Catégorie 'Cinéma'

Les sorties du 25 mars

Toujours plus fort avec 15 films à l’affiche cette semaine. Peut-être est-ce lié à l’approche des vacances. Chaque semaine je suis toujours surpris du nombre impressionnant de sorties. Certes cela fait une offre variée mais qui peut vraiment suivre à part quelques professionnels/critiques du monde du cinéma ? En ce qui me concerne, je peine à voir la moitié des films que j’ai envie de voir. Je devrais suivre un jour le destin au box-office de tous ces films vite pas vus et vite oubliés.

troisroyaumes duplicity journeedelajupe


Le film de la semaine est le retour de John Woo dans sa terre natale pour les Trois Royaumes narrant une guerre légendaire qui se déroula en Chine où le nombre de protagonistes prêt à en découdre se compte en centaine de milliers ! Si le film est en Asie en deux parties pour un total de quatre heures, c’est une version de 2h25 auquel nous avons droit en Europe. Mais même coupé, le film semble avoir bouleversé beaucoup de monde par son ampleur.

Seulement deux semaines après L’enquête, Clive Owen retourne sur les écrans pour un thriller d’espionnage : Duplicity. Le film marque le retour dans un premier rôle de Julia Roberts. Après le très bon Michael Clayton et les scénarios de la trilogie Jason Bourne (et celui d’Armageddon aussi), je suis étonné de voir Tony Gilroy dans un registre plus léger d’embrouilles entre ex agents secrets. Le film ne cartonne pas vraiment au Box-Office US mais c’est un peu la marque de fabrique de Clive Owen. Ca ne devrait donc pas l’empêcher d’être un bon film.

Je vais régulièrement au cinéma depuis 1995 mais il aura fallu attendre 2009 pour que je sois intrigué par un film avec Isabelle Adjani. La journée de la jupe, qui passe en même temps à la télévision et au cinéma, est un film de Jean-Paul Lilienfeld que je n’attendais pas du tout dans ce genre de film, réalisateur du « culte » quatre garçons plein d’avenir (pas le film par contre). Adjani a joué dans un film fondamental de mon cinéma (Mortelle Randonnée) mais entre 1995 et maintenant, on ne peut pas dire sa carrière a été brillante : femme fragile dans un remake à oublier (Diabolique, que j’ai vu dans la grande salle du Gaumont de Nantes avec la détestable Sharon Stone), elle était horripilante, tant son jeu que son rôle, dans le pourtant excellent Bon Voyage. Et voilà qu’elle joue une prof pétant un câble en plein cours avec un revolver à la main. Ca rappelle presque le Chute Libre de Joel Schumacher. La bande-annonce vaut le coup d’oeil :

Parlons quand même de trois comédies parce qu’elles ont toutes les chances mieux marcher que les trois films précédents (à part peut-être le film de Sophie Fillières).

chihuahua1 premiereetoile unchatunchat

C’est fou mais en faisant cette chronique depuis seulement quelques semaines (et pour combien de temps ?), je constate qu’il sort régulièrement des films animaliers. Je pense que Le Chihuaha de Beverly Hills risque d’être le pire d’entre tous. Le titre abominable et l’affiche (« Chiots Bouillants » –> Attention film pour enfant) devraient suffire à faire fuir qui que ce soit, également les parents quelque peu attentif à leur progéniture. Je n’invite pas mes trois lecteurs à regarder la bande-annonce qui révèle sans doute le plus consternant de toute cette entreprise : les chiens parlent.

Quoiqu’on puisse dire de sa genèse et de sa sincérité, La première étoile fleure bon la comédie-idée (Un famille de noirs vont à la neige) jouant la carte de l’opposition noir/blanc. Et si le réalisateur/acteur/doubleur Lucien Jean-Baptiste a peut-être tenté de raconter quelque chose de plus universel, la bande-annonce nous fait systématiquement croire le contraire. Quelques jeux de mots font rire tandis que les réactions des spectateurs laissent entrevoir un film « coup de coeur ». La question de la couleur de peau semble cependant délicate dans le cinéma français et l’anti-racisme ambiant peut engendrer un enthousiasme exacerbé. Malgré le sujet un peu naze, La première étoile sera t’il sur ce sujet un film aussi décomplexé que les films du cinéma américain et sans message de tolérance très engagé dans le politiquement correct ?

Et donc il y a Un chat, un chat sur le thème de l’écrivain en manque d’inspiration (comme l’affiche du film). La bande-annonce n’est pas drôle donc je n’irai pas plus loin.

Et il y a d’autres films, comme Tokyo Sonata de Kyoshi Kurosawa qui semble très bien (la bande-annonce est très belle) mais je ne peux en parler, je suis passé complètement à côté de ce film. C’est assez triste.

 Par Pascal     Commenter25 mars 2009    Catégories: Articles Cinéma

Watchmen – les gardiens

Vu le 15/3/2009 à l’UGC Danton Salle 3 en VO

De Terry Gilliam à Paul Greengrass, qui fit même construire des décors (!), l’adaptation de Watchmen, a épuisé bien du monde et déchaîné les passions. Il faut dire qu’il s’agit d’un « roman graphique » nom fort pompeux qui déprécie l’image qu’on a de la BD ou du comic book sans pour autant améliorer celle de cette œuvre qu’on pourrait tout aussi bien qualifier de livre avec des images. Soit. Auréolé d’un succès sans précédent, Watchmen a été qualifié d’inadaptable par son auteur, Alan Moore (avec Dave Gibbons), déjà sur des comics adaptés comme La Ligue des gentlemen extraordinaires ou From Hell. Dans ce débat de l’impossibilité de l’adaptation, l’auteur fait plutôt figure d’extrémiste allant jusqu’à demander le retrait de son nom de l’adaptation de Watchmen. Un homme de principe.

Après le premier succès, et premier bon film, que fut l’Armée des morts, le réalisateur Zack Snyder se lança dans une adaptation « trait pour trait » de 300, autre œuvre colossale (me dit-on, je ne lis jamais de comic books ni de romans graphiques) ici signée Frank Miller, une adaptation dans la lignée de Sin City (=sur fond vert/bleu). J’ai bien aimé 300, je l’ai aimé par avance, je l’ai aimé au cinéma et je l’ai aimé quand je l’ai revu en DVD. Je ne fus pas le seul puisque cette adaptation, assez audacieuse il faut le dire, connu un succès tout aussi colossal que le comics.

Il ne fut alors pas surprenant de retrouver le metteur en scène sur l’adaptation de Watchmen. Et c’est donc avec lui que Watchmen au cinéma fut greenlighté avec 130 millions de dollars pour mettre en images animés le roman graphique. Mais si l’oeuvre d’Alan Moore a généré une grosse communauté de fans chez les geeks en tout genre, elle ne l’a pas fédéré sur les perspectives d’une adaptation au point de générer des débats un peu partout sur le web, récemment sur le blog de Rafik Djoumi (qui n’aime pas trop).

Et moi dans tout ça ? Eh bien je ne suis pas un geek (j’avais dans les 20-25 dans le test de Rafik) et je n’ai pas vraiment compris tout le tapage autour du film. J’aime cependant les films de super héros et il en faut beaucoup pour ne pas me faire me déplacer. J’aime moins le gros marketing qui anticipe les super chefs d’oeuvre à venir avec un applomb sidéral. Je n’étais donc pas forcément dans les meilleures dispositions dans la salle pour suivre cette histoire de super héros déchus enquêtant sur le meurtre de l’un d’entre eux dans un monde uchronique où Nixon en est à son troisième mandat présidentiel. Nous sommes dans les années 80.

watchmen-rorschach

sur son visage… comme un livre (roman graphique ?) ouvert

Passé la première scène vu et revu dans les bande-annonces et qui évoque le meurtre du Comédien (Jeffrey Dean Morgan), mon impression est passé de l’intérêt poli à l’extatique avec un générique sensationnel articulant l’histoire récente de l’Amérique avec la naissance des premiers super héros soit des représentant de la loi ayant choisi de se déguiser pour affronter les truands qui se déguisaient eux-mêmes. Sur fond d’une belle ballade de Bob Dylan, nous assistons à une succession de tableaux mouvants avec des images très contrastées donnant comme une impression de relief. En prime, nous savons qui a assassiné Kennedy. Dès lors, je n’avais plus qu’envie d’être transporté par le récit. On m’avait promis quelque chose de dense, peut-être difficile à apprivoiser au vu de la complexité du matériau original. Qu’importe, pourvu qu’on est l’ivresse, comme dans The Dark Knight.

La chute fut assez rude. Comme une impression de rien à commencer justement par l’usage de la musique. Bob Dylan passait très bien au générique et cet usage inattendu mais très fort d’une chanson rappelle la bouleversante séquence de chaos dans Metropolis (le film japonais) sur fond de Ray Charles. Mais par la suite, elle sort de l’atypique pour finalement décontenancer. L’emploi de la chevauchée des Walkyries pour les flash-back au Vietnam est trop inappropriée pour être un hommage à Apocalypse Now. Et 99 luftballons quand même (parce que nous sommes en bord de la guerre sans doute)… Ecoutez cette excellente chanson en lisant la suite :

Plusieurs indices auraient du rappeler rapidement à l’ordre à commencer par cette semptiternelle grosse voix en guise de narration. La grosse voix, c’est Rorschach, le super héros le plus impliqué par la mort du Comédien. Ce n’est qu’au bout d’1h45 et une allusion explicite du film que j’ai fait le lien avec les tests du même nom. Oui je ne suis pas très futé mais je ne dois pas, du moins j’ose le croire, être le seul. J’ai également lu que son masque fait office de révélateurs d’émotion sous la forme donc des fameuses tâches du docteur. La non lecture du comics original pose sans doute problème. Autre exemple difficile à appréhender : cette horloge de l’apocalypse placée à minuit moins cinq, objet fort symbolique dont on ne nous dit finalement pas grand chose. Et rien en fait. Une très belle idée qui tourne à vide.

Le réalisateur avait clairement indiqué une volonté d’une adaptation sans adoucir le propos. Et il le fait : on voit le Comédien tuer une femme qu’il a engrossé, deux chiens se disputer le pied d’une petite fille victime d’un pédophile et Fantômas se balader la bite à l’air. Est-ce vraiment choquant pour autant ? Non. Pourquoi ? Tout simplement parce que ceci arrive comme un cheveux sur la soupe : la femme aurait pu ne pas être enceinte sans strictement rien changer au propos, intéressant au demeurant puisqu’il souligne la perte d’humanité du docteur Manhattan ; la gamine, dont on ne voit même pas une photo me semble t’il, aurait pu être vivante mais amochée, ça aurait d’ailleurs fait plus d’effet qu’un os avec une basket au bout ; Le docteur Manhattan aurait pu porter un slip. C’est de la fausse provocation puisque nous n’avons aucune empathie pour ces personnages. Zack Snyder se targue d’avoir convaincu les producteurs de la nécessité de ces quelques instants. Leur caractère inoffensif minimise cet exploit (notons que le film est interdit au moins de 12 ans en France).


Et oui c’est bien moi, Manhattan

fantomas-manhattan watchmen-fantomas

On arrive sans doute au gros problème du film, surtout si son esthétique ne suscite qu’un intérêt poli : l’émotion. Watchmen ne suscite strictement aucune empathie envers ses (super) héros. Incroyablement peu sexy, le triangle amoureux est sans enjeu. La progression est très ennuyeuse et le suspense inexistant. Zach Snyder prouve sans doute involontaire qu’un rebondissement de BD ne se construit pas comme dans un film. Notons que 300 n’était d’ailleurs justement pas un film à rebondissements. Cette volonté de rester fidèle a peut-être abouti à une forme de neutralité qui nuit à Watchmen à tous les niveaux : l’humour n’est pas drôle, le Comédien éructant avec son fusil ou les mimiques précieuses du Hibou face au spectre joyeux ne font pas rire. Et l’ironie tombe absolument à l’eau quand Snyder met en scène un Nixon au gros nez dans un décor de QG identique à celui du Docteur Folamour. Il n’est pas Kubrick et Peter Sellers et George C. Scott ne sont pas dans la salle. Cette neutralité imprègne aussi le jeu sans relief des acteurs. Tous sont assez peu connus, du moins ce ne sont pas des stars, et aucun ne devrait ressortir de Watchmen comme une révélation. Billy Crudup était meilleur dans Presque Célèbre et Jeffrey Dean Morgan meilleur dans Un mari de trop. Seul Jacky Earle Haley en Rorschach émerge quelque peu quand il tombe le masque. Le constat est amer : on se fiche de leur introspection de super héros. Et qu’on ne me dise pas que c’est original, c’est un thème repris dans à peu près tous les films de genre de la décennie). Et on se fiche de leur sort tout comme le sort du monde.

Il est en effet beaucoup question du sort de l’humanité dans un contexte de Guerre Froide USA/URSS. Les bombes peuvent tomber à tout moment et tout le talent du docteur Manhattan ne sauvera pas de l’holocauste nucléaire. Mais tout au long du film, la politique dans Watchmen semble complètement détachée des tracas des super héros. A de très rares occasion dans les deux premiers tiers du métrages, grande et petite(s) histoires se mêlent en dehors de bavardages. Cela n’arrange en rien notre détachement (volontaire peut-être) envers le sort de ce petit monde jusqu’à la fin livrée sans véritable préparation ni réflexion. Les actes pourtant graves sont alors peu discutées, bien que discutables. A chacun de se faire son opinion sans doute, c’est plus facile. On pourra cependant apprécier le fait que la paix dans le monde façon « We are the World » en prend pour son grade. L’absence réelle d’humour/ironie, ou même de recul, limite hélas cette appréciation. Ainsi que l’époque : alors que le monde actuel est aussi mondialisé qu’éclaté, Snyder s’en remet au comics et demeure dans un monde bipolaire (Paul Greengrass voulait rendre l’uchronie plus contemporaine). Le réalisateur fait comme si notre monde n’avait même pas changé depuis l’époque de Marty McFly. Quand une bombe très puissante explose au coeur de Manhattan, les Twin towers restent donc debout. Ce n’est plus de l’uchronie mais de l’anachronisme.

Et malgré toute cette histoire/adaptation réputée « complexe », « profonde » et « sombre », nous n’échappons pas aux artifices scénaristiques les plus triviaux tels le triangle amoureux insipide et les rebondissements au rabais (la révélation du « méchant », la fausse destruction du Docteur Manhattan) quand ils ne sont pas agaçants. A ce titre, je commence à en avoir assez de ces héros se retrouvant face à l’ordinateur à trouver un mot de passe par déduction profonde (aussi dans Espion(s) d’ailleurs, les bons films n’échappent pas à cette saloperie d’artifice) façon je mets le nom de ma femme ou de ce que je veux être. Moi, mon mot de passe au boulot c’est quelque chose comme C*Bob123+, la complexité étant obligatoire dans les environnements un tant soit peu sécurisés. Evidemment c’est moins sexy. Je préfèrerais encore une résolution évidente/sous forme de gag (pas de mot de passe du tout ou celui-ci est marqué sur un post-it – oui c’est souvent comme ça dans les bureaux cf la complexité demandée).

Au final, la séance ne fut peut-être pas une chute comme annoncée mais une descente inexorable entrecoupée d’une poignées de bonnes choses ainsi les scènes dans la prison qui rappellent, en moins bien, l’anarchie carcérale de Tueurs-nés. L’explosion de Manhattan est également très spectaculaire et belle. Je n’ai pas été très sensible à l’aspect « années 80″ : en gros je garde l’impression que la « reconstitution » était à base de télés et des lunettes. Mais quelques décors sont bons, je pense à ceux de l’Artique (le repaire du méchant en fait). Il y aussi un poncif qui est évité : le méchant annonce son plan machiavélique alors que celui-ci est enclenché ! Assez drôle, d’ailleurs le réalisateur en a tellement conscience qu’il le fait explicitement dire au méchant. Enfin, le questionnement sur l’humanité pouvait parfois être intéressant à l’image du Comédien et du Docteur Manhattan devenus des super héros et quittant donc peu à peu le monde des humains, regardant peu à peu les hommes avec plus de détachement.

Sur 2h45 de film, ce n’est quand même pas si enthousiasmant. Passé le générique prometteur (c’est vrai quand même, quel générique), la grande adaptation sans concession n’aboutit qu’à un film-somme froid comme le pôle nord. Tout ce désintérêt pour une histoire qui n’en manquait certainement pas, c’est un (pas si) beau gâchis. Par ses aspects politiques un peu uchroniques et son refus du spectaculaire, on pourrait rapprocher Watchmen d’une autre adaptation : V For Vendetta. Outre un casting bien plus inspiré et une implication émotionnelle forte, V for Vendatta avait quelque chose dont le film Watchmen est dépourvu : une âme. Et pourtant ça marche. Le film a 8.1 sur imdb. C’est certes moins que V For Vendetta mais je me dis bêtement que je suis encore passé à côté de quelque chose de grandiose.

watchmen-comedian

 Par Pascal     Commenter21 mars 2009    Catégories: Articles Cinéma

Les sorties du 18 mars

12 films encore cette semaine qui partent vaillamment (?) au casse-pipe. On va faire très court. Je ne retiendrai que 4 films.

unenuitanewyork thechaser filledurer-dequenne coco

Le film de la semaine est Une nuit à New York. Ma femme a en ce moment deux acteurs préférés : Guillaume Canet et Michael Cera. Ce dernier joue dans cette comédie romantique et il fut entre autres père biologique dans Juno et amoureux transi dans Superbad. Michael Cera est aussi connu pour la série Arrested Developpment dont je n’ai vu qu’un demi épisode en vf. Ma femme adore Michael Cera (enfin elle est dans son fanclub sur facebook). Elle trouve que je lui ressemble. En plus vieux. Bon ce weekend, on m’a dit que je ressemblais à Stéphane Guillon. En plus jeune. Quoiqu’il en soit Une nuit à New York raconte les pérégrinations de deux jeunes qui se rencontrent et se découvrent des goûts musicaux communs. Ca me semble très bien.

The Chaser fait aussi figure de film de la semaine. Nous aimons beaucoup les films coréens enfin la poignée qui parvient dans notre fort belle nation. Nous ne manquons que rarement un de ces rendez-vous asiatique. The Chaser est un thriller avec kidnapping, chasse à l’homme et embrouilles. Vu l’origine, et les critiques très bonnes, on devine le métrage complexe et tordu. A ne pas manquer.

La fille du RER. Il y a quelque chose de curieux je trouve à retrouver André Téchiné à nous narrer un fait divers qui avait eu son petit succès il y a quelques années soit une jeune femme (Emilie Dequenne, plutôt étonnante sur l’affiche) qui simule une agression antisémite dans un RER pour des raisons qui me sont restées assez obscures. La bande-annonce est pas mal et nous parle d’une grosse baudruche politico-médiatico-boboique. Je remarque que je n’ai jamais vu un film d’André Téchiné alors que j’ai l’impression de suivre sa carrière depuis Ma saison préférée. Le film me tente assez mais je ne dois pas oublier que je n’aime pas vraiment Catherine Deneuve, qui joue la mère, et voir un troisième choix alors que je peine à voir deux films dans la semaine est une sacrée gageure.

Je conclue par la grosse comédie de la semaine, voire du mois, c’est surtout Coco de et avec Gad Elmaleh. Plus on se rapproche de l’échéance, plus le film m’inspire peu. Je n’étais pas spectaculairement enthousiaste en janvier mais tout ce battage médiatique pour un film qu’on ne dit pas spécialement mémorable et je ne parle pas seulement des critiques mais aussi des réactions aux avant-premières avec un public généralement acquis à la cause. Sur le jeu du Box Office de Cinefriends, on se demande si le film dépassera le million d’entrées en première semaine. J’ai du mal à y croire au vu de ces échos mais le marketing omniprésent, la côté d’amour d’Elmaleh, excellent client des plateaux de télé, et une bande-annonce efficace devraient suffire à garantir le succès. Bon disons que je vais miser dans les 1.1 million. Pas facile ce jeu.

 Par Pascal     Commenter18 mars 2009    Catégories: Articles Cinéma

Marley & Moi

Vu le 4/3/2009 à l’UGC George V salle 2 en VO

Un jeune couple déménage en Floride. Afin d’atténuer le désir d’enfant de sa femme, Jennifer, le mari, John, lui offre un chien. Ils ne sont pas au bout de leurs peines.

Ma femme l’a donc emporté (comme toujours) et nous nous sommes déplacés pour ce film avec un chien. On aime ou on n’aime pas le chien. Moi je n’aime pas. Le marketing du film se fondait presque exclusivement sur le chien : Marley fout le bordel dans le garage, Marley sort de la voiture en marche, Marley mange tout et même le collier qu’on est obligé de retrouver dans le caca, Marley gambade dans le jardin des voisins, Marley regarde ses maîtres faire l’amour… etc. On revoit les mêmes scènes à l’écran avec pour ainsi dire aucune autre surprise. Kathleen Turner n’apparaît ainsi qu’une seule fois et guère plus que les images de la bande-annonce qui étaient évidemment les plus drôles. Autant dire qu’un bon tiers du film n’a pas été drôle du tout, sans être irritant toutefois vu que j’étais prévenu.

Heureusement pour moi, et pour tout le monde je pense, Marley & moi est surtout une chronique familiale où Marley opère en témoin privilégié des vivissitudes du couple jusqu’à sa mort (du chien, oh mon dieu, j’ai dit la fin) soit douze ans et des enfants. Marley & moi est particulièrement centré sur le mari, le moi en fait, qui tente de trouver sa voie entre vie privée et vie professionnelle où il devient chroniqueur alors qu’il souhaitait devenir grand reporter comme son ami Sebastian. Marley & moi fait alors plutôt bonne figure dans le genre même s’il faut se farcir des horreurs (pour moi) du type « on a supporté un chien, on supportera un bébé » (je n’ai ni bébé ni chien mais non ce n’est pas pareil) et des enfants acteurs pas terribles (les garçons surtout). Le film se révèle même assez inventif le temps d’une séquence/montage assez vertigineuse où John égrène les titres de ses chroniques.

J’irai même jusqu’à dire que, passé les gaffes du début et quelques moments épars, le chien Marley n’est pas si désagréable. Il suit les peines, voire les crises, et puis le bonheur de ses maîtres qui sont intérprétés par des acteurs aussi sympathiques que sexy. Je ne louerai jamais assez Owen Wilson. Il nous rappelle ici qu’il n’est pas qu’un acteur andersonnien, ce qui serait suffisamment exceptionnel, mais aussi un comédien à succès, sobre et très touchant. J’ai aimé Marley & moi. Il ne faut jamais dire fontaine comme on dit.

marley-wilson-aniston

 Par Pascal     Commenter15 mars 2009    Catégories: Articles Cinéma

Des nouvelles de Jericho

A vrai dire, je ne m’attendais plus à aucune nouvelle de cette série dont nous avons longuement parlé il y a quelques temps déjà. Qu’on se souvienne bien, la série n’était pas toujours géniale mais elle a su prendre par un excellent bout un monde post apocalyptique, un de mes thèmes préférés (ce qui explique en partie mon adoration de Battlestar Galactica).

La saison 1 n’ayant pas obtenu le succès escompté, la série fut annulée puis repêché grâce à un étonnant soutien des fans de la série. Une saison 2 de 7 épisodes vit le jour et elle était excellente. Normale, elle devait sans doute condenser une intrigue générale qui aurait pu durer 20 ou 22 épisodes. Et le succès ne vint pas, et malgré quelques annonces ça et là sur une possible reprise sur des chaînes câblées (et fauchées) et même un film (!), Jericho tomba définitivement.

Et donc j’apprends que Jericho va revenir sous forme d’un comic book et reprendra là où la série s’est arrêtée. Pour les super fans, c’est certainement mieux que rien. Je ne pense pas que j’irai jusque là. Mais je suis heureux d’avoir pu parler, sans doute pour la dernière fois, de Jericho.

Source

jericho

 Par Pascal     1 commentaire14 mars 2009    Catégories: Articles Cinéma

Gran Torino

Vu le 2/3/2009 à l’UGC Normandie Salle 1 en VO

Un vétéran de la guerre de Corée, Walt Kowalski se retrouve seul après la mort de sa femme, ses enfants n’ayant que peu en commun avec lui. Vivant dans un quartier peu à peu peuplé par des asiatiques, il finit par se lier avec ses voisins alors que l’un d’eux, un adolescent, tentait de voler sa voiture, une Ford Gran Torino 1972.

Commençons par dire que le film de Clint Eastwood, un de ses plus grands succès en salle, n’est pas nécessairement son meilleur (remember Un Monde Parfait ou Impitoyable) ni même son film le plus émouvant (remember Un Monde Parfait ou Sur la route de Madison). Gran Torino est cependant un excellent film, un film (très) drôle et sérieux, attachant et émouvant, remplis de bonnes ou belles scènes. Quant à Clint Eastwood l’acteur, il continue son exploration de sa propre légende. Il est une sorte de personnage récurrent avec quelques variations mais surtout une telle simplicité qu’elle en devient audacieuse. Ainsi pour jouer un vieillard grogon, Eastwood grogne. A peu près une phrase sur trois se résume à un « Grrr » renfrogné. On peut faire difficilement plus con, et plus casse-gueule, surtout dans un film quand même sérieux. Et pourtant, on marche.

Gran Torino est peut-être même un grand film : prenant place de nos jours et dans un quartier du Middle West, le réalisateur illustre sa vision de ses valeurs, presque un manifeste. Il y a pour moi quelque chose de douloureux dans cette description de ce monde. Au-delà du danger qu’il disparaisse, il évoque presque trait pour trait un fantasme de l’american way of life que j’admire et dont mon mode de vie demeure largement éloigné.

Le premier aspect de cette vision débute tout bêtement par le mépris qu’éprouve Walt vis à vis de l’étranger, ou plus précisément ses voisins, (les chinois dans son quartier) et de la jeune génération (ses petits enfants, le prêtre) car jugée irrespectueux : les jardins sont mal entretenus, on porte des piercings, on demande un héritage sans contrepartie. Walt a donc des a priori, une méfiance naturelle envers autrui.

Il juge et méprise mais il n’empêche pas de vivre, n’impose rien mais sans être relativiste. Il ne provoque personne tant qu’on le laisse tranquille lui et sa propriété. C’est par les actes, voire les attitudes, qu’il jauge les gens et bâtit son respect. Cela peut prendre une tournure anodine (et comique) autour d’un concours de crachat avec la vieille voisine asiatique, tout aussi taciturne que lui, ou plus sérieuse quand il voit en Sue Lor une femme déterminée face au danger (quand elle tient tête à une bande de garçons vanneurs). Le scénario fait la part belle à cette quête de respect à travers le jeune prêtre Janovich qui part son contact obstiné avec Walt finit par remettre en question ses certitudes. Et il y a surtout le frère de Sue, Thao. Parti de très bas, il a tenté de voler sa voiture, Gran Torino raconte cette amitié naissante teintée de parternalisme. Ces deux personnages, Thao et le prêtre, ont changé, voire ont été transformés, au contact de leur ainé. C’est une transmission que raconte ici Clint Eastwood.

Présentée comme telle dès le début du film, la Ford Gran Torino de Walt représente l’héritage d’Eastwood et de toutes ses valeurs, aux siens. Mieux encore, il a contribué à sa construction puisqu’il a travaillé chez Ford (notons aussi son rejet des voitures étrangères). Attention au « siens », le sien ici correspond à ses semblables et non ses héritiers juridiquement légitimes. Walt rejette l’appropriation de force (le vol) mais aussi de fait (l’héritage familial). Cette idée de transmission non acquise nous rappelle aussi une vérité encore existante en Amérique où les grosses fortunes telles Bill Gates ou Warren Buffet préfèrent transmettre leurs biens à des fondations plutôt qu’à leur progéniture. La bonne fortune et le respect se méritent, se gagnent.

grantorino-eastwood2

L’autre aspect, plus complexe, est le sacrifice. Walt est un vétéran de la guerre de Corée qui a vu la mort en face, s’est donc battu pour son pays et les valeurs qu’il prône. Gran Torino repose sur deux sacrifices. Le second sacrifice conclut le film. L’art de la mise en scène d’Eastwood le fait devenir comme un aboutissement bouleversant et logique. Il ne peut décontenancer que par le contexte dirtyharriesque d’Eastwood et la fin d’Impitoyable.

Le premier sacrifice est le plus cruel. Il n’est pas nécessairement issu d’un choix consenti. En quelques scènes brèves mais évocatrices, Eastwood nous rappelle qu’un ancien combattant ne tire aucun héroïsme de ses actes, ni même du respect (ou alors de façade) puisque Walt n’est pas en mesure de transmettre son expérience et ses blessures intérieures. Le temps qui passe, 50 ans depuis la guerre de Corée, n’efface rien. Pire, elle accentue l’incompréhension de la jeune génération qui ne cache pas une fascination morbide : les enfants qui fouillent dans la malle militaire, Thao demandant combien de personnes il a tué. Sans effets ni grands discours, on comprend alors la détresse de Walt et pourquoi certains anciens combattants auraient préféré « y rester ».

Ni pro, ni anti, Eastwood dit que la guerre est le pire des sacrifices : celui des jeunes qui en vieillissant peinent à transmettre les valeurs qu’ils ont défendus et ne parviennent à oublier les horreurs auxquels ils ont participé, les morts qu’ils ont causées et pour lesquels on les a félicités/décorés. L’incapacité à communiquer (parler de la mort notamment et de la culpabilité) devient une des sources des cassures/incompréhensions entre les générations et de la perte de valeurs essentielles. Elle est aussi un échec personnel pour Walt qui ne parvient pas à renouer avec les siens. Vivre, survivre est un poids.

Sans chercher à obtenir le pardon, Walt va se libérer au cours d’une vraie confession (à travers un grillage !) à l’issu de tout un travail de transmission vers autrui. Le sacrifice retrouve tout son sens. On ne se sacrifie pas « pour rien ». Le sacrifice se fonde sur un choix et non sur un ordre reçu ou un châtiment. Il est individuel. C’est en cela que Gran Torino est humain. Il raconte l’histoire d’un homme que la guerre a brisé, qui a fait partiellement face en fondant/élevant une famille qui se libère en s’ouvrant à ceux qui s’ouvrent à lui. Dès lors, il transmet sa mémoire, la mémoire de ses pères. Sans être une suite, Gran Torino a tout d’un prolongement de son dyptique sur Iwo Jima. Comme Mémoires de nos pères, Gran Torino sur une touche triste mais teintée d’espoir, à taille humaine. Oui, Gran Torino est sans doute un grand film.

grantorino-eastwood3

 Par Pascal     Commenter12 mars 2009    Catégories: Articles Cinéma

Les sorties du 11 mars

Ca se bouscule toujours autant avec pas moins de 12 films.

lenquete welcome

Le fan de Clive Owen (cf l’exceptionnel Les Fils de l’homme) que je suis ne manquera pas de se déplacer pour L’Enquête. Je ne sais pas grand chose du film pas plus que j’ai vu la bande-annonce. Seuls quelques photos et le genre, un thriller sur fond d’espionnage/manipulation, suffisent amplement à me faire saliver. Seul ombre au tableau ; l’échec aux USA pour un film qui semble pourtant bien calibré pour le marché américain. L’Enquête est réalisé par l’allemand Tom Tykwer dont j’ai vu le bon Cours, Lola, cours et l’inégal mais atypique Heaven (que j’avais été voir pour Giovanni Ribisi). Il est aussi l’auteur d’un des meilleurs courts-métrages de Paris, je t’aime (celui avec Natalie Portman).
Sinon ça va braquer :

cliveowen1 cliveowen2
cliveowen31 cliveowen4

Après le beau Je vais bien t’en fais pas, Philippe Lioret revient au cinéma avec Welcome. Le bonus est la présence de Vincent Lindon dont, comme Clive Owen, je suis un très grand fan depuis le film La Crise, un de mes films préférés quand j’étais adolescent. Je l’ai revu récemment et bon c’est quand même un peu caricatural mais Vincent Lindon est toujours formidable et sa carrière ne m’a pour ainsi dire pas déçu avec des films qui m’ont profondément marqués tels Mercredi Folle journée (dont je pourrais faire la même remarque que pour La Crise), Fred et le récent Pour Elle. Je me rends compte que depuis 1992, j’ai quand même vu 15 de ses films la plupart au cinéma. Problème ici de taille : je n’aime pas du tout le contexte social du film (une histoire de sans papiers) et la bande-annonce est comme souvent un mini-film relatant à peu près tout. Et les flics/vigiles en plus sont vilains. Espérons que le tact de Philippe Lioret, qui m’avait touché avec son premier film Tombé du ciel, soit toujours bon car je peux difficilement manquer ce film et cette rencontre.

unborn lespassagers loindelaterrebrulee lavillefantome

Pour les amateurs de sensations fortes, Unborn sort cette semaine après un petit succès aux USA et cependant un rejet inquiétant des spectateurs (4,7/10 sur imdb, ce n’est pas fameux). Unborn est réalisé par David S. Goyer plutôt connu pour ses scénarios : la trilogie Blade (et la série), Batman Begins, The Dark Knight, Dark City mais aussi Jumper (personne n’est parfait). Inutile de dire qu’on risque de rester ici dans le dark. Haha. Bon sinon, la bande-annonce fait son petit effet quoique la séance d’exorcisme semble faire dans la grosse surenchère. Les affiches sont nombreuses dans le métro et si le côté horreur semble bien présent, je crois qu’une grosse partie du marketing se fonde sur autre chose. Je vous laisse deviner avec cet indice :

caseybeldon

Les Passagers racontent les liens entre une psychologue et les rescapés d’un crash d’avion. La bande-annonce, comme le film sans doute, tourne rapidement au thriller surnaturel. Ca n’a pas l’air d’être le nouveau Sixième sens mais plutôt de se rapprocher de films « à esprits » ennuyeux tels Dragonfly, La prophéties des ombres ou La voix des morts(si vous ne connaissez pas, ce n’est vraiment pas la peine de chercher à en savoir plus sauf si vous êtes fan absolu de, respectivement Kevin Costner, Richard Gere, Michael Keaton). Sans grand intérêt, la meilleure scène doit être celle du train que nous voyons donc dans la bande-annonce. Le réalisateur Rodrigo Garcia s’est fait la main sur des séries aussi prestigieuses que les Soprano, Carnivale, Six Feet Under ou Big Love dont il a eu l’honneur de réaliser le pilote. Tristement, son film ne semble pas avoir eu les honneurs d’une grosse sortie aux USA et sort en DVD en mars. Tout indique une sortie technique pour la France. Le casting est cependant intéressant : Anne Hathaway qui est surtout excellente dans les comédies, Patrick Wilson (que je ne connais pas en fait – il joue dans Watchmen), Dianne Wiest, David Morse, William « Smoking Man » B. Davis et Clea DuVall.

Duo féminin de charme pour le film Loin de la terre brûlée : Kim Basinger et Charlize Theron. Le propos du film n’a cependant rien de charmant et semble au moins aussi déprimant que 21 Grammes. Normal, le réalisateur Guillermo Arriaga est scénariste de ce dernier ainsi que d’Amours chiennes et Trois enterrements. La bande annonce révèle quelque peu l’ambiance (amants, filles cachées, mari violent mais qui pleure dans sa voiture et une caravane qui fait boum) et suggère également une mise en scène comme les films de Alexandro Gonalez Inarritu. Une marque de fabrique en somme.

Et on va s’arrêter là, on pourrait se laisser tenter par la comédie fantastique La ville fantôme de David Koepp, un des scénaristes les plus prisés d’Hollywood je pense (en vrac : Spider man 1&2, la guerre des mondes, indy IV, Snake eyes, Panic Room…) mais le film risque de passer inaperçu.

Et maintenant, la bande-annonce con de la semaine qu’on peut voir ici. Si ça se trouve, le film est pas mal mais faire de la pub avec exclusivement un type dans une voiture rouge…

 Par Pascal     Commenter11 mars 2009    Catégories: Articles Cinéma

Les comédies en affiche

Encore des ressemblances troublantes entre deux comédies françaises : Vilaine et Un chat un chat.

unchatunchat-poster vilaine-poster

Nous ne sommes pas vraiment loin du jeu des sept différences : un chat, une fille et une poubelle (les modèles semblent identiques). Notons que Chiara Mastroianni n’a pas de tablier. La SPA s’insurgeait contre l’affiche de Vilaine, Un chat un chat est peut-être une réponse faisant suite à ce scandale national.

 Par Pascal     Commenter8 mars 2009    Catégories: Articles Cinéma

Harry Potter et le prince de sang mêlé – la bande-annonce

Le sixième épisode de la saga Harry Potter est mon préféré de la série. Dès l’introduction, on ressent de la peur, le poids des trahisons et des manipulations. Le livre est triste et parfois troublant lorsqu’il raconte l’histoire de Voldemort alors enfant mais déjà si conscient de ce qu’il devient. La dernière partie mêle action non stop, enjeux dantesques (la prise de pouvoir des sbires de Voldemort) et un face à face bouleversant que j’imagine encore au milieu des flammes et du chaos avec un Harry Potter impuissant, vaincu. Le problème est que j’ai du coup une vision très personnelle mais aussi très claire de que ce je voudrais voir à l’écran : la moitié du film sur Voldemort travaillant assidûment à son ascension, terrifiant jusqu’à sentir la présence de Potter et Dumbledore invisibles, un Harry Potter toujours spectateur des événements incapable (sauf sur la montagne où il se bat jusqu’à être à bout de forces) de changer le cours des choses, des coupes claires sur tout ce qui pourrait être « joyeux », de la fureur et du sacrifice. Et un peu de Luna Lovegood, personnage formidablement adapté dans le film précédent. Je risque d’être déçu.

De nombreuses bandes-annonces circulent. Je trouve que celle-ci est la meilleure, la plus tragique et qui répond à ce que j’espère.

 Par Pascal     Commenter7 mars 2009    Catégories: Articles Cinéma

Bellamy

Vu le 25/2/2008 à l’UGC George V salle 2

Bellamy est la première rencontre de deux poids lourds du cinéma français : Gérard Depardieu et Claude Chabrol. Ce dernier a écrit spécialement le film pour Depardieu. Comme il arrive régulièrement dans ces rencontres arrangées, le résultat n’est pas étincelant et le film n’est pas un succès (il marche moins bien que les quatre précédents métrages du réalisateur). Il ne faut pas s’en détourner pour autant car il est souvent plaisant. Depardieu est donc Bellamy, un commissaire connu et réputé en vacances avec sa femme bien aimée et aimante (Marie Bunel). Mais il ne peut s’empêcher d’enquêter « à titre privé » sur une escroquerie à l’assurance où il s’intéresse au coupable présumé en cavale. Pendant ce temps, son frère (Clovis Cornillac) mal aimé lui rend visite.

De ces deux histoires, Chabrol privilégie la partie familiale plus pesante, remplis de ressentiments. Ce sont donc les tensions chez les Bellamy que Chabrol met en valeur. Presque chaque scène a son lot de sous-entendus teintée de paranoïa (Bellamy est-il trompé par sa femme ?). Ce n’est pas ennuyeux, certaines scènes sont très biens, mais ces retrouvailles m’ont laissé quelque peu de marbre. Si la sentence finale est éclatante (« J’ai trouvé de la dignité à me mépriser moi-même »), la révélation associée est décevante et la conclusion laisse autant de regrets au protagonistes qu’à moi le spectateur, un peu déçu de n’avoir pas été plus captivé. L’enquête, une histoire de sosies, illustre la première histoire : le flic Bellamy préfère régler les problèmes des autres au lieu de balayer devant sa porte. Je préfère cette enquête un peu décousue car elle est plus drôles. Les rencontres de Bellamy avec le coupable ou les apparitions de la femme fatale (excellente Vahina Giocante) sont savoureuses. Et la chute au tribunal fait preuve d’un mépris très joyeux pour la justice.

Bellamy, c’est aussi tout le savoir faire de Chabrol : l’art du décors bourgeois sous toutes ses coutures (avec l’irruption ostentatoire de l’écran plat). Les dialogues sont souvent très forts avec une certaine délectation pour les répliques délicieusement idiotes. Dans un bricomarché, Bellamy regarde des clous et une vendeuse lui dit :« Vous êtes venus pour des clous ? – J’espère pas. ». Oui, ça me fait vraiment rire tout comme le repas gastronomique chez le couple homosexuel.

Le metteur en scène fait toujours la part belle aux acteurs. Je ne connaissais pas vraiment Marie Bunel (vu pourtant dans La Fille coupée en deux) mais elle est lumineuse tout comme les deux autres femmes du film, Vahina Giocante et Adrienne Pauly. Trois femmes et tempérament forts mais tous distincts. Chez les hommes, Jacques Gamblin semble beaucoup s’amuser dans ses multiples rôles. Clovis Cornillac, déjà avec Depardieu dans Astérix 3, est toujours bon, toujours lui-même.
Et le metteur en scène fait la part belle à Depardieu/Bellamy, moteur et donc raison d’être de ce bon film. Séducteur, lubrique, ironique, drôle, triste, méprisant, curieux, amical, amusé, désagréable, lucide, chanceux, malheureux… le personnage sonne comme un portrait de l’acteur. Encore plus que le récent Diamant 13, Gérard Depardieu n’est pas gros mais imposant, immense. Certes, Bellamy n’est pas un film passionnant mais il a suffisamment de moments délicieux pour qu’on s’y attarde.

A part ça, ça fait beaucoup de Bellamy(s) dans le texte.

bellamy-depardieu-gamblin

 Par Pascal     Commenter5 mars 2009    Catégories: Articles Cinéma

Les sorties du 4 mars

Semaine assez éclectique comme souvent mais assez portée à l’international i.e. quelques films autres que français/américains.

Mine de rien, il y a 14 films à l’affiche. Comment peut-on espérer que tous vont toucher un public ? A la limite une bouse US issue d’un studio aura une deuxième chance en dvd, à la location, dans un soldeur ou une deuxième partie d’une chaîne du câble. Pour les autres films, la sortie au cinéma constitue une sorte de baroud d’honneur dans le pays où il sort : le film aura quelques critiques, quelques spectateurs puis tombera dans l’oubli. C’est assez triste tous ces films qui vont au casse-pipe. Enfin ça dépend des films.

watchmen milk lavague evangelion

Le gros morceau de la semaine serait donc le fameux Watchmen : Les gardiens. Après le succès colossal de 300, Zach Snyder s’est lancé dans une entreprise faramineuse : l’adaptation de Watchmen. C’était il y a quand même une bonne année. Depuis la presse spécialisée et la blogosphère ne semblent jurer que par ce film. Watchmen par ci, Watchmen par là. Sincèrement, je ne crois pas qu’il s’est passé plus de deux semaines sans qu’une info soit relayée sur ce film éblouissant avant qu’on ne l’ai vu. Je suis demeuré assez circonspect. Pourquoi ? La bande-annonce nous dit « le plus grand roman graphique de tous les temps ». Eh bien moi, j’avoue mon inculture : je n’en ai jamais entendu parler de ce roman graphique. Roman graphique… « C’est une bd ? Non majesté, c’est un roman graphique. Ah. ». Bref, on ne peut pas dire que je pouvais difficilement être enthousiaste du moins pas plus que si on m’annonçait qu’un bon réalisateur allait réaliser un nouveau film. C’est son métier quand même. La deuxième bande annonce a de l’allure (très belle bande-son, musique comme bouts de dialogues), il faut bien en convenir. Watchmen semble être beau visuellement avec histoire (enquête sur fond de fin de monde) et personnages (c’est dur d’être un super héros) apparemment plus convenus. Ca me va, i will watch the watchmen. Quoi que ça dure dans les 2h40. Et voir un métrage de cette durée est assez délicat point de vue horaires (et boulot) à Paris.

Cela fait bien quinze ans que Gus Van Sant a ce Milk en tête. Il avait été par exemple prévu pour Robin Williams dans les années 90. Ce biopic retrace le parcours d’Harvey Milk (Sean Penn), politicien ouvertement homosexuel à San Francisco dans les années 70. Dans ces derniers films, Gus Van Sant n’a pas eu peur de faire du cinéma assez expérimental (Le palme d’oresque Elephant, Gerry ou dans une certaine mesure l’intéressant Psycho) mais il est certainement ici dans un registre plus traditionnel (comme le très bon Will Hunting ou le sympa A la rencontre de Forrester). Tant le sujet que le genre ne peuvent laisser indifférent les professionnels d’Hollywood. Le film a logiquement récolté plein de nominations aux Oscars et Sean Penn a finalement obtenu l’Oscar pour sa prestation.

Un film allemand est à l’honneur cette semaine : La vague. Le film s’inspire d’un fait divers qui m’a assez marqué : dans un lycée, un professeur avait fait une expérience tentant d’instaurer une idéologie fascisante (la troisième vague) auprès des élèves. En quelques jours, il avait su en endoctriner un bon nombre. L’histoire est visiblement à prendre avec des pincettes à tel point que l’article de wikipédia conclut par un ironique « D’un point de vue sociologique, le fait que le public semble prêt à accorder crédit à la « Troisième Vague » telle qu’elle est relatée dans les adaptations artistiques pourrait en lui-même provoquer un questionnement et constituer un objet d’étude. ». Le film de Dennis Gansel reprend ce thème dans une école allemande. Le concept rappelle un autre film allemand de Oliver Hirschbiegel, très tendu : L’expérience où on impose à un groupe de gens un rapport prisonnier/gardien.

evangelion-poster

Un peu d’animation japonaise maintenant avec Evangelion 1.0 : you are (not) alone. Très grande série des années 90, son créateur Hideaki Anno s’est lancé dans une curieuse aventure : revisiter sa série, 26 épisodes, en une trilogie avec les techniques d’animation modernes et, nécessairement, une synthèse de sa riche histoire. La bande-annonce, même avec une VF vraiment nulle, me rappelle quelques beaux souvenirs. Revoir le mélancolique Shinji, condamné à sauver l’humanité, est assez touchant. Le titre est joli. Reste à convaincre ma femme qu’un film avec des robots géants, ce n’est pas forcément comme regarder Goldorak chez Dorothée.

marleyetmoi lastchanceforlove lepremiercercle pourunfils

Une comédie américaine sort ce mercredi : Marley et moi qui est un gros succès outre-atlantique. Je suis un grand fan d’Owen Wilson, sorte de double du réalisateur Wes Anderson et acteur génialissime par sa simple présence, pour l’humour décalé et mélancolique qu’il dégage naturellement. Bien que je sois moins fan de Jennifer Aniston (pas brillante dans Ce que pensent les hommes), je suis toujours attaché à elle et ses amis de Friends. Marley et moi est enfin un très gros succès aux USA. Quel est le problème alors ? Mais tout simplement ça :
marleyetmoi-chien
Eh oui, le bon coup du chien qui fait des catastrophes partout. Acheté comme une sorte de substitut à un enfant (qu’importe ce que diront les sociologues/médecins/psys… je trouve ça complètement con) qu’il ne veut pas, Marley va finir par devenir le meilleur ami du couple vedette. La bête immonde, le Mal cinématographique frappent une nouvelle fois. Même avec quelques passages drôles (Kathlenn Turner semblent très amusante), la bande-annonce n’est en plus d’aucun secours : elle ne m’épargne pas grand chose : il va falloir se farcir le chien. En plus il s’appelle Marley en l’honneur du chanteur. Je déteste Bob Marley. Mais j’aime Owen Wilson. Peut-être ferais-je un effort…

Autre comédie américaine mais romantique et londonienne : Last Chance For Love, titre « français » de Last Chance Harvey ! Un romantique atypique puisque ce ne sont pas des trentenaires mais des cinquantenaires qui mènent le bal soit Dustin Hoffman (72 ans en fait et donc en pleine forme) et Emma Thompson (50 ans). La bande-annonce fait presque comme si de rien était, le couple fait son âge mais c’est la romance qui est privilégiée. Et la bande-annonce semble elle-même une version courte du film. Mais bon, c’est une comédie romantique, pas à un thriller à rebondissements. Tout ceci semble fort charmant en tout cas.

Retour en France, dans le sud sur la riviera, avec le Premier Cercle. Comme nous le savons tous, on est là-bas truand de père en fils façon le Parrain. Eclectique (les pas mauvais Un Jeu d’enfants et Jean-Philippe), le réalisateur Laurent Tuel se prête au genre du destin de la famille de gangsters, ici des Arméniens. L’affiche et la bande-annonce sont très sérieux mais l’histoire convenue soit un fils (Gaspard Ulliel) héritier souhaitant quitter le grand banditisme et qui devra faire face à son père (Jean Reno) car il est tombé amoureux. Ah, l’amour. Je lis dans une interview du réalisateur que son ambition est de « Proposer un spectacle populaire à l’intérieur duquel j’ai tenté de convoquer tout l’éclectisme de ma passion pour le cinéma, d’aller à contre-courant de ce que le public peut attendre d’un film “de genre” et de capter l’attention des spectateurs avec une histoire dont les enjeux, aux résonances universelles, peuvent les concerner intimement. »
Très ambitieux au vu des images à l’écran. Quant au contre-courant, je pense que ce devrait être l’inverse. Je n’irai sans doute pas le vérifier.

Il y a bien d’autres films, je pense à Pour un fils avec Olivier Gourmet et Miou-Miou qui a l’air pas mal, mais c’est tout simplement impossible que je me rende dans une salle pour le ou les voir.

 Par Pascal     3 commentaires4 mars 2009    Catégories: Articles Cinéma

Espion(s)

Vu le 24/2/2009 à l’UGC George V salle 9

Vincent travaille à l’aéroport de Roissy. Alors qu’il fouille des bagages, en quête de bien à voler, avec un collègue, ce dernier meurt lorsqu’il manipule une valise diplomatique piégée. Il se retrouve alors embarqué dans une affaire d’espionnage… Vincent devient une « source » pour la DST (que le réalisateur Nicolas Saada compare à un pigiste).

D’entrée, ce qui fait plaisir dans Espion(s), c’est la rapidité de sa mise en place, le résumé ci-dessus ne prenant qu’une poignée de minutes dans le film. Présentant quelques similarités avec Secret Défense (un espion débutant, du terrorisme), Espion(s) se distingue sans peine par une approche plus modeste et surtout plus efficace.

Avec peu d’effets (et de moyens), Nicolas Saada distille un excellent suspense. L’idée de faire se dérouler l’action à Londres avec des russes, des syriens et des français renforce un contexte sur fond terrorisme international. Le réalisateur se plie même aux conventions du genre, là où par exemple le Plaisir de chanter n’en avait joliment cure. L’air de rien, on retrouve donc dans Espion(s) quelques moments classiques du genre type James Bond. Il y a ces deux scènes de dîners, en costume, où les ennemis se jaugent sans véritablement savoir exactement à quoi s’en tenir. Et la tension s’instaure sans excès (parfois sans musique) lorsque la couverture de Vincent est mise à l’épreuve (sur sa prétendue action en Afrique) ou que son acolyte installe un micro. La réalisation est donc très soignée, précise et ne nous égare pas dans un scénario à tiroirs comme le suggérait le titre ce qui n’est pas vraiment plus mal… quoique légèrement déconcertant puisque je me suis surpris à attendre les rebondissements qui tuent. De l’importance du titre ?

Le casting est bon. Hyppolyte Girardot a très peu de scènes mais il est absolument génial en agent français lucide et cynique. Acteur de premier plan au début des années 90 (les très bons Un Monde sans pitié, Hors la vie et Confession d’un barjo), on ne le voit surtout au cinéma que dans des seconds rôles. Il mériterait pourtant largement toujours la tête d’affiche. Ne boudons cependant pas notre plaisir. Outre manche, c’est Stephen Rea qui mène la barque : tout aussi lucide, il excelle dans un registre plus triste, celui de l’agent accablé, résigné à faire le sale boulot pour son pays, jusqu’au bout.

Et il y a un très joli couple à l’écran : deux personnages au passé effleuré mais qu’on devine douloureux et comme condamné à toujours en payer le prix. Voir Claire dans le magasin de jouets rêver d’une autre vie est aussi émouvant que très habile dans la mise en scène. Vincent est lui continuellement dans l’impulsion, solitaire comme en fuite. La rencontre de ces deux âmes, est d’abord anonyme dans l’ascenseur puis de plus en plus dans l’intimité malgré les enjeux « supérieurs » autour d’eux dans le jeu classique de la mission de séduction qui brise les carapaces. Face à Géraldine Pailhas, lumineuse et pourtant si triste, Guillaume Canet est insaisissable. Entre culpabilité et amour (ou est-ce de la pitié) son attachement n’est pas sur jusqu’à cet ultime regard qui dit tout. Nicolas Saada n’a pas besoin d’aller plus loin. Avec peu, il dit beaucoup et de belle manière : un réalisateur à suivre.

espions2

espions

 Par Pascal     Commenter28 février 2009    Catégories: Cinéma

Volt

Vu le 23/2/2009 à l’UGC George V salle 7 en VO

Volt est un chien adopté par la petit Penny. Ils deviennent tout deux des vedettes d’une série d’action télévisée à succès où Volt est un chien doté de super pouvoirs, protecteur de Penny. Mais Volt croit dur comme fer qu’il est vraiment super chien, les producteurs faisant tout pour qu’il en soit ainsi. Ces derniers poussant le réalisme trop loin, Volt finit par se retrouver livré à lui-même à des milliers de kilomètres d’Hollywood…

Deux qualités sortent Volt de l’ordinaire : la première peut paraître anodine mais suffisamment étrange pour que ce ne soit pas une coïncidence. L’agent de Penny et Volt est un personnage cynique très drôle. Surtout, il a des faux airs de Barney Stinson. Ce n’est pourtant pas Neil Patrick Harris qui prête sa voix mais Greg Germann, avocat cupide d’Ally Mc Beal qui, à bien y réfléchir, pourrait d’ailleurs un parent de Stinson. Et les célèbres expressions de Barney jalonnent le film à plusieurs reprises : « legendary », « wait for it », « true story », « awesome ». Que ce soit les auteurs, les réalisateurs ou les producteurs, certains d’entre eux doivent être fan du sitcom How i met your mother.

La deuxième est le dessin. Les décors d’arrière-plan sont inspirés des peintures d’Edward Hopper. Dès le début, à travers le reflet d’une vitre de magasin, nous devinons le style du peintre. Plus qu’une source d’inspiration, on ressent comme un véritable hommage, les dessinateurs reprenant directement des éléments de ses peintures : la station service, des maisons, toute cette verdure. Dès lors qu’on n’est moins absorbé par l’histoire, on peut toujours s’enthousiasmer par les aspects visuels du film et l’ambiance qui en ressort.

Pour le reste, Volt est moins original. Le déroulement de l’histoire est plutôt bon surtout lorsque Volt découvrent que ses super pouvoirs n’en sont pas mais qu’il peut être super quand même. A ce titre, l’épisode de l’incendie est bien amené et émouvant. Mais bien que rythmé, je n’ai pas accroché à toutes les péripéties. La caractérisation des personnages, surtout Volt, est plutôt sommaire et la voix de John Travolta peine à faire passer l’émotion comme l’humour. C’est d’ailleurs dans les moments où le chien ne parle pas qu’il est le plus attachant. On peut faire les mêmes remarques pour la chatte Mittens, auquel Susie Essman (habituée des séries télé) prête sa voix sans briller alors que le design du personnage est particulièrement réussi.

Le film conserve quand même de très bons moments. Même si le film n’a pas tout misé sur l’humour débridé, il fait parfois rire franchement, notamment grâce au cochon d’Inde accompagnant Volt et Mittens dans leur route vers Los Angeles. D’autres personnages sont tout aussi amusants comme les pigeons, très bien croqués, et les autres chats acteurs hélas sous-employés. Et il reste le côté émotion que Disney semble parvenir à distiller dans tous ses dessins animés quelque soit sa qualité. Le début du film, où Penny choisit Volt dans un chenil est un modèle : en dix secondes, je suis ému. Ce que Disney peut faire avec une carotte qui fait du bruit est assez prodigieux. Volt, c’est le savoir faire de Disney et l’expérience de Pixar, sa patte, que John Lasseter veut mêler. Sans bouleverser le cinéma et en étant en dessous des productions de la maison Pixar, cette première sortie est encourageante. Volt n’est pas un film de qualité ordinaire mais plutôt un film ordinaire de bonne qualité. On passe donc un bon moment.

volt

 Par Pascal     Commenter26 février 2009    Catégories: Cinéma

Les sorties du 25 février

Un petit mot sur le phénomène LOL. J’avais prédit (espéré ?) un bide et c’est tout le contraire. Le film cartonne et même ma femme veut le voir. Combien de temps avant que je cède ? « Enfin chéri, tu comprends, il y a aussi Underworld 3. ». Hum.

grantorino bellamy boya misspettigrew

LA sortie de la semaine est sans contestation Gran Torino de Clint Eastwood dont j’avais déjà parlé ici et dont la bande-annonce est toujours dans notre page d’accueil. Les quelques échos que j’ai pu entendre promettent un grand film humaniste. Cette formule semble avoir fonctionné outre-altantique où Gran Torino cartonne. Il devrait devenir un des plus gros succès d’Eastwood (voire le plus gros si on ne tient pas compte de la dépréciation du dollar). A ne pas manquer.

Autre sortie remarquable, le nouveau film de Claude Chabrol qui a un mois de moins qu’Eastwood et qui semble aussi tenir la grande forme (du moins derrière la caméra). Je ne suis pas un grand connaisseur de son oeuvre mais je vais régulièrement au cinéma voir ses films depuis La Cérémonie (excellent) et mon préféré depuis est l’Ivresse du pouvoir. Son nouveau film, Bellamy, semble même de manière tortueuse enquête policière et démélés familiaux avec dans le rôle titre Gérard Depardieu. Depardieu et Chabrol n’avaient jamais tourné ensemble mais le réalisateur a fini par écrire un scénario spécialement pour lui. Il ne fait aucun doute que l’acteur va parfaitement s’imprégner de l’univers de Chabrol. La bande-annonce avait l’air de tout raconter alors j’ai regardé les 10 dernières secondes : c’était vraiment très bon. Le « non je ne parle pas de toi » de Depardieu promet ! J’espère ne pas manquer ce rendez-vous.

Les curieux pourront également aller voir le film anglais Boy A sur un jeune homme sortant de prison après plusieurs années d’incarcération alors qu’il était mineur. Ce sujet intriguant pourrait mériter qu’on s’y attarde. La bande-annonce est pas mal et rappelle la trame de A History of Violence de David Cronenberg. On trouve dans la distribution Peter Mullan, plutôt très bon acteur.

Outsider cette semaine, Miss Pettigrew raconte les aventures d’une gouvernante au service d’une jeune femme frivole à la veille de la guerre. L’époque et le lieu (Londres) associés à une certaine frénésie rappellent le très bon Madame Henderson Présente. La bande-annonce révèle un film un peu convenu mais avec la toujours impeccable Frances McDormand ainsi que Ciaran « César » Hinds. Entre eux, Amy Adams qui ne pourra être que plus élégante que dans Doute.

underworld3 cyprien

Bien que les ayant vus au cinéma, je ne suis pas un grand fan d’Underworld 1&2 mais ces réalisations de Len Wiseman se laissent voir. Généralement généreux, une sorte de sous-Stephen Sommers, les films bénéficiaient de la présence de Kate Beckinsale. Pour ce troisième opus (Le soulèvement des Lycans), on perd le réalisateur et l’actrice (mari et femme dans la vraie vie) au profit de Patrick Tatopoulos, légende des effets spéciaux* dont c’est la première réalisation et Rhona Mittra, pas vu dans Doomsday. Comme souvent, cette suite est en fait une préquelle tout en bleu sombre et semble épileptique. Peu de chances de me retrouver dans une salle obscure cette fois-ci.

* et des décors dont ceux de Die Hard 4 de Len Wiseman ! Ses quelques dessins préparatoires, pour des films, que j’ai pu voir sont superbes.

Et il y a donc Cyprien, la comédie avec Elie Semoun dont j’ai déjà parlé. Le film m’attire de moins en moins, une sorte de réchauffé.

Il y a bien sur d’autres nouveaux films qui sortent mais je m’en fiche un peu.

 Par Pascal     1 commentaire25 février 2009    Catégories: Cinéma

The Wrestler

Vu le 18/2/2009 au MK2 Odéon salle 1 en VO

Le générique nous présente le catcheur Randy « The Ram » sous forme d’articles de journaux des années 80 alors qu’il est en pleine gloire. Puis nous le retrouvons 20 après, de dos, fatigué après l’effort, se faisant payer une poignée de dollars une prestation qui semble lui coûter sa santé. Semblant l’accompagner avec sa caméra jusqu’à son domicile d’où il est temporairement expulsé pour n’avoir pas payé son loyer, Darren Aronofsky dévoile ses intentions : suivre au plus près le vieux catcheur qui sera de presque toutes les scènes, un peu comme un documentaire sur le vif. Ce principe est accentué par une image souvent en mouvement, même en plan fixe, soulignant l’effet caméra à l’épaule.

Ce procédé permet une immersion dans les coulisses du catch de seconde zone. De sa préparation à la troisième mi-temps, le premier combat de Randy auquel nous assistons est génial : dans un même vestiaire, on retrouve tous les gros bras qui vont en découdre dans le show du soir. Un manager annonce les différents duels et tous ces catcheurs préparent ensemble leur combat, la chorégraphie et les enchaînements. Considéré comme la vedette, « The Ram » est mis dans une salle à part et un jeune catcheur vient auprès de lui pour lui soumettre ses idées, toujours respecteux. Ce sont des instants de camaraderies que filme le metteur en scène, avant l’explosion de violence sur le ring où « The Ram » n’hésite pas à s’auto-mutiler à la tête pour le spectacle devant une foule hurlante. Après, ce sont les applaudissements à nouveau au vestiaire où chacun salue la performance de l’autre.

Quand nous voyons les fans, un gamin de 10 ans avec sa maman bienveillante par exemple, on se dit que nous sommes à la limite de la complaisance. Le catch n’est-il pas une sorte d’équivalent des jeux du cirque ? Que l’on ne se méprenne pas, le sport n’est pas traité avec angélisme mais comme la raison d’être de Randy. Vu de l’intérieur, le catch est décrit sans glorification avec une certaine lucidité (dont les traitements médicamenteux de choc). Aronofsky nous rappelle aussi que, tout truqué qu’il soit, ce sport fait mal, tendance masochiste (le deuxième combat est éprouvant), et peut ruiner la santé comme cela arrive à « The Ram » à qui on finit par déconseiller ce métier après une première attaque cardiaque. Ce que nous montre le réalisateur, c’est précisément l’histoire d’un homme qui ne fait pas du catch mais qui fait corps avec lui, jusqu’au bout. La réussite du film, son alchimie résident dans cette vision fusionnelle.

Finalement, de façon assez manichéene, l’envers du décors n’est pas le vestiaire mais bien la vie réelle. Chaque séquence dans le « monde du catch » où Randy est respecté et adulé trouve une sorte de double tragique ou triste dans le monde réel (prêt pour l’achat de médicaments/pas de prêt pour le loyer, sexe facile avec une fan / déconvenue avec une amie chère…). Cet effet miroir se poursuivra au sein même de la vie réelle quand il devra raccrocher le maillot et tenter de se racheter une nouvelle vie entre espoir et désenchantement.

Autre effet miroir : le personnage incarné Marisa Tomei. Comme Randy, elle est deux personnages, l’un en représentation, l’autre en mère de famille. Mais elle est l’inverse de Randy. Strip-teaseuse vieillissante, elle intéresse moins les clients, comme Randy, mais veut sortir de ce monde et se trouver un échappatoire dans la vraie vie. Dans ce rôle, Marisa Tomei est brillante et pousse son rôle jusqu’au bout au point que même si un bon tiers de ses scènes sont topless, elle apparaît plus triste, plus lucidement pathétique que sexy alors qu’elle est justement plus séduisante, plus « saine » comme dit Randy, quand elle n’est plus en tenue de strip-teaseuse de seconde catégorie.

Difficile de ne pas se donner à fond devant Mickey Rourke. Quelques auto-portraits déguisés ou non sur le temps qui passe sont sortis peu avant The Wrestler. JCVD pour Jean Claude Van Damme et Rocky Balboa / John Rambo pour Sylvester Stallone (c’est fou ce que ça fait moins agressif quand on met le prénom dans le titre) illustrent cette tendance. Et donc maintenant Mickey Rourke qui semble se donner au cinéma corps et âme comme son personnage pour le catch. Ici encore, une fusion s’opère et un miroir entre le cinéma et la réalité émerge à commencer par cette ellipse de vingt ans où Rourke/Randy alors au sommet semble avoir tout gâché. The Wrestler sonne alors autant comme un retour en grâce d’un grand acteur qu’une mise en garde.

Le résultat est très beau et émouvant. Parfois on frôle la performance pour l’oscar (que Rourke n’a pas eu), et l’overdose sentimentale, notamment la relation père/fille. Au même titre que la description du catch, Darren Aronofsky titille les limites entre pathos et sensibilité. Mais on oublie tout lors d’un final rare, un peu sopranoesque, précis et magnifique. Le découpage des derniers plans est bouleversant. Même bousculé, c’est la sensibilité qui l’emporte par K.O.

wrestler1

 Par Pascal     Commenter24 février 2009    Catégories: Cinéma

Billets suivants Billets précédents


Meta

Auteurs

Catégories

Les derniers articles

Archives mensuelles

Liens