin de l’élégances des Vampires d’antan ou même de Lestat. L’époque est au réalisme dès lors qu’on accepte l’existence de vampires… Tomas Alfredson se soumet aux principaux codes et contraintes de la vie de vampire : chats qui détectent leur présence, entrée dans une maison, peur du jour… et surtout le besoin vital de sang marqué par l’inquiétant gargouillement du ventre affamé. Cependant, l’amour entre la fille et son « père » (l’est-il vraiment ? Dans le roman originel, c’est un pédophile…) aidant maladroitement sa fille est réel jusqu’au bouleversant sacrifice.
La rencontre entre Eli et Oskar est la rencontre de deux êtres au creux de la vague. Oskar donne des coups de couteaux dans l’arbre, Eli est en manque de sang. Leur relation passionnée sera douloureuse et ambivalente. Douloureuse parce que cette amitié, cet amour, sont sincères jusqu’au sacrifice : dès la bouleversante scène du gâteau offert, on sait que Eli aime plus Oskar pour lui que pour son sang frais. Ambivalente car Eli a peut-être besoin uniquement comme substitut et que cette relation pousse Oskar à passer à l’acte (violent) et qu’il s’en réjouit. Au coeur de cet amour comme toujours impossible, la vampire opposera son besoin de sang (de violence) au désir de vengeance de son compagnon.
C’est peu de dire que le couple à l’écran est merveilleux et que la mise en scène de Tomas Alfredson est très poétique. On pourrait voir Morse presque que pour cette scène de rencontre où la vampire effectue un petit saut lunaire troublant, lisse soulignant naturellement sa non appartenance au monde des humains. Et on doit voir Morse pour la scène de révélation à travers une porte vitrée comme une sorte de confession amoureuse. Ce que fait faire le réalisateur au jeune Kare Hedebrant est prodigieux. Visage et regards sublimés, l’actrice Lina Leandersson irradie l’écran au fil de ses transformations physiques suivant son degré de manque de sang. Ces maquillages soignés s’accompagnent souvent d’effets visuels bluffants comme l’ascension de l’hôpital en arrière-plan ou celui de l’arbre, très animal. Les effets gores sont rares (pour un film de vampire) mais efficaces et crus.
Tous ces détails, ces caractérisations attentives des personnages donnent un ton très personnel au film. Morse est un film qui se ressent et qui touche au coeur. On pardonne alors les quelques défauts visibles. L’emploi de la musique est ainsi parfois maladroit comme dans la séquence de « chasse » sous le pont. Et évidemment la fameuse séquence des chats numériques pose problème à toute personne qui a grandi avec le Comité Contre les Chats des Nuls.
On essaiera même de comprendre cette fin violente et toujours bien mise en scène mais un peu granliloquente, à côté de tout le film. A la limite du genre rose bonbon hollywoodien, elle peut-être vue comme un fantasme enfantin, ces rêves d’absolu auxquels on pense naïvement où tout mode de vie, même invraisemblable, est possible sans conséquences. Le groupe se soude, la peur disparaît. Espoir mal amené où l’amour sincère se mêle à l’inconscience la plus immature et peut-être même à de l’opportunisme. Et derrière ça, une vérité sordide : vengeance et besoin se sont trouvés. L’Humanité n’en sort pas grandi et cette conclusion peut aussi se voir comme un recommencement : depuis quand elle a 12 ans est une question auquelle Eli ne répond pas… Mais qu’est que c’est beau.
Par Pascal
16 février 2009 Catégories: Cinéma
Vu le 8 février à l’UGC Danton salle 1 en VO
Un bébé est abandonné dans une maison de retraite avec tous les symptômes de vieillesse avancée. Et l’impossible continue de se produire : le bébé grandissant rajeunit peu à peu.
Comme c’était déjà le cas dans Zodiac , le vrai et le numérique, ou simplement le maquillage ou un autre acteur, se marient de manière aussi imperceptible que spectaculaire. Notons que Cate Blanchett ne semble pas avoir de doublure dès ses 18 ans dans le film ce qui est également troublant. Le travail sur les visages est impressionnant : Même très vieilli, à partir de sa rencontre avec Elisabeth (Tilda Swinton) Pitt/Button semble retrouver son étrange air juvénile, peut-être est-ce son regard ou peut-être est-ce à ce moment que l’acteur commence à jouer ? Le voir rajeunir au fil des séquences est très étrange (d’où le film me dira t’on). Après les effets troublants dans X-Men 3 , où nous croisions Patrick Stewart et Ian Mc Kellen superbement rajeunis et les expérimentations de Robert Zemeckis sur Beowulf notamment (en attendant le Tintin de Steven Spielberg), la fontaine de jouvence cinématographique va toujours plus loin au point un peu paradoxal de douter de tout ce qu’on voit à l’écran.
La photo m’a beaucoup posé problème ou alors, ce qui me paraît plus probable, l’image au cinéma était médiocre : on peinait à distinguer les personnages alors que certains éclairages, à travers des lampes dans le plan et beaucoup d’obscurité, donnaient l’impression de voir des tableaux de De La Tour. Difficile de penser que c’était l’idée de Fincher de faire en sorte qu’on distingue mal les acteurs. Dans l’ombre, les deux stars demeurent parfaites. Habitués à ne pas faire leur âge, ils sont toujours à l’aise, authentiques dans leurs sentiments.
Bourrés d’idées, le scénario nous offre des situations originales autour de ce sujet génial. Bébé vieux dans une maison de retraite, Button ne déteint pas a priori sur ses camarades. Mais l’esprit diffère. Button le narrateur décrit un monde parfaitement réglé alors que le Button de plus en plus âgé chronologiquement n’aspire qu’à découvrir ce monde qu’il ne connaît pas : les jeux, l’alcool, les amis, le sexe… On en revient finalement à une thématique classique sur … le vieillissement ! Toute la première partie n’est finalement qu’une suite d’opportunités que Button saisit au vol, parfois en se brulant les ailes (quand il joue avec Daisy enfant et qu’on le surprend lui caresser la joue), mais souvent avec des conséquences bénéfiques. La seconde partie s’attache à la maturité, à l’amour vrai, aux choix douloureux (la fuite) jusqu’à la conclusion, menée rapidement et tragiquement belle et lucide. L’étrange histoire de Benjamin Button est un récit fort bien illustré mais ne révèle pas une vision si différente du monde auquel le rapprochement avec Forrest Gump pourrait nous le faire croire. Si le film est souvent fort émouvant, rarement ennuyeux, ni profondeur, ni étonnement, passé l’idée de départ, ne ressortent. A se demander, si le sujet a vraiment été abordé.
Adaptation d’un classique, casting de stars, réalisateur renommé, immense budget (150 millions de dollars), L’étrange histoire de Benjamin Button est un pur objet hollywoodien sur le temps qui passe. Et on peut trouver alors que David Fincher a su réaliser son film le plus consensuel avec élégance. Le « chef d’oeuvre de David Fincher » démontre le talent de son auteur pour réussir un grand projet hollywoodien et cela a évidemment plu aux oscars. Le trentenaire d’Alien 3 et Seven a mûri et le réalisateur est à quelques marches de la reconnaissance de ses pairs. L’étrange histoire de Benjamin Button est une réussite artistique, critique et commerciale, il raconte une belle histoire. Il a tout pour lui à une cérémonie des oscars. C’est un film qui mérite d’être vu. Le revoir ? Il semble manquer comme l’ivresse, le voyage tant espéré… La fresque de près de trois heures accouche d’un bon film, peut-être même très bon. C’est assez triste à dire mais c’est presque une déception.
Par Pascal
12 février 2009 Catégories: Articles Cinéma
Ca se bouscule toujours autant au portillon des sorties de la semaine. Celle-ci demeure un peu terne mais variée : drame et comédie US, comédie française, fantastique, horreur, du social et des dessins animés. Peu de films m’attirent malgré tout ce qui pourrait me laisser le temps de voir les sorties de la semaine passée !
Cette semaine il y a donc de la comédie avec Le Séminaire , la suite d’Espace détente que j’avais déjà évoqué ici . Le film est réalisé par Charles Nemès qui avait déjà mis en scène la Tour Montparnasse infernal e que j’avais adoré. Je vais peut-être me laisser tenter. Et sinon Scoop : les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus. Ou l’inverse. Cette trouvaille vaut bien un film et c’est la raison d’être de ce Ce que pensent les hommes . Rien à voir avec Ce que veulent les femmes , le titre doit plus ou moins être opportuniste. Et il n’y a pas Mel Gibson. A la place, on a quand même du lourd : Jennifer Aniston, Jennifer Connelly, Scarlett Johansson, Drew Barrymore, Ben Affleck, Kris Kristofferson… Tout ça ne fait pas nécessairement les bons films mais Love Actually montre que la comédie chorale romantique, ça peut marcher alors pourquoi pas.
Le nouvel opus de François Ozon sort également sur les écrans. Le teaser est celui-ci :
Outre la bouille du bébé plutôt géniale, il y avait aussi un certain mystère dans ce Ricky . Mais en salles, pendant la but, nous pouvons voir la « suite » de ce teaser avec le mystère révélé (vous pouvez la voir ici ). En nous enlevant une partie du plaisir qu’on pouvait avoir en regardant le film pour la première fois, les as du marketing (et le réalisateur peut-être) renoncent à une partie de spectateurs intrigués pour se restreindre aux réguliers du réalisateur et quelques fans d’Alexandra Lamy. L’art de se tirer une balle dans le pied ? En revoyant la bande-annonce, il est cependant indéniable que le film peut être très poétique.
Sans tambour ni trompette le nouveau film de Costa-Gavras nous fait l’honneur des écrans. J’ai vu Amen et Le Couperet récemment et on retrouve toujours une réalisation implacable et son tryptique l’Aveu , Etat de siège et Z m’a bouleversé. Je peux difficilement passer à côté de cet Eden à l’ouest où un réfugié tente d’atteindre la ville promise : Paris (!). Les quelques images que j’ai pu voir insistent sur l’errance du héros avec une certaine ironie. Ca pourrait donc être tout à fait recommandable. Les critiques ne semblent cependant pas vraiment suivre. Et sans dire qu’il n’y a pas beaucoup de publicités, on ne sent pas un grand enthousiasme pour cette sortie. L’absence de star tels José Garcia ou Mathieu Kassovitz sans doute.
Vacances de février oblige, les enfants auront droit à leurs dessins animés (en plus de Volt la semaine passée) soit La légende de Despereaux qui a failli être réalisé par le Sylvain Chomet des Triplette de Belleville . Ici, on semble avoir droit à un mélange de Ratatouille et des souris de Narnia 2 . Bien que très réceptif, je vais m’abstenir cette fois-ci. Et, à part le prénom du héros, le dessin animé Brendan et le secret de Kells semble plus sympathique.
Vendredi 13 retourne sur les écrans ou plutôt son remake. Ca tombe bien puisque le 13 février est un vendredi. En gros, je n’ai pas vu de film d’horreur depuis Saw (excellent au demeurant). L’âge peut-être et surtout je vois tout simplement moins de films au cinéma. Le remake est réalisé par Marcus Nispel de retour au remake d’horreur (le bon Massacre à la tronçonneuse ) après son bide viking Pathfinder .
Du très très lourd maintenant avec Doute soit une soeur supérieure (Meryl Streep) qui a la certitude qu’un confrère (Philip Seymour Hoffman) a abusé d’un enfant. Mais elle n’a aucune preuve. Et s’il n’avait rien fait ? Bref, du sérieux pour nominations aux oscars (ce qui est le cas). Ca semble surtout chiant comme la mousson.
Et du très très léger, quoique, avec Meilleures Ennemies soit deux supers copines qui préparent chacune leurs mariages. Problème : il a lieu le même jour d’où l’embrouille. On aura droit sans doute (héhé) à des grosses crasses et une réconciliation ad hoc sirupeuse. L’affiche est absolument nulle (vous avez vu les rictus des filles ?) et Kate Hudson a l’air profondément moche dans ce film. Où est passée la révélation de Presque Célèbre ?
Il y a bien sur d’autres nouveaux films qui sortent mais je m’en fiche un peu.
Par Pascal
11 février 2009 Catégories: Articles Cinéma
Vu le 18/1/2009 en DVD en VO
Dans la foulée du Nom de la rose , j’ai regardé pour la première fois 7 ans au Tibet que j’avais évité lors de sa sortie en salles. Pour tout dire, je n’aimais pas vraiment Brad Pitt et ses « Pitteries » dans les années 90 où Seven faisait figure d’exception. Comparé à Tom Cruise, et même Kirsten Dunst, je le trouvai vraiment falot dans Entretien avec un vampire où je le découvrais « vraiment » (sachant que je l’avais vu et oublié dans Thelma et Louise ). On pourra toujours me dire qu’il avait le rôle le moins extraverti ce qui est vrai. Mais deux ans plus tard, il demeure le maillon faible de l’Armée des douze singes où ses singeries sont totalement éclipsées par un superbement sobre Bruce Willis. Il est une nouvelle fois sans intérêt face à Harrison Ford dans Ennemis rapprochés .
Ces diverses déceptions ne m’encouragèrent pas à me déplacer pour Légende d’Automne, Sleepers ou Rencontre avec Joe Black . Plus que Fight Club (j’idolatrais à l’époque Edward Norton et je le trouve encore meilleur que Pitt dans ce film), je crois que c’est son rôle de gitan dans Snatch qui m’a fait reconsidérer ma position : Brad Pitt n’est pas qu’une simple belle gueule, un pétard mouillé hollywoodien. Et depuis, je trouve même sa carrière plus intéressante que ce soit dans les sympathiques Mexicain ou Ocean Eleven , dans Babel ou lors d’une excursion réussie dans le monde des frères Coen pour Burn After Reading .
Dès lors, je tente de retrouver les prémisses de ce talent dans ses films des années 90. J’ai ainsi découvert un excellent acteur dans le magnifique Et au milieu, coule une rivère et donc dans Sept ans au Tibet .
Sept ans au Tibet est l’adaptation de deux livres de Heinrich Harrer , alpiniste autrichien qui raconta sa vie au Tibet durant la deuxième guerre mondiale jusqu’à l’invasion du Tibet par la Chine. De ces récits, Jean-Jacques Annaud dresse le portrait d’un homme arrogant, profondément égoïste que le divorce et la perte de la partenité de son fils renferme encore plus. Obsédé par ce fils qu’il n’a jamais connu, Harrer ne cherchera qu’à fuir dans les montagnes de l’Himalaya pour finalement échouer au coeur de la capitale du Tibet.
Bien qu’il reconnaîsse lui-même ses errements en tant qu’acteur avant 2000, Brad Pitt est plutôt bon, tout droit sorti du Tyrol avec sa tignasse blonde, véritable figure égocentrique s’ouvrant peu à peu à l’autre grâce à son fils par procuration que fut le Dalaï-Lama
La vision de Jean-Jacques Annaud est en fait sans ménagement pour ce nazi (par intérêt) qui rencontra le jeune Dalai-Lama qu’il écrase dans des immenses (et magnifiques) paysages tout en lui opposant un alter ego positif (David Thewlis, excellent), Peter Aufschnaiter. La mise en scène d’Annaud autour de ce duo est assez remarquable puisque si le film tourne principalement autour de Harrer (et de la star Brad Pitt), elle laisse entrevoir la possibilité d’un autre film autour de Aufschnaiter, homme de bien et, tout comme Harrer, passionné par le Tibet et sa culture. Elle met encore plus en avant la bassesse de Harrer mais aussi sa solitude, étant le « perdant » d’un triangle amoureux. Ses échanges avec le Dalai-Lama seront son salut. Destiné à être un sage pacifique et reconnu, Annaud ne cherche pas à faire du Dalai-Lama un Yoda de quelques années mais un vrai enfant, écrasé par ses responsabilités mais passionné par le monde qu’il observe, presque en cachette, depuis sa longue vue.
Avec une bonne musique de John Williams (et Debussy) et des décors montagneux, naturels ou non, magnifiques, Annaud parvient à nous émouvoir à plusieurs reprises. Les moments de joie sont peut-être un peu trop forcée (l’épisode de la montre ou la scène du retour auprès du fils) mais sont sauvées par des moments tragiques bien mieux saisis et éprouvants : le cauchemar du Dalaï-Lama sur le massacre dans son village natal ou les terribles lettres de la « famille » de Harrer. La réalisation d’Annaud est hélas plus relâchée qu’un film comme le Nom de la Rose frolant souvent la sucessions d’épisodes tragi-comiques sans fil conducteur. Mais la simplicité sincère de la relation entre Harrer et le Dalai-Lama et les fuites incessantes de l’alpiniste captivent. Le metteur en scène est enfin plus tranché sur l’occupation chinoise du Tibet qui fut meurtrière aussi bien littéralement (le film annonce un millions de morts dans son générique) que culturellement à une époque où le communisme de Mao Zedong, anti-bhouddiste, faisait des ravages. Il raconte aussi un épisode peu connu de la deuxième guerre mondiale à travers ces Allemands et Autrichiens arrêtés par les Anglais parce qu’ils sont des habitants d’un territoire ennemi.
Au final, Sept ans au Tibet est un film un peu long mais intéressant avec un Brad Pitt pas si mauvais. Il méritait bien que je le découvre.
Par Pascal
7 février 2009 Catégories: Articles Cinéma
Vu le 2/3/2009 l’UGC George V salle 1 en VO
En 1943, le colonel allemand Colonel Claus Von Stauffenberg (Tom Cruise) est grièvement en Afrique du Nord. Trop mutilé, il est nommé à l’état major de l’armée de réserve en Allemagne. Il s’engage alors corps et âme dans une opération visant à tuer Hitler et mettre fin au régime nazi.
A maintes reprises, Bryan Singer n’a pas caché sa fascination pour la seconde guerre mondiale et le régime nazi. Dans Un élève doué , il réssucite un ancien SS (Ian Mckellen) réfugié à travers les yeux d’un adolescent et dans X-Men , il nous apprend le passé de Magneto (toujours Ian Mckellen) dans les camps de concentration. Il dessine alors les contours du Mal absolu et sa naissance. En abordant directement pour la première fois la seconde guerre mondiale, le réalisateur change de point de vue puisqu’il n’explore pas les racines du Mal mais l’inverse où comment une poignée de conspirateurs tentent de tuer Hitler pour en finir avec une guerre qu’ils savent perdu.
De fait, Walkyrie n’est pas un film dérangeant comme pouvait l’être un élève doué mais un thriller dévoilant une tranche d’histoire assez peu connue de l’Allemagne nazi. Peu connue et sans enjeu : nous savons qu’Hitler va s’en sortir et il ne peut y avoir de Keyser Söze. Singer nous ménage cependant un suspense sobre et minutieux autour des mécanismes du stratagème monté par Von Stauffenberg. Et comme il ne peut jouer sur l’issue des événements, il insiste sur la confusion qui règne durant l’exécution du plan qui n’est pas sans des aspects presque ludiques à travers ce général de réserve avec ses ordres contradictoires. L’évocation du jeu des communications dans une salle où des dactylo reçoivent et transmettent les instructions à la chaîne illustre très bien le drame se jouant entre les conspirateurs et le pouvoir en place. La reconstitution est excellente. Le fait de tourner sur certains lieux historiques n’a ici rien d’accessoire mais fait ressortir sur tout le film un grand réalisme. Le metteur en scène parvient à nous faire ressentir l’Histoire à travers plusieurs détails à propos de la forte centralisation à Berlin de l’empire nazi ou sur la désinformation auprès Hilter (Goering annonce le 7 juin 1944 que la situation est sous contrôle en Normandie !).
Dans leurs uniformes ou leur costume de ville, les acteurs sont excellents. Le premier mot prononcé par Terence Stamp (un « please » voilé) vaut plus que toutes ses scènes dans Yes Man. Quant à Tom Cruise, quand on le trouve allongé et bandé dans son lit à l’hôpital, on pourrait croire à une note d’intention mais elle est malmenée par la scène suivante lorsqu’il revêt son uniforme d’apparât blanc : tout mutilé qu’il soit, Tom Cruise est étincelant. Et tout à fait crédible. Au-delà de la ressemblance physique, il campe un officier noble issue de l’aristocratie, droit comme une flèche, une vrai idée qu’on peut se faire d’un homme d’honneur qui fait son devoir en sacrifiant tout. Walkyrie est le portrait de cette homme, une figure du héros presque primaire, sérieuse : Von Stauffenberg ne doute jamais du bien fondé de ses actes et assume les conséquences qu’elles pourraient avoir, même pour sa famille. C’est cette certitude d’un homme au destin lui-même tragiquement certain que Tom Cruise magnifie.
Par Pascal
5 février 2009 Catégories: Articles Cinéma
Cette semaine sortent beaucoup de films que j’aimerais voir. La sélection sera dure. Evidemment, le film de la semaine est L’Etrange histoire de Benjamin Button vu par beaucoup comme le meilleur film de David Fincher. Après Zodiac , Seven ou Fight Club , ce n’est pas peu de le dire. Le teaser ci-dessous promet largement assez et la musique de Saint-Saëns le rend sublime, très poétique. Aussi je n’ai pas regardé les autres bandes-annonces, sauf le début d’une d’entre elles. Elles avaient l’air très explicatives alors qu’une bande-annonce doit faire rêver.
Après une période un peu confuse, le département animation de Disney revient sur le devant de la scène avec Volt . Il s’agit d’une des premières productions Disney, hors Pixar, portée par John Lasseter qui tente d’imposer à Burbank ses méthodes de travail et sa réussite. Volt est un chien star de films d’action hollywoodiens cependant persuadé que ces films sont la réalité. Ce sujet ressemble étrangement à celle de Buzz l’éclair dans Toy Story . On nous promet un film se rapprochant du modèle Pixar et un mélange 2D/3D avec des décors s’inspirant des peintures d’Edward Hopper que j’aime beaucoup. Audacieux.
Coincé entre un tas de films américains et très peu de temps après Twilight, Morse pourrait bien être la bonne surprise suédoise du mois (et des années à venir car je ne vois pour ainsi dire jamais de film suédois). Encensé par les quelques magazines spécialisés que je lis et surtout numéro un des films préférés de 2008 de Harry Knowles (Par comparaison, Benjamin Button est sixième !), cette histoire d’amitié et de vampire pourrait bien être un grand film.
Mon quatrième choix se porte sur Grands Frères soit deux potes totalement immatures forcés de faire des leçons de moral à des enfants en détresse, une sorte des routes du paradis trash en somme. Aux USA, cette comédie semble avoir dépassé les attentes tant au niveau des zygomatiques que du boxoffice. Pas de trace de Judd Apatow au générique, chef de file du renouveau de la comédie américaine et dont j’ai parlé ici et ici , mais deux acteurs comiques que j’aime beaucoup : Paul Rudd vu dans Friends et dans beaucoup de productions Apatow justement et Seann William Scott, l’inénarrable Stifler d’American Pie . A la caméra, on trouve David Wain, réalisateur/scénaristes d’épisodes de la série Stella (dans lequel à joué Rudd d’ailleurs). Ca ne peut définitivement pas être mauvais.
On aborde maintenant les films que j’ai très peu de chances (=0) de voir dans une salle obscure. Autre film américain, Trahison raconte l’histoire d’un agent du FBI enquêtant sur un prétendu traitre sur fonds de complots, secrets et donc trahisons… On pourrait presque se déplacer pour les acteurs : Don Cheadle, Guy Pearce (Remember Memento ), Saïd Tagmaoui, Jeff Daniels pour ceux que je connais. Réalisé par Jeffrey Nachmanoff, le scénariste du Jour d’après , la bande-annonce nous fait sentir bon le thriller à rebondissements avec des gentils méchants et des jeux de dupes.
Dans le genre grosse artillerie, on continue avec Push de Paul McGuigan après son intéressant Slevin . Il est question d’humains se découvrant de super pouvoirs aux prises avec une organisation secrète cherchant à les contrôler. La bande-annonce annonce (ouf) aussi tout un tas d’effets à la Matrix. J’aime bien Chris Evans (Sunshine ) et Dakota Fanning (La Guerre des Mondes et Man on fire ) mais cela attendra sans doute la vidéo. Le film pourrait être convenu mais pas trop pénible… en tout cas certainement moins que LOL présentée comme une boum new generation dont la bande-annonce empile les clichés de l’air du temps les plus énervants. Une comédie de plus pour Sophie Marceau qui, quelque part, n’a pas tort vu que De L’autre Côté du lit devrait approcher les 1.5 millions d’entrées cette semaine. Nous verrons si c’est plutôt Dany Boon qui a attiré les foules. Mais avec ces faux ados qui ne ressemblent à personne, une bande-annonce qui peine à rassembler quelques gags, et Sophie Marceau qu’elle pouvait faire des bides sur son nom (confère La disparue de Deauville ), j’ai la vague impression que ce film n’est destiné à personne. Notons le grotesque (r) du titre indiquant le fait que LOL ou sa traduction est une marquée déposée. mdr comme on dit.
On finit par la bande-annonce pourrie de la semaine : Lucifer et moi
Il y a bien sur d’autres nouveaux films qui sortent mais je m’en fiche un peu.
Par Pascal
3 février 2009 Catégories: Cinéma
Vu le 27/1/2009 au MK2 Odéon salle 3
Commençons par la promo : la grosse affiche indique un trio Marchal/Argento/Depardieu. Ceci n’est pas tellement vrai : Asia Argento a trois ou quatre scènes et nous ne voyons Olivier Marchal que dans la première partie du film. Gérard Depardieu est lui de presque toutes les scènes ce qui n’est au fond pas plus mal. Diamant 13 raconte son histoire, celle de Mat, un flic fatigué et lucide traînant sa carcasse dans les nuits sombres de sa ville et qui se trouve à enquêter sur la mort d’un ami dont il avait refusé une proposition aussi lucrative qu’illégale la veille au soir.
Près de 20 ans après son dernier film (et des dizaines de réalisation pour la télé), Gilles Béat retourne au cinéma pour un genre qu’il semble particulièrement aimer : le polar mais le polar noir, poisseux. Le metteur en scène impose une atmosphère pesante et sérieuse au coeur d’un monde corrompu. Cette atmosphère est surtout lourde et ampoulée dès le générique épileptique et raté. Le choix du décor est plutôt emblématique. Diamant 13 se déroule dans une ville imaginaire européenne et on insiste lourdement sur ces détails qui font la différence : sur les vrais/fausses plaques d’immatriculation, les vrais/faux panneaux de signalisation (un plan d’une minute semble uniquement dédié à nous montrer un panneau « en construction »). Et comme le vrai monde est sale, on met des ordures et des graffitis partout. Et on paye en euros et on roule en BMW et en 4*4 (noires). Trop d’ambiance tue l’ambiance.
L’histoire est donc une enquête mêlant flics, flics des flics, notables, diplomates et barons de la drogue. Si on avait essayé d’apporter quelques explications, le film aurait pu être pour le moins confus mais le réalisateur se contente d’opposer tous ces gens à Mat. L’unique rebondissement du film nous ait offert qu’au travers d’une caméra cachée ce qui est toujours mieux qu’un micro caché (Aaah, le micro caché). Gênant pour la plupart des protagonistes, Mat est explicitement un mort en sursis (le baron de la drogue veut le tuer). Il s’en sort comme tranquillement dans les derniers instants, faisant un footing tranquille face à trois voitures à sa poursuite puis partant nonchalamment dans les ombres de sa ville à la fin. Bon, d’aucun me diront qu’il était plus ou moins un mort vivant et que ce n’est pas le grand bonheur non plus. Mais au vu de la situation de départ, c’est un happy end et celui-ci est peu crédible dans ce contexte très sérieux.
Ce sérieux de rigueur met aussi à mal les dialogues, surtout ceux censé apporter un peu d’humour. Ces dialogues sont des dialogues à la française où on cherche la sentence définitive façon leçon de vie. La plupart des saillies tombent cependant à l’eau. Certaines sont des lapalissades :« Je suis entré dans ton appartement. Il n’y avait personne. Je me suis dit que tu n’étais pas là . » (peut-être était-ce de l’humour volontaire ceci dit) et d’autres sont sauvées par des acteurs qui trouvent le bon ton : le « Je baise utile » de la journaliste est très bon. La plupart du casting a hélas du mal à rentrer dans cet univers. Je n’avais pas encore vu Aurélien Recoing mauvais, c’est fait. Le pire demeure Asia Argento, qui est épouvantable : nous faire passer l’actrice récitant ses dialogues en phonétique pour une super commissaire brillante était un pari beaucoup trop audacieux.
Reste Gérard Depardieu. Dans ce petit naufrage, il impose son immense présence tant physique que verbale. Le meilleur du film n’est pas quand il fait avancer son enquête mais quand il va au bar, quand il effectue ses rondes et interventions complètement désabusé (la scène du toit est le meilleur moment du film) et quand il s’attendrit pour une jeune fille perdue. Sans lui, il ne resterait vraiment pas grand chose. Il est le vrai diamant de ce film raté.
Par Pascal
1 février 2009 Catégories: Articles Cinéma
Vu le 26/1/2009 Ã l’UGC George 5 en VO
Porté par Jim Carrey, Yes Man s’inscrit dans la mouvance des comédies type Menteur Menteur ou Bruce Tout-Puissant . Pas forcément de très grands films mais de très gros succès par contre. Dans Menteur Menteur , un menteur invétéré se retrouve obligé de dire la vérité, son fils lui ayant jeté un sort. Je n’ai pas vu Bruce Tout-Puissant mais au vu du succès et du concept (Dieu/Morgan Freeman donne à Bruce/Jim Carrey ses pouvoirs), on peut deviner l’aspect énorme de l’entreprise tant au niveau des gags que des bons sentiments. Car la dernière partie des deux films consiste en une grosse louche de bonnes intentions, difficilement regardable car trop édifiante.
Yes Man suit ce canevas : Carl Allen, divorcé et banquier, dit toujours non à tout et décide de dire toujours oui. Le film a une structure très scolaire type thèse (non), antithèse (oui) et synthèse (oui et non) ce qui est en soit un progrès par rapport à Menteur Menteur (=c’est pas beau de mentir). L’élément de modification est lui personnifié par un Terence Stamp en gourou du oui que j’ai rarement vu aussi insipide. Il est donc celui qui va convaincre Carrey de dire oui grâce à un pacte de pacotille, Yes Man n’ayant pas vraiment d’argument fantastique. C’est à peu près à ce moment que le film démarre vraiment, le début étant fort longuet. J’étais pourtant bien disposé à rire et le début m’a vraiment effrayé par la pauvreté de son ton et des trois faire-valoirs amis/collègues de Carl sans intérêt. Une fois la machine à oui enclenchée, le film retrouve un peu de saveur (il faut toutefois se farcir une vieille nymphomane) d’où émerge même l’acteur Rhys Darby très sympathique en patron fan de Harry Potter et 300.
La comédie n’atteint quand même pas des sommets (une cuite à l’alcool et une autre à la Red Bull) mais le film se révèle plutôt plaisant surtout quand il lorgne dans la comédie romantique. L’atout charme de Yes Man est ainsi assurée par Zooey Deschanel, que je n’avais déjà pas oublié dans Phénomènes et Le Secret de Térabithia . Elle joue aussi Trillian dans Le Guide Galactique . En fille lunaire, chanteuse à ses heures et donnant des cours de « photofooting », elle est définitivement craquante et forme un jolie couple avec Carrey notamment dans cette grange sous la pluie, instant fort romantique. Toute l’escapade dans une ville des USA (Lincoln je crois, j’ai totalement oublié le nom de cette ville) constitue un des moments les divertissants dont la conclusion, rebondissement du film, est une amusante idée.
Après sa rupture peu convaincante, le réalisateur Peyton Reed se montre donc mal à l’aise avec ses gags vulgaires, on ressent bien que nous ne sommes pas dans une production Apatow, mais il réussit mieux ses moments romantiques nous permettant de regarder le dernier acte du film sans subir une avalanche de guimauve. Quant à la vedette Jim Carrey, elle est toujours parfaitement à l’aise, comme dans son récent Braqueurs Amateurs . Yes Man est donc beaucoup moins sirupeux que les deux comédies Menteur Menteur et Bruce Tout-Puissant . Il est aussi plus modeste et parfois ennuyeux mais finalement assez attachant.
Bonus et non des moindres : la musique dans le film, principalement par Eels, est excellente et originale pour le genre.
Par Pascal
30 janvier 2009 Catégories: Articles Cinéma
Revu le 15/1 en DVD
En 1327, un moine franciscain et son élève sont invités dans une abbaye pour résoudre la mort étrange d’un moine. Les morts ne tardent pas à s’accumuler.
Vu l’époque, on peut difficilement ne pas parler de la reconstitution. Le souci de réalisme qui émane du film, confirmé dans le making-of du dvd, est transcendé par une vision sans détour de l’époque. Le casting est constitué d’une multitude de gueules. Les moines sont pour la plupart maquillés/enlaidis, terriblement superstitieux, limités et effrayés à la moindre évocation du diable ou du démon. Jean-Jacques Annaud transforme ce monastère de l’Italie du Nord en une espèce de repaire des canards boiteux du monde. Et que dire des villageois autour du village, de la plèbe ? Entassée dans des petites maisons d’une pièce, affamés, ils sont tout juste bons à payer leur dû à l’abbaye, et accessoirement se prostituer. Ils ont aussi le verbe rare, limitant leur parole à des grognement et des rires gras : c’est l’état animal ou plutôt l’humain qui survit coûte que coûte.
Avec des décors sublimes et des images froides, le metteur en scène nous plonge dans un Moyen Age sans concession mais aussi très conflictuel où l’église est le moteur d’une culture immense, où le dogme s’oppose à la connaissance (on pratique ainsi l’autopsie) en son sein. La bibliothèque labyrinthique de l’abbaye symbolise ce conflit interne : les moines y détiendraient de nombreux livres, avant Gutemberg, mais son accès est réduit à deux personnes !
Annaud fait jouer ce conflit à plus haut niveau : l’abbaye est ainsi une arène où vont s’opposer ces deux faces de l’Eglise alors que doit se dresser une importante rencontre entre les représentants du pape et ceux du courant Franciscain :« L’important n’est pas de savoir si Jésus est pauvre mais si l’Eglise doit l’être » .
Au-dessus de cette triste mêlée se trouvent quelques esprits plus vifs : un moine aveugle justement aveuglé par le dogme :« j’ai entendu rire de choses risibles… » et un responsable qui voudrait être volontiers plus conciliant mais écrasé par la médiocrité et la haine ambiante (excellent Michael Lonsdale). Enfin, les visiteurs extérieurs vont s’opposer. D’un côté, nous trouvons un juge de l’Inquisition. En donnant l’impression d’être parfaitement conscient des moyens qu’il emploie sans aucune trace de ferveur mystique, F. Murray Abraham est profondément terrifiant, adepte des méthodes sordides et des jugements hâtifs pour rétablir rapidement l’ordre et l’autorité de l’Eglise en ces périodes troublées où les tensions sont nombreuses. L’époque du film et du roman original de Umberto Eco ne sont pas neutres. Nous sommes dans un siècle de troubles religieux (Avignon devenant la cité papale) où des courants s’opposent au fonctionnement de l’Eglise parfois très violemment et où l’Inquisition devient facilement expéditive.
Au moine inquisiteur s’oppose un duo classique maître/élève. Avec obstination et orgueil, le maître Guillaume de Baskerville (Sean Connery), lui-même ancien juge de l’inquisition qu’il a même cautionné, se démarque de ce monde de superstition par une quête de la vérité. Témoin de l’histoire, l’élève Adso (Christian Slater) est un peu le point de vue du spectateur. Il se confronte au dogme et demande son avis au maître sur cette époque et ses codes mais aussi sur ses sentiments dont l’amour. De leurs discussions découlent des commentaires parfois très pertinents (et amusants).
La raison de l’affrontement est cette enquête sur les morts fort suspectes au sein de l’abbaye. Le Nom de la rose est au-moins autant un thriller qu’un film historique. Ce thriller est captivant et parfois même ludique : s’il ne lui ai pas permis de rire, Baskerville cache difficilement sa jubilation à résoudre l’enquête qu’on lui a soumis et son enthousiasme à percer les mystères de la bibliothèque. A ce jeu, Sean Connery est superbe, développant un personnage qui donnera en partie le la de ses rôles à venir : un sage à la fois serein et parfois troublé, très souvent amusé par le monde qui l’entoure. Ses échanges avec Michael Lonsdale, lui-même très majestueux, sont un délice. Sean Connery est en plus ici un Sherlock Holmes du Moyen-Age (les allusions, parfois directes, sont multiples), un détective au service d’une enquête vive, pleine de rebondissements, qu’Annaud construit habilement avec un flash back explicatif assez étourdissant.
Je n’ai pas vu tous les films de Jean-Jacques Annaud (L’Amant et ses deux premiers films en fait) mais je pense que Le Nom de la Rose est bien son meilleur film.
Anecdote personnelle que je me dois bien de révéler près de 20 ans après ma première vision de cet excellent film : il y a une scène de sexe inattendue et très brute. Elle constitue un de mes émois adolescents les plus forts sur une pellicule et c’est une des raisons qui m’ont fait aller voir Sa Majesté Minor en salle. Je fus, un peu, déçu de ce côté. L’âge mais aussi, disons, la multiplication des canaux d’accès à ce type de « programme », m’ont sans doute rendu légèrement plus blasé…
Par Pascal
25 janvier 2009 Catégories: Articles Cinéma
Vu le 20/1/2009 Ã l’UGC Danton Salle Prestige en VO
Pour ce premier visionnage de Slumdog millionaire , j’ai eu cette impression de voir le film pour la deuxième fois. L’affiche, la bande-annonce (vu une seule fois) et un buzz type « feel good movie » deluxe laisse assez peu de place au suspense d’autant que le début, qui est presque la fin du film, permet de mettre rapidement en place tout le fil conducteur du métrage ainsi que sa conclusion. N’en soyons pas pourtant trop navré, Slumdog millionnaire tient parfaitement ses promesses. Mais il est probable que voir ce film sans vraiment connaître son sujet doit être une expérience assez grisante.
Slumdog millionaire raconte donc la trajectoire d’un gamin des bidons villes (un slumdog) de Mumbai (Bombay) candidat heureux de Qui veut gagner des millions puisqu’il est à une question du gros lot. Après l’horreur en Angleterre (l’horreur de la drogue pour Trainspotting et les zombies de 28 jours plus tard ) et dans l’espace (Sunshine ), Danny Boyle nous plonge au coeur de l’Inde et des indiens. Et c’est bien d’horreur dont on peut parler pour Jamal et son grand frère Salim, rapidement livrés à eux-mêmes sans aucune ressource. Le metteur en scène aborde frontalement les problèmes religieux, l’exploitation des enfants, les ordures partout, l’embrigadement dans la pègre…
Dans cet enfer tout ce qu’il y a de plus tristement réel, la réussite de Boyle, c’est sans doute de parvenir à garder cette toile de fond sordide tout en célébrant la débrouillardise des deux enfants (au Taj Mahal notamment, épisode particulièrement drôle) et l’obsession du cadet pour son âme soeur Latika. Ces épisodes tragi-comique couplée à cette obsession presque irationnelle du héros dans un environnement désenchanté rendent le film très picaresque.
Pour servir son propos, Danny Boyle se veut très dynamique, usant de caméra numériques et portatives comme un reportage sur le vif, avec des cadrages inattendus, mais très stylisé et coloré. C’est formellement discutable, on pourrait reprocher au réalisateur, et son directeur photo, une esthétique de clip MTV, mais l’aspect coup de poing l’emporte d’autant plus qu’il laisse passer étonnamment bien toutes les émotions du film notamment cette fuite éprouvante dans le train avec Latika sur la voie. Et si l’ensemble est donc relativement prévisible, Slumdog millionaire demeure passionnant à suivre et très attachant au point que Danny Boyle peut se permettre d’immortaliser le point culminant de son film avec la musique du générique de Qui veut gagner des millions . C’est très touchant en plus ! La musique ne se restreint cependant pas à ces thèmes et impose une sorte de genre electro-oriental qui va très très au-delà du easy listening qu’on passe dans les cafés à la mode. Certains morceaux renforcent profondément les images (celui de la fuite dans le train est génial). La bande originale est vraiment à acquérir.
Danny Boyle a ainsi saisi une destinée hindou mais à portée universelle, un mélange détonnant à l’image de son argument majeur : Qui veut gagner des millions . En plus d’être un puissant et réussi moteur narratif, la célèbre émission est une sorte de microcosme de la mondialisation. Carrément. Packagée parfaitement à l’identique dans le monde entier (si ce n’est la langue, même les présentateurs semblent interchangeables), l’émission est vecteur de rêve, d’évasion. Mais la culture y trouve droit de cité à travers les questions : très difficile pour un occidental de répondre à la toute première question alors que la dernière est évidente ! Slumdog millionaire peut donc largement passé pour un feel good movie d’exception porté par des acteurs très sensibles. On peut cependant voir dans le générique de fin, une euphorisante référence à ce qu’un européen comme moi imagine de Bollywood, un rappel : celui que tout cette histoire est un conte pour nous échapper d’une réalité très amère. Cette étrange ambivalence va comme un gant à Danny Boyle. Je ne suis pas certain de ma préférence entre Sunshine , mon préféré de Boyle, et ce film peut-être plus abouti. Mais le réalisateur anglais est assurément en très grande forme.
Par Pascal
23 janvier 2009 Catégories: Articles Cinéma Emissions Télévision
Revu le 13 janvier en DVD
Acheté au rabais chez un revendeur en ligne, je me suis posé cette question : Faut-il revoir Wall Street quelques vingt années après sa sortie ?
Revoir Wall Street , c’est supporter quelques tics des années 80. Entre autres une (inévitable ?) scène de cul en ombres chinoises avec une Daryl Hannah fort laide (si) et une musique façon Vangelis du pauvre avec un horrible « tube » au générique de fin. C’est aussi supporter une intrigue aussi classique que poussive soit un jeune loup, Bud Fox, pris sous l’aile d’un grand manitou du monde financier : Gekko (Michael Douglas). Peu à peu, le jeune loup va se rendre compte que le sens de la vie n’est pas le nombre de zéros dans son salaire mais le bien être social. Le meilleur du film est évidemment le personnage Gekko , archétype du vrai requin en col blanc avec ses gros cigares et ses bretelles. C’est peu dire que Michael Douglas est génial dans ce rôle, cette caricature magnifique. Quand il n’est pas à l’écran, Wall Street a moins d’allure d’autant que les Sheen père et fils à la ville comme dans le film sont bien falots.
Enfin, en plus de décrire le monde de la finance, Oliver Stone donne son avis et raconte Wall Street à travers une arnaque et des tractations illégales. On peut trouver le raccourci aussi révélateur que facile façon provoc du style « tous pourris » avec une fin idiote (encore un coup du micro caché) avec la SEC, l’autorité de régulation majeure des opérations boursières aux US, qui a le dernier mot : le système fonctionne. Ouf.
Faut-il voir en Wall Street un film qui a vieilli ? Pas tout à fait, la toile de fond est donc Wall Street, la bourse, les golden boys. Oliver Stone dépeint les dessous des marchés financiers. Volontiers sans pitié, ce monde est le repaire des coups fourrés entre milliardaires qui n’ont que faire des entreprises sur lesquelles ils spéculent. Bien des points sont abordés, ou survolés : les OPA, les assemblées d’actionnaires, les licenciements abusifs, les démantèlements, les golden parachutes… Oliver Stone raconte cet ère Reagan, ces années frics. Les années frics, voilà ce que dépeint Stone avec un certain plaisir : pas une scène où on ne parle pas de pognon, qui ne pue pas le pognon. Tout le film tourne autour de ça comme une obsession. Pour la plupart des protagonistes, il est le vrai et le seul symbole de la réussite. C’est donc aussi le culte de l’apparence que Stone illustre explicitement : un courtier doit vivre à Manhattan pour ne pas passer pour un imbécile, il doit porter de beaux costards, décorer son appart à la mode, avoir les poches remplies de billets…
Il faut évidemment posséder : les gadgets et passions de Gekko me faisaient bien marrer : la petite télé de deux pouces noir et blanc portative, le robot « Riptide style » qui sert à boire et des tableaux/objets contemporains un peu partout. Plus dérangeant encore, ce désir de posséder, le fric ont tout remplacé : Fox ne gagne pas la fille à la fin. Bien qu’elle reconnaisse l’aimer, elle le plaque quand elle se rend compte qu’il perd pour rester sous l’aile du mec qui l’a trahi ! Et que penser de Gekko qui montre son enfant obèse comme il montre ses pistolets de collection pour finalement le remettre auprès de la nourrice comme s’il le rangeait dans une boîte ? L’argent nous ferait perdre le sens des choses. C’est un lieu commun mais il est traité ici sans ménagement. Ces années frics, ostentatoires donnent des ambitions et des exemples aux jeunes américains. Un film comme A la recherche du bonheur raconte finalement un tel parcours, réussi cette fois-ci, Will Smith / Chris Gardner étant attiré par ce boulot en voyant un de ces golden boys garer sa Ferrari. Stone nous rappelle qu’il y a, si j’ose dire, un prix à payer.
Cette époque, vingt ans déjà , est-elle révolue ? Pas tant que ça, notre monde n’est pas tellement différent. La loi du dernier cri fait que la mini-télé noir et blanc et le robot serveur ont été remplacés par l’iPhone et les produits bios et l’art contemporain n’en finit plus de flamber dans les ventes aux enchères. Tout le monde parle de fric et des marchés financiers, du gréviste de Saint Lazare au président des USA, et veut une part du gâteau. Et, en cette période de crise où tout le monde perd, toutes les arnaques tombent comme des mouches, des entreprises truquant leurs résultats à la fameuse arnaque Maddoff à 50 milliards de dollars. Une ultime (pour le moment) esbrouffe réalisée au nez et à la barbe, voire peut-être la collaboration, de la multitude d’autorités de régulation dont la SEC, seul garde fou du film de Stone !
Wall Street n’est pas un film trépidant, pas toujours très fin, Oliver Stone n’est pas non plus connu pour être un réalisateur tout en finesse, mais on y trouvera un des meilleurs rôles de Michael Douglas et une chronique de ces années yuppies dont pas mal de choses demeurent encore d’une troublante actualité. Plus les choses changent et plus elles restent les mêmes. Plikssen a une nouvelle fois raison.
Par Pascal
21 janvier 2009 Catégories: Articles Cinéma
Vu le 12/1/2009 Ã l’UGC George V salle 7 en VO
Je me souviens d’une critique, négative, de Télérama sur Twister où le film de Jan de Bont était comparé à une fête foraine, un spectacle avec des attractions. Je n’ai jamais trop compris, enfin un peu quand même, pourquoi il faut dénigrer ce style de film. L’oeil du Mal rentre un peu dans cette catégorie. Après son sympathique Paranoïak qui se réfèrait à Fenêtre sur cour , D.J. Caruso reprend à son compte la Mort au trousse . Son film est une sorte de tour de montagnes russes. Ainsi, deux inconnus reçoivent, séparémment, un coup de téléphone et entendent une femme les ordonnant de suivre rapidement des instructions délirantes. Ses prédictions, ses menaces et ses capacités d’action, comme dérouter un métro ou manipuler des grues, se révèlent de plus en plus insistantes. Et c’est parti pour un tour avec deux personnes qui n’ont pas la moindre idée de leur présence dans cette galère…
En toile de fond, il y a une histoire de terrorisme et des choix difficiles à faire au Moyen Orient mais je crois qu’on peut en avoir rien à faire. Seul compte la course trépidante de Jerry et Rachel. Le rythme est en effet frénétique. D.J. Caruso privilégie l’action à tout va ce qui a quelques conséquences dont un certain manque de lisibilité dans les grands moments d’action. On pourra aussi oublier un final très conservateur limite all american hero avec une réconciliation factice père-fils, une médaille du congrès (ou équivalent) délivrée, des responsables du désastre qui ne sont pas mis à l’écart et un baiser final certes tendre mais sur la joue. On pourrait aussi discuter de la deuxième partie du film, conçue autour d’un twist à mi-parcours. Ce dernier était relativement nécessaire, la femme au téléphone ayant une capacité un peu trop exceptionnelle d’improvisation, mais il se révèle légèrement invraisemblable. Il est cependant tellement ludique qu’on a vraiment envie d’y croire pour au-moins une autre heure.
Et il y a d’excellents moments de suspense particulièrement dans la salle de traitement des bagages dans un aéroport, déluge de tapis roulant, rarement montré au cinéma je crois (j’ai uniquement en mémoire Toy Story 2 seulement). Cet enfer de tapis roulants est pourtant très cinématograhique. Au fond, même si on ne comprend pas toujours tout, c’est souvent jouissif.
Et comme Paranoïak , le film est tiré vers le haut grâce à un excellent Shia Labeouf très bien épaulé par Michelle Monaghan. Shia Labeouf, protégé de Steven Spielberg producteur du film comme il le fut pour Transformers est toujours très bon, très vif. C’est aussi un peu mon chouchou actuel, dont le nom incite à me déplacer dans les salles obscures. Particulièrement grâce à ce couple et à un plutôt drôle Billy Bob Thornton, on sort de la salle obscure sur les rotules et ravi : pendant deux heures, j’ai oublié mon quotidien. C’est pas la Mort au trousse hein mais Ce soir-là , c’est exactement ce qu’il me fallait. Merci Shia.
Par Pascal
16 janvier 2009 Catégories: Articles Cinéma
Billets suivants
Billets précédents