Petit écran

Revues ciné et séries TV

Cinéma

Largo Winch

Vu le 22/12/2008 à l’UGC George V salle 2

Il était largement prévisible de voir porter au grand écran la bande dessinée Largo Winch, l’enfant caché par son père qui l’adopta pour préparer la succession de son immense fortune. L’oeuvre de Jean Van Hamme et Philippe Françq a déjà fait l’objet d’une adaptation télévisée mais elle ne semble pas avoir laissé de grands souvenirs. Si on sent le potentiel pour un film, voire toute une saga, l’adaptation peut s’avérer délicate notamment visuellement. Il y a par exemple ce moment dans la BD où Winch laisse tomber les actes de propriété de son empire du haut d’une falaise. Très belle page de BD, terriblement révélatrice mais difficile à placer tel quel car trop invraisemblable.

Le metteur en scène Jérôme Salle avait donc prévenu d’entrée Jean Van Hamme que son film, qui se fonde sur les premiers albums, allait prendre quelques libertés avec la BD. Ainsi l’allié Simon Ovronnaz passe à la trappe au profit d’un homme de main de l’ombre (impeccable Gilbert Melki) et un personnage de femme plus ou moins fatale interprétée par Mélanie Thierry actrice superbe qui a le mérite d’avoir dernièrement tenté sa chance dans des films fantastiques ratés (Chrysalis, … lire la suite ›

Le temps des comédies

Comme une sorte de tradition, la période janvier-avril est généralement propice aux “grosses” comédies françaises. C’est ainsi que vont débarquer sur nos écrans des pointures du rire dans des comédies packagées pour être de grands succès. Voici mes a priori sur quelques-unes des prochains mois. Il en faut bien car on ne peut tout voir, et comme on peut le lire sur MovieBlog, ce n’est pas un drame.

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Benoît Poelvoorde dans La guerre des miss
Le film est réalisé par Patrice Leconte qui met donc en scène une lutte entre deux villages … lire la suite ›

Secret Défense

Vu le 15/12/2008 à l’UGC Normandie Salle 1

Après le Plaisir de chanter, on reste dans l’espionnage français mais en beaucoup plus sérieux. Secret Défense suit la trajectoire de deux jeunes inexpérimentés, une fille et un garçon, dans le monde de l’espionnage et celui du terrorisme jusqu’à l’impact. Puisqu’on est en France, qu’on a (un peu) envie d’y croire, que le réalisateur s’est entouré paraît-il d’experts de la question (on aperçoit même dans un bureau un habitué de C dans l’air !), il n’est pas déplaisant de suivre ce jeu de dupes et autres manipulations. Il y a toujours des rebondissements qu’on n’attend pas et quelqu’un d’indulgent mais amateur de thriller d’espionnage (on parle de moi en gros) pourra y trouver son compte.

Mais il ne reviendra sans doute pas sur ce film. On ressent bien que Philippe Haïm a écouté des experts, qu’on lui a dit des trucs. La restitution de ceux-ci demeure délicate. Secret Défense a tout du film avec “des gros sabots”. Le metteur en scène s’emploie très minutieusement à tout alourdir dès le générique que ce soit le contexte, le dialogue et même la musique jusqu’à mettre de la TRES grosse musique quand un mec fume son … lire la suite ›

Pour elle

Vu le 10/12/2008 à L’UGC Montparnasse Salle 1

Julien et Lisa sont amoureux et heureux avec leur enfant. Mais Lisa est arrêtée violemment pour un crime qu’elle n’a pas commis et se retrouve en prison pour 20 ans. Julien décide de lutter contre cette fatalité.

La fatalité est en effet implacable dans Pour elle. Pour concentrer tout le suspense sur les choix de Julien, Fred Cavayé évacue rapidement tout doute au spectateur, la scène du crime est ainsi montrée, tout en le laissant le doute aux protagonistes (au fond, peut-être une seule personne connait la vérité). Il souligne ainsi sans forcer tout l’amour et le courage de Julien. Et c’est l’un des talents de ce metteur en scène : il ne force jamais le trait, explique peu (on ne verra pas le procès), se reposant sur des dialogues concis et le talent des acteurs pour donner du corps à son film. Ce choix donne beaucoup de grandeur à Pour elle particulièrement dans les relations entre Julien et sa famille, frère et parents, et son fils.

Le coeur du sujet demeure les préparatifs et l’exécution du projet (d’évasion, ce n’est pas une surprise pour peu qu’on voit la bande-annonce) de Julien soit un chemin … lire la suite ›

Madagascar 2

Vu le 3/12/2008 au MK2 Odéon salle 1 en VO

Les disparus du Zoos de New York décident de retourner chez eux par un avion piloté par les pingouins. Autant dire qu’ils n’arriveront pas vraiment à destination…

C’est donc reparti pour les aventures de Alex, Marty, Melman et Gloria qui découvrent à nouveau un monde qui n’est pas vraiment le leur mais qui s’avère pourtant être leur berceau. Rien ne change et nous retrouvons aussi le même design carré qu’on peut ne pas adorer. Si les personnages sont bien croqués (Alex en bébé lion est vraiment trognon), ils sont très marqués. Le bon souvenir que laissa l’épisode précédent est cependant suffisant pour l’adhésion.

Les intrigues sont multiples du fait du nombre de personnages et les thèmes abordés fort nombreux : amour, amitié, identité, origine et paternité. Conséquence directe : sans être affligeant, tout est survolé et l’intérêt que ces histoires suscitent est principalement lié aux gags qu’elles engendrent. En cela, on reste toujours bien en deçà des productions Pixar au-moins pour ces deux aspects, design et histoire, beaucoup plus soignés dans la filiale de Disney. Je dois dire ça à peu près à chaque film de Dreamworks

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Délire Express

Vu le 1/12/2008 à l’UGC Orient Express salle 1 en VO

En se fumant un joint tranquillement, Dale Denton assiste à un meurtre. Pas de bol, l’assassin est le boss de son (gentil) dealer.

Délire Express est une comédie d’action. Le scénario efficace, plus étoffé qu’un scénario prétexte, a le soucis de la continuité et du gag réussi. Ainsi, le film est toujours bon esprit, jamais ennuyeux. On ne rigole pas toujours mais quand on rigole, c’est très fort. Dans une salle de cinéma, c’est plutôt euphorisant surtout que Délire Express ose beaucoup de choses de l’assez facile mais toujours drôle (le beau papa à la gachette facile) au plus gonflé (la vente de drogue aux mineurs sans véritable conséquence).

A travers les personnages immatures de Seth Rogen et ses compères, on va plus loin que l’histoire du gars ordinaire à qui il arrive une histoire extraordinaire car leurs repères, notamment cinématographiques, sont vraiment les notres, ceux des 20-40 ans : On cite Jude Law et Jeff Goldblum et les personnages, souvent défoncés, tirent comme dans les John Woo (même à la mitraillette !) et se battent n’importent comment. Ainsi combien de fois me suis-je dit lors d’une poursuite en voitures :”Mais pourquoi … lire la suite ›

Le Plaisir de chanter

Vu le 26/11/2008 au Miramar Salle 2

Muriel et Philippe sont des agents secrets et accessoirement amants. Pour retrouver la trace d’une clé usb contenant des informations importantes, ils infiltrent un cours de chant pour approcher Constance qui détiendrait la fameuse clé. Le cours et leurs rencontres vont peu à peu les conduire à s’interroger sur eux mêmes.

Pourquoi voir ce film le jour de sa sortie ? L’affiche est pas terrible, le titre est difficile à retenir. J’aime bien les acteurs sans que ce soit mes idoles. Le film sort sur peu d’écrans et risque de disparaître (très) rapidement de l’affiche. En fait, ce sont les trois étoiles (même pas la critique que je n’ai pas lue) du magazine ciné live qui m’ont fait me déplacer et le fait que c’est présenté comme une comédie. Le Plaisir de chanter a d’ailleurs plutôt bonne presse.

Et c’est vraiment une comédie, assez drôle parce que l’aspect espionnage est joyeusement traité par dessus la jambe avec un cours de chant devenant un repaire d’espions de tout horizon de la prostituée ancien de la “pop academy” au jeunot bcbg à la solde de la Corée du Nord (!). Les debriefings de leur supérieure/coach/conseillère matrimoniale (excellente Dominique … lire la suite ›

Mesrine : L’ennemi public n°1

Vu le 24/11/2008 au MK2 Odéon salle 1

L’ennemi public n°1 est le deuxième volet du diptyque sur Jacques Mesrine après l’instinct de mort. Il retrace les dernières années de sa vie principalement en France jusqu’à sa mort en 1979. C’est dans ce deuxième film que nous voyons naître la “légende” Jacques Mesrine ou du moins le personnage public, celui qui fait la une des journaux pour ses méfaits parfois spectaculaires mais également pour ses interviews et son livre l’instinct de mort qu’il écrit en prison.

L’approche de Richet sur Mesrine est encore plus radicale que dans le premier film comme si nous étions au cœur du personnage Mesrine. La mise en scène suit donc le personnage au plus près, épouse son énergie et ses multiples contradictions. D’une scène à l’autre, nous passons du charme à la violence la plus abjecte, du spectaculaire à l’intime face à son père ou à sa fille où il peine à trouver des mots. L’ennemi public n°1 est une succession de coups de gueule, de coup d’éclats et de numéro de charme. Cette forme syncopée, souvent géniale (l’interview notamment) déroute quand même un peu et, bien que le film soit très dense, on ne … lire la suite ›

Mensonges d’état

Vu le 17/11/2008 à l’UGC Odéon salle 3 en VO

Roger Ferris (Leonardo DiCaprio), un agent de la CIA, s’engage dans la traque d’un terroriste insaisissable en Jordanie. Il est en contact presque permanent avec Ed Hoffman (Russell Crowe), basé aux USA. Rarement d’accord, les deux agents fomentent des coups de plus en plus douteux pour retrouver la trace du terroriste.

Mensonges d’état est d’abord un thriller à rebondissements très prenant. Ce n’est presque pas une surprise tant nous sommes en compagnie de pros du thriller. Le scénario de William Monahan (oscarisé pour son adaptation des Infiltrés) est volontiers tortueux mais nous perd jamais et les deux stars DiCaprio et Crowe sont parfaites. A la caméra, Ridley Scott semble trouver une bonne synthèse de ses dernières productions et de celles de son frère Tony : Ennemi d’état, Spy games et Black Hawk Down notamment. Son film est très spectaculaire et les séquences d’action sont parfaitement réalisées (et d’une grande clarté). Rien que pour cela, le film mérite le détour.

On doit cependant aller un petit peu plus loin puisque le sujet de Mensonges d’état est très actuel puisqu’il est question de terrorisme et de l’action américaine. Les films traitant de ce thème … lire la suite ›

Quantum of Solace

Vu le 5/11/2008 à l’UGC Normandie Salle 1 en VO

(spoiler inside)
Deux ans après un Casino Royale qui relançait la franchise, la direction empruntée par le dernier James Bond, en gros plus de sérieux et moins de gadgets, était source de nouvelles possibilités plutôt inédites, pour la série, qui ne demandaient qu’à être développées. L’essai est-il transformé dans ce 2(2)ème épisode ? Pas vraiment. Si Quantum of Solace est dans la continuité du premier épisode, il est déception sur bien des aspects.

Quantum of Solace commence une poignée de minutes après la fin de Casino Royale, comptant peut-être un peu trop sur notre mémoire. Et nous sommes plongés dans une histoire géopolitisante, jeu trouble de la CIA inclus, où on monnaye un coup d’état bolivien et une portion de désert disposant d’une ressource mystérieuse. Tout le monde croit que c’est du pétrole mais c’est forcément une fausse piste. Derrière tout ça, une mystérieuse organisation (a t’elle un nom ?) et un projet “quantum” d’où plus ou moins le titre du film que Craig explique comme étant associé à “une once de consolation” et le fait de ne pas abandonner. Bien, bien.
De toute façon, plus encore que Casino Royale, on … lire la suite ›

RIP Michael Crichton

Michael Crichton s’est éteint à 66 ans le 4 novembre, quelques heures avant l’élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis. Ces deux faits sont sans rapport mais disons que le second fait beaucoup d’ombre au premier. Je dois à cet écrivain d’être à la base d’un de mes plus grands chocs au cinéma à savoir Jurassic Park de Steven Spielberg adapté d’un de ses plus célèbres romans dont la lecture fut fut aussi un choc.

Dès lors, je suivis sa carrière, passionné par ses romans souvent de science fiction mais parfois non comme l’excellent Les mangeurs de morts qui donna lieu également à un non moins excellent film, et une bataille entre le romancier et le réalisateur John McTierman. Ce ne fut pas toujours le cas : Soleil Levant est, de mémoire, passablement ennuyeux tandis que Congo et Sphère, romans formidables, ont une réputation peu flatteuse. Je le confirme pour Sphère que j’ai vu. C’est nul. Tout comme Harcèlement mais je n’ai pas lu le livre éponyme.

Dans un de ses ultimes romans, très bon, il exposait son scepticisme face au réchauffement climatique. D’après Wikipédia, il a visiblement fait scandale en exposant son point de vue en tant … lire la suite ›

Up : la bande-annonce

Wall-E est sorti et a émerveillé le monde entier (notons que son succès est moindre que Kung-fu Panda). Il est maintenant temps de s’intéresser à la suite des aventures de Pixar. Et comme on dit : « And Now, something completely different ». Et on obtient Up : c’est l’histoire d’un homme qui voyage avec un boy-scout à bord de sa maison transformée en une sorte de montgolfière. Dit comme ça, c’est évidemment étrange. Et assez génial, Up continue de prouver la créativité et les paris audacieux de Pixar alors qu’il ont accéléré la cadence avec un film par an.

Up est réalisé par Bob Peterson, « vétéran » de Pixar qui débute dans la réalisation, et surtout Pete Docter, scénariste de Wall-E et réalisateur de Monstres et compagnie, mon préféré, encore et toujours. Même si l’effet de la bande annonce, très amusante, est moindre que le premier teaser de Wall-E, c’est peu de dire que j’ai très hâte de découvrir l’été prochain ce Up.


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source : firstshowing.net

Mesrine : l’instinct de Mort

Vu le 27/10/2008 à l’UGC George V salle 2

La vie de Jacques Mesrine en deux films. L’instinct de mort, titre de l’autobiographie de Mesrine, raconte son parcours de l’Algérie au Canada au début des années 70.

Jacques Mesrine est un personnage controversé. Héros ou exemple pour certains, pourriture pour d’autres, il est toujours le sujet d’enquêtes, de bios et de chansons populaires. L’instinct de mort n’est d’ailleurs pas le premier biopic à l’écran de ce personnage singulier. Jean-François Richet et le producteur Thomas Langmann, qui quoique je puisse en penser (notamment sur sa version des aventures d’Astérix) a su malgré tout porter ce projet pendant plusieurs années, ont choisi une approche brute, sans glorification, qui évite les pièges du pensum politico-héroique. Passé l’excellent générique/épilogue, nous sommes plongés en pleine guerre d’Algérie où on l’ordonne à un Jacques encore jeune d’exécuter une femme. Tout au long du film il sera confronté à des situations où il choisit ou assume un choix, entre famille et amis, entre vie « honnête » et vie de bandit.

Le milieu de la pègre est alors dépeint dans toute sa noirceur : aucun respect, aucun principe où plutôt chacun vit avec ses principes dans un monde sans loi. … lire la suite ›

Coluche, l’histoire d’un mec

Vu le 22/10/2008 à l’UGC Danton Salle 2

En 1980, Coluche est au fait de sa gloire enchaînant les salles combles et les fêtes débridées dans sa maison près du parc montsouris. Voulant décoincer la pensée ambiante, il décide de devenir candidat à l’élection présidentielle.

Du propre aveu d’Antoine de Caunes, l’histoire de Coluche ne comporte que peu de zones d’ombres aussi préfère t’il décrire le changement d’une époque à travers le célèbre trublion qui finit par prendre au sérieux son engagement national au fur et à mesure qu’il portait non plus le rire mais un véritable espoir. Le néophyte du personnage que je suis découvrira donc un comique, cordonnier raté à ses heures, amateur d’herbe et plutôt mauvais exemple pour ses enfants. Son parcours à travers des médias, enthousiaste d’abord puis beaucoup moins ensuite, quand il ne le censurent pas, soulignent ses paradoxes et sa prise de conscience sur le monde politique.

Et donc Coluche et sa bandes de joyeux anars, de Romain Goupil au Professeur Choron, colorent un peu ce monde terne en s’opposant à… à quoi exactement ? Des hommes en costume hypocrites, des censeurs invisibles, des gens qui se téléphonent dans des bureau très haut de plafonds, et … lire la suite ›

Tonnerre sous les tropiques

Vu le 20/10/2008 à l’UGC George V salle 2 en VO

Tonnerre sous les tropiques par…une pub puis plusieurs bandes-annonces mettant en vedette quatre stars imaginaires : Ben Stiller/Tugg Speedman l’action-man en baisse de popularité, Robert Downey Jr/Kirk Lazarus le grand acteur aux 5 oscars (!), Jack Black/Jeff Portnoy le comique pétomane et enfin Brandon Jackson/Alpa Chino le rappeur. Tonnerre sous les tropiques devient alors le film dans le film au tournage virant au cauchemar malgré tous ses atouts standards : une adaptation d’un livre sur une mission suicide au Vietnam, un jeune réalisateur étranger limite yes man (Steve Coogan déjà vu avec Ben Stiller dans la Nuit au musée et héros du très vite oublié rigolo Tour du monde en 80 jours), un producteur/dictateur qui donne des punitions depuis son bureau, des effets pyrotechniques à quatre millions de dollars (!) et donc le quatuor de stars.

Ben Stiller a bien en ligne de mire le système hollywoodien. Son film demeure une superproduction (85 millions de dollars tout de même) pleine d’explosions et de décors de jungle superbes, filmées à Hawaï où s’est tourné aussi Jurassic Park, qui se moque des superproductions. Le système n’est certainement pas remis en cause et … lire la suite ›