Catégorie : Jericho
Jericho Saison 1 Episode 2
Fallout
Réalisé par Jon Turteltaub, écrit par Stephen Chbosky
Appréciation : **
Après une nuit qui porte conseil, la vie commence à peine à se réorganiser à Jericho que déjà l’imminence de l’arrivée du nuage radioactif est annoncée. Les habitants doivent s’enfermer chez eux ou rejoindre les deux abris anti-atomiques et finalement la mine à proximité de la ville.
Bien que la première nuit s’est finalement passée dans le calme, c’est l’urgence à nouveau qui prime à Jericho. Passé le choc du premier épisode, Fallout dévoile d’abord, particulièrement au spectateur outre-atlantique, que l’Amérique s’est préparée à ce type d’attaque. Ainsi, une ville aussi petite que Jericho, 5000 habitants, dispose de deux abris anti-atomiques datant de la guerre froide. C’est très insuffisant d’autant que celui de l’hôpital se révélera inutilisable faute de ventilation. Mais nous apprenons en même temps que, même si le gouvernement a envisagé cette éventualité quelques décennies auparavant, il est vraiment impensable de disposer de plans fiables, la mairie n’ayant finalement que des connaissances basiques sur les possibles conséquences des retombées radioactives.

Dans ce chaos d’urgences et d’improvisations, Jake Green apparaît à nouveau comme l’élément clé de l’histoire prenant des décisions et des risques tout au long de l’épisode. Cette capacité de ressources demeure cependant fort singulière et certaines personnes de son entourage s’en étonnent notamment lorsqu’il manie des explosifs comme un professionnel.
Autre personnage mis en avant, Robert Hawkins livre des informations essentielles sur les retombées radioactives ce qui accroît son côté mystérieux. Cette suspicion se confirme au moment où il parvient à recevoir des informations de l’extérieure en morse, qu’il connaît donc, sans les transmettre. Plus encore que Jack, les questions se centrent alors particulièrement sur ce personnage qui en sait beaucoup plus qu’il veut bien le laisser croire.
Sur l’évolution de la série, d’autres intrigues se précisent. Outre le danger immédiat des retombées radioactives, la question des prisonniers en fuite est abordée avec Emily qui en confond deux avec des policiers et qui les conduit chez Stanley et sa soeur sourde Bonnie qui les reçoit. Contrepoint de l’intrigue principale autour de la pluie radioactive, cette intrigue dure le temps de l’épisode et met à l’épreuve Emily face au meurtre notamment lors d’une séquence difficile sous forme de règlement de compte très western où elle se fige totalement. Par ailleurs, le fait que Jake accourt pour sauver Emily tout en flirtant avec l’institutrice précise le triangle amoureux. Enfin, l’adolescent Dale se rapproche un peu d’une fille qui le conspuait publiquement l’épisode précédent grâce à une tristesse et une inquiétudes communes.
La mise en scène mêle habilement les deux intrigues et les rapproche que dans les derniers instants. Passé quelques moments apparemment plus fonctionnels (la recherche du maire Green, peut-être une ouverture vers une autre piste de scénario pour les prochains épisodes), le suspense est bien présent et les séquences de confrontation pas encore trop appuyées. Un des principes des séries est en effet de poser des questions d’éthiques en les ramenant à des confrontations entre des personnages intimes : c’est le cas du « déménagement » des patients de l’hôpital vers l’abri de la mairie, déjà plein : la docteur responsable, April, n’est autre que la femme d’Eric, le frère de Jake et qui a la charge de l’abri et qui ne peut accepter tous les patients. Le sens de l’évocation est aussi présent à l’image du final magnifique avec les punaises sur la carte.
On pourra peut-être s’étonner que l’état de possible anarchie n’ait pas été un peu plus développé étant donné que cette pluie radioactive dont on redoute les effets provoque finalement assez peu de panique. On pourra alors se référer au mémorable épisode de La Quatrième Dimension, The Shelter, sur ce sujet précis ou tout simplement à ce qui apparaît comme son hommage dans l’excellent épisode des Simpsons La Comète de Bart.
Fiche IMDB
Jericho sur Petit Ecran
Jericho Saison 1 Episode 1
Home
Réalisé par Jon Turteltaub, écrit par Jonathan E. Steinberg, Josh Schaer et Stephen Chbosky
Le premier épisode, le pilote, d’une série est toujours important. Souvent plus spectaculaire et plus cher que les épisodes suivants, il doit poser les bases du fonctionnement de la série, présenter les personnages et leurs relations entre eux, aborder les thèmes qui seront traités par la suite… et bien sur elle doit captiver le spectateur. La mise en place de l’action et le mystère et interrogations que ce point de départ génère, dans le cas d’une série-feuilleton comme Jericho, sont essentiels. Ces amorces sont rarement complexes : un meurtre (Twin Peaks), un crash d’avion sur une île plus ou moins déserte (Lost) ou carrément la fin de l’humanité (Battlestar Galactica). Évidemment les causes et les conséquences induites par l’événement de départ vont se révéler autrement plus complexes…
Dans Jericho, c’est une explosion qui est ce déclencheur, une explosion lointaine, peut-être à Denver, sous la forme d’un champignon atomique. Les signes d’apocalypse se dessinent. c’est un spectacle qui fait fuir les animaux mais qui figent les hommes. Le temps est au ralenti et les dommages collatéraux se succèdent comme l’accident de Jack Green, de retour à Jericho auprès de sa famille après plusieurs années d’absence. La peur s’empare de tous mais on essaye de se raisonner ou de se rassurer quelque peu, ce n’est peut-être qu’un accident. Un répondeur téléphonique, où l’on entend les dernières paroles de la maintenant défunte mère d’un adolescent, Dale, mettra fin à tout doute :
- Oh je suis désolé, je ne savais pas que ta mère était à Denver.
- Elle n’était pas à Denver, elle était à Atlanta.
Le parallèle avec les deux tours du World Trade Center est évident. On comprend que « America is under attack » et nous sommes loin du « Nous sommes tous des New Yorkais ». Les habitants de Jericho sont seuls.

La petite ville en plein milieu des USA est dès lors au bord de la panique. On pense à soi, aux siens, à sa sécurité et la société. L’autorité, débordée, peut être remise en cause, inévitablement. Surtout quand les bases de la civilisation moderne vacillent comme l’électricité qui est coupée (lire à ce sujet « Quand les ténèbres viendront » d’Isaac Asimov). La peur est définitivement installée tout comme la paranoïa. « L’eau est-elle potable ?» entendons-nous dans la foule.
Dans ces conditions, les gens changent. Comme dans les guerres, comme dans toutes les situations extraordinaires. Par exemple, de nos jours, de nombreuses grandes entreprises ont des sites B, des sites de secours quand le site d’activité principal n’est plus opérationnel suite à une catastrophe (un incendie par exemple). Les experts assurent que quoiqu’il arrive, un employé sur cinq sera psychologiquement incapable de travailler. Et il est difficile de savoir comment nous allons nous comporter. La prostration étant difficilement captivante dans un show télévisé, elle est presque absente de Jericho. Mais on distingue d’autres types de comportements chez ses habitants.
Il y a ceux qui tentent de maintenir la société : ce sera peut-être le coeur de la série. Faut-il maintenir un type de société similaire à celle d’ « avant » comme on le fait par exemple dans Battlestar Galactica ? Faudra t’il inventer un nouvel ordre ? En l’absence d’informations extérieures, les autorités, la police, les pompiers se retrouvent autour de leur chef le maire Johnston Green, père de Jack, accompagné de son adjoint, son autre fils Eric. Ils se heurtent à des procédures d’urgence déjà défaillantes (prévenir la garde nationale…). La sincérité mais aussi la nécessité du secret (le bus de prisonniers accidenté) seront les clés pour le maintien ou non du pouvoir actuel.
Il y a ceux qui vont tenter de tirer profit de la situation. Profiteurs de guerre ou simples opportunistes, ils voient, avec raison, dans ce type d’événement un moyen de s’élever. C’est le cas du candidat opposé au maire, Gray Anderson, dont les discours frôlent le populisme. C’est peut-être aussi le cas de Robert Hawkins sorte d’homme qui tombe à pic et dont les motivations sont encore peu claires. Peut-être altruiste ou peut-être un des hommes-mystère de la série.
L’altruisme, ça existe un peu, au-moins dans les séries. Ainsi certains se transforment littéralement souvent malgré eux. De telles personnes deviennent simplement une autre personne, des leaders ou au-moins des gens qui prennent les choses en mains et qui les organisent. Ce sont donc les vrais héros. Ou leurs pires ennemis d’ailleurs.
Cependant, dans les séries modernes, les héros ne sont pas purs et durs. On dit qu’il n’y a pas d’amour mais que des preuves d’amour. Ainsi, il n’y a pas d’héroïsmes mais des gestes héroïques. Ces gestes ont une forte valeur symbolique qui permettent d’apaiser la colère et/ou les craintes des hommes. Dans ce premier épisode le sauvetage par Jack Green du bus scolaire et de tous les enfants, avec la désormais figure classique de la trachéotomie à l’aide d’une paille (ou d’un stylo), constitue ce geste. Il permet de calmer une foule paniquée.
C’est donc le personnage de Jack Green qui s’impose naturellement comme le personnage central de la série mais ce n’est vraisemblablement pas un super héros. Il revient chez lui, « at home », après plusieurs années d’absence le jour de la catastrophe pour demander de l’argent à son père, le maire de Jericho. Les raisons de cette demande, de son départ et de ce qu’il a fait pendant son absence sont des sources de plusieurs intrigues autour du personnage, du « héros ».
Autour de lui et de la famille Green se dessinent déjà plusieurs autres sous-intrigues : Emily, vraisemblablement un ancien amour de Jack, et l’institutrice Heather (peut-être le prémisse d’un triangle amoureux), le bon ami de Jack, avec sa soeur sourde, harcelé par le fisc représenté par une femme élégante « de la ville », un adolescent vaguement solitaire et visiblement rejeté par les pétasses locales…
Et entre l’absence de Jack, les explosions ou le personnage Robert Hawkins, Jericho a de quoi tenir en haleine. Le nom de Jericho a peut-être lui aussi un sens. La ville de Cisjordanie serait une des plus vieilles cités du monde. Autour du chaos qui s’annonce, Jericho pourrait devenir aussi la dernière… ou à nouveau la première.
Cet épisode est donc très riche, très bien écrite par ses créateurs dont c’est semble t’il la première série. Le réalisateur et producteur exécutif de la série Jon Turteltaub à la filmographie pas inoubliable mais pas mauvaise avec des films comme Phénomène, Instinct ou Benjamin Gates, met en scène avec beaucoup d’efficacité et de savoir faire toute cette communauté.
Ce n’est pas non plus un pilote exceptionnel. C’est en effet devenu presque une habitude de trouver plusieurs séries américaines dignes d’intérêt chaque année dans tous les genres. La télévision n’a donc pas fini de nous épater. Jericho nous invite vraisemblablement à explorer le comportement d’une cité isolée, une leçon sans doute politique par la micro-expérimentation.
La série, bien que considérée de bonne qualité particulièrement les derniers épisodes, ne sera pas reconduite pour une nouvelle saison. Avant de peut-être tomber dans l’oubli, elle mérite que l’on s’attarde quelque peu sur ses 22 épisodes.
Fiche IMDB
Jericho sur Petit Ecran
Intrigue: La vie dans la petite ville de Jéricho (Kansas), post-Apocalypse nucléaire (voir cet article).
Les gens doivent s’organiser et faire face à diverses situations pour le moins exceptionnelles, comme s’abriter sous la pluie radioactive, la pénurie de pétrole, de nourriture, j’en passe et des meilleures.
Je ne comprends pas comment ni pourquoi les scénaristes sont allés inventer une histoire d’adultère au milieu de tout cela. Voilà quelque chose qui me dépasse.
La structure de chacun des épisodes est assez répétitive. Il y a des problèmes provisoires à résoudre (incendie, rescaper des enfants d’un accident de bus, alimenter l’hôpital d’électricité), le Héros qui s’en occupe brillamment, et quelques avancées discrètes sur l’intrigue par ci par là.
La musique est, comment dire, assez insignifiante, sauf à quelques moments intenses où des riffs hard rock de guitare jaillissent dont ne sait où, pour disparaître immédiatement.

A la fin de l’épisode 5 les questions en suspend peuvent être résumées ainsi:
1/qui est à l’origine du feu nucléaire?
2/ le passé du Héros?
3/ une sombre histoire de complot secret, avec un personnage trouble.
4/ quelle drogue ont pris les scénaristes pour mettre une histoire d’adultère dans ce foutoir.
Conclusion, je reste encore sur ma faim, j’aimerais de véritables avancées dans l’histoire pour créer un réel intérêt.
Jericho sur Petit Écran
Jericho on CBS
IMDb
Jericho est une nouvelle série diffusée sur CBS, tous les mercredis soirs.
L’intrigue générale consiste à suivre quelques personnages d’une ville de taille moyenne du Kansas, Jericho, après une attaque nucléaire sur les Etats-Unis. Leur ville Dieu merci n’est pas directement touchée par les bombes, sinon il n’y aurait pas grand chose à raconter, mais Denver, la grande ville à quelques centaines de miles, est touchée.
Jericho souffre des conséquences indirectes de cette attaque. Plus d’électricité, donc problème entre autres de conservation d’aliments, future pénurie d’essence, plus de radio, internet, climatisation. Invivable.
Outre les problèmes matériels, il faut aussi gérer les réactions humaines et les éventuels ennemis…
Ce qui est intéressant, c’est le point de vue de l’ignorance choisi par les scénaristes. Le téléspectateur se retrouve à la place des habitants, ainsi on ne sait pas ce qui se passe ailleurs dans le pays. Le contraire de Terminator où l’on voit les bombes voler dans tous les sens…
Ce réalisme amène à se poser pas mal de questions, ce que l’on ferait dans la même situation bien sûr. Concrètement on a envie de faire le plein d’essence, d’acheter un groupe électrogène et des cartons de pâtes.
Contrairement à d’autres séries populaires, ici il n’y a pas de retour à la normale possible: il faudra toujours s’accommoder de la situation: la radioactivité, les villes détruites, les morts… La suite s’annonce originale à ce titre.
Les acteurs m’ont semblé bien castés, mais ils devront faire leurs preuves. Un écueil à éviter pour finir: la multiplication de situations critiques où le héros s’en sort miraculeusement.
Mon avis: vivement la suite.
Jericho sur Petit Écran
Jericho on CBS
IMDb
Tags: Jericho, CBS, nuclear, Attack, drama.
Billets suivants