Catégorie : Articles

L’âge de Cristal (1976) de Michael Anderson

Au XXIIIème siècle, nous vivons dans un environnement aseptisé sous des dômes gérés par des ordinateurs tout puissants. Enfin nous, c’est plutôt vous car j’y serais déjà mort puisque chaque individu dépassant 30 ans est désintégré. Logan 5 (Micheal York) est un sandman, une sorte de chargé de traquer les récalcitrants. Il se fait passer lui-même pour un fugitif afin de démanteler un réseau et finit par douter de la perfection de ce mode de vie.

Quand on regarde l’âge de Cristal, on se dit que Star Wars, sorti un an plus tard, est vraiment moderne, ou bien plus intemporel. Le film de Michael Anderson est en effet très marqué par un style seventies dans les décors, costumes et musique. La séquence du carrousel, le rituel de mise à mort des « vieux » de 30 ans, avec jets de flammes et balai en apesanteur sont la quintessence de ce style. Ce n’est pas mauvais pour autant. Le côté jeux du cirque et la ferveur du public donne beaucoup de force à ce massacre. De même, si la révolution Star Wars n’a pas lieu, le futur décrit et les maquettes sont superbes.

La seconde partie du film est initiée par une confrontation avec un robot kitchissime dont Barney Legendary Stinson s’est forcément inspiré :

L’Age de Cristal raconte alors une sorte d’Adam et Eve découvrant le monde non sans un certain humour (« Everything hurt ») et des superbes décors d’un Washington où la nature a repris ses droits. J’adore ces visions de notre monde ravagé par l’apocalypse et il faut vraiment un truc comme 2012 pour me décevoir. La fin est relativement facile (surchauffe de circuits imprimés) mais ne fait finalement qu’illustrer une société ne reposant sur presque rien. Les derniers moments rappellent fortement ceux de The Island (ce n’est pas la seule similarités en fait).

Côté acteurs, Richard Jordan, en meilleur ami, domine facilement le casting. En Logan, Michael York semble physiquement préfigurer Harrison Ford et Mark Hamill (pour la coupe de cheveux). La ressemblance naturelle avec Harrison Ford a du pas mal lui porter préjudice dans sa carrière. En comparse féminin, Jenny Agutter est vraiment charmante tandis que Farrah Fawcett, que je n’aime pas particulièrement (je dois être trop jeune) a un (petit) rôle très très con et participe aux plus mauvais moments de ce film, par ailleurs sympathique.

Par Pascal
1 commentaire5 juin 2010
Catégories : Apocalypse, Articles, Cinéma

Apocalypse 2024 (1975) de L.Q. Jones

Je critique souvent les traductions actuelles de titres de film mais dans les années 70, on savait y faire aussi. A boy and his dog, dont on voit l’affiche dans Le Livre d’Eli, devient donc en français Apocalypse 2024 !

La troisième guerre mondiale dura 33 ans de 1950 à 1983. Mais c’est la quatrième guerre qui mit tout le monde d’accord en 5 jours et mit fin au monde telle que nous le connaissons. Vic (Don Johnson, avant Deux flics à Miami) erre dans ce monde désolé avec son chien, avec qui il communique par télépathie, en quête de nourriture… et de sexe. L’introduction géniale met tout de suite en place le lien entre Vic et son chien et leur(s) raison(s) de vivre. Rien de reluisant en somme : »You are not a good person » dit le chien à son maître alors que ce dernier assiste au viol d’une femme et regrette que les ravisseurs l’aient tuée (sauvagement tailladée) car elle aurait pu « servir trois-quatre fois ».

Le générique est une chanson un peu country et semble en complet décalage avec ce désert jonché de souvenirs de notre ancienne société de consommation, d’ordures diverses, de cadavres et de rats. Ce ton, plus propre à la comédie, est celui entre Vic et son chien. Vic n’est pas vraiment le maître mais au mieux un compagnon et souvent un élève/fils puisque le chien enseigne aussi bien la grammaire que l’histoire (!), enchaîne les remarques cyniques tout en rêvant de se rendre sur une terre promise. Leurs échanges donnent un peu de légèreté dans la barbarie ambiante et flirte un peu vers le western comique lors d’un vol de nourriture gonflé avec à nouveau musique country et gunfight.

De Mad Max à La Route, Le Post Apocalyptique est souvent un genre qui se rapproche du western. Sans l’esprit pionnier mais exactement l’inverse vu qu’il s’agit d’un monde qui se termine s’accrochant à quelques souvenirs comme le cinéma, représenté dans Apocalypse 2024 par des films érotiques en noir et blanc dont un western justement, A Fistful of Rawhide, vrai film qu’on risque pas de voir en DVD, et dont le titre emprunte aux titres de gloire de Clint Eastwood (qui joua dans A Fistfull of dollars et la série Rawhide).

Alors qu’on se dit que toute cette histoire va devenir une amourette, via l’apparition très voyeur de Quilla (Susanne Benton), vers la Terre Promise, Apocalypse 2024 bifurque vers une très étrange évocation d’une société ultra-aseptisée et abominable perdue dans une espèce de joie obligatoire. Le village du Prisonnier n’est pas si loin et Quilla devient un personne très troublant. Le film trouve ici toute son originalité jusqu’à une fin relativement logique sur son issue mais avec une ellipse très immorale, tout en humour noir. Scénarisé par Harlan Ellison, A boy and his dog ne vole vraiment pas sa relative notoriété.

Par Pascal
Commenter4 juin 2010
Catégories : Apocalypse, Articles, Cinéma

Le Secret de la pyramide (1985) de Barry Levinson

Comme le titre original, Young Sherlock Holmes, l’indique, le film de Barry Levinson raconte la jeunesse de Sherlock Holmes à l’université. Précisément, il scelle les destins d’Holmes et Watson et donc le début des histoires du premier racontées par le second. Loin de trancher avec l’imagerie traditionnelle comme le Sherlock Holmes de Guy Ritchie, Le Secret de la pyramide profite de la jeunesse du héros, du côté prequel de la série, pour dresser la naissance de cet imaginaire autour du célèbre détective, de ses vêtements à son célèbre « Elementaire » qui se termine ici par un « Mon cher Holmes » puisque prononcé par son maître à penser et inventeur farfelu.

Cette approche n’est pas innovante, peut-être l’était-elle un peu plus à l’époque, mais elle est plaisante, jamais ennuyeuse. On ne pourra guère reprocher à Levinson le rythme du film. En une quinzaine de minutes, il pose l’ambiance et les personnages secondaires (les deux mentors, un riche con, une belle à croquer…) et les capacités exceptionnelles de Holmes à travers, entre autres exemples, un jeu de piste amusant.

La suite est une trépidante aventure avec une touche de surnaturelle que Holmes défie avec toute sa logique. Avec Steven Spielberg à la production, on ressent la bénéfique influence d’Indiana Jones et le Temple Maudit (la scène du sacrifice) sans être trop morbide ni toutefois aseptiser. Même s’il est assez prévisible, le dénouement, sur base de la réplique « Never replace discipline with emotions », n’incite pas à la rigolade et s’avère une excellente base pour une série…

… qui n’a jamais eu lieu, le film n’ayant pas eu à l’époque un gros succès. Pourtant, je n’avais vu qu’une seule fois ce film enfant et il m’avait vraiment marqué. Je me souvenais précisément de plusieurs scènes de relation mentor/élève (j’adore ça, comme par exemple ici le dernier duel amical à l’escrime) et surtout de la plupart des séquences à effets spéciaux. Certaines sont anthologiques (l’attaque des gâteaux !) d’autres historiques ainsi l’image vraiment spectaculaire du soldat sortant de son vitrail, séquence numérique dirigée par John Lasseter.

En plus d’un bon film d’aventure, Le Secret de la pyramide est ainsi en un tour de force technique avec de superbes décors et une bonne musique. Tout semble soigné malgré un casting britannique pas forcément inoubliable. Le méchant mystique est excellent mais on retiendra particulièrement un Watson (Alan Cox) ressemblant comme deux gouttes d’eau à Harry Potter. Le rapprochement ne s’arrête pas là puisque l’ambiance scolaire (uniforme/écharpe inclus) rappelle bien les aventures du sorcier à la cicatrice. Et à bien y réfléchir, il suffirait de remplacer les capacités de Holmes par une baguette magique et nous ne serions pas si éloigné de l’univers J.K Rowling… il n’est pas alors très étonnant de retrouver au scénario Chris Colombus, réalisateur des deux premières adaptations.

Par Pascal
Commenter27 mai 2010
Catégories : Articles, Cinéma, Fantastique, Thriller

Explorers (1985) de Joe Dante

A partir de rêves d’évasion et de la découverte d’une force énergétique immense, trois gamins un peu à l’écart décident de construire un vaisseau pour partir dans l’espace.

Explorers démarre sur des visions qui rappellent Tron mais le film de Joe Dante dévie vers une sorte de version personnelle de Rencontre du Troisième type (Explorers y fait même référence à travers un singe en peluche). La vision est d’ailleurs très personnelle et s’attache à une évocation d’enfants, un rêveur (Ethaw Hawke), un scientifique (River Phoenix) et un « dur » lucide et indépendant (Jason Presson), dans une banlieue américaine typique ou plutôt spielbergdienne.

Joe Dante en profite pour truffer son films de références (que j’ai lues pour la plupart sur imdb…) entre l’école Charles M. Jones (pour le faiseur de cartoons Chuck Jones) et des films de science-fiction vrais ou faux (l’excellent film Starkiller en référence au premier nom choisi par George Lucas pour celui qui deviendra Luke Skywalker). J’ai noté aussi une vague obsession pour les chewing gum (entre le pilote de l’hélico, joué par son acteur fétiche Dick Miller et le chien).

En plus de célébrer une culture qui deviendra plus ou moins une norme à partir des années 2000 (le « geekisme »), Joe Dante livre une histoire d’enfants très touchante avec un propos pour le moins invraisemblable mais qui devait enthousiasmer les gamins d’alors avec communication par talkie-walkie, télé dans la chambre, cave-laboratoire, Apple 2…
En mélangeant rêve, espoir et réalité et en évacuant rapidement tout manichéisme, le metteur en scène parvient à être juste. Malgré une post production chaotique et une dépossession de son film, il reste une quête puis une rencontre échappant à tout manichéisme binaire. Le réalisateur évacue toute lutte entre « bons » et « méchants » pour ne s’attacher qu’au trio et ses fantasmes/aventures.

A tel point d’ailleurs qu’il est difficile de savoir où le film veut en venir si bien que je me suis un peu dit que ça ne racontait pas grand chose si ce n’est une exploration. Vu le titre du film, je ne peux pas dire que je me suis fait avoir. En tout cas, le dernier acte est visuellement délirant et génial mais aussi plutôt nihiliste. Les enfants sont mêmes confrontés à ce qu’ils pourraient devenir, presque comme une mise en garde où Dante dénonce la culture non digérée, la télévision et son pouvoir avilissant en citant Le Faucon Maltais dans un rythme entraînant (All Around The World de Little Richard).

Explorers reste un bon film, qu’il convient peut-être d’avoir vu enfant puisque c’est là qu’il aura le plus gros impact, portée par une musique exceptionnelle (carrément) de Jerry Goldsmith.

Par Pascal
Commenter14 mai 2010
Catégories : Articles, Cinéma, Science-Fiction

Tron (1982) de Steven Lisberger

Bien que reconnaissant son imagerie, je n’avais jamais encore vu Tron. Pour être honnête, je ne m’attendais pas à grand chose voire à être embarrassé par le côté kitsch de l’entreprise. Ce fut plutôt le contraire. Déjà, je ne me souviens pas avoir vu ce design plutôt original (et co-designé par Moebius), relativement vieillot certes, comme souvent quand on traite de l’informatique, mais pas tant que ça. L’histoire elle-même oscille entre le bancal et le passionnant. Avec quelques artifices, le vol de jeux vidéos, le scanner miniaturiseur façon Chéri j’ai rétréci les gosses, Tron raconte le « kidnapping » de Kevin Flynn (Jeff Bridges) dans le système informatique de son ex-compagnie. Il découvre alors des programmes doués d’une vie propre, ayant l’apparence de leur créateur et soumis au Master Control Program, l’Intelligence Artificielle régnant sur le système, sauf sur le programme Tron, et rejetant l’existence des humains.

Bien que peu approfondi, l’enjeu devient mystique opposant la croyance en un créateur (l’humain en somme) ou la tentative d’émancipation de celui-ci. Il est illustré assez finement, et de l’intérieur, et nous voyons comment un programme progresse lui-même jusqu’à aboutir à la conclusion que l’homme n’est pas bon, ou inférieur, et entreprend de rejeter son existence auprès des autres programmes. Invraisemblable ou délicieusement délirant selon l’humeur. Et voir Kevin Flynn, le premier geek ?, tenter de pénétrer depuis sa salle de jeu un système informatique distant préfigure peu ou prou les autoroutes de l’information. Le film rapporta à sa sortie quelques 33 millions de dollars ce qui n’est pas transcendant, preuve que Tron, dont la suite sort en 2010, a su marquer durablement les esprits (grâce notamment au jeu qui lui fut associé).

Par Pascal
Commenter11 mai 2010
Catégories : Articles, Cinéma, Science-Fiction

Police Story 3 – Supercop (1992) de Stanley Tong

Troisième épisode des enquêtes/aventures de Chan Ka Kui (Jackie Chan). L’intrigue, autour du trafic de drogue (avec des européennes qui meurent d’overdose), demeure assez simple mais développe une toile de fond intéressante sur la future unification de Hong Kong ou la Chine, où Chan enquête et infiltre la pègre. Je dois louper des références culturelles mais certaines sont intrigantes comme le fait que le film au début alterne Cantonnais et Mandarin.

Dans ce troisième opus, Jackie Chan laisse la caméra à Stanley Tong. Déjà responsable des cascades sur les deux précédents films. Il fera des merveilles dans Jackie Chan dans le Bronx. Ce choix de réalisateur fut une contrainte imposée par la production (la Golden Harvest) trouvant Chan trop lent à la réalisation. Ce n’est pourtant pas un hasard si ce Police Story 3 est bien meilleur que les deux premiers, plus distrayant notamment quand il n’y a pas d’action. Même au niveau comédie, le film m’a arraché quelques sourires ce qui n’était pas le cas avant. Jackie Chan fait gentiment le clown et les passages limite vaudeville (la visite de la fausse famille de Chan) sont plutôt rigolos.

Côté action, les arts martiaux sont une composante mais pas la fin en soi du film. Le premier duel à mains nues est très impressionnant. Après une évasion vertigineuse et quelques passages comiques, le film prend son envol et livre 40 dernières minutes hallucinantes allant de la fusillade explosive dans la jungle à la course poursuite en auto, moto, train et hélicoptère en plein Kuala Lumpur ! Pour tout dire, je pense que c’est un des meilleurs films d’action que j’ai vu, très imaginatif et nerveux. Accroché à une échelle d’hélico, Jackie Chan m’a une nouvelle fois fait très peur.

Le fait de voir le film en version original améliore également la vision. Je découvre ainsi une Maggie Cheung, (un peu) moins nunuche, (un peu) plus intéressante mais aussi (encore) plus belle, perdant parfois son côté enfantin pour gagner en féminité. Mais le joyau de ce Police Story 3 est Michelle Yeoh. Miss Malaisie 1983, sublime avec des nattes ou en uniforme strict, à l’aise dans la comédie et dans l’action (où elle donne de sa personne comme le rappelle le générique de fin), elle s’impose comme double féminin de Chan dans le film au point de jouer dans un spin-off de la série : Police Story 3 – Supercop 2 !

Par Pascal
Commenter6 mai 2010
Catégories : Articles, Cinéma, Polar

Police Story 2 (1988) de Jackie Chan

L’inspecteur Chan Ka Kui est de retour mais en uniforme, forcé de donner des contraventions à une dizaine de camions à la fois (!) et de régler la circulation. Mais son ennemi du premier épisode, à qui il avait donné une sévère correction, sort de prison et veut se venger. Il intimide ainsi sa famille ce qui met Chan hors de lui au point d’infliger une sévère correction à ceux qui se moquent de lui. C’est mal de se venger de la sorte mais je dois reconnaître ce sentiment de plaisir délicieux de voir des méchants arrogants et bêtes s’en prendre plein la gueule. Ça arrive un peu moins souvent dans la vie donc profitons-en.

L’action semble encore une fois « simple » mais tellement dangereuse. Quand Jackie Chan traverse une quatre voie avec des voitures roulant à vitesse rapide, on se demande vraiment s’il le fait vraiment avec des cameramen le filmant à l’arrache. Et d’un autre côté, nous assistons à des bagarres très préparées et chorégraphiés avec des effets d’accélérés. Dans les deux cas, la fluidité des mouvements et la violence apparente des coups et des chocs sont vraiment impressionnants et immersifs. Une nouvelle fois, le générique du fin indique qu’on ne plaisante pas avec la moindre cascade.

Cette double histoire de chantage et vengeance est classique avec a priori un plus gros budget que Police Story et donc plus d’explosions. Le héros est toujours partagé entre son devoir et sa petite amie (toujours la craquante, et quelque peu horripilante, Maggie Cheung) et fera cavalier seul à la fin. Chan est plus sérieux que dans le premier opus, il accentue son côté excellent enquêteur et se met en retrait dans la comédie. Il faut quand même se taper la chiasse de son chef à plusieurs reprises. La version anglaise n’arrange rien à l’affaire et donc, entre deux bonnes séquences de baston et quelques prouesses physiques, on peut trouver le temps très long. A vrai dire, je préfère regarder Shanghai Kid. On peut trouver ça grave. C’est peut-être culturel. Et j’adore Owen Wilson.

Un hommage à John Woo ?

Par Pascal
Commenter25 avril 2010
Catégories : Articles, Cinéma, Polar

Police Story (1985) de Jackie Chan

Jackie Chan est connu pour sa pratique des arts martiaux. Au fait de sa gloire en Asie, il réalise ce Police Story soit une plongée dans l’action pure avec sa troupe de cascadeurs. Le début est pétaradant avec un gunfight dans un bidon ville puis surtout sa traversée en voiture. Il n’aura échappé à personne que Michael Bay a repris cette scène telle quelle pour son Bad Boys 2 près de 20 ans après. Ce plagiat est presque une bonne chose. Il montre que le fric ne fait pas tout : la séquence dans Police Story est plus sensitive que celle du film de Michael Bay. Nul doute que dans les deux cas, la préparation fut importante mais celle de Police Story donne l’impression d’une prise de risque et d’une spontanéité plus grande. Elle prend aux tripes. Il y a d’excellents films d’action américain mais une « simple » cabriole (de plusieurs minutes !) avec un parapluie de Jackie Chan pour s’accrocher à un bus est beaucoup plus spectaculaire que des fx numériques.

Le début de ce Police Story est donc excellent et ce ne sont pas les arts martiaux qui sont mis en avant mais bien toutes les capacités d’Action Man de Jackie Chan et son équipe. Et hélas de comédie. Police Story raconte une histoire de protection de témoin. Ce dernier est une dernière (Brigitte Lin). Le protecteur est Jackie Chan et il a une petite amie May (Maggie Cheung qui est très mignonne, ingénue). Nous avons donc droit à de la comédie. J’ai vu le film en anglais et il y avait déjà des contresens entre l’anglais doublé et l’anglais sous-titré ce qui limite la portée des gags. Mais bon en plus ce n’est pas excessivement drôle : certes on peut sourire lors du faux interrogatoire et de la fausse tentative d’assassinat mais les quiproquos dans l’appartement sont plutôt pénibles. Le procès, avec perruques, est si nul qu’on peut en rire au troisième degré (au-moins). Le problème est que tout ça dure plus de 45 minutes et qu’on peut trouver le temps long. Tout juste peut-on apprécier Chan se garant de manière incroyable, s’amuser avec des fils de téléphones et provoquer quelques chutes et accidents.

La dernière demi-heure est beaucoup plus sérieuse, également au niveau de l’intrigue, avec des combats spectaculaires et des chorégraphies brutales. Certaines scènes sont accélérées mais ce qui pouvait nuire est ici plutôt bien mené (c’est pas les Anges Gardiens, quoi). Jackie Chan fait des choses inimaginables jusqu’au final anthologique dans le centre commercial. Ça fait un bon tiers d’hallucinant. C’est largement suffisant pour nous impressionner d’autant que, comme souvent dans les films de Chan, le générique de fin nous rappelle que toutes ces acrobaties ont un prix.

Par Pascal
Commenter22 avril 2010
Catégories : Articles, Cinéma, Polar

Hedwig and the Angry Inch (2001) de John Cameron Mitchell

Enfin vu ce film de John Cameron Mitchell, comme Carrie hein, en même temps, il serait temps que je vois ces environ 1500 films que je dois enfin voir. Il se trouve qu’Hedwig and the Angry Inch est le film préféré de ma femme. Les personnes les plus incroyables sur terre se souviennent certainement de mon petit commentaire sur Shortbus et qui fit les beaux jours des visites sur le site (top 10 des articles, le sexe sans doute). Sans elle, je pense que je ne me serais pas déplacé (quoique peut-être, le sexe sans doute). Malgré un avis quelque peu mitigé, je garde plutôt un bon souvenir de ce film. Je suis quelqu’un de plutôt pessimiste et triste mais j’ai la chance de surtout garder en tête les bons moments des films.

Je risque de garder un excellent souvenir d’Hedwig and the Angry Inch. Déjà, j’ai adoré le tout premier instant du film présentant Hedwig en diva jetant son parapluie. Trois secondes, peut-être cinq, géniales, le genre de moments abrupts et absurdes que j’adore. Hedwig and the Angry Inch, c’est l’histoire glorieusement triste d’Hedwig, est-allemand muni d’un terrible pouce au mauvais endroit et chantant dans tous les USA à la traîne d’un chanteur à succès interprétant ses chansons qu’il a volé à Hedwig. Le film est d’abord une splendide comédie musicale joyeuse et terriblement entraînante. Les chansons sont toutes excellentes. The origin of love a un texte sublime tandis que Wig in a box bouleverse complètement dans le film. Ceux qui ne verront jamais « enfin » le film peuvent se laisser tenter :

« Good things come to those who wait ». Quand on voit dans quel contexte est prononcé cette sentence et la tête de Hedwig, nous plonge dans un mélange de tristesse profonde teintée d’un certain humour. Et ça fait déjà plusieurs fois que je tente de mélanger des adjectifs positifs et négatifs dans ce court commentaire (saurez-vous les retrouver ?) et il faut dire que la mise en scène de John Cameron Mitchell, truffée de flash back géniaux, repose sur cette narration joyeuse d’un homme-femme triste se battant pour devenir lui-même.

John Cameron Mitchell joue Hedwig. Acteur dans les années 90, il a arrêté depuis ce film sauf pour une apparition dans Shortbus. Est-ce vraiment un hasard tant il semble avoir absolument tout donné dans ce personnage comme une sorte de don au cinéma ? Original et libre, Hedwig and the Angry Inch est un vrai bonheur, à voir pour son interprétation kamikaze (type The Wrestler avec Mickey Rourke en plus euphorisant) et par tout fan de comédie musicale.

Par Pascal
Commenter15 avril 2010
Catégories : Articles, Cinéma, Musical

Carrie (1976) de Brian de Palma

Enfin vu ce classique du film d’horreur, qui fait en outre partie des 100 films fantastiques (sur en gros 1975-1993) de MadMovies paru pour leur centième numéro, réalisé par Brian de Palma. Le metteur n’en est pas à son coup d’essai et a déjà mis en boite un film fantastique, le bon Soeurs de sang. Carrie est une jeune adolescente, tête de turc des pétasses de son lycée (soit à peu près tout le monde), élevée et martyrisée par une mère illuminée. Peu à peu, dès lors qu’elle a ses premières règles, elle se découvre des pouvoirs télékinésiques.

Le film n’a pas vraiment subi l’épreuve du temps si ce n’est qu’on peut dire qu’il serait difficile de réaliser un film pareil aujourd’hui. Je reconnais avoir eu un peu peur de me retrouver avec un film surtout connu pour sa dernière partie et un peu pénible dans les deux premiers tiers. Le film choque dès ses premiers instants dans cette scène très voyeuriste dans le vestiaire des filles s’achevant comme un meurtre alors que Carrie a ses règles pour la première fois. Le retour éplorée de Carrie chez sa mère (terrifiante Piper Laurie) est assez traumatisante. Toute la suite sonne parfois comme un film de casse où les pétasses, notamment Chris (Nancy Allen, que j’avais vu dans l’hilarant 1941), préparent un mauvais coup à Carrie pour le bal de fin d’année où elle est invitée par le beau Tommy. Les hommes dans Carrie semblent d’ailleurs hors du coup, manipulés, ou plutôt soumis, aux femmes.

Et donc, le final est bien le morceau anthologique prévue avec des images marquantes où la violence de Carrie explose littéralement à l’écran. Sissy Spacek, du bal de promo à la crucifixion avec des ciseaux, rentre dans l’Histoire du cinéma. Bien des amateurs ont décrit longuement tous les degrés de lecture du film et sa mise en scène. Un classique en somme mais aussi une expérience intense et violente de bout en bout.

Par Pascal
Commenter10 avril 2010
Catégories : Articles, Cinéma, Epouvante

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