Catégorie 'Cinéma'

Blood : The Last Vampire

Vu le le 18/6/2009 à l’UGC Ciné Cité des Halles Salle 6 en VO (j’adore cette salle très inclinée, ça faisait longtemps que je n’y avais pas été)

En préliminaire, il faut savoir que j’ai un boulot assez pénible en ce moment (toute proportion gardée avec les boulots vraiment pénibles) et que ma femme n’est pas là le jeudi soir. Je me suis donc dit que je pouvais voir des films qui l’intéresse, disons, un peu moins. Curieusement mes choix les semaines précédentes furent assez peu heureux : le relativement décevant Watchmen, le chiant Les Trois Royaumes (oui, chiant), le mauvais X-Men Origins et, ouf, le marrant Jusqu’en Enfer de Sam Raimi.

Et donc, après une journée de boulot ailleurs et deux heures de transport dans un train très rapide, ma seule vraie option était bien Blood : The Last Vampire. Tout au long de ses 90 minutes, j’ai vraiment eu envie d’y croire. Il se range pourtant dans la catégorie « si mauvais qu’on rêve de devenir réalisateur parce qu’on a du mal à croire qu’on puisse faire pire ». Sorte d’étirement du moyen métrage d’animation du même nom (sorti en 2000), Blood raconte une histoire de vengeance, féminine, sur fond de guerre contre les démons.

Tout est à peu près raté : la photo, le sang, l’histoire – où la philosophie se résume à citer le Frankenstein de Shelley -, le design (horribles démons ailés) et le décor. Dans les extraits de notes de production que j’ai pu lire, le réalisateur Chris Nahon loue le talent des chinois pour leur professionnalisme et leur minutie quant à l’édification des décors. Réalisateur du pourtant sympathique Baiser Mortel du Dragon, il se tire une balle dans le pied, sa caméra devenant le responsable majeur, avec le montage, de ce naufrage. Pour nous raconter cette histoire, Nahon semble avoir pris le parti de tout filmer en gros plan. Il y a très peu de plans larges dans Blood et aucun dans les séquences d’action. Peu servis par un montage épileptique, les combats sont pour la plupart du temps illisibles, saccadés et sans véritable repère dans l’espace. Le pire est celui dans le gymnase qui est évanescente sans doute parce que les deux ennemies n’avaient jamais tenues un sabre de leur vie auparavant.

Parfois dans cette succession frénétique, on trouvera quelques belles, et fugitives, images (comme le semi-ralenti de massacre de démons dans des couleurs jaunes où les combattants sont des ombres) mais on en vient à croire que c’est un hasard. Et c’est dire si j’étais à l’affût de la bonne scène. Hélas, à la place d’une bonne scène, on ose nous resservir ce démon moche (et borgne) et un climax inexistant. Le duel final est à ce titre très révélateur : il est expédié en environ cinq minutes dont trois de dialogues, d’inspiration empire contre-attaquienne, et d’un combat à l’épée : 10 coups d’épée environ (je ne plaisante pas), un coup dans le dos par la pseudo side-kick (insipide Allison Miller), une explosion, une tour de guet qui tombe et un coup dans le coeur. Emballé.

Les acteurs ne pouvaient qu’être mauvais : ils le sont. Au mieux, ils cabotinent dans des rôles archi-classiques (démone arrogante, bad guy de la CIA, père militaire occupé mais aimant, vieux sage de la forêt et expert en arts martiaux, adolescente …). Les deux tiers du film en schoolgirl (de 400 ans…), l’héroïne, Gianna Jun, est sublime. Mauvaise en langue anglaise, meilleure en japonais, certainement sous-exploité dans les scènes d’action, elle ne peut pas sauver grand chose mais sa présence agréable est toujours ça de pris.

Film mauvais donc mais curieusement une bonne séance (carte illimité obligatoire, faut pas déconner). Je me sentais mieux après. La magie de la salle obscure.

Remarque : j’ai finalement vu le manga animé dont est issu la série. Plus mystérieux et court, il présente un design autrement plus réussi et on y parle plus de vampires que dans le film de Chris Nahon. L’animation et le dessin sont superbes. Je m’étonne que ce manga, qui prend des allures de pilote, n’est pas donné lieu à plus d’histoires sur ce dernier « originel » Saya.

blood-giannajun

 Par Pascal     Commenter20 juin 2009    Catégories: Articles Cinéma

Les films de ma vie : conclusion (2009)

J’aurais pu citer bien d’autres films, notamment concernant mon enfance où je suis assez surpris de la prédominance de comédie françaises (celles du Splendid ou un film comme Le Viager, vu 100 fois)…
…ou des films familiaux comme le magnifique Portrait craché d’une famille modèle avec Steve Martin.
…tant grands moments au cinéma : Créature Célestes, les deux premiers géniaux films de Tarantino, le duo Zorro/Small Soldiers vu coup sur coup, un autre duo français Taxi (que Télérama avait aimé!)/Le dîner de con vu pendant des révisions de classe prépa où je faisais vraiment la gueule (à raison puisque les examens furent cette année là un échec complet pour moi).
…Il y a aussi le traumatisme Blanche-neige, j’avais six ans. Traumatisme non pas à cause de la sorcière mais parce que mes copains ne me croyaient pas quand je leur disais que je l’avais vu  : je l’avais vu en famille le samedi soir et non le dimanche après midi comme tous les autres enfants de ma classe.
…Mes deux visions à la suite de Taxi Driver qui furent un choc.
…ll y a aussi le plutôt nul film d’horreur Urban Legend mais dans lequel je m’étais fait draguer par un homosexuel en pleine séance. Je ne m’en suis toujours pas vraiment remis. Ma sexualité était pour le moins réduite à néant à l’époque donc j’avais comme l’impression de toucher le fond.
…Et puis, je n’ai pas parlé d’Orson Welles. La première fois que je découvris l’acteur, il était caché puis apparassait subitement en pleine lumière, avec un sourire en coin et la musique géniale. C’était le Troisième Homme (qui impressionne aussi les filles dans Créatures Célestes) et depuis Welles, dont je connais assez peu l’oeuvre en fait, est une sorte de légende (ouah, c’est original). Le lecteur attentif aura remarqué qu’à part quelques Disney, les films plus anciens sont rares. Ce n’est pas anormal vu qu’on voit surtout des films récents au cinéma… j’aurais quand même pu citer tous ces westerns vus en compagnie de mon père.
…Mon père, beaucoup de films à commencer par celui-ci : Je règle mon pas sur le pas de mon père…
…etc…

Et donc avec le cinéma, devine qui je suis. Pas facile, quelqu’un de relativement conventionnel à la rigueur, facilement enthousiaste quand il est dans une salle de cinéma en tout cas. J’aime les films touchants, plutôt à l’humour lunaire ou absurde, avec des belles fins pas forcément happy end (comme celles de Gattaca, Brazil ou encore de Requiem for a dream), les thèmes musicaux (ceux de Hisaishi souvent comme dans l’été de Kikujiro), avec une voix off, des acteurs plutôt dans l’économie, qui disent tout avec presque rien (certains protagonistes principaux des Evadés ou Gattaca, tous ceux des films de Wes Anderson, Bill Murray sont dans cette catégorie). Tout ceci fait un peu midinette quand même mais bon, si vous avez des films répondant à ces critères et que je n’ai pas mentionné dans les articles, n’hésitez pas.

Et maintenant ? Ou plutôt depuis 2002. Il y a environ 2100 films dans mon carnet et de la place pour environ 250. Les émotions ne manquent pas. J’ai vu tant de bons films mais je ne suis pas certain que ce soit pareil, que ce soit le même émerveillement. J’essaye de m’y intéresser plus, de creuser dans ma passion. J’essaye d’écrire des critiques mais n’en suis pas satisfait comme une impression de hors sujet : je veux dire pourquoi j’aime un film (comme Harry Knowles) mais à la place je m’échine à essayer de dire quelque chose d’intelligent sur les films alors qu’un tas de sites le fait mieux ailleurs. Comme le webzine l’Ouvreuse par exemple que j’ai parfois l’impression de paraphraser en beaucoup moins bien (sans toutefois le côté lourd mais peut-être nécessaire du nous-sommes-seuls-à-comprendre-le-cinéma-contre-le-reste-du-monde-qui-n’a-pas-d’argument). En fait, je crois être tombé dans un travers plutôt pervers : il m’arrive maintenant de regarder un film et de chercher à dire quelque chose dessus plutôt que tout simplement profiter de l’instant.

Mais le cinéma demeure quelque chose que je ne veux pas abandonner et que je pourrais encore privilégier par rapport aux séries qui sont une part pourtant actuellement majoritaire de ce que je vois sur le petit écran.

Que conclure au fond ? Qu’il faut aller au cinéma…

carnet



Introduction
L’enfance (jusqu’à 1990)
L’adolescence (1990-1995)
L’étudiant partie 1 (1995-1999)
L’étudiant partie 2 (1999-2002)
Conclusion (2009)

 Par Pascal     1 commentaire21 mai 2009    Catégories: Articles Cinéma

Star Trek

Vu le 12/5/2009 à l’UGC George V Salle 2 en VO

James Tiberius Kirk naît alors que son père meurt en sauvant de nombreuses vies. Adolescent difficile mais brillant, il décide, grâce au colonel Pike, d’intégrer la fameuse fédération pour devenir capitaine de vaisseau et maintenir la paix dans l’univers. Ca tombe bien, un Romulien a décidé de détruire toutes les planètes de la fédération.

J.J. Abrams a souvent dit qu’il n’avait pas une connaissance poussée de Star Trek et son univers. Au fond, les scénaristes sont là pour ça. L’idée la plus astucieuse est spatio-temporelle : une faille de l’espace temps permet à tout l’univers d’emprunter une route différente, mettant ainsi fin à toute les contraintes évenementielles des protagonistes. Ainsi, Kirk n’embarquera pas d’abord sur l’USS Farragut tandis que Spock ne rencontrera pas sa mère humaine sur l’Entreprise. Les auteurs peuvent ainsi créer leur propre mythologie avec un Spock de l’espace temps original (Leonard Nimoy himself) en garant du passage de témoin. Une amourette inattendue prend donc place tandis que la planète Vulcain est pulvérisée avec la plupart de son peuple sans beaucoup d’émotion d’ailleurs. C’est assez logique au fond. Et voilà donc comment on dépoussière un univers mythique, avec arrogance et roublardise (le film ne s’appelle pas Star Trek tout court pour rien d’ailleurs) mais pas mal d’efficacité.

L’Histoire change mais les caractères restent les mêmes. Scotty est un inventeur/réparateur génial, Sulu manie l’épée et un peu les gaffes, Uhura a un truc à l’oreille, entend et comprend tout, Chekov est un jeune chien fou aussi horripilant que dans la série originale avec un accent à couper au couteau et McCoy est très bougon. Star Trek s’attache surtout à décrire le respect et l’amitié naissante entre Kirk et Spock, les deux vrais héros de l’histoire. Kirk est toujours arrogant et indépendant, prêt à tout pour atteindre son but quitte à contourner les règles dont celles d’une épreuve conçue par Spock. Ce dernier est à plusieurs reprises tiraillé par sa moitié humaine notamment dans des scènes de cours d’école fort convenues. Ca semble toujours difficile de décrire l’univers des Vulcains et leur vie logique. Ce n’est pas très réussie dans ce film mais bon ce n’est pas moins bien que l’arène où l’on se bat pour conquérir sa femme (ah, ce combat anthologique entre Spock et Kirk). Dans cette suite de figures/caractères imposés, où on retrouve le mythique capitaine Pike, les acteurs sont très bons.

Quant au divertissement, Star Trek a une excellente première partie mais par la suite, la débauche d’effets spéciaux et de frénésie (et d’invraisemblances) est surtout de mise sans pour autant vraiment passionner. Un peu comme Mission Impossible 3 dont les scènes d’action laissent plus de marbre que d’enthousiasme. Abrams s’en sort plutôt bien dans l’action dans l’espace (l’introduction, la naissance de Kirk, est réussie et émouvante) mais beaucoup moins dans l’intérieur (bagarres, fusillades) ou tout est assez incompréhensible. C’est peut-être mieux que le contraire. Le film aurait sans doute gagné à être plus court (on pouvait supprimer pas mal de chose dans l’épisode sur la planète de glace par exemple) mais il n’y a rien de vraiment gênant et le design des vaisseaux est réussi. L’histoire, sur base de vengeance dans l’espace temps, est bonne et Eric Bana donne une belle intensité à un personnage de méchant pourtant assez peu développé.

Alors qu’il a plus ou moins mis en pause la franchise Mission Impossible, Abrams relance celle de Star Trek avec un certain panache. J’ai déjà entendu qu’il s’agissait du meilleur film de Star Trek. Je préfère au minimum le 7 et 8 (superbe) et peut-être même le 10. Mais ça reste du bon boulot. Long live and prosper.

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 Par Pascal     Commenter17 mai 2009    Catégories: Articles Cinéma

Les films de ma vie – L’étudiant partie 2 (1999-2002)

Deuxième phase de ma vie étudiante, j’intègre une école dans la banlieue de Paris. Puis j’achève mes études par quelques mois au Canada. C’est aussi l’explosion avec la carte UGC illimité que j’acquiers dès sa sortie (j’allais aux Gaumont) pour le film Scream 3.


Rushmore
rushmore(1999) Je n’ai pas vu le premier film de Wes Anderson, Bottle Rocket, aussi Rushmore est mon premier film du metteur en scène. Je l’ai découvert au cinéma suite à une critique enthousiaste de Première et la présence de Bill « Un jour sans fin » Murray. J’ai aimé Rushmore dès les premières secondes. A peu près tout est bouleversant : les personnages, le propos (un triangle amoureux avec un ado et un homme dans la force de l’âge), l’atmosphère comme en apesanteur, la division en chapitre, l’humour étrange, mélancolique, la musique… Comme Gattaca, j’ai beaucoup de mal à exprimer mon émerveillement systématique, je suis emporté par les images, devant ce film qui se prolongera à l’identique, voire plus, dans les trois films suivants de l’auteur : La famille Tenembaum, La vie aquatique et The Darjeeling Limited. Je voulais vraiment écrire quelque chose pour ce dernier film mais je n’y suis pas parvenu. Les films de Wes Anderson sont comme un état d’esprit, très particuliers et qu’on peut en plus apprécier pour diverses raisons. Les films m’ont aussi révélé tout le talent d’un acteur/scénariste : Owen Wilson.


Charlie et ses drôles de dames
drolesdedames(2000) Je rentre dans une salle de cinéma avec quelques amis, vaguement fatigué pour voir ce film. Je ressors en pleine forme, grisé, excité, prêt à faire la fête (ce que je fis il me semble). J’ai écrit ça comme critique à l’époque :
« Ce film, c’est 1h40 d’action totale. On commence par une séquence hallucinante de parachutisme. Suit un tas de scènes de fight réussies et qui prouve que l’inspiration Matrixienne peut etre bénéfique. On a une Cameron Diaz totalement au service de son personnage. Elle est admirable. Bill Murray (« le plus grand » d’apres les cahiers du cinema et je leur donne raison) fait rire à chacune de ses apparitions. L’équipe du film étant prête à tout pour une bonn scène on ne s’ennuie pas une seconde. Tout est réussi(à part le scénario mais on s’en fout complètement). Pur produit hollywoodien dans ce qu’il a de meilleur, Drôle de dames est le divertissement absolu.
Update 2004 : on pourrait me croire un peu trop enthousiaste mais même avec le recul et plusieurs visions sur le petit écran, le spectacle demeure toujours sidérant »

Charlie et ses drôles de dames est allé au-delà du plaisir coupable. J’ai conscience que le film n’est pas exactement un chef d’Å“uvre mais quand je le revois, je ne parviens pas à jeter la moindre scène. Et puis quand même : Cameron Diaz, Lucy Liu, Drew Barrymore, Bill Murray, Sam Rockwell, Crispin Glover, Joey Tribianni, Luke Wilson… Il y a une forme d’insouciance, un côté débridé et ludique, une inconséquence dont peu de films disposent, pas même sa suite (amusante quand même). C’est peut-être quelque chose qu’on pouvait faire avant le 11 septembre et qu’on ne peut encore refaire maintenant. C’est un peu grandiloquent mais je le crois.


Magnolia
magnolia(2000) Il y avait d’abord Boogie Nights, merveilleux film sur l’univers du porno à la fin des années 70 à travers le destin d’un acteur gâté par la nature (A ce jour, c’est toujours le meilleure rôle de Mark Wahlberg) comme le montre l’étonnant plan final. Partant d’une toile de fond quand même scabreuse et d’histoires pathétiques, Paul Thomas Anderson parvint à nous transmettre tout son amour pour les personnages faisant de Boogie Nights un film parfois tendre et touchant (et donc pathétique), un beau film. J’attendais Magnolia avec enthousiasme et il dépassa toutes mes espérances, pourtant grandes. Comme souvent dans les films que j’affectionne particulièrement, je me suis laissé emporter dès le pré-générique, des histoires de coïncidences, et le générique lui-même, fantastique. Dès lors, Magnolia est indissociable de la chanson interprétée par Aimee Mann : One. La suite est une fresque passionnante mêlant des histoires de retrouvailles et de rédemptions, des quêtes pathétiques, de la romance et une pluie de grenouilles inattendues où Anderson privilégie les mouvements amples (à la steadycam je pense). Le bonheur sur grand écran.
Par la suite, Paul Thomas Anderson sortit Punch Drunk Love, pour moi son plus beau film car il me toucha personnellement, ce genre de film dont on a l’impression qu’ils ont été fait uniquement pour vous, et enfin un authentique chef d’Å“uvre, un futur classique : There will be blood. On peut dire que Wes Anderson et Paul Thomas Anderson sont mes réalisateurs actuels contemporains préférés. Ils ne m’ont toujours pas déçu.


Les Evadés
lesevades(2000) Je me souviens encore des affiches à Nantes quand j’étais étudiant. Mais je n’ai pas vu les Evadés au cinéma. J’ai du attendre 2000. J’avais un enregistrement de M6 du film qu’Imdb mettait, et met toujours, avec aplomb dans les premières places (et en tête actuellement) de son top 250. Il était autour de minuit et je n’étais pas spécialement fatigué. J’avais prévu une vision en plusieurs fois. Je l’ai regardé en entier dans le noir les yeux à 30 cm de l’écran (30 cm aussi). Le début est très bon, la chute de l’avocat (Tim Robbin) puis son incarcération et sa rencontre avec Ellis (Morgan Freeman) et ses comparses étaient excellentes. Le déclic, ou ce que j’appelle donc l’état d’émerveillement, est intervenu sur la scène de réfection de toit d’un immeuble où Andy échange des conseils financiers contre de la bière. Le regard apaisé de Tim Robbin seul dans son coin m’a bouleversé. A tel point que j’ai oublié le titre français pour me faire surprendre par les derniers instants avec la somptueuse narration d’Ellis. De manière un peu moins flamboyante mais honorable, Frank Darabont récidiva avec La Ligne Verte. Mais Les Evadés demeure le feel good movie ultime. Il n’a pas volé sa place ni dans le top ni dans mon cÅ“ur.


Monstres et compagnie
monstresandco(2001) De tous les Pixar, Monstres et compagnie demeure mon préféré. Bien que cela soit plus lié à un impact émotionnel qu’une démonstration purement qualitative, je peux l’expliquer par deux raisons majeures. La première est l’action particulièrement à la fin du film : pour pénétrer dans les chambres des enfants, les monstres passent par des portes que nous voyons entrer et sortir dans un immense hangar et mise à disposition des monstres. L’idée en elle-même est géniale mais son exploitation l’est encore plus puisque le récit nous plonge dans une course poursuite dans le hangar de stockage des portes : débute alors une des meilleures séquence d’action que j’ai jamais vue entre les chambres d’enfant. Du pur génie, original et haletant qu’on retrouve aussi dans le dernier acte de Ratatouille. C’est évidemment mieux au cinéma (je l’ai vu deux fois). La seconde raison est la plus importante. C’est l’apparition de Boo. Elle m’a vraiment fait craquer. Son design, sa voix, le thème musical magnifique autour d’elle, son amitié avec Sullivan… une sorte d’osmose jusqu’à l’ultime et exceptionnel plan de Sullivan de réouverture de la porte qui me fait fondre…


Pour un garçon
pourungarcon(2002) J’ai cité assez peu de comédies romantiques, genre pourtant que j’adore, J’aime les comédies romantiques, surtout celles avec Hugh Grant. Je rends hommage à ce grand acteur (ici aussi) et à son meilleur film : Pour un garçon. Comme conforté par sa capacité à jouer une superbe enflure par Woody Allen dans Escroc mais pas trop, il joue ici le célibataire égoïste et oisif confronté à un jeune garçon envahissant, mélange étrange de naïveté et de lucidité. Le résultat est grandiose, une amitié profonde (marquée par la fête de fin d’année), un humour génial et des bons sentiments derrière des thèmes sérieux (la dépression) traités intelligemment. Avec une coupe de cheveux inédite, Hugh Grant peaufine son style fait d’auto-dérision et de vague à l’âme. Très touchant et hilarant. Tout ça par les frères Weitz après notamment American Pie. Inattendu mais réjouissant. J’ai failli dire que c’était un grand film. En tout cas, je suis sur de revoir toujours avec plaisir Pour un garçon pendant des années. C’est un peu une définition d’un classique…



Introduction
L’enfance (jusqu’à 1990)
L’adolescence (1990-1995)
L’étudiant partie 1 (1995-1999)
L’étudiant partie 2 (1999-2002)
Conclusion (2009)

 Par Pascal     1 commentaire16 mai 2009    Catégories: Cinéma

Les films de ma vie – L’étudiant partie 1 (1995-1999)

Le bac en poche, je quitte pour toujours le foyer familial. Je n’y vivrai plus de manière continue. Et je me retrouve en classe préparatoire à Nantes. Admis là-bas à l’arraché, j’ai du mal à me faire à cette vie et les fameuses grèves de 95 m’empêchent de rentrer chez moi. Je me souviens qu’il y avait des trains prévus mais que des cheminots avaient fini par bloquer les voies. C’est sur que quand ça nous touche directement, ça laisse des traces. Le cinéma fut une belle échappatoire.
C’est à partir de cette époque que je note les films que je vois au cinéma et à la télévision dans un carnet. Je découvre les bandes-annonces sur Internet que je mets parfois plusieurs heures à télécharger (à bien y repenser, ça devait faire une sale note de téléphone, désolé maman/sophie) et que je découvre aussi véritablement les films d’horreur que mon frère louait, pour le meilleur du cinéma et pour le pire aussi.


Les 101 Dalmatiens
101dalmatiens1(1995 a priori) Les classiques Disney ressortaient régulièrement à l’époque, un peu moins maintenant où l’on préfère les suites un peu cheap voire les horribles remakes en « vrai ». Ces ressorties étaient une aubaine pour les parents. Ou les frères en l’occurence. Je me suis donc retrouvé à accompagner ma deuxième petite soeur, 9 ans, à voir le film. C’était toujours dans la petite salle de mon bled. Elle ne voyait pas bien l’écran alors elle est restée tout le temps sur mes genoux. Oh, j’ai toujours aimé les 101 dalmatiens mais avoir sur soi un petit bout prendre corps et âme part à l’action, craindre Cruella, taper des mains sur le siège devant, encourager les chiots à aller plus vite, avoir peur pour eux, être avec eux, a quelque chose de bouleversant.


Tout le monde dit i love you
toutlemondeditiloveyou(1995) Il y avait une euphorie critique à propos de Tout le monde dit i love you. Je crois que Télérama parlait de la meilleure comédie musicale américaine depuis l’âge d’or de la MGM. L’attente était très haute après un Maudite Aphrodite qui n’avait pas suscité une telle attente (Télérama avait mis « Pas si mal » ce qui est le plus bas que le magazine peut faire pour l’auteur). Le film fut un émerveillement complet. D’abord il y avait Edward Norton que j’ai découvert dans Peur Primale de Gregory Hoblit, un film à twist auquel je n’était pas vraiment habitué à l’époque et qui m’avait vraiment surpris (parce que j’ignorais simplement qu’il y avait un twist, désolé). Edward Norton m’avait vraiment sidéré et j’ai vu tous ces films jusqu’a Death to Smoochy. Il y avait la comédie irrésistible et les grands acteurs/stars (Julia Roberts, Goldie Hawn, Drew Barrymore, Alan Alda, Tim Roth, Woody Allen…). Enfin, il y avait la musique, des standards repris par les acteurs plutôt amateurs au chant et à la danse mais justes et sincères. Du Just You de Norton avec les mannequins dansants au I’m through with love volant de Hawn, Tout le monde dit i love you me donna cette impression rare de vivre le film que je vois à l’écran, de vivre le cinéma. Je l’ai vu une deuxième fois au cinéma avec ma mère et mon frère à Quiberon. Ils ont bien aimé c’est certain mais ne partageaient pas mon enthousiasme enfantin. Par la suite, Woody Allen sortit de très bons films mais il a fallu attendre le vénéneux Match Point pour que je retrouve une telle euphorie (bien que pas du tout de la même sorte)


A chacun sa guerre
achacunsaguerre(1997) En route pour le sud en voiture. On est dans un hôtel à autour de Bordeaux. Je dors avec ma petite sÅ“ur cadette (la troisième, 5 ans). Et elle dort vraiment, du moins je crois. Il y a Canal+ alors je regarde ce qui passe : c’est A chacun sa guerre, un film avec Kevin Costner et Elijah Wood passé assez inaperçu. Je n’en ai pas parlé alors je profite de ce film pour le faire : Kevin Costner était vraiment une idole pour moi. Son règne était alors déclinant mais il avait encore (et a toujours pour moi) une aura formidable que j’évoque à l’occasion de la sortie de Mr Brooks. Eh bien, dans cette chambre d’hôtel, je passai un excellent moment, très tard, entre ce « petit » film très émouvant autour d’un vétéran du Vietnam dans la campagne américaine, la vraie Amérique à l’abri des grandes métropoles, et la respiration de ma sÅ“ur. Il y a quelque chose de très anodin dans cette anecdote mais c’est un souvenir heureux toujours ancré dans ma mémoire.


Les Apprentis
lesapprentis(1996) J’avais vu le premier film de Pierre Salvadori, le formidable Cible Emouvante et il pourrait largement tenir sa place dans cette liste. Mais de tous les films (tous bons) du réalisateur, c’est bien Les Apprentis qui m’a le plus émerveillé. Deux paumés qui se lient d’amitié (la naissance de cette amitié est une formidable ellipse sous forme de brouillons de lettres à une ex) et qui vivent diverses galères souvent fort drôles mais de plus en plus pathétiques et désespérées. Difficile de ne pas s’attacher à ces deux clowns tristes jusqu’à cette très jolie fin sur forme de véritables retrouvailles.
Du coup, je suivais avec intérêt la carrière des acteurs : Marie Trintignant (une seule mais belle scène dans Les Apprentis) était géniale dans Des Nouvelles du bon Dieu. François Cluzet, très drôle dans Enfants de Salaud, a joué dans un des grands films français de ces dernières années (l’excellent Ne le dis à personne). Quant à Guillaume Depardieu, il nous a quitté bien tôt.


Trainspotting
trainspotting(1996) C’était vraiment l’époque où je souhaitais essayer un peu tous les cinémas, notamment les films un peu trash du moment, ceux à la mode. J’avais déjà vu plus jeune le premier film de Danny Boyle, Petits meurtres entre amis, et pour tout dire, c’était une des rares fois à l’époque où je voyais quelque chose quelque peu différent voire déroutant sitôt passé le troisième acte du film. Avec une réputation béton et un sujet , la drogue, traité de manière frontale (et malgré tout ludique), Trainspotting était un film très attendu et demeure un des films les plus marquants des années 90. Et pour cause, je ne l’ai vu qu’une fois à sa sortie en juin 1996 et j’ai des souvenirs tout à fait précis du déroulement, de nombreuses séquences, souvent vraiment hilarantes, de Ewan McGregor/Renton, de Robert Carlyle/Begbie… et puis de Tommy (Kevin McKidd, revu dans l’immense série Rome). 
Cet athlète bien sous tout rapport, clean, qui suite à une rupture amoureuse (provoquée indirectement par ses amis, comble de cette tragédie) se met à l’héroïne comme son entourage. Sauf que pour lui, il s’agira d’un voyage sans retour. Il y a cette scène où Renton, sevré de force par ses parents, lui rend visite : l’appartement est vidé (tout a été vendu pour de l’héro vraisemblablement), sale et Tommy n’est plus qu’une ombre. Cette séquence, son destin tragique (il est mort à cause d’un châton) est parmi ce que j’ai vu de pire sur la drogue et au cinéma. Même Bad Lieutenant ne m’a pas autant secoué (sans doute parce que je l’ai vu à la télé et l’effet était atténué). Au cinéma, ces descentes aux enfers m’ont toujours mis mal à l’aise. L’histoire de Tommy m’a fait faire des cauchemars. Maintenant ça va mieux, mais il est préférable que je ne revois pas ce (grand) film.


Gattaca
gattaca(1998) Gattaca est mon film préféré. Amateur de box office, je lis boxofficeguru hebdomadairement depuis 1996. Gattaca faisait un bide au Box Office mais j’ai cherché à en savoir plus sur le film. Je remarquai au travers d’une photo ce film avec Uma Thurman et Ethan Hawke. Sans trop surinterpréter, cette photo avec les deux personnages tirés à quatre épingles dans leur costume sombre m’avait intrigué. Le sujet, une société fondée sur la sélection par les gènes, était de toute façon suffisant pour me faire me déplacer d’autant que la critique était bonne. J’ai aimé ce film au delà de toute attente. Je ne crois pas qu’il y ait une seule scène que je ne trouve pas géniale. En fait, je ressens plus de choses pour ce film que je ne pourrais l’exprimer. Il faudrait que je parle de chaque scène, chaque phrase prononcée en voix off par Vincent. Pas un seul instant, un seul mouvement me semble superflu ou juste « ok ». C’est le film parfait d’Andrew Niccol, magnifique, au cadre glacial mais débordant d’émotion sous un soleil persistant. Ce n’est pas le seul paradoxe : Gattaca est l’histoire d’un homme déterminé à devenir astronaute et qui va se servir des travers de son monde pour parvenir à ses fins là où il n’aurait sans doute pu y parvenir dans le notre (il a des problèmes cardiaques lourds). C’est peut-être le meilleur moyen de montrer qu’il est absurde. 
S’il ne fallait découvrir qu’un seul film dans tout ceux que j’ai évoqués, ce serait celui-ci.

La photo en question :

gattaca_photo


Le projet Blair Witch
blairwitch(1999) C’est l’époque où j’aime bien voir des films qui font peur. Je lis assidument (comme maintenant) Mad Movies depuis qu’un pote du lycée, Stéphane pour ne pas le nommer, me le fit découvrir en même temps qu’X Files. Et donc Blair Witch est la sensation du moment. Et ça ne passe pas à Quiberon. Je n’ai pas le permis mais mon pote Guillaume, qui deviendra près de dix ans plus tard un des témoins de mon mariage, sait conduire et a une voiture. Alors on va en ville, à Lorient. A l’aller, on discute et déconne bien. On va voir le film. Et on rentre. Dans la voiture, on déconne mais pour se rassurer. Il fait nuit. On se dit que si tous les gens sont restés bêtement regarder l’écran après la séance, encore sous le choc, ce n’est pas pour rien. On a 22 ans. Et on est flippé comme des cons.
Depuis, le concept du film réalisé façon amateur a été repris avec succès (Cloverfield et [Rec]), on a découvert bien d’autres films de terreur dont ceux du Japon. Je pourrais parler des géniaux Ring et Haute Tension et de la manière dont il scotchèrent ma deuxième petite sÅ“ur et moi et qu’entre les 101 Dalmatiens et les années 2000, elle avait bien grandi, je pourrais aussi évoquer le traumatisant Dark Water (par Hideo Nakata, auteur sur Ring). Je conclurai par Saw, un thriller à twist très jouissif, tout simplement parce que c’est le dernier film du genre que j’ai vu au cinéma, ce qui est fort dommage vu que c’est à peu près à l’époque que ma soeur cadette s’est mise à les voir à la chaîne (souvent avec mon père d’ailleurs qui du coup voit tout). Mais j’aurais toujours une pensée pour ce Blair Witch, pour cette séance en apesanteur. Même averti, même en vf, le film m’a terrassé. Quelques années après, je revis la fin sur un petit bout d’écran, les traces de mains d’enfants sur le mur, un des protagonistes dans le coin et la fille qui pleure et s’écroule. Et j’étais flippé comme un con.



Introduction
L’enfance (jusqu’à 1990)
L’adolescence (1990-1995)
L’étudiant partie 1 (1995-1999)
L’étudiant partie 2 (1999-2002)
Conclusion (2009)

 Par Pascal     2 commentaires10 mai 2009    Catégories: Articles Cinéma

Les films de ma vie – L’adolescence (1990-1995)

1990-1995 (13-18 ans) est selon moi une période clé, particulièrement 1993. Je crois que mon amour pour le cinéma se résume bêtement à courir après ces années de grâce sans jamais trop y parvenir. C’est un moment où je vais plus souvent seul au cinéma ou seulement en compagnie de mon père avec qui je passai d’excellents moments en salle. C’était un plaisir encore assez rare et donc mon enthousiasme s’en trouvait grandi. C’est là où je commence à ressentir le bonheur que me procure le cinéma, la salle obscure. Des très belles choses sont dites par Jean-Luc Godard et Woody Allen sur ce sujet ici.

L’Homme aux deux cerveaux
deuxcerveaux(1990) Je passai pas mal de temps chez mon cousin (différent de celui qui me fit découvrir Brazil) dans le sud. Freesbie fou, piscine, jardinage forcée… et cinéma. On louait surtout des films type ZAZ donc du type Y’a t’il un pilote dans l’avion ? et son hilarante suite (des nombreux fous rires pour faire dans la super private joke). On s’amusait bien, on se repassait des scènes. Comment sommes-nous tombés sur cet Homme aux deux cerveaux, en vo qui plus est ? Je l’ignore. Toujours est-il que cette farce un peu fantastique avec Steve Martin en docteur du cerveau nommé Hfuhruhurr nous a laissé sur les fesses. Qu’est-ce qu’on a rit. Je l’ai revu il y a quelques années en français. Peut-être pas aussi drôle que je l’espérais mais toujours très recommandable.
Quelques années plus tard, je passai chez mon cousin pour quelques heures. On avait grandi. Le lecteur dvd n’avait pas remplacé définitivement le magnétoscope mais il trônait déjà dans la salle. On n’avait pas le temps de regarder un film mais on jeta un regard sur la collection de dvd naissante. Les tout premiers dvd. Il y avait l’étoffe des héros. On s’est passé la superbe fin du film où Chuck Yeager, qui refusa d’aller dans l’espace, se mit en tête de battre le record d’altitude en vol et vit les étoiles. Le calme régnait pendant cette vision. Un beau souvenir.


Tatie Danielle
tatiedanielle(1990) Tatie Danielle est le deuxième film d’Etienne Chatiliez après le succès mérité de La Vie est un long fleuve tranquille. Comme toujours, le mauvais esprit du réalisateur tourne à plein régime avec l’aide de Florence Quentin au scénario (et complètement en perdition depuis Le Bonheur est dans le pré, mon préféré du réalisateur). Je n’ai que peu de souvenirs de la comédie elle-même et des dialogues si ce n’est précisément une scène vers la fin où Tatie, dans un appartement dévasté mange du canigou. Avais-je déjà des symptômes ? Je l’ignore, mais cette scène de déchéance, vraiment dégueulasse, m’a donné la nausée jusqu’au soir et pendant la nuit. Et je suis toujours aussi dégoûté quand je repense à cette horrible séquence. C’était peut-être l’effet recherché. J’ai vu pas mal de films plutôt dégueulasses et j’ai rarement aimé ça (sauf gore comique type Braindead) mais j’ai vécu sans doute ici ma pire séance de cinéma.


Terminator 2
terminator2(1991) Le problème à l’époque c’est que le film à Quiberon passait avec un certain retard par rapport à la sortie nationale et uniquement le weekend (sauf en été). La mère d’un bon copain du collège nous conduisit donc à la ville, en l’occurrence Vannes, le jour de la sortie (un mercredi donc). J’avais 13 ans, un peu au-dessus de la limite autorisée. Comment ne pas croire que nous avions vu le meilleur film de notre vie, spectaculaire, hilarant et assez touchant même si on l’admettait moins à l’époque ? Je l’ai revu deux fois au cinéma. A Quiberon.
Et je me suis longtemps dit qu’au niveau des effets spéciaux, Terminator 2 donnait l’impression qu’on ne ferait jamais mieux tandis que Jurassic Park, un an après, ouvrait le cinéma vers les effets spéciaux numériques de masse. C’est évidemment faux. Mais cela révèle combien pour moi Terminator 2 est un film définitif.


La Crise
lacrise(1992) Il m’est difficile de dire ce que j’ai pu ressentir sur ce film que j’aime maintenant un peu moins. Plus jeune, j’ai vu à de nombreuses reprises cette histoire d’un homme (Vincent Lindon) perdant le même jour sa femme (qui le quitte) et son boulot dans l’indifférence générale et qui redécouvre, en gros, le sens de la vie avec l’aide d’une sorte de sidekick collant (Patrick Timsit). La Crise est un film drôle et tendre, qui me présentait à l’époque des points de vue auquel je n’avais jamais vraiment songés. C’est un des tout premiers films pour lequel j’ai tenté d’écrire une critique. J’ai égaré depuis cet écrit mais je crois que je considérais à l’époque ce film comme mon préféré. Ce sont surtout les scènes plus touchantes qui me plaisaient notamment la fin magnifique. La musique et les paysages sont superbes. Et il y a des séquences franchement drôles, notamment la visite surprise du prétendant de la soeur du héros venant déménager chez elle.
J’ai vu la plupart des films de Coline Serreau peu après. J’avais bien aimé la Belle Verte, film plus ou moins de science fiction plutôt audacieux, un peu raté quand même. La suite de Trois hommes et un couffin, 18 ans après, était plutôt sympa. Et enfin Chaos avec un Vincent Lindon assez inattendu en enflure. Je le préfère en mec sympa mais il est tout à fait bon comme tous le reste du casting d’ailleurs. Mais le propos féministe était sauvagement outrancier. Les hommes sont des cons et les femmes sont vertueuses. Peut-être, mais à force d’exagération, Serreau a sans doute desservi sa cause, même si le film a quelques bons moments. Et finalement, à chaque vision de La Crise, je me rends compte que la caricature est également assez énorme. Il demeure que La Crise fut longtemps un de mes films de chevet et que son sujet sur l’écoute de l’autre n’a pas perdu tout son éclat. J’ai eu à peu près le même effet que j’ai eu avec Mercredi Folle Journée de Pascal Thomas, toujours avec Vincent Lindon. J’ai adoré ce film puis un peu moins après des visionnages sur petit écran. Mais il me reste les souvenirs intenses de moments merveilleux au cinéma. Et j’adore toujours autant Vincent Lindon dont j’ai vu la plupart des films depuis La Crise (dont 12 au cinéma).


My Girl
mygirl(1992) Nous sommes en pleine Macaulay Culkin mania. J’avais vu Maman j’ai raté l’avion au cinéma de Quiberon et on voyait l’enfant cabotiner devant son miroir et les scénaristes s’arracher les cheveux pour faire en sorte que les parents mettent un certain temps à se rendre compte de la disparition de leur progéniture. Après ce succès fou, l’enfant devint une star et c’est donc dans ces conditions que sortit My Girl avec également Anna Chlumsky, Dan Akroyd et Jamie Lee Curtis. C’est une histoire d’amitié entre deux préados, un garçon et une fille. Une belle histoire à l’issue quelque peu triste. 
Et c’est précisément pour cela qu’il faut que je parle de My Girl. Du haut de mes 14 ans bien avancés, il fallait montrer le moins d’émotion possible, surtout du type midinette ou « gamin » (une des injures que j’entendais de plus en plus). J’ai souvent les larmes aux yeux au cinéma mais je ne pleure jamais. Accompagné de mon père et de ma petite soeur, je me devais de montrer que j’était un homme. Pourtant, dans la pénombre, j’ai pleuré. Les larmes ont coulé sur ma joue. Je les ai séchés. Je suis sorti avec le regard dur, indifférent au sort du couple à l’écran. Ca ne m’arrive plus du tout au cinéma. C’est un moment clé car je pense à ce film à chaque film un peu triste où je suis sur le point de craquer. Et je me retiens. Bienvenue dans l’âge adulte.
Un film très similaire est sorti en 2007 : le secret de Térabithia. C’était très beau également. Je n’ai pas pleuré.


Aladdin 
aladdin(1993) J’ai un souvenir en mémoire deux ans avant ce film où j’allais voir un Disney au cinéma, la Belle et le Clochard je crois. Alors que je faisais la queue avec ma petite sÅ“ur (la seule à l’époque), je croisais des camarades du club des Bélugas. Ils se moquèrent de moi arguant que le film était pour les enfants. Je me défendais comme je pouvais en disant que j’étais « obligé » d’accompagner ma petite sÅ“ur. Je n’avais pas encore quitté la candeur, parfois cruelle, de l’enfance que je rentrais dans la connerie adolescente. Le lendemain, pour me donner une contenance, je dis que j’étais resté seul pour la séance de 22h30, afin de voir Rain Man ce qui était un mensonge. C’est ainsi que j’ai raté la Petite sirène et la Belle et la Bête à leur sortie, il fallait ne pas être un gamin. Et vint ensuite Aladdin qui eut la bonne idée d’être un plus acceptable car plus adulte. Je le vis dans la salle de Quiberon et je me suis vraiment amusé. Et à ce moment, je repensai à ce mauvais souvenir et je me dis explicitement, une bonne fois pour toute, que j’irai voir ce que je voulais au cinéma. Je revis quelques années plus tard la petite Sirène au cinéma quand il ressortit. C’était très bien.


Jurassic Park
jurassicpark(1993, l’année de Jurassic Park). On nous vantait les effets spéciaux prodigieux et le succès foudroyant aux USA du nouveau film de Steven Spielberg. J’étais au lycée. Station balnéaire un peu réputé, Quiberon demeure un bled, le cinéma c’était le weekend et les films n’étaient pas toujours de la première exclusivité. Beaucoup de lycéens autour de moi l’avaient vu ou au-moins entendu parler. Ca devait être la première fois que j’entendais la critique négative du type « ce film est très américain ». Il y avait un consensus sur la nullité de ce film avec des dinosaures. J’aimais beaucoup Spielberg (j’aime toujours), j’aimais bien le cinéma (j’aime beaucoup plus). Mais je voulais malgré tout être de l’avis de tout le monde, critiquer un mauvais film parce que très américain. 
En ce temps là (et pour une décennie), il n’y avait plus qu’une salle de cinéma (au lieu de deux) à Quiberon. Celle-ci était petite, 100-120 places. Pour ce film, elle était complètement remplie. J’étais au dernier rang dans les banquettes où on est mal assis. J’étais venu le voir seul un samedi soir. Ce fut une claque monumentale, une sorte d’émerveillement complet. Ce soir là, j’ai touché le cinéma et il me l’a bien rendu. J’étais très enthousiaste auprès de mes amis. Je ne ferai cependant pas le couplet du geek seul contre tous, il n’y a pas eu de débats passionnés. En fait, tout le monde s’en foutait que j’ai aimé le film. Il est possible que la postérité ne le retienne pas comme un chef d’Å“uvre impérissable. Qu’importe, Jurassic Park est un des plus grands films que j’ai vu, un vrai bonheur mais qui s’est révélé très personnel. Je l’ai même dit, avec conviction, à l’oral de français du concours Mines-Ponts après un candidat qui parlait de poésie au 18è. Inutile de dire que je fus recalé.


Meurtre mystérieux à Manhattan
meurtremysterieux(1993) Mon vrai premier Woody Allen au cinéma. J’avais déjà été voir Alice en famille mais je n’étais donc pas seul. C’était un samedi après-midi. Je crois que j’étais seul dans la salle. Il n’y avait pas toujours du monde au cinéma à cette époque. Je me souviens aussi d’une séance seul d’Ace Ventura, distribué en France après le succès de The Mask bien qu’antérieur à celui-ci. Il fit définitivement de moi un fan de Jim Carrey. Mais revenons à Allen. Ma maman et mon grand frère aimaient particulièrement Woody Allen et nous avions beaucoup de VHS de ses films (en VF et VO). C’est sur que j’aimais ces films mais plus par une sorte d’instinct de groupe. J’allais voir Meurtre mystérieux à Manhattan en solitaire, sans vrais repères si ce n’est un a priori forcément positif. Comme pour Jurassic Park, ce fut un choc, la synthèse de certaines choses que j’aimais au cinéma : une comédie policière avec des vrais scènes de suspense (dont le retour du suspect dans son appartement alors que Diane Keaton le fouille – la musique qui passe est absolument géniale), des acteurs géniaux et Woody Allen partout, à l’écriture, à l’écran, à la caméra. Devenu par la suite le Woody Allen préféré de mon frère, Meurtres mystérieux à Manhattan est le film qui me fit complètement entrer dans son univers, sa vie (à l’époque très décriée). Commença alors une redécouverte des VHS et de ses films qui dure encore aujourd’hui. Et je n’ai depuis jamais manqué un Woody Allen au cinéma.


Un jour sans fin
unjoursansfin(1993) Encore au cinéma de Quiberon, en été. Je ne me souviens plus ce qui m’a amené à me rendre dans le cinéma ce soir-là, encore seul, peut-être une bande-annonce drôle. Arrivé sur les lieux, je tombe sur un excellent pote du collège, celui avec qui j’avais vu Terminator 2, accompagné de ses potes. Je ne sais plus s’ils étaient bourrés mais le moment était plus propice à la déconnade sans vraiment s’intéresser à ce qui se passe sur l’écran. Je me suis mis avec eux. Ca déconnait, ça se déplaçait. Moi je regardais le film, le festival comique si précis et soutenu et pourtant si libre de cet homme vivant la même journée implacablement. Et il y a le dernier acte, cette rédemption magnifique, et toujours drôle, nous amenant à une conclusion faisant d’Un jour sans fin la plus belle des comédies romantiques et le meilleur des feel good movies. Je connaissais et appréciais déjà Bill Murray ne serait-ce que pour S.O.S. Fantômes. Il rentra dans mon panthéon  de « mes » acteurs avec ce film tout comme Andy MacDowell (sublime dans l’assez méconnu mais pourtant excellent Harrison’s Flowers sur la guerre en Yougoslavie. Sans avoir vu la plupart de ses films, je devine que ça doit être de très loin le meilleur d’Elie Chouraqui).
Des années plus tard, Adam Sandler et Drew Barrymore reprirent un concept similaire avec Amour et amnésie. Résultat : La meilleure comédie romantique des années 2000. Et pourquoi pas ?


La Liste de Schindler
schindler(1994) Ironie du sort, d’une influence extérieure immense ou d’une crise adolescente, je n’étais que fort peu enthousiaste à me déplacer pour plus de trois heures dans cette liste de Schindler. Le plus drôle est de constater que, quelques mois seulement après le choc Jurassic Park, je me complaisais une nouvelle fois dans le credo « film très américain ». Je m’attendais à quelque chose de larmoyant en pensant à des choses comme le téléfilm Holocaust, que je n’avais même pas vu. Nous sommes allés le voir avec mon père et mon frère je crois. 
Que dire de ce film au fond ? Qu’on est emporté dès les premiers instants où Schindler prend tout son argent pour arroser des nazis, qu’on se sent con et triste à la fin quand il se repend de n’avoir pu sauver plus du monde, qu’on est bouleversé quand Stern nous parle du bien et du mal la fameuse liste à la main, que deux expériences m’ont montré qu’il était impossible de quitter l’écran quand on zappe sur ce film à la télé, que j’ai les larmes aux yeux rien qu’en pensant à ce film, qu’il avait changé ma façon de voir les choses sur les hommes, sur l’Histoire, sur le pouvoir. Idiot peut-être mais qui puis-je ?



Introduction
L’enfance (jusqu’à 1990)
L’adolescence (1990-1995)
L’étudiant partie 1 (1995-1999)
L’étudiant partie 2 (1999-2002)
Conclusion (2009)

 Par Pascal     3 commentaires3 mai 2009    Catégories: Articles Cinéma

Les films de ma vie – L’enfance (jusqu’à 1990)


Le retour du Jedi
retourdujedi(1983) Ai-je vu Le Retour du Jedi au cinéma ? Est-ce mon premier film vu dans une salle obscure ? J’aime à penser que oui, que Le Retour du Jedi est mon premier souvenir de cinéma. Et je pense surtout avoir dissocié mes souvenirs d’enfants de ceux de maintenant, ayant vu plusieurs fois Le Retour du Jedi. Ces souvenirs sont révélateurs : R2D2 et CP30 dans le désert allant rendre visite à Jabba le forrestier, le duel final au sabre laser et les éclairs terrifiant de l’empereur et peut-être un peu les Ewoks. Je me pose souvent cette question : est-ce qu’un enfant, disons jusqu’à 12 ans, peut regretter l’apparition des Ewoks dans Le Retour du Jedi ou celle de Jar Jar Binks dans la Menace Fantôme ? Je ne crois pas. 
Je me suis toujours demandé à quel point j’apprécierais Star Wars en le voyant pour la première fois passé 20 ans. Ces films ont une plus grande force (héhé) quand on les voit enfant. La majorité de ceux qui ont grandi avec Star Wars préfèrent la première trilogie, chronologiquement parlant, à la seconde et beaucoup pourront le prouver de manière objective mais ce n’est vraiment pas la même chose de voir une Å“uvre lorsqu’on est adulte. Il nous restera à demander à nos enfants quel est leur préférence.


Un cadavre au dessert
uncadavreaudessert(années 80) Celui-ci est un véritable film familial. Il devait être parmi nos premières VHS dès lors que nous pouvions enregistrer les films à la télé. Cette histoire de meurtre pour rire est une vraie fantaisie, très parodique mais je ne le découvris que bien plus tard. C’est la distribution qui nous plaisait beaucoup particulièrement David Niven que nous aimions particulièrement pour Le Cerveau ainsi que Peter Falk car on aimait bien Columbo. Ce n’est encore que bien plus tard que je fis le rapprochement entre Alec Guiness et Obiwan, notons que celui-ci pendant le tournage lisait le script de Star Wars, et que je découvris l’immense Peter Sellers. Je ne parle même pas de Maggie Smith (McGonagall dans Harry Potter), James Crowell ou Truman Capote. Je ne me rendis compte de la présence de ce dernier dans le film lors de la sortie du film Capote. Un vrai vivier de talents. 
Quoiqu’il en soit, le ton élégant et ludique du film plaisait à tous mes frères et sÅ“urs si bien que ma sÅ“ur ainée s’était mise en tête de le retourner avec nous et des amis. Elle écrivit ainsi les dialogues sur sa Rollyprint et plusieurs éléments de décors furent construits. J’aurais du jouer le majordome aveugle (le rôle d’Alec Guiness). 


Cours après moi shérif 
coursapresmoi(années 80) Je dirais que j’ai du le voir une vingtaine de fois dans les années 80. Je le connais presque par coeur. J’ai revu très récemment cette course poursuite pour le fun, immense succès au box office US, avec Burt Reynolds qui « roule sa bosse » avec sa transamerica noire : transporter 400 cartons de bière de contrebande depuis Texarcana, Texas jusqu’à Atlanta en 28 heures, le tout pour 80 000$. Un beau programme : des voitures, des camions, des flics et quelques filles. Au demeurant, le film est (toujours) drôle particulièrement la première partie, Jacky Gleason est hilarant et Sally Field est angélique. Ma cousine espagnole appelait ce film, le « film avec des gros mots ». Le langage n’est pas très chatié effectivement. En grandissant, je comprenais peu à peu les nombreuses allusions sexuelles ou racistes. Un film pédagogique en quelque sorte…


Le Cerveau 
lecerveau(années 80) C’est un fait : quand je pense à Eli Wallach et David Niven (vu aussi dans Un cadavre au dessert), je pense d’abord à cette comédie avec également Bourvil et Jean Paul Belmondo soit une distribution fort hétéroclite. Gérard Oury est dans sa période où il signe ses meilleurs films, généralement avec Louis de Funès mais pas ici. Au cours de mes dizaines de vision, j’ai appris à aimer à peu près tous les instants du métrage. Tous les gags fonctionnent et sont hilarants, souvent improbables (l’explosion de l’aquarium et surtout la bataille à coup de fusées d’artifice) avec des dialogues géniaux. Le film parodie la mafia, les casses estampillés « du siècle » et les grandes évasions. Une de ces comédies française d’exception qui fait de l’ombre à toutes celles des années 2000.
Souvenir peu glorieux : à peu près toute ma famille se moquait, et se moque encore, de moi car je chantais le générique d’introduction, en anglais (« The Brain« ), dans une langue personnelle faites de sonorités que j’avais l’impression d’entendre. Difficile à expliquer. Mais je me souviens encore de la manière dont je la chantais.


Ne nous fâchons pas / Le Monocle rit jaune / Laisse aller c’est une valse 

nenousfachonspas lemonocleritjaune laisseallercestunevalse


(années 80) Trois films de Georges Lautner ont définitivement bercé mes jeunes années. J’ai toujours l’impression que Ne nous fâchons pas est resté dans l’ombre des Tontons Flingueurs. Sans mésestimer ce dernier que j’adore, je crois que je préfère ce film, question de nostalgie peut-être. Je le trouve aussi plus inventif et plus délirant avec des répliques cultes qui alimentent régulièrement les conversations en famille, comme beaucoup des films que je cite. On y trouve aussi un réjouissant penchant anti-anglais que l’on retrouve également, l’espace d’une sentence de Paul Meurisse, dans Le Monocle rit jaune : »Sachez mon cher qu’il est toujours bon d’être en guerre contre les anglais » (de mémoire). Tourné après les Tontons Flingueurs, où Paul Meurisse fait un caméo, Le Monocle rit jaune clôt en fanfare les aventures du commandant Théobald Dromard dit « Le Monocle ». Pas forcément très connue, cette comédie d’espionnage est délicieusement invraisemblable et mérite d’être découverte rien que pour voir Le Monocle abattre deux hommes d’une seule balle et s’écrier : »Oh ! Un doublé ! ». Dernier film, Laisse aller c’est une valse nous fait définitivement rentrer dans les années 70 avec l’aide de Bertrand Blier au scénario et Jean Yanne le bougon en tête d’affiche. Comme toujours le casting est parfait et fait naître des très grands moments de comédie dont une fusillade folle dans une station service avec des chasseurs. J’envie mon frère d’avoir vu récemment au cinéma ce film en présence du réalisateur.


Le Père Noël est une ordure / les Bronzés / les Bronzés font du ski

leperenoelestuneordure lesbronzes lesbronzesfontduski


(années 80) Plus que tous les films que je viens de citer, il n’y a pas vraiment lieu de présenter ces comédies archi-connues (trop connues ?). C’est marrant mais quand j’avais l’occasion, assez rare et sans exaltation, de parler de ces films à l’école, jusqu’au lycée, j’avais l’impression que personne n’avais vraiment vu ces films. Ce n’est qu’en arrivant qu’ »Ã  la ville » pour mes études que je découvris que j’étais loin d’être le seul à adorer ces comédies du Splendid. Particulièrement dans les deux premiers on ressent de manière palpable une profondeur dans la mesquinerie, l’hypocrisie qui fait froid dans le dos tout en faisant hurler de rire. Qu’on se le dise, ce sont ces films qui sont les vrais comédies familiales dont les dialogues imprègnent nos conversations et contribuent à la constitution de son cocon. A ce que je peux constater dans mon entourage, Il est de bon goût de préférer la pièce le Père Noël est une ordure (que ce même entourage a seulement vu à la télé). Je préfère le film, aboutissement ultime de multiples représentations.


L’aventure c’est l’aventure
laventure(années 80) L’aventure c’est l’aventure est sans doute le film de Claude Lelouch que je préfère (je suis loin de les avoir tous vu ceci dit). Soit une bande de potes formant un gang atypique mais dont chacun des membres est motivé par le même but : le fric. Il en résulte un film sur la politique terriblement comique. Là encore, les scènes cultes se succèdent sans temps mort avec cinq acteurs au sommet : Lino Ventura, Jacques Brel, Charles Denner, Charles Gérard et Aldo Maccionne (qui est vraiment bon : »Mais ne discoute pas avec le communisme »). Avec le recul, c’est peut-être curieux que de tels films soient vus et appréciés par un gamin. Chez moi, le second degré s’est aiguisé assez jeune fortement influencé par un grand frère et une grande soeur. Le film a sans doute un peu vieilli mais il est toujours aussi drôle.
Et nous sommes toujours en cinquième république.


Le grand blond avec une chaussure noire
legrandblond(années 80) Sorti la même année que L’aventure c’est l’aventure, Le grand blond avec une chaussure noire est selon moi le meilleur film de Pierre Richard et un des joyaux de la comédie française. Yves Robert tourne avec le plus grand sérieux toute la partie espionnage du film comme s’il se trouvait dans un film politique américain de la même époque (le film date de 1972). Bernard Blier (avec sa réplique culte « Ce sont ses yeux qui le trahissent »), Paul Le Person et Jean Rochefort jouent le jeu avec conviction. Le réalisateur introduit alors Pierre Richard, bien accompagné par Jean Carmet, qui fait imploser tout ce monde et il fait de Mireille Darc un délicat lien entre ces deux mondes, aussi absurde l’un que l’autre au fond. Bon je ne pensais pas à tout ça gamin, le film me faisait vraiment rire. J’adorais l’installation des micros dans l’appartement et l’écoute permanente , le concert tournant en eau de boudin, le bruit des pistolets silencieux et l’inoubliable musique de Vladimir Cosma. Ecriture, tempo comique, mise en scène, acteurs, musique… tout est réussi. Farpaitement. Evidemment, la suite ne parviendra pas au niveau de ce film.

Quel générique :


Brazil
brazil(1987) Nous étions en vadrouille chez mon cousin parisien, 16 ans, avec mon frère et maître à penser de 13 ans (Je ne suis pas spécialement intelligent mais j’aurais été moins que rien sans lui). J’avais à peine 10 ans. Mon cousin nous fit monter dans la salle télé et nous parla d’un film qu’il avait loué et qui était super. Il le mit dans son magnétoscope. Ai-je vu ce film en entier à ce moment ? Je n’en suis pas si sur. Mais il est certain qu’un choc se produisit, particulièrement sur mon frère qui adora l’atmosphère, l’absurdité du propos, le ton de Terry Gilliam. Nourri par ce film depuis un assez jeune âge, Brazil demeure pour moi un film somme, peut-être le mètre étalon de tout ce que je peux aimer au cinéma : l’humour absurde, l’absurdité tout court, les décors énormes, l’Å“uvre décrivant tout un monde proche du notre en plus désenchanté, l’aspiration au rêve, à la liberté, l’onirisme, l’amour, la musique imprègnant les images, les travellings, la vision d’un homme… un monument qui sera prolongé de plusieurs autres grands films dont le prodigieux L’Armée des douze singes.


Mad Max 3
madmax3(1988) C’était en classe verte aux Carroz d’Arâches. J’avais 10 ans. J’appris là-bas la réélection de Mitterand. Entre une marche champêtre et un cours de danse folklorique, un de nos moniteurs proposa de regarder un film parmi deux possibilités. Ce fut Mad Max 3 ou et un autre. Le vote des élèves alla très largement en faveur de Mad Max, peut-être guidé par le fait que ce n’était pas spécialement pour les enfants de notre âge. Je préférais l’autre, que je crois que j’avais déjà vu. Je ne me souviens pas du tout du titre. Ce fut donc mon premier Mad Max que nous, la classe de CM2, regardions il me semble fort sagement, captivés peut-être. Le film n’est pas très bon et je ne l’ai jamais revu mais j’ai toujours en mémoire quelques moments du film dont cette fameuse loterie des châtiments. Il y avait aussi une Tina Turner plutôt mémorable (si, si). A la fin, à l’issue d’une grosse bataille de bolides (on adorait faire des bolides type Mad Max en lego avec mon cousin et mon frère) et d’une échappatoire vers une sorte de monde meilleur, un vilain était totalement broyé dans des décombres. Seul sa main dépassait ce qui lui permit de pointer son majeur. Il n’en fallait pas plus pour provoquer la joie des élèves. Je me souviens encore jouer les critiques de pacotille commentant le bon jeu de Turner tout en trouvant Max plutôt fade. En même temps, je n’ai aucun souvenir de Mel Gibson dans ce film !
J’ai depuis vu les deux premiers films et je n’ai pas vraiment accroché. Enervant car j’ai l’impression d’être passé à côté de quelque chose.


Trois fois Indiana Jones 3
indy3(1989) Les quelques lecteurs connaissent ma passion pour Indiana Jones même ses dernières aventures. Je ne pouvais pas ne pas le citer ici surtout qu’il me permit de découvrir la grande salle du Kinopanorama et pour lequel je fus un client régulier jusqu’à sa fermeture. C’est une salle de fitness maintenant. Je trouve cela très tragique. Je crois que ce fut aussi mon premier film en VO. La semaine qui suit, je l’ai vu deux fois de suite au cinéma à Montparnasse. C’est mon Indy préféré.



Introduction
L’enfance (jusqu’à 1990)
L’adolescence (1990-1995)
L’étudiant partie 1 (1995-1999)
L’étudiant partie 2 (1999-2002)
Conclusion (2009)

 Par Pascal     4 commentaires3 mai 2009    Catégories: Articles Cinéma

Les films de ma vie – Introduction

Ces articles rendent hommage au Ciné de la ville de Quiberon, à la dame qui offrait la place à ma petite soeur ainée (bon, elle s’endormait systématiquement au cours de la séance) et au Monsieur Ciné, encore en exercice, qui me passa Meurtre Mystérieux à Manhattan et Ace Ventura alors que j’étais seul dans la salle.

Depuis longtemps, j’avais envie de faire ces articles où je décrivais tout ces films qui m’ont marqués pour un tas de raison du souvenir d’enfance à une époque plus récente. Une sorte de rétrospective où j’évoque ces films que j’ai tant aimés ou que j’aime tant.
Il y a ces films impérissables qui caracolent perpétuellement en tête de tous les tops du cinéma et il y a ces autres films qui nous laissèrent une marque indélébile. Il ne faut surtout pas s’attendre ici à une liste définitive avec des Citizen Kane accompagnés de sept samourais. Nombreux films que je cite ne rentreront sans doute pas au Panthéon du 7ème art mais beaucoup parmi eux m’ont bouleversé, ou choqué, tandis que certains faisaient tout simplement comme partie des meubles pendant mon enfance. Il y a aussi ceux qui sont associés à des souvenirs plus personnels.
Les argumenteurs pourront donc me prouver en toute logique que les films cités ne sont pas toujours d’une immense qualité et pourtant, il ne s’agit même pas de plaisirs coupables mais bien de films qui demeurent à mes côtés, me réconfortent ou me hantent même si je ne les a pas revus depuis des années. Ils m’accompagnent et leur souvenir m’accompagnera sans doute toute ma vie.

Cette série d’articles est aussi un exercice de mémoire. Il est possible que j’ai oublié de mentionner des films que j’ai vraiment aimés, surtout jeunes. Cette liste n’est donc certainement pas exhaustive surtout que des séances mémorables, j’en ai eu dans ma vie. J’évoquerai aussi bien des bons que des mauvais films. Mais surtout des bons quand même. Je n’aime pas trop m’acharner sur des films que je n’ai pas aimés. Sauf quand j’espérais un excellent film et qu’il se révèle médiocre.

Bonne lecture.


Introduction
L’enfance (jusqu’à 1990)
L’adolescence (1990-1995)
L’étudiant partie 1 (1995-1999)
L’étudiant partie 2 (1999-2002)
Conclusion (2009)

 Par Pascal     Commenter2 mai 2009    Catégories: Articles Cinéma

Star Trek en affiche

J’aime énormément Star Trek donc tout nouveau film de Star Trek me met en joie. Ma joie pour ce nouvelle opus n’est cependant pas inconditionnelle. Le premier trailer est cependant bon :

Avec un budget de 150 millions de dollars, deux fois et demi plus que le précédent Star Trek Nemesis, on peut dire que les executives de la Paramount ont vu les choses en grand pour relancer la franchise. Et on en revient donc aux débuts des héros Kirk, Spock & Co toujours dans cette mouvance du préquel, mais aussi du renouveau avec le petit génie J.J Abrams aux commandes de l’entreprise (ahah). S’il a réussi à la télé (Lost, Alias), son passage au grand écran passe logiquement par l’adaptation de séries ainsi un Mission Impossible 3 assez poussif et donc ce film qui semblerait vouloir tirer un trait sur le passé à l’image de la Corvette détruite de la bande-annonce que d’aucun ont vu, le modèle datant des sixties, comme une illustration de ce renouveau. Arrogant donc, comme Kirk.

Tout ceci ne freinera pas l’enthousiasme énorme du monde de l’internet à la moindre info sur le film. J’en veux pour preuve les successives news sur les nouvelles affiches du film étalées sur plusieurs mois. J’aurais quand même quelques réserves sur leur aspect « nouveau ». Je vous laisse juge sur les affiches ci-dessous. Ou comment un filtre photoshop suffit à alimenter un buzz.

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 Par Pascal     Commenter5 avril 2009    Catégories: Articles Cinéma Séries

Les sorties du 1er avril

14 films cette semaine se bousculent dont un certain nombre qui pourraient avoir des prétentions en termes d’entrées au vu des différentes des affiches dans la ville de Paris.

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Les deux gros morceaux niveau marketing sont Safari et Monstres contre Aliens. Ce dernier m’a enthousiasmé dès le premier teaser délirant et hilarant et risque de faire beaucoup d’ombre à son rival de synthèse La Véritable histoire du Chat botté qui sort bêtement le même jour avec une bande-annonce assez peu drôle. Pour Safari, les nombreuses images m’ont fait sourire. Kad (acteur) et Olivier (réalisateur) semblent s’écarter du nonsense qui fit mon bonheur pour Mais, qui a tué Pamela Rose ? et Un ticket pour l’espace mais, hélas, pas le bonheur du box-office. Safari semble plus traditionnel dans son approche et sans doute moins barré. Le matraquage et la sincérité bonhomme de Kad Merad et de son « L’Afrique est un cri qui vient de l’intérieur » pourraient me faire me déplacer.
Autre film bien représenté : Prédictions, le nouveau film d’Alex Proyas qui prend son temps pour réaliser ses films. Onze ans ont passé depuis son chef d’Å“uvre Dark City, cinq depuis le sympa I, Robot. On reste dans le mainstream avec ce thriller apocalyptique mené par Nicolas Cage que je n’ai pas vu dans un bon film depuis Lord Of War.

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Après ces quatre films, il reste encore de la place chez JCDecaux pour Les cavaliers de l’Apocalypse, un de ces thrillers post Seven avec serial killer, torture, références bibliques à la pelle, enquêteur veuf et triste (Dennis Quaid) et la sublime Zhang Ziyi en folle furieuse. Ce sera pour la télé, peut-être. L’Å“il exercé apercevra sur les colonnes Morris quelques affiches de Frost / Nixon, l’heure de vérité. Sobrement intitulé Frost / Nixon aux USA, le nouveau film de Ron Howard, l’ajout français de « l’heure de vérité » ne donne que peu d’indications. Il s’agit d’une émission de télévision entre le présentateur David Frost et de Richard Nixon peu après sa démission de la présidence qui fut un record d’audience aux USA. La bande-annonce promet un haletant face-face.

Dans le métro, on aura certainement le regard attiré par le regard vide de Justin Chatwin et les couleurs horribles de l’adaptation live de Dragonball par James Wong. Je ne connais pas vraiment le dessin animé mais j’ai lu une vingtaine de tomes du manga lycéen. Autant dire que la bande-annonce la joue beaucoup plus sérieux que le manga avec plein de kung-fu et d’explosions. Bon ça a l’air quand même assez naze. Je suis sur que j’y trouverais mon compte mais ma femme…

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Enfin, il ne reste plus du tout de place, et aucune visibilité, pour Synecdoche, New York, première réalisation de Charlie Kaufman après quelques scénarios brillants et atypiques. Quand même : Dans la peau de John Malkovich, Human Nature, Adaptation, Confessions d’un homme dangereux, Eternal sunshine of the spotless mind. La bande-annonce présente un film étrange et bourrée d’idées portée par l’excellent Philip Seymour Hoffman jouant un dramaturge au bout du rouleau entouré des femmes de sa vie, mais visuellement terne à l’image de ces femmes (Samantha Morton, Catherine Keener, Emily Watson et bien d’autres…) peu joliment mises en valeur dans les quelques images qu’on peut voir.
Plus de place non plus pour Katyn, la paraît-il grande fresque d’Andrzej Wajda sur une page méconnue de l’histoire polonaise pendant la seconde guerre mondiale. Enfin, pour les très courageux qui auront déjà vu tous ces films, il restera notamment A l’aventure, une aventure érotique de Jean-Claude Brisseau. Beaucoup de fesses et de dialogues cons dans cette bande-annonce que j’aurais bien du mal à différencier avec les téléfilms de deuxième partie de soirée de RTL9. C’est bien la bande-annonce nulle de la semaine.

 Par Pascal     Commenter31 mars 2009    Catégories: Articles Cinéma

Duplicity

Vu le 25/3/2009 à l’UGC George V salle 2 en VO

Deux agents secrets, Ray et Claire, décident de démissionner de leur travail pour trouver leur place au soleil en montant un gros coup dans le privé. Ils se lancent donc dans l’espionnage industriel profitant du combat entre deux entreprises de cosmétiques où tous les coups sont permis.

Au vu de cet imbroglio apparemment comique, je pouvais avoir du mal à retrouver l’auteur de la trilogie Jason Bourne et le réalisateur de Michael Clayton. Les liens avec ce film sont pourtant évidents puisque la toile de fonds est la même : les grandes corporations. Ici, elles prennent la forme de deux entreprises se tirant dans les pattes. Tony Gilroy décrit l’espionnage industriel avec férocité : les consignes de sécurité énormes, la parano ambiante (micro et filatures), la réunion où on passe en revue les actions suspectes des employées… ou encore le patron achetant une décharge pour fouiller les ordures de ses concurrents ! Rien que par cette approche, Duplicity est presque un prolongement de Michael Clayton, en un peu plus ludique.

La mise en scène expose les enjeux avec concision : un générique au ralenti très amusant pour exprimer la haine entre les deux corporations et un discours pour mettre en place toute l’intrigue. Quelques flash-back et un dialogue de retrouvailles brillant plusieurs fois répétés suffisent pour captiver. La réalisation de Tony Gilroy est fluide et développe une intrigue riche sans nous perdre en chemin. La force du film est également ce grand sens du détail. D’abord dans la description de l’espionnage industrielle mais aussi dans la manière de poser une ambiance à travers des décors ou des costumes. La villa de rêve à Miami ou la suite princière à Rome illustrent l’envie de luxe (et de luxure) du couple d’ex agents secrets. Un bureau minimaliste très design avec un bonsai est indissociable de son propriétaire américain (Tom Wilkinson) tandis qu’une poignée d’hommes d’affaires avec une hôtesse d’un certain âge au maintien impeccable impose tout un style européen. Ces scènes, ces plans, peuvent durer que quelques secondes secondes mais j’y ai été particulièrement sensible. On pardonnera alors aisément le tassement de l’intrigue et du suspense dans la deuxième partie (dont une scène de photocopie un peu laborieuse).

Pour les amateurs d’Hitchcock et de McGuffin, le Saint Graal de toute cette histoire est joyeusement anodin mais il n’empêche que la résolution ne l’est pas tant les derniers instants échappe à la mécanique hollywoodienne (avec cependant le même artifice que pour Michael Clayton) nous abandonnant sans bonheur factice mais avec le coeur même de toute cette histoire pas si éloignées des enchainées du maître du suspense : un couple.

Duplicity raconte surtout une histoire d’amour entre deux amants obligés de cacher leur relation. Leur attirance est évidente mais comment être sur d’avoir confiance en l’autre ? Claire dit que l’avantage de leur relation est leur lucidité que leur a conféré leur métier d’agents secrets mais il n’est qu’un rien face à leur incapacité à rendre sincère cette relation d’autant que celle-ci commence par une arnaque de Claire. Derrière l’attirance mutuelle et l’amour, le couple doit faire face à une suspicion permanente et un instinct de domination traité plutôt justement. Le couple est en déséquilibre, Claire prenant l’ascendant sur Ray, viril et confiant mais plus souvent sur la défensive et obligé de jouer ses meilleures mais peu reluisants atouts : maitre queue !
Au cours de ce jeux de dupes, Claire doit interroger une employée qui a couché avec Ray, pensant qu’il était medecin en Afrique. Claire écoute, mutique, la femme, heureuse, qui l’a rend cocue. Le travail et les déboires de la vie conjuguale sont joliment mélangées dans un étrange cocktail drôle mais amer. C’est la meilleure scène du film. Dans les films de ce style, les seconds rôles sont souvent très justement choisie. En femme célibataire buvant son martini dans un bar, Carrie Preston (que j’ai vu sans l’avoir vue dans Lost et Vicky Cristina Barcelona. Elle a un rôle principal dans la série True Blood) est fabuleuse.

Les autres seconds rôles sont tous très bons. Paul Giamatti est décidément génial en grand patron, surtout lors de sa présentation aux actionnaires. Enfin, il y a le beau couple Julia Roberts/Clive Owen, un couple déjà sexy dans Closer. Dans Duplicity, la domination est inversée (Julia Roberts à le dessus) et encore plus agressive. Clive Owen est une fois de plus parfaitement dans son élément en agent sublime mais orgueilleux dans ses attitudes. Quant à la vedette, bientôt vingt ans nous séparent de Pretty Woman. Mais Julia Roberts assure toujours une présence incroyable à l’écran. Et en une seule bête scène, elle nous rappelle qu’elle a le plus beau sourire sincère du cinéma.

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 Par Pascal     Commenter30 mars 2009    Catégories: Articles Cinéma

L’Enquête, The International

Vu le 23/3/2009 à l’UGC George V salle 4 en VO

L’enquête, The International a bien fait de conserver son titre américain car cette enquête est très internationale : Angleterre, Usa, France, Turquie, Italie… nous voyageons beaucoup dans le film du réalisateur Tom Tykwner dans des décors souvent excellents (mention au bâtiment au pied d’une falaise et au bord de la mer). Basé sur des faits réels, nous suivons donc Louis Salinger (Clive Owen) aux quatre coins du monde, partir à la chasse d’une banque soupçonnée de blanchiment d’argent et de trafics d’armes. En cette période de crise, ce sujet tombe presque à pic pour nous rappeler une nouvelle fois du danger et du pouvoir des banques et des banquiers sans scrupule. Et la barque est vraiment chargée, la banque IBBC est quasi-assimilée à une bande organisée où les cadavres qu’elle laisse derrière elle se comptent par dizaines.

L’optique du réalisateur est, comme souvent actuellement, de revenir à une thématique politique/magouille typiquement seventies, très sérieuse (mais non exempte de quelques scènes humoristiques) et touffue. L’ensemble se tient mais tout juste puisque toute cette histoire de trafic d’arme et de real politik n’est pas toujours traitée de manière passionnante. La réalisation peine aussi à imposer vraiment un style personnel alors que le metteur en scène a par le passé montré qu’il en avait un. C’est une bonne chose de se mettre au service de l’histoire mais on aurait pu espérer qu’il se l’approprie complètement. L’amateur de thriller ne doit pas bouder son plaisir surtout que Clive Owen porte le film jouant avec conviction l’épuisement et l’accablement jusqu’aux toits d’Istanbul, revolver à la main (avec une excellente chute).

Le clou annoncé du film est bien la fusillade dans le musée Guggenheim qui sort le film du thriller tout venant. Elle n’est pas survendue : la séquence, longue et tendue, est vraiment très spectaculaire jouant avec bonheur sur l’architecture de ce lieu unique tout en s’amusant avec l’exposition où l’oeuvre centrale devient le déclencheur de toute la séquence mais également une arme ! Qu’importe toutes les invraisemblances « classiques » (la police arrive au bout de 10 vraies minutes), le professionnalisme et l’inventivité de cette fusillade n’a d’égal que le plaisir qu’elle semble avoir donné à réaliser.

Au final, même en étant laborieux, pas vraiment inoubliable (sauf la fusillade), L’enquête, par son savoir-faire et ses acteurs, vaut plus qu’un Secret Défense.

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 Par Pascal     Commenter29 mars 2009    Catégories: Articles Cinéma

Les thrillers en affiche (2)

Où on évoque ici un genre un peu moins général que le thriller puisqu’il s’agit de thrillers autour de grandes corporations soit une banque pour Duplicity et deux grandes entreprises de cosmétique pour Duplicity. Deux plutôt bons films qui seront l’objet des deux prochains articles de ce blog.

Leurs affiches respectives ont la même forme soit un fond uni dans lesquels sont insérés quelques images du film. Fond noir pour L’enquête : film sérieux ; Fond blanc pour Duplicity : film plus léger mais les teintes bleus écartent clairement Duplicity de la comédie pure.

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La taille des images a de l’importance : d’un côté nous mettons clairement en vedette le couple Clive Owen / Julia Roberts avec deux photos de chaque star d’égale importance et, comme une jonction, une photo avec un tête à tête passionné.
Pour L’enquête, l’affiche semble nous faire comprendre que Clive Owen est la vedette, qu’il est menacé (le flingue sur sa nuque) mais aussi menaçant et protecteur (image du bas qui n’est d’ailleurs pas dans le film si je me souviens bien). Bien que son nom sur l’affiche soit aussi grand que celui d’Owen, nous comprenons aisément que le rôle de Naomi Watts est moins important plus proche de l’alliée fidèle.

Notons aussi que les noms Owen/Watts sont beaucoup moins grands que le titre du film ce qui met en valeur une histoire plutôt que des stars. Ce n’est pas le cas de Duplicity où les noms Julia Roberts et Clive Owen sont plus grands et détachés.
Fait remarquable : les noms des réalisateurs, Tom Tykwer et Tony Gilroy, ne sont pas mis en valeur alors qu’ils sont relativement connus pour leur style ou leur précédents faits d’arme.

Autre petit thème développé par l’affiche : les multiples décors. D’un côté New York et un aéroport, de l’autre Istanbul et un immeuble ultra-moderne. Nous allons beaucoup voyagé dans ces films.

On a vu enfin que Duplicity mettait en valeur un couple. Mais les regards peu glamour, voir caché derrière des lunettes noires, et le tagline « Qui manipule qui ? » indiquent aussi un face à face. On retrouve cette approche dans le prochain film de Ron Howard qui sort la semaine prochaine : Frost-Nixon. On pourrait aussi s’amuser à remarquer les similitudes et différences avec les deux autres affiches : face à face avec des profils qui s’opposent, fonds blanc mais images en noir et blanc donc peu comique, deux couleurs pour les gros titres comme Duplicity, présence cette fois du nom du réalisateur (très connu il faut dire) ainsi que des seconds rôles puisque le « couple » vedette n’est quant à lui pas très renommé…


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 Par Pascal     Commenter28 mars 2009    Catégories: Articles Cinéma

Les sorties du 25 mars

Toujours plus fort avec 15 films à l’affiche cette semaine. Peut-être est-ce lié à l’approche des vacances. Chaque semaine je suis toujours surpris du nombre impressionnant de sorties. Certes cela fait une offre variée mais qui peut vraiment suivre à part quelques professionnels/critiques du monde du cinéma ? En ce qui me concerne, je peine à voir la moitié des films que j’ai envie de voir. Je devrais suivre un jour le destin au box-office de tous ces films vite pas vus et vite oubliés.

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Le film de la semaine est le retour de John Woo dans sa terre natale pour les Trois Royaumes narrant une guerre légendaire qui se déroula en Chine où le nombre de protagonistes prêt à en découdre se compte en centaine de milliers ! Si le film est en Asie en deux parties pour un total de quatre heures, c’est une version de 2h25 auquel nous avons droit en Europe. Mais même coupé, le film semble avoir bouleversé beaucoup de monde par son ampleur.

Seulement deux semaines après L’enquête, Clive Owen retourne sur les écrans pour un thriller d’espionnage : Duplicity. Le film marque le retour dans un premier rôle de Julia Roberts. Après le très bon Michael Clayton et les scénarios de la trilogie Jason Bourne (et celui d’Armageddon aussi), je suis étonné de voir Tony Gilroy dans un registre plus léger d’embrouilles entre ex agents secrets. Le film ne cartonne pas vraiment au Box-Office US mais c’est un peu la marque de fabrique de Clive Owen. Ca ne devrait donc pas l’empêcher d’être un bon film.

Je vais régulièrement au cinéma depuis 1995 mais il aura fallu attendre 2009 pour que je sois intrigué par un film avec Isabelle Adjani. La journée de la jupe, qui passe en même temps à la télévision et au cinéma, est un film de Jean-Paul Lilienfeld que je n’attendais pas du tout dans ce genre de film, réalisateur du « culte » quatre garçons plein d’avenir (pas le film par contre). Adjani a joué dans un film fondamental de mon cinéma (Mortelle Randonnée) mais entre 1995 et maintenant, on ne peut pas dire sa carrière a été brillante : femme fragile dans un remake à oublier (Diabolique, que j’ai vu dans la grande salle du Gaumont de Nantes avec la détestable Sharon Stone), elle était horripilante, tant son jeu que son rôle, dans le pourtant excellent Bon Voyage. Et voilà qu’elle joue une prof pétant un câble en plein cours avec un revolver à la main. Ca rappelle presque le Chute Libre de Joel Schumacher. La bande-annonce vaut le coup d’oeil :

Parlons quand même de trois comédies parce qu’elles ont toutes les chances mieux marcher que les trois films précédents (à part peut-être le film de Sophie Fillières).

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C’est fou mais en faisant cette chronique depuis seulement quelques semaines (et pour combien de temps ?), je constate qu’il sort régulièrement des films animaliers. Je pense que Le Chihuaha de Beverly Hills risque d’être le pire d’entre tous. Le titre abominable et l’affiche (« Chiots Bouillants » –> Attention film pour enfant) devraient suffire à faire fuir qui que ce soit, également les parents quelque peu attentif à leur progéniture. Je n’invite pas mes trois lecteurs à regarder la bande-annonce qui révèle sans doute le plus consternant de toute cette entreprise : les chiens parlent.

Quoiqu’on puisse dire de sa genèse et de sa sincérité, La première étoile fleure bon la comédie-idée (Un famille de noirs vont à la neige) jouant la carte de l’opposition noir/blanc. Et si le réalisateur/acteur/doubleur Lucien Jean-Baptiste a peut-être tenté de raconter quelque chose de plus universel, la bande-annonce nous fait systématiquement croire le contraire. Quelques jeux de mots font rire tandis que les réactions des spectateurs laissent entrevoir un film « coup de coeur ». La question de la couleur de peau semble cependant délicate dans le cinéma français et l’anti-racisme ambiant peut engendrer un enthousiasme exacerbé. Malgré le sujet un peu naze, La première étoile sera t’il sur ce sujet un film aussi décomplexé que les films du cinéma américain et sans message de tolérance très engagé dans le politiquement correct ?

Et donc il y a Un chat, un chat sur le thème de l’écrivain en manque d’inspiration (comme l’affiche du film). La bande-annonce n’est pas drôle donc je n’irai pas plus loin.

Et il y a d’autres films, comme Tokyo Sonata de Kyoshi Kurosawa qui semble très bien (la bande-annonce est très belle) mais je ne peux en parler, je suis passé complètement à côté de ce film. C’est assez triste.

 Par Pascal     Commenter25 mars 2009    Catégories: Articles Cinéma

Watchmen – les gardiens

Vu le 15/3/2009 à l’UGC Danton Salle 3 en VO

De Terry Gilliam à Paul Greengrass, qui fit même construire des décors (!), l’adaptation de Watchmen, a épuisé bien du monde et déchaîné les passions. Il faut dire qu’il s’agit d’un « roman graphique » nom fort pompeux qui déprécie l’image qu’on a de la BD ou du comic book sans pour autant améliorer celle de cette Å“uvre qu’on pourrait tout aussi bien qualifier de livre avec des images. Soit. Auréolé d’un succès sans précédent, Watchmen a été qualifié d’inadaptable par son auteur, Alan Moore (avec Dave Gibbons), déjà sur des comics adaptés comme La Ligue des gentlemen extraordinaires ou From Hell. Dans ce débat de l’impossibilité de l’adaptation, l’auteur fait plutôt figure d’extrémiste allant jusqu’à demander le retrait de son nom de l’adaptation de Watchmen. Un homme de principe.

Après le premier succès, et premier bon film, que fut l’Armée des morts, le réalisateur Zack Snyder se lança dans une adaptation « trait pour trait » de 300, autre Å“uvre colossale (me dit-on, je ne lis jamais de comic books ni de romans graphiques) ici signée Frank Miller, une adaptation dans la lignée de Sin City (=sur fond vert/bleu). J’ai bien aimé 300, je l’ai aimé par avance, je l’ai aimé au cinéma et je l’ai aimé quand je l’ai revu en DVD. Je ne fus pas le seul puisque cette adaptation, assez audacieuse il faut le dire, connu un succès tout aussi colossal que le comics.

Il ne fut alors pas surprenant de retrouver le metteur en scène sur l’adaptation de Watchmen. Et c’est donc avec lui que Watchmen au cinéma fut greenlighté avec 130 millions de dollars pour mettre en images animés le roman graphique. Mais si l’oeuvre d’Alan Moore a généré une grosse communauté de fans chez les geeks en tout genre, elle ne l’a pas fédéré sur les perspectives d’une adaptation au point de générer des débats un peu partout sur le web, récemment sur le blog de Rafik Djoumi (qui n’aime pas trop).

Et moi dans tout ça ? Eh bien je ne suis pas un geek (j’avais dans les 20-25 dans le test de Rafik) et je n’ai pas vraiment compris tout le tapage autour du film. J’aime cependant les films de super héros et il en faut beaucoup pour ne pas me faire me déplacer. J’aime moins le gros marketing qui anticipe les super chefs d’oeuvre à venir avec un applomb sidéral. Je n’étais donc pas forcément dans les meilleures dispositions dans la salle pour suivre cette histoire de super héros déchus enquêtant sur le meurtre de l’un d’entre eux dans un monde uchronique où Nixon en est à son troisième mandat présidentiel. Nous sommes dans les années 80.

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sur son visage… comme un livre (roman graphique ?) ouvert

Passé la première scène vu et revu dans les bande-annonces et qui évoque le meurtre du Comédien (Jeffrey Dean Morgan), mon impression est passé de l’intérêt poli à l’extatique avec un générique sensationnel articulant l’histoire récente de l’Amérique avec la naissance des premiers super héros soit des représentant de la loi ayant choisi de se déguiser pour affronter les truands qui se déguisaient eux-mêmes. Sur fond d’une belle ballade de Bob Dylan, nous assistons à une succession de tableaux mouvants avec des images très contrastées donnant comme une impression de relief. En prime, nous savons qui a assassiné Kennedy. Dès lors, je n’avais plus qu’envie d’être transporté par le récit. On m’avait promis quelque chose de dense, peut-être difficile à apprivoiser au vu de la complexité du matériau original. Qu’importe, pourvu qu’on est l’ivresse, comme dans The Dark Knight.

La chute fut assez rude. Comme une impression de rien à commencer justement par l’usage de la musique. Bob Dylan passait très bien au générique et cet usage inattendu mais très fort d’une chanson rappelle la bouleversante séquence de chaos dans Metropolis (le film japonais) sur fond de Ray Charles. Mais par la suite, elle sort de l’atypique pour finalement décontenancer. L’emploi de la chevauchée des Walkyries pour les flash-back au Vietnam est trop inappropriée pour être un hommage à Apocalypse Now. Et 99 luftballons quand même (parce que nous sommes en bord de la guerre sans doute)… Ecoutez cette excellente chanson en lisant la suite :

Plusieurs indices auraient du rappeler rapidement à l’ordre à commencer par cette semptiternelle grosse voix en guise de narration. La grosse voix, c’est Rorschach, le super héros le plus impliqué par la mort du Comédien. Ce n’est qu’au bout d’1h45 et une allusion explicite du film que j’ai fait le lien avec les tests du même nom. Oui je ne suis pas très futé mais je ne dois pas, du moins j’ose le croire, être le seul. J’ai également lu que son masque fait office de révélateurs d’émotion sous la forme donc des fameuses tâches du docteur. La non lecture du comics original pose sans doute problème. Autre exemple difficile à appréhender : cette horloge de l’apocalypse placée à minuit moins cinq, objet fort symbolique dont on ne nous dit finalement pas grand chose. Et rien en fait. Une très belle idée qui tourne à vide.

Le réalisateur avait clairement indiqué une volonté d’une adaptation sans adoucir le propos. Et il le fait : on voit le Comédien tuer une femme qu’il a engrossé, deux chiens se disputer le pied d’une petite fille victime d’un pédophile et Fantômas se balader la bite à l’air. Est-ce vraiment choquant pour autant ? Non. Pourquoi ? Tout simplement parce que ceci arrive comme un cheveux sur la soupe : la femme aurait pu ne pas être enceinte sans strictement rien changer au propos, intéressant au demeurant puisqu’il souligne la perte d’humanité du docteur Manhattan ; la gamine, dont on ne voit même pas une photo me semble t’il, aurait pu être vivante mais amochée, ça aurait d’ailleurs fait plus d’effet qu’un os avec une basket au bout ; Le docteur Manhattan aurait pu porter un slip. C’est de la fausse provocation puisque nous n’avons aucune empathie pour ces personnages. Zack Snyder se targue d’avoir convaincu les producteurs de la nécessité de ces quelques instants. Leur caractère inoffensif minimise cet exploit (notons que le film est interdit au moins de 12 ans en France).


Et oui c’est bien moi, Manhattan

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On arrive sans doute au gros problème du film, surtout si son esthétique ne suscite qu’un intérêt poli : l’émotion. Watchmen ne suscite strictement aucune empathie envers ses (super) héros. Incroyablement peu sexy, le triangle amoureux est sans enjeu. La progression est très ennuyeuse et le suspense inexistant. Zach Snyder prouve sans doute involontaire qu’un rebondissement de BD ne se construit pas comme dans un film. Notons que 300 n’était d’ailleurs justement pas un film à rebondissements. Cette volonté de rester fidèle a peut-être abouti à une forme de neutralité qui nuit à Watchmen à tous les niveaux : l’humour n’est pas drôle, le Comédien éructant avec son fusil ou les mimiques précieuses du Hibou face au spectre joyeux ne font pas rire. Et l’ironie tombe absolument à l’eau quand Snyder met en scène un Nixon au gros nez dans un décor de QG identique à celui du Docteur Folamour. Il n’est pas Kubrick et Peter Sellers et George C. Scott ne sont pas dans la salle. Cette neutralité imprègne aussi le jeu sans relief des acteurs. Tous sont assez peu connus, du moins ce ne sont pas des stars, et aucun ne devrait ressortir de Watchmen comme une révélation. Billy Crudup était meilleur dans Presque Célèbre et Jeffrey Dean Morgan meilleur dans Un mari de trop. Seul Jacky Earle Haley en Rorschach émerge quelque peu quand il tombe le masque. Le constat est amer : on se fiche de leur introspection de super héros. Et qu’on ne me dise pas que c’est original, c’est un thème repris dans à peu près tous les films de genre de la décennie). Et on se fiche de leur sort tout comme le sort du monde.

Il est en effet beaucoup question du sort de l’humanité dans un contexte de Guerre Froide USA/URSS. Les bombes peuvent tomber à tout moment et tout le talent du docteur Manhattan ne sauvera pas de l’holocauste nucléaire. Mais tout au long du film, la politique dans Watchmen semble complètement détachée des tracas des super héros. A de très rares occasion dans les deux premiers tiers du métrages, grande et petite(s) histoires se mêlent en dehors de bavardages. Cela n’arrange en rien notre détachement (volontaire peut-être) envers le sort de ce petit monde jusqu’à la fin livrée sans véritable préparation ni réflexion. Les actes pourtant graves sont alors peu discutées, bien que discutables. A chacun de se faire son opinion sans doute, c’est plus facile. On pourra cependant apprécier le fait que la paix dans le monde façon « We are the World » en prend pour son grade. L’absence réelle d’humour/ironie, ou même de recul, limite hélas cette appréciation. Ainsi que l’époque : alors que le monde actuel est aussi mondialisé qu’éclaté, Snyder s’en remet au comics et demeure dans un monde bipolaire (Paul Greengrass voulait rendre l’uchronie plus contemporaine). Le réalisateur fait comme si notre monde n’avait même pas changé depuis l’époque de Marty McFly. Quand une bombe très puissante explose au coeur de Manhattan, les Twin towers restent donc debout. Ce n’est plus de l’uchronie mais de l’anachronisme.

Et malgré toute cette histoire/adaptation réputée « complexe », « profonde » et « sombre », nous n’échappons pas aux artifices scénaristiques les plus triviaux tels le triangle amoureux insipide et les rebondissements au rabais (la révélation du « méchant », la fausse destruction du Docteur Manhattan) quand ils ne sont pas agaçants. A ce titre, je commence à en avoir assez de ces héros se retrouvant face à l’ordinateur à trouver un mot de passe par déduction profonde (aussi dans Espion(s) d’ailleurs, les bons films n’échappent pas à cette saloperie d’artifice) façon je mets le nom de ma femme ou de ce que je veux être. Moi, mon mot de passe au boulot c’est quelque chose comme C*Bob123+, la complexité étant obligatoire dans les environnements un tant soit peu sécurisés. Evidemment c’est moins sexy. Je préfèrerais encore une résolution évidente/sous forme de gag (pas de mot de passe du tout ou celui-ci est marqué sur un post-it – oui c’est souvent comme ça dans les bureaux cf la complexité demandée).

Au final, la séance ne fut peut-être pas une chute comme annoncée mais une descente inexorable entrecoupée d’une poignées de bonnes choses ainsi les scènes dans la prison qui rappellent, en moins bien, l’anarchie carcérale de Tueurs-nés. L’explosion de Manhattan est également très spectaculaire et belle. Je n’ai pas été très sensible à l’aspect « années 80″ : en gros je garde l’impression que la « reconstitution » était à base de télés et des lunettes. Mais quelques décors sont bons, je pense à ceux de l’Artique (le repaire du méchant en fait). Il y aussi un poncif qui est évité : le méchant annonce son plan machiavélique alors que celui-ci est enclenché ! Assez drôle, d’ailleurs le réalisateur en a tellement conscience qu’il le fait explicitement dire au méchant. Enfin, le questionnement sur l’humanité pouvait parfois être intéressant à l’image du Comédien et du Docteur Manhattan devenus des super héros et quittant donc peu à peu le monde des humains, regardant peu à peu les hommes avec plus de détachement.

Sur 2h45 de film, ce n’est quand même pas si enthousiasmant. Passé le générique prometteur (c’est vrai quand même, quel générique), la grande adaptation sans concession n’aboutit qu’à un film-somme froid comme le pôle nord. Tout ce désintérêt pour une histoire qui n’en manquait certainement pas, c’est un (pas si) beau gâchis. Par ses aspects politiques un peu uchroniques et son refus du spectaculaire, on pourrait rapprocher Watchmen d’une autre adaptation : V For Vendetta. Outre un casting bien plus inspiré et une implication émotionnelle forte, V for Vendatta avait quelque chose dont le film Watchmen est dépourvu : une âme. Et pourtant ça marche. Le film a 8.1 sur imdb. C’est certes moins que V For Vendetta mais je me dis bêtement que je suis encore passé à côté de quelque chose de grandiose.

watchmen-comedian

 Par Pascal     Commenter21 mars 2009    Catégories: Articles Cinéma

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