Catégorie 'Jericho'

Jericho S122 – Why we fight

Jericho Saison 1 Episode 22
Réalisé par Sanford Bookstaver écrit par Carol Barbee, Johnathan E. Steinberg
Appréciation : ****

La bataille entre Jericho et New Bern est désormais ouverte et une grande bataille va avoir lieu. Le problème est que l’armée de New Bern est très supérieure en armes et en nombre. C’est peut-être le moment d’utiliser toutes les ressources de Jericho… Why we fight évoque et montre la mort, sa douleur. La guerre est ici principalement affaire de stratégie, d’attente et de tension puis de chaos extrême.

Alors que la guerre fait rage à Jericho, l’épisode développe un long flash back autour de la famille Green. Apparemment hors de propos, même si nous découvrons un Jake Green/Skeet Ulrich, vraiment beau, il prend tout son sens lors d’un événement dramatique, et très beau, et se révèle finalement essentiel et habilement monté à la manière d’un très bon épisode de Lost.

Heather réapparaît aussi et nous fait découvrir un autre monde, celui de l’armée américaine qui tente de réinstaurer son autorité… La jeune femme tente de convaincre d’intervenir à Jericho. Seulement, les motivations de cette intervention pourraient se révéler tout autres qu’humanitaires. Et voyant cette curieuse bannière étoilée, elle s’interroge.

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C’est cette vision du drapeau de Camp Liberty qui transcende la série et la rend des plus excitantes. Elle rejoint en outre des histoires post-apocalyptiques telles le Postman de Kevin Costner, film qui n’a pas eu la carrière qu’il mérite.
Surtout, c’est cette simple photo qui m’a donné envie de voir toute cette série. La chute de l’empire américain n’est sans doute pas pour demain mais sa seule évocation suffit à nous fasciner et nous effrayer.

Comme nous le savons depuis maintenant quelques mois. Jericho a été annulée au terme de sa première saison, alors qu’elle se termine sur un cliffhanger énorme, et on ne peut que regretter que la série n’est pas eu sa chance pour trois ou quatre saisons au vu de la richesse des thèmes abordés pendant la première saison, et malgré des préchi-précha familiaux (je pense ici aux Green et à Emily) pas vraiment à la hauteur.
Une saison deux constituée de huit épisodes verra quand même le jour. Ils serviront sans doute à clôturer une histoire sans développer trop de nouvelles intrigues. Cela risque d’être un peu court mais ne crachons pas dans la soupe et remercions les fans de part le monde pour leur soutien à la série, principalement les fans américains et leur mobilisation à l’annonce de l’annulation. Dieu bénisse l’Amérique.

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Fiche IMDB

Jericho sur Petit Ecran

 Par Pascal     Commenter6 septembre 2007    Catégories: Jericho Séries

Jericho S121 – Coalition of the Willing

Jericho Saison 1 Episode 21
Réalisé par Guy Norman Bee écrit par Frank Military et Josh Schaer
Appréciation : ****

Phil Constantino dresse un ultimatum à Anderson lui réclamant sa soumission, des fermes et la moitié de la mine de sel. Très vite, cette menace devient tout ce qu’il y a de plus réelle. C’est une invasion.

Les tirs de mortiers sont superbement mises en scène : des sifflements soudains, des vitres se brisent, du sang et du feu. En une minute, le chaos. Peu à peu, les habitants de Jericho font face à ce qui est désormais une guerre, Stanley le premier qui en découvre toute l’horreur.

Cette menace de New Bern pèse sur les habitants qui réagissent comme ils peuvent. Certains tentent d’en tirer profit comme Dale, étonnant dans son discours de mobilisation (« Alors, qui veut un avenir ?») qui va lui permettre d’asseoir plus son emprise sur les richesses de Jericho. D’autres en tirent les conséquences comme Robert Hawkins qui tente toujours de protéger sa famille mais qui change totalement sa stratégie :
« - Plus de secrets,
Pourquoi maintenant ?
J’ai toujours pensé que je pourrais vous protéger. Mais maintenant aujourd’hui, je n’en suis plus aussi sur.»

Cet aveu d’impuissance s’impose comme une véritable libération d’Hawkins, ses vrais sentiments prennent le dessus.

Mais très vite, l’heure n’est plus aux discussions mais aux décisions : « Il est temps de choisir son camp » nous dit le père Green. Deux camps se dessinent. Les résignés emmenés par un Gray Anderson accablé et des fermiers espérant par la suite faire valoir leur propriété dans un état de droit de plus en plus lointain et les résistants, contraint de s’allier avec leurs pires ennemis.

Le nouveau monde annoncé se dévoile définitivement. C’est l’Amérique qui se bat contre l’Amérique. Le pire est de s’en rendre à peine compte. Depuis 20 épisodes, Jericho nous parle d’un nouveau monde auquel nous nous sommes presque habitués. Aussi la séquence dans la camion où l’otage menacé par Johnston Green lui parle d’un concours de pêche auquel ils ont participé tout deux fait presque froid dans le dos tout en nous donnant cette vision finalement classique et terriblement pathétique de la guerre : opposé des gens qui n’avaient rien à se reprocher.

Si Coalition of the Willing nous questionne intelligemment autour du thème de la guerre, il en est cependant avant tout une démonstration. C’est au final un grand épisode d’action et de mobilisation, marquée par des séquences fortes de transmission d’armes (Jake à Emily, Robert à sa fille). Il est aussi un film de guérilla avec des fusillades, des défaites et des victoires, des discours amers : « C’est une lutte pour notre survie » face à un ennemi imposant. C’est bien la fin de la saison et peut-être celle de Jericho (la ville comme la série d’ailleurs).

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Jericho sur Petit Ecran

 Par Pascal     Commenter4 septembre 2007    Catégories: Jericho Séries

Jericho S120 – One if by Land

Jericho Saison 1 Episode 20
Réalisé par Seith Mann, écrit par Joy Gregory
Appréciation : ****

L’épisode précédent s’achevait avec des plans d’invasion au mortier et des discours guerriers. Autrement dit un situation fichtrement excitante ! Nous retrouvons les deux frères Green emprisonnés à New Bern et interrogés de manière très musclée tandis que Hawkins cherche à trouver une solution pour les libérer. Et la tension monte entre les habitants de New Bern et ceux de Jericho à la mine de sel jusqu’à l’inévitable : une fusillade.

Comme toujours, Jericho continue d’explorer la lente dégradation de la société blessée représentée par le microcosme Jericho. Le danger permanent de l’extérieur, rappelée par le retour de Maggie, prend une forme symbolique en la ville de New Bern, jadis cité amie.
Mais tout a changé, les illusions et l’espoir sont de plus en plus lointains et les jeux de dupe ne trompent plus personne. Les confrontations entre Johnston Green et Phil Constatino dépeignent cette ambiance pesante : « Ca fait longtemps que les choses tournent mal ». La fusillade accidentelle du début fait place à une fusillade intentionnelle. Elle est en outre formellement réussie sans doute la meilleure scène d’action de la série.

Pendant ce temps à Jericho, on retrouve un couple Dale/Skylar qui se libère plus que jamais du poids de l’ « ancien monde ». Leur entrée à marche forcée vers l’âge adulte leur donne une vision lucide des hommes, du pouvoir et des amitiés complaisantes dont Skylar en fait l’amère expérience pour en ressortir grandie. L’innocence est maintenant loin mais celle-ci semble avoir donné au couple les meilleures bases pour l’avenir.
Au milieu de ces enjeux importants, Gail, dont la moue auparavant sympathique devient agaçante, ignore cordialement la copine de son fils et discute avec Emily en changeant les draps des lits de l’hôpital. A vrai dire, on s’en fiche complètement mais on remarquera malgré tout que l’intrigue concourt à cette idée d’un impossible retour en arrière et d’une tentative de regarder en face les récents bouleversements.

One if by Land se conclue dans une promenade nocturne sans beaucoup d’espoir mais avec un peu d’apaisement, comme une parenthèse. L’hiver se termine. Le blé commence à pousser. « Ecoutez ce vent, il souffle toujours, même après ce que nous avons fait » dit Johnston, « Et tout ce qui va arriver… il faut continuer » ajoute Jake. C’est donc un nouveau monde qui s’instaure. Ce nouvel ordre est accepté sinon assumé. One if by land est définitivement un épisode de prise de conscience.

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Jericho sur Petit Ecran

 Par Pascal     1 commentaire3 septembre 2007    Catégories: Jericho Séries

Jericho S119 – Casus Belli

Jericho Saison 1 Episode 19
Réalisé par Steven DePaul, écrit par Karen Hall
Appréciation : ***

La ville de Jericho voit ses éoliennes arriver de New Bern. Stanley Richmond revient donc au bercail, et découvre que sa soeur vit avec son petit ami dans cette intrigue secondaire récurrente, et toujours aussi drôle, chez les Richmond, mais Eric Green tout comme Heather Lisinski ne sont pas revenus… Jake mène l’enquête et demande à Robert son aide dans son escapade vers New Bern. Dans le même épisode, Skylar tente de se faire émanciper afin d’obtenir le contrôle de la mine de sel que ses parents détiennent à 51%.

Après les épisodes géniaux Black Jack et Rogue River, c’est une nouvelle sortie dans une autre ville qui nous montre encore un nouveau visage de ce monde post nucléaire. Après nous avoir décrit une ville fantôme, Rogue River, et une autre nous ramenant à l’époque de la conquête de l’Ouest, Black Jack, New Bern fait vraiment figure d’une ville du tiers monde, véritable état policier renfermée sur elle-même avec des gardes armés de mitrailleuses lourdes à son entrée.
Ravagée par les batailles (leur combat contre Ravenwood), avec des enfants affamés quémandent de la nourriture dans la rue, New Bern semble n’avoir qu’une option pour assurer sa survie : la guerre et toutes ses faibles ressources se retrouvent dédiée à celle-ci. Le contexte de la série s’étoffe à nouveau et nous offre encore de nouvelles perspectives sur des villes à l’agonie et livrées, un contexte de villes-états telles les cités grecques…

Mais pour nos deux héros, c’est d’abord le mystère autour de la « disparition » d’Eric qui les intriguent au point de devoir se résoudre à outrepasser les règles de New Bern jusqu’aux pires extrémités face à un policier capturé : « Obtenir des réponses mais obtenir la vérité demande un peu d’effort »… la séquence d’interrogatoire est très forte tout comme les graves découvertes que Jake et Robert vont faire.

Une telle tension et une telle vérité font de Casus Belli un épisode idéal de fin de saison maintenant sans problème le spectateur en haleine jusqu’au season finale où tous les événements ne manqueront pas de se précipiter comme ils le commencent déjà. Le discours à la fin de l’épisode, justifiant son titre, donne clairement le ton : le destin de Jericho se jouera peut-être à la fin de la saison. Dans le sang…

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Jericho sur Petit Ecran

 Par Pascal     1 commentaire1 septembre 2007    Catégories: Jericho Séries

Jericho S118 – A.K.A.

Jericho Saison 1 Episode 18
Réalisé par Sanford Bookstaver, écrit par Robbie Thompson
Appréciation : ***

Isolé, Robert Hawkins est également de plus en plus suspecté notamment par Jimmy qui finit par convaincre Jake. La confrontation est inévitable…

A.K.A est un épisode de révélations. Presque toute l’histoire d’Hawkins nous est contée par lui-même. Les flash back précieux se succèdent sur fond de conspiration, d’infiltration et de collusions aussi improbables qu’intelligentes. Même le choix de la ville Jericho nous est donné. Et nous sommes loin ici des fausses révélations et des dialogues symboliques qui amènent encore plus de questions et qui ne répond que très partiellement aux précédentes.
Le récit est en outre très bien construit est émaillé de scènes dures et de détails précieux/amusants comme l’hôtesse d’accueil armée ou la mésentente entre les services américains dans les affaires d’infiltration.

L’histoire narrée ne piétine donc pas et l’avertissement de Robert à Jake en est que plus génial : « une fois que tu sauras tout, tu feras partie de l’histoire, Jake, et pas de marche arrière ». Jake se transforme en spectateur et se met pour ainsi dire à notre place. La confiance finit par s’installer, une confiance, ou plutôt un pacte aussi réjouissant que jouissif laissant le spectateur conquis, trop heureux d’assister à un cet nouvelle impulsion dans Jericho.

Comme toujours, A.KA disposent de quelques sous-intrigues dont la plupart alourdissent le récit. Ainsi, Emily tente de faire revivre l’école sans beaucoup de succès et nous rappelle que son personnage, après celui d’April Green, est définitivement pas bon à se demander si je n’ai pas un gros problème, où si les scénaristes masculins n’ont pas un gros problème, avec les personnages féminins en général, ceux-ci me plaisant plutôt rarement. Par exemple, je déteste Evangeline Lily dans Lost. Et je ne la trouve pas si jolie (relativement au monde hollywoodien bien entendu), qu’on se le dise. Un bon personnage féminin ? Ma foi, j’ai adoré la première apparition de Corday dans Urgence. J’adore aussi toutes les filles dans Ally McBeal mais abhorre celles de Sex in The City. Voilà pour la digression. Ah et les scénaristes persistent à s’accrocher à April Green dans une autre sous-intrigue strictement sans aucun intérêt.

Heureusement, chez les Richmond, Mimi tente de faire entendre raison aux poules soit des séquences véritablement comiques pour aérer avec brio l’épisode. La confrontation rat des villes/rat des champs est traité vraiment sans chercher la facilité. Alice Coppola/Mimi Clark est décidément drôle.

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Jericho sur Petit Ecran

 Par Pascal     1 commentaire9 août 2007    Catégories: Jericho Séries

Jericho S117 – One Man’s Terrorist

Jericho Saison 1 Episode 17
Réalisé par Christine Moore, écrit par Michael Ostrowski et Stephen Chbosky
Appréciation : **

Le sort des réfugiés devient de plus en plus incertain tant la nourriture manque. Anderson songe même à les expulser mais Roger, le fiancée d’Emily, refute cette éventualité jusqu’au clash.

Gray Anderson, le méchant, accompagné de son très méchant shérif, fait donc face à un grave problème de nourriture et doit donc faire le sale boulot et prendre les décisions difficiles d’autant plus que la foule apprend que la venue des marines (épisode 15) n’était qu’une vaste blague. Il aurait été plus amusant qu’un « gentil » comme Johnston Green doive faire face à la situation mais évidemment, cela aurait été beaucoup plus délicat à traiter.

L’intrigue demeure intéressante entre des réfugiés qui n’ont plus rien à perdre, un bon samaritain, Roger, qui culpabilise et panique et enfin les belles âmes prêtes à tout pour sauver les réfugiés sans proposer aucune solution. One man’s terrorist montre surtout des hommes totalement sur les nerfs dépassé par les événements et leur impuissance jusqu’à la déraison et une prise d’otage bien amenée.

Au travers d’histoires entre Gail et un réfugié puis entre Gray et Jessica qui le soigne, l’épisode distille (évidemment ?) un message humaniste fondé sur l’entraide. La résolution est donc heureuse avec un compromis apporté par, bien entendu, les Green. Un compromis basé sur le partage et tiré par les cheveux puisque on nous assène tout au long de l’épisode que la nourriture est trop rare. On l’aura compris, je n’aime pas quand les gentils sont trop gentils et bons et les méchants, trop méchants et bêtes. Trop manichéen mais peut-être nécessaire dans la mesure où Jericho demeure une série avec ses héros et sa ville qui surmonte toutes les difficultés sans sombrer dans la terreur.

Deux sous-intrigues agrémentent le récit. Robert Hawkins tente d’entrer en contact avec les commanditaires de Sarah en se faisant passer pour elle et les espionne. Il met à jour ce qui devrait être par la suite une vaste conspiration. Et enfin Dale et Skylar poursuivent leur quête de respectabilité et de pouvoir avec les règles du nouveau monde. Ce sont finalement en partie ces deux petites histoires qui font du contenu de Jericho une bonne série souvent captivante à suivre.

La fin est superbe. Merci à REM. « Take care of each other, Kansas »

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Jericho sur Petit Ecran

 Par Pascal     3 commentaires4 août 2007    Catégories: Jericho Séries

Jericho S116 – Winter’s Ends

Jericho Saison 1 Episode 16
Réalisé par Kevin Dowling., écrit par Frank Military
Appréciation : **

Désormais forcé de cacher la mort de Sarah, Robert est abandonné par sa famille et doit cacher la vérité au policier Jimmy dans une intrigue sans intérêt. Pendant ce temps, la grossesse d’April se révèle compliquée. Et l’hiver se termine durement.

A l’hôpital, nous faisons connaissance avec Jessica Williams étudiante en médecine venue prêter main forte à l’hôpital qui en a bien besoin vu qu’il n’y a qu’un seul médecin, April, des centaines de patients et plusieurs personnes en pyjamas verts, des volontaires, qui principalement déambulent dans les couloirs. Un des aspects peu crédibles de Jericho déjà évoqué pour l’épisode 14.

Jessica, qui va se révéler être une chieuse, souhaite être considérée comme un « visiteur » plutôt qu’ un « réfugié ». La guerre des mots fait toujours rage dans les pays modernes, souvent dans un but d’aseptisation et de politiquement correct, et cet art de continuer à jouer sur les mots dans les pires situations a des aspects pathétiques. On se souvient du débat peut-être pas stérile mais désespérant sur la qualification à donner au génocide rwandais – tiens, amusant, quelle mot devrais-je employer ? Je tombe facilement dans le piège.

Tout ceci est au service de l’histoire familiale des Green, particulièrement celle d’April qui tombe dans la tragédie (un soulagement pour le spectateur). Le résultat est somme toute assez bon, particulièrement les plans une nouvelle fois superbement éclairés au lit, au vu de la platitude de l’histoire entre Eric et April.

Sans apporter vraiment de nouveaux éléments, Winter’s Ends étant un épisode de continuité et plus penché sur les intrigues dites familiales (Hawkins et Green), ce sont des histoires plus courtes qui font finalement mouches : l’amourette entre Dale, de plus en plus inquiétant, et Skylar prend décidément bonne tournure. Abandonnés par le maire Anderson, trop occupé, et attachés à faire respecter les accords passés, ils choisissent leur voie, déjà amorcée dans l’épisode 11.
Et surtout, les tractations entre le maire et shérif de la ville voisine de New Bern, ami de l’ex maire Green, et les hommes forts de Jericho pour un échange d’énergie éolienne contre de la nourriture montrent une ville face à la gestion de ses faibles ressources et de ses dépendances avec les autres villes. Le début du commerce entre cités mais aussi des tensions… Se terminant sur un départ, et malgré l’optimisme de Dale et Skylar, la série n’annonce décidément pas des lendemains qui chantent.

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Jericho sur Petit Ecran

 Par Pascal     2 commentaires27 juillet 2007    Catégories: Jericho Séries

Jericho S115 – Semper Fidelis

Jericho Saison 1 Episode 15
Réalisé par James Whitmore Jr., écrit par Matthew Federman et Stephen Scaia
Appréciation : **

Sans chauffage ni nourriture, quelques habitants de Jericho décident de partir. Au « c’est du suicide de partir » on rétorque « c’est du suicide de rester ». Le drame d’une population à bout.
Alors que le maire Anderson hésite à faire expulser les réfugiés à cause du manque de nourriture, une troupe de Marines arrivent en ville avec un char d’assaut et apprennent à la foule que les USA sont réunifiés et que la guerre contre le terrorisme est un succès après les attaques nucléaires contre l’Iran et la Corée du Nord. La reconstruction peut donc commencer.

L’axe du mal était donc derrière les attaques visant à déstabiliser l’Amérique, avec un succès indéniable jusqu’à cette victoire inespérée. Évidemment, les habitants de Jericho accueillent les nouvelles avec bonheur. Évidemment, l’espoir renaît. A une séquence de désespoir succède le bonheur absolu.

Évidemment aussi, cet happy end un peu prématuré, on en est à l’épisode 15, n’est pas tout rose. L’aide va bientôt arriver mais pour le moment ce sont les Marines qui ont besoin d’aide, de fuel et de nourriture. Et bientôt, beaucoup de choses ne collent pas. Mais les habitants veulent y croire. Le maire veut y croire en sacrifiant une partie du peu de ressources de Jericho. Même Jake n’est pas insensible au charme de la soldat Maggie.

Semper Fidelis raconte des histoires de manipulation, de mensonge et de vérité. Le récit est en effet renforcé par une autre manipulation qui échoue : celle de Sarah sur Robert qui finit par découvrir la vérité sur elle mais ne peut éviter une confrontation douloureuse où la vie de son fils est directement menacée sous les yeux de sa mère, sa soeur.
Mais la révélation de la manipulation peut-être vue comme une épreuve de responsabilité. La résolution de la confrontation entre Sarah et les Hawkins (avec un excellent combat à main nue très pro façon La Mort dans la peau), attendue à la lumière des premiers épisodes, en est une illustration. Ce moment de vérité impose aussi un nouveau regard difficilement anticipable et souvent plus lucide ainsi la réaction de Darcy face à Robert après le drame :« On ne sera jamais en sécurité avec toi ».

La révélation de la manipulation serait donc dangereuse. Pour le bien général ou pour protéger les siens, il conviendrait de faire garder l’espoir et l’ignorance. « Les gens ont besoin d’espoir autant qu’ils ont besoin de nourriture » nous dit Johnston Green. Le choix du mensonge, et de l’injustice puisque les imposteurs ne seront pas jugés pour leurs actes, semble s’imposer selon lui pour que Jericho ne sombre pas.

Moralement plus acceptable et plus susceptible de faire avancer, la vérité a toujours un prix et des conséquences imprévisibles. Aussi difficile à choisir et méprisant l’intelligence d’autrui, le mensonge demeure plus séduisant et donne l’illusion du contrôle et de la maîtrise des événements, une illusion seulement car Semper Fidelis montre des responsables de Jericho manipulateurs qui ont failli être manipulés ainsi Anderson fonçant tête baissée dans le « piège » des Marines.

Ce sera donc la deuxième piste qui est privilégiée mais la série ne tranche pas et pousse le spectateur à s’interroger sur ce thème de la vérité. Prenant, Semper Fidelis peut cependant être critiqué au regard de l’histoire générale de Jericho car d’un point de vue narratif, le choix du mensonge est peu tenable puisque les habitants de Jericho sont censés espérer de l’aide avant la fin de l’hiver. Cette piste du scénario passera donc à la trappe car il est difficile d’imaginer un épisode présentant un mécontentement général face au mensonge des élites de Jericho.

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Jericho sur Petit Ecran

 Par Pascal     Commenter26 juillet 2007    Catégories: Jericho Séries

Jericho S114 – Heart Of Winter

Jericho Saison 1 Episode 14
Réalisé par Steve Gomer, écrit par Nancy Won
Appréciation : ****

La nourriture devient de plus en plus rare à Jericho. Jake, Stanley et Mimi décide d’étendre leur zone de chasse quitte à devoir emprunter des chemins peut-être plus dangereux.

Heart Of Winter est encore un excellent épisode. Il est cependant temps d’aborder un point bancal de la série, sans toutefois que cela lui nuise : le problème des habitants. Au début, de la série, il est précisé que Jericho compte à peu près 5000 âmes. L’action est cependant principalement ressérée sur la mairie, un hôpital et une épicerie. On pourra s’étonner de constater que les quelques vivres de l’aide humanitaire (épisode 10) puissent servir à nourrir 5000 personnes plus qu’une poignée de jours tout comme cette petite épicerie un peu petite. D’un autre côté, on pourra trouver étonnant qu’une si petite ville dispose d’un hôpital. On peut le comprendre dans la mesure où les USA est un territoire gigantesque avec des villes espacées mais par contre il n’y a que deux médecins : April et un chirurgien venue de Vegas (épisode 8 ) ! Autre fait étrange, et paradoxal par rapport au fait précédent, les retombées radioactives (épisode 2) ont montré que l’hôpital tenait dans deux bus scolaires soit au-moins 100 personnes. Ca fait beaucoup de monde à l’hôpital dans une si petite ville.

En bref, Jericho est une ville de 5000 habitants mais on ne le ressent pas (ou trop) et l’univers est restreint à un sous-microcosme. C’est le cas également dans Twin Peaks mais dans Jericho, l’apocalypse concerne TOUT le monde. Prendre en compte ce fait était en même temps une gageure. Et la chasse pour nourrir la population paraît d’un coup assez dérisoire…

… mais quel suspense ! Les chasseurs sont victimes d’une bande de barbares masqués lors d’une magistrale séquence de poursuite avec un ennemi terrible car anonyme et terrifiant. Stanley et Jake se retrouvent immobilisés à la nuit tombée dans le froid terrible et hivernal et Mimi devient le seul espoir. La tension est soutenue de bout en bout, parfois même éprouvante, servie par une narration et des dialogues parfaits nous plongeant littéralement au coeur de l’hiver. Cette histoire de sauvetage met en avant des liens d’amitié très fort entre Stanley et Jake et une relation père-fils profonde marquée par des parcours similaires lorsque Jake évoque son passé douloureux en Irak. Et plus que jamais, les acteurs sont excellents comme Alicia Coppola interprétant ici une Mimi sans sens de l’orientation, battante et désespérée à la fois.

Les autres intrigues de l’épisode sont également bonnes. Roger, le fiancé d’Emily, apparaît toujours aussi transformé. La révélation mystique de l’épisode précédent est ici traité plus prosaïquement et il passe pour un bon samaritain, un homme généreux et altruiste, ironiquement tout le contraire que ce banquier aurait pu être. Aimant visiblement Emily, il s’écarte malgré tout d’elle pour aider les réfugiés qu’il a conduit à Jericho. Quant à l’escapade de Sarah et Robert façon commando chez le « Old Man », le suspense est permanent avec l’aveuglement de Robert. Même s’il réalise peu à peu qu’il est au centre d’un coup monté mettant en péril sa famille, et malgré la mise en garde de Darcy, les intentions de Sarah lui échappent. Celles-ci demeurent d’ailleurs peu claires d’autant que la fin de l’épisode brouille astucieusement les cartes. De quoi captiver le spectateur pour la suite…

Et on n’oubliera pas la vision affolante d’un exode de masse vers le sud et un peu de chaleur avec les traces qu’elle laisse jonchées d’ordures et de cadavres. L’horreur et l’impuissance toujours au coeur de l’hiver. Heart Of Winter.

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Jericho sur Petit Ecran

 Par Pascal     1 commentaire21 juillet 2007    Catégories: Jericho Séries

Jericho S113 – Black Jack

Jericho Saison 1 Episode 13
Réalisé par Helen Shaver, écrit par Jonathan E. Steinberg et Dan Shotz
Appréciation : ****

Black Jack commence avec la découverte d’un mort dans une maison par Jake et Jimmy. C’est maintenant l’hiver à Jericho, un long et rigoureux hiver et l’absence d’électricité ainsi que les très faibles quantités d’essence limitent les capacités de chauffage. Roger, le fiancé d’Emily, revenu précédemment avec un groupe de réfugiés, propose d’entreprendre une expédition à Black Jack Fairgrounds, un comptoir commercial, pour pouvoir trouver des pièces mécaniques et construire des éoliennes. Il est donc temps pour Jericho de s’ouvrir vers l’extérieure…

Cette ouverture est l’occasion d’un épisode très dense et vraiment passionnant, Black Jack développe de multiples intrigues du terre à terre au mystique. Mystique quand Roger évoque sa « transformation » pendant son errance sur les routes des USA et sa volonté d’aider à tout prix les réfugiés qu’il a conduit jusqu’ici, terre à terre quand sont donc abordés les besoins très vitaux de Jericho et la menace d’un long hiver.

Pendant que Jake, son père, Dale et Heather partent en direction du « centre commercial », Robert et Sarah, auparavant complices et amants, entament leurs retrouvailles sous le regard réprobateur de Darcy. Ils s’échangent les informations qu’ils détiennent, les trahisons autour de Robert et les menaces de ses commanditaires, l’évasion de Sarah et sa très forte volonté d’aider Robert.

Mais plus que jamais, Jericho développe les nombreuses conséquences de la catastrophe, la description des camps de réfugiés de Sarah est terrifiante, et va même plus loin en abordant frontalement ce nouveau monde à travers la « visite » de Black Jack Fairgrounds.

Réalisatrice et scénaristes ont volontairement donné une ambiance très western à toutes les séquences dans cette cité. Les visiteurs doivent déposer leurs armes à l’entrée, la justice est expéditive, les pendus sont placés à la vue de tous et la place des femmes a été fortement rabaissée comme l’apprendra Heather. On croise aussi beaucoup des chevaux… ce retour en arrière nous conduit aux perspectives les plus extrêmes, mais pas inexistant pour autant dans notre monde, comme le trafic humain. L’économie devient également plus rudimentaire : le sel devient une denrée très recherchée ce qui passionne Dale d’autant que Jericho dispose d’une mine de sel…

Cet épisode est aussi, et enfin, l’occasion de s’attarder sur les conséquences politiques de l’attaque. Jusqu’ici, seul un journal chinois et l’aide humanitaire étrangère, pour peu qu’on ne sombre pas dans la croyance du péril chinois de moins en moins crédible, donnait à croire à une attaque venue d’un ennemi sans nationalité. Un ennemi intérieur. Les télécommunications étant devenues désormais un doux rêve, Black Jack ne peut que dresser un tableau avec les nouvelles apportées par les voyageurs. Lorsque Heather retrouve des amis d’une ville voisine de Jericho, New Bern, Jake fait la connaissance de Russel et l’interroge au sujet d’une carte des USA affichée :
- C’est quoi les étoiles ?
- Les capitales.
- De quoi ?
- Du gouvernement fédéral.

Cette scission au sein des états fédéraux est une idée géniale qui, sans renforcer spécialement la narration de la série, apporte à Jericho un contexte fort, un climat de guerre civile toujours dans l’idée d’un ennemi intérieur comme pire ennemi. Les ramifications qui seront les plus directement liées à l’intrigue générale de Jericho sont sans doute celles apportées par Sarah. Un mystérieux « Old Man » qui semble s’intéresser à la bombe que détient Robert risque de devenir un enjeu central, et excitant, de la série.

Et pendant ce temps là Gail règlent ses comptes avec Mary au sujet de la trahison d’Eric mais, à vrai dire, on s’en fiche complètement comparé aux enjeux à Black Jack et chez les Hawkins. En décrivant un contexte passionnant et en abordant plus largement les problématiques politiques et économiques de Jericho, Black Jack est un superbe épisode s’appuyant sur un suspense certes classique mais bien ficelé avec des rebondissements bien gérés à l’image du bon cliffhanger final.

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Jericho sur Petit Ecran

 Par Pascal     Commenter21 juillet 2007    Catégories: Jericho Séries

Jericho S112- The Day Before

Jericho Saison 1 Episode 12
Réalisé par Matt Earl Beesley, écrit par Mike Kelley
Appréciation : **

La plupart des séries font souvent appel au flash back. Si, pour certaines, souvent des sitcoms, il s’agit de reprises d’épisodes (ou plutôt de gags) précédents, pour d’autres, il s’agit de donner un nouvel éclairage à un personnage ou même à la série toute entière. Un procédé parfois ludique puisqu’il donne encore plus l’occasion au spectateur de recoller les morceaux avec les épisodes précédents. Le procédé est aussi souvent efficace narrativement, si efficace qu’il a été même inclus dans la formule de la série Lost, qui par ailleurs en a offert une variation excitante à la fin de sa saison 3.

Revenons à Jericho. The Day Before se déroule trente six heures avant les attentats. Jake Green est embarqué dans les problèmes avec un de ses amis de Ravenwood rencontré en Afghanistan tandis que Robert Hawkins reçoit son ordre de mission : déposer sa bombe dans la ville de Columbia (!) car la date des attentats a été avancée à sa grande surprise. Dès lors, la récupération de sa famille, qu’il n’a plus le droit de voir : « Tu ne dois pas t’approcher de nous à moins de 150 mètres », devient sa priorité.

Bien entendu, presque toutes les histoires de Jericho sont évoquées : la rencontre (très amusante) de Mimi et Stanley, le début de maladie de Johnston, le triangle amoureux Eric/Mary/April, Emily et son copain (note personnelle : elle le traite d’égoïste cette femme, c’est vraiment le monde à l’envers, quelles sacrifices fait-elle pour lui si ce n’est finalement concéder un mariage à un homme qu’elle n’aime pas pour en oublier un autre)…

The Day Before est donc divertissant et ludique même si le procédé est connu. Ajoutons que nous n’échapperons sans doute jamais au bon vieux poncif du père qui va pas voir le match de son fils. Si nous n’avons finalement que peu de révélations au sujet de Jake, Robert devient de plus en plus étrange et menacé. Il a quand même une bombe atomique dans sa maison ! Comme souvent cette révélation soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponse. Et elle introduit un nouveau personnage, Sarah, qui pourrait prendre de l’importance dans la suite de la série. Elle est une des raisons du retour au présent de l’épisode avec le retour d’un autre personnage.

Notons enfin que The Day Before est idéalement placé dans la mesure où il a été programmé pour la première fois le 21 février 2007 quatre mois après l’épisode 11. Une manière de permettre au spectateur de se remémorer certaines intrigues. Cette approche n’a cependant pas permis de maintenir l’audience qui chuta alors de 20% et qui n’a jamais atteint les scores de sa première partie.

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Fiche IMDB

Jericho sur Petit Ecran

 Par Pascal     Commenter30 juin 2007    Catégories: Jericho Séries

Jericho S111 – Vox Populi

Jericho Saison 1 Episode 11
Réalisé par Carol Barbee, écrit par James Whitmore Jr.
Appréciation : **

Le meurtre de Gracie provoque l’émoi dans Jericho qui se lance dans une chasse à l’homme à l’encontre du coupable tout désigné : Jonah trahi par les siens. Jake et Robert entament aussi ensemble des recherches (de courte durée). La femme de ce dernier donne le ton :
- Robert, est-ce que c’est qu’on cherchait en venant ici ? Des gens révoltés, toi courant partout avec un flingue à la main ?
- Ca n’a pas beaucoup changé.

Pendant ce temps là, Jake et Emily flirtent en se rappelant le bon vieux temps avant que Jonah complique la situation, Robert doit s’essayer à la paternité avec son fils, et choisit définitivement sa famille, et Bonnie surprend son frère dans un lit avec Mimi et veut se venger en tombant dans les bras du premier venu. Soit pas mal de poncifs plus ou moins bien traités. Ce ne sont pas ces intrigues ni même la chasse à l’homme vite expédiée qui passionnent. Car en fait tout est dans le titre.

Vox Populi développe un point crucial des conséquences de ces événements post-apocalyptiques : la tentation populiste provoquée par la peur. Et il voit en Gray Anderson l’homme qui va délivrer Jericho de cette peur. Il mène donc la chasse à l’homme avec le zèle du candidat aux élections. Gray est cette voix populiste qui parle aux citoyens, qui fait campagne pour obtenir le pouvoir, qui dit ce qu’ils veulent entendre, qui agit en conséquence et qui finalement obtient gain de cause. « Les gens se sont exprimés et ont eu ce qu’ils voulaient » nous dit Jake.

Comme nous l’avons déjà évoqué dans l’épisode Crossroads, Gray est traité négativement. Son personnage se révèle un beau parleur qui éprouve des difficultés à passer à l’acte face à Jonah. Un lâche. On peut regretter cette tendance des scénaristes à prêter les prises de positions populistes à des hommes incompétents voire arrivistes. Un personnage flamboyant aurait peut-être compliqué la situation.

Car l’attitude de Johnston Green n’est pas dénué de défauts. Il ne répond presque jamais aux provocations de Gray et persiste à le prendre toujours de haut, comme toute cette mascarade de campagne électorale. Il ne prend d’ailleurs pas vraiment part au débat, comme convaincu de sa valeur, de la justesse de ses actes et reniant en quelque sorte le jeu démocratique. Sa réflexion à Gray après l’élection en dit long : « Ca a toujours été une démocratie. C’est facile quand tout va bien. Mais quand les gens ont peur, ou paniquent, ça devient beaucoup plus dur ». Des paroles destinées à un Gray Anderson qui déjà se pose des questions sur sa nouvelle fonction mais qui finalement se retournent aussi vers Green qui s’est peut-être finalement détaché de ses concitoyens en se cachant péremptoirement derrière les intérêts de Jericho, l’ « intérêt général ».

Plus que jamais, Jericho est un miroir de l’Amérique post 11 septembre et plus généralement un miroir de nos sociétés devenus plus terrifiée et paranoïaque que jamais face à des ennemis indéfinissables, ce qui conduit à vouloir identifier tout le monde, avec ses élites presque méprisantes qui n’en ont jamais fini de se déconnecter des leurs, incapables de tirer les vrais leçons de la réalité au risque de ne pouvoir faire vraiment face à tous les Gray Anderson. Vox Populi nous donne une leçon de politique subtile. Dommage que l’intrigue soit beaucoup plus manichéenne.

La dernière conséquence de la mort de Gracie est plus excitante. A sa grande surprise, Dale hérite de l’épicerie. D’abord accablé, il finit par se prendre en main et de prendre la suite de Gracie. Ces soudaines responsabilités pesant sur cet adolescent assez impulsif sont de bonnes augures.Parmi les pas moins de trois cliffhangers finaux, nous assistons presque à une initiation : Dale parvient à l’âge adulte après les attaques, et peut-être grâce à elles, et finalement semble tirer les terribles leçons, et tirer profit, de ce nouveau monde.

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Fiche IMDB

Jericho sur Petit Ecran

 Par Pascal     1 commentaire23 juin 2007    Catégories: Jericho Séries

Jericho S110 – Red Flag

Jericho Saison 1 Episode 10
Réalisé par Martha Mitchell, écrit par Michael Ostrowski
Appréciation : *

C’est Thanksgiving à Jericho, comme dans le reste du monde. Une aide inattendue vient du ciel sous forme de largages par avion de diverses denrées de première nécessité. L’origine chinoise de ces secours laisse les habitants dubitatifs.

s110-green.JPGCette aide sans doute humanitaire divise un peu mais demeure très tentante pour la population que le maire, parfaitement ridicule avec ses lunettes de soleil à verres rouges, est obligée de rappeler à l’ordre :« On est à Jericho, pas dans un village du tiers-monde ». L’opposition entre Green et Anderson, ici sur la distribution de la nourriture, est de plus en plus exacerbée et c’est le challenger au poste de maire qui monte de plus en plus en puissance.

Comme presque à chaque épisode, les habitants tentent comme ils peuvent, non pas de masquer les apparences, mais de tenter de s’accrocher à leur vie avant les bombes comme l’élection municipale toujours maintenue et les Green qui font la partie de football traditionnelle. Mais au fil des épisodes, tout se fissure, c’est donc Thanksgiving mais les dindes manquent et la partie n’est seulement qu’évoquée (au profit d’une mauvaise scène entre Eric et April). Peu à peu, le coeur n’y est plus et le chaos n’est pas si loin.

Le mot tiers-monde prononcé par le maire révèle une situation terriblement inédite pour cette Amérique qu’illustre Jericho. Ce n’est pas encore vraiment la misère mais la population se retrouve confrontée à la faim. Et la peur et la parano demeurent : cette nourriture venant du ciel n’est-elle pas empoisonnée, nos ennemis ne sont-ils pas les chinois ? Comme le rappelle Robert Hawkins, des précédents existent à travers l’Histoire à travers par exemple Henri Bouquet et les couvertures contaminées données aux indiens.

Obligée de faire appel à l’extérieure, et encore peut-être est-ce à l’initiative de la Chine elle-même, l’Amérique semble avoir perdue, comme vaincue et seule une petite guirlande de Noël redonne un semblant d’espoir. Mais ce sont les nouvelles règles du jeu qui prennent place : le vol, le chantage, les coups fourrés… c’est l’heure de gloire des petites frappes telles Mitchell Cafferty. La dernière scène qui conclue l’épisode est implacable et efface l’espérance précédente.

Red Flag n’est pas un bon épisode, l’étonnant début laisse place à un rythme en dents de scie dont le morceau de bravoure face à Jonah est désamorcé par une résolution trop prévisible. Dommage également qu’à chaque épisode, pour une romance très attachante, celle de Mimi et Stanley, le spectateur doive subir une mère, Gail, devenue un peu trop acerbe et une histoire de rupture toujours agaçante. Qui dit Thanksgiving, dit aussi grosses ficelles comme le repas chez les Hawkins où le père doit être absolument présent pour célébrer la fête aux côtés de sa famille.
Mais comme les autres épisodes, Red Flag est techniquement très bien éclairé et multiplie les signes parfois dérangeants mais crédibles, raison pour laquelle ils nous touchent, des signes qui nous montre un monde, notre monde, sombrant.

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Fiche IMDB

Jericho sur Petit Ecran

 Par Pascal     1 commentaire17 juin 2007    Catégories: Jericho Séries

Jericho S109 – Crossroads

Jericho Saison 1 Episode 9
Crossroads
Réalisé par Paul McCrane, écrit par Robert Levine
Appréciation : ***

La société de protection privée Ravenwood fait finalement route vers Jericho cherchant à s’approprier leurs ressources. Elle donne aux habitants de Jericho un ultimatum. C’est également le jour où Emily aurait du se marier avec son fiancé disparu.

Particularité notable de Crossroads, il est réalisé par Paul McCrane, le docteur Romano de la série Urgence, et un des meilleurs personnages de cette longue série quoique exagérément et cruellement accablé par les hélicoptères du Cook County Hospital. Il a le malheur de devoir s’occuper de la scène de séparation entre Eric et April Green. Elle est rapidement expédiée et montre surtout que l’interprète d’April Green, Darby Stanchfield, n’est pas très bonne. Deux scènes bien ternes entre Gail Green, très remontée par la trahison de son fils volage, et Eric indiquent que cette histoire est loin d’être terminée

Autre gageure : illustrer les états d’âmes d’Emily qui peu à peu (re)tombent dans les bras de Jake mais qui ne parvient pas à oublier son futur mari. L’approche du réalisateur/acteur sous forme d’uchronie en continuité avec le « véritable » présent est réussie particulièrement les moments dans le bar, moments de flottement un peu déplacés cependant au vu du danger venant de l’extérieur, où on boit cyniquement à l’avenir, « A l’avenir, repose en paix », et où se révèle les nombreuses contradictions d’Emily à travers sa volonté farouche de demeurer à Jericho alors que toute sa vie semble lui dire le contraire. Ce n’est peut-être finalement que l’attente d’un amour perdu qui l’a fait rester…

Le coeur de l’épisode est bien sur le danger constitué par Ravenwood. Face à une armée certes privée mais très pro et organisée, les villageois de Jericho font logiquement pâle figure mais sont néanmoins suffisamment menaçants. Sans rentrer dans la polémique, le deuxième amendement de la constitution américaine sur le droit de posséder des armes trouve tout son sens dans ce monde post apocalyptique.
Cependant, la tentation de se renfermer, à la manière des fermiers du Moyen Age abandonnant leurs terres pour rejoindre la place forte du seigneur, est très grande d’autant plus que Jake, pour l’isolement, et Eric s’opposent sur la question. Au milieu de cet enjeu, les fermiers, représentées ici par Stanley Richmond, ne veulent pas quitter leur terre et hésitent à la défendre eux-même. La scène de dénouement de cette crise, admirable, mettra intelligemment en avant les actions séparées des trois principaux protagonistes de Jericho : Jake, Eric et Robert.

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Il demeure pourtant que cette crise remettra en cause de nombreuses choses jusqu’à l’autorité du maire en convalescence et la défiance de Gray Anderson dont sa vision pour protéger Jericho est tournée vers l’isolement et la méfiance à l’égard du monde extérieure trop portée sur l’anarchie. A l’inverse, le maire et son fils veulent prendre en compte les bouleversements du monde quitte à accepter des alliances troubles, comme celle avec Jonah, et des convictions menant à des actions dangereuses à l’image du coup de bluff de Jake face à Ravenwood. Et si Gray Anderson apparaît comme le « méchant » de Jericho, celui qui représenterait la déchéance de la ville, son attitude n’en demeure pas moins compréhensible. Même avec ce point de vue clairement définie, la série Jericho, et ce bon épisode, nous invitent intelligemment à réfléchir sur ces questions de survie fondamentales.

Fiche IMDB

Jericho sur Petit Ecran

 Par Pascal     1 commentaire15 juin 2007    Catégories: Jericho Séries

Jericho S108 – Rogue River

Jericho Saison 1 Episode 8
Rogue River
Réalisé par Guy Norman Bee, écrit par Matthew Federman et Stephen Scaia
Appréciation : ****

Les frères Green, Eric et Jake, sont en route pour la ville de Rogue River afin de trouver des médicaments pour leur père. Pendant ce temps, Gray Anderson rend visite aux Hawkins mais malgré les apparences, elle ne ressemble en rien à une visite de courtoisie.

Osons le dire tout de suite, l’épisode Rogue River est un des meilleurs de Jericho et de loin le meilleur de ce début de série. Plus resserrée, l’action est concentrée autour de trois lieue : l’hôpital de Rogue River, la maison des Green et la maison des Hawkins.

Chez les Hawkins, Gray Anderson accompagné de Jimmy vient donc enquêter sur cette famille arrivée un peut trop fraîchement à Jericho. Jouant la carte de la personne compréhensive mais conscient de la violation de ses droits, Robert Hawkins tente de rester le plus coopératif possible en espérant que ses réactions et celles des siens ne laissera pas transparaître les choses qu’il cache. Hypocrisie, jeu de dupes, dialogues à double sens et manipulations forment l’ambiance générale pendant cette fouille qui s’éternise. Tendue à l’extrême et avec une résolution efficace, l’intrigue est exemplaire.

A la résidence des Green, le maire Johnston est entre la vie et la mort avec quatre femmes à son chevet : sa femme, sa belle fille April, Emily et Heather. La quête d’un quelconque palliatif pour gagner du temps avant l’arrivée des frères met en évidence des personnages harassés et dépassés particulièrement Heather cherchant à faire de la glace avec un protocole expérimental imaginé par un élève de son école.

Dernière intrigue, le voyage vers Rogue River est d’abord une histoire de frères dont cet épisode scelle vraiment les retrouvailles et parvient même à donner le meilleur relief possible à l’inintéressante intrigue adultère entre Eric, Mary et April. Comme toujours portés par leur sens du devoir, les frères sont surtout ici pour sauver leur père en allant cherche un médicament dans l’hôpital de Rogue River.

D’abord ponctuée d’images de désolation, la voiture arrêtée avec une femme laissée pour morte, une ville de Rogue River devenue fantôme, les maisons marquées par la FEMA, le réalisateur Guy Norman Bee plonge le téléspectateur dans l’action par des tirs de mitraillettes venant de l’hôpital et introduit deux personnages intéressants : un médecin accablé, presque fou, qui ne sauve plus personne et un militaire apeuré et marqué par les événements abominables qui se sont déroulés dans l’hôpital peu avant l’arrivée des frères. Ce militaire (superbe Theo Rossi) n’est pas un soldat de l’armée régulière mais l’employé d’une milice privée.

Rogue River décrit effectivement la baisse des effectifs de l’armée américaine et l’obligation de celle-ci d’employer des armées privées. C’est ainsi que nous est présenté Ravenwood pour laquelle Jake a travaillé en Irak, une de ces armées privées dont l’action semble peu en rapport avec le rôle qui a du leur être assigné au départ. Ce n’est rien de plus que le coeur de l’anarchie qui est évoqué où chaque situation auquelle une société à bout de souffle tente de faire face finit par dégénérer. Mais rien n’est asséné au profit de belles fusillades, avec l’arrivée de Ravenwood à l’hôpital et de moment de suspense parfaitement ficelés.

Rogue River n’est pas vraiment un épisode à révélations mais un épisode où la tension est totale. Maîtrisé de bout en bout et à la mise en scène irréprochable, il offre dans sa dernière partie quelques beaux et sincères moments d’espoir et de rédemption. Mais Rogue River n’est pas un épisode « heureux ». Presque constamment plongé dans la pénombre, et au demeurant superbement éclairé, il accentue ce qui a toujours guetté le microcosme que représente Jericho : un avenir incertain et la fin d’un monde, où les droits et les acquis sont remis en cause, et ceux qui tentent d’y survivre. Un épisode en définitive résumé par son magnifique plan final : crépusculaire et désenchanté, bouleversant.

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Fiche IMDB

Jericho sur Petit Ecran

 Par Pascal     Commenter9 juin 2007    Catégories: Jericho Séries

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