Catégorie 'Indiana Jones'

Boat Trip

Vu le 28/7/2008 à la télévision

On ne pourra pas retirer aux distributeurs américains leur force à placer même leurs plus mauvaises comédies dans le circuit télé. Et accessoirement leurs gros echec commerciaux quoique Boat Trip est peut-être rentré finalement dans ses frais. Ainsi le hasard m’a permis de regarder d’un oeil, un seul oeil est amplement suffisant pour comprendre autant la trame qu’ « apprécier » les gags, plus d’une heure de ce Boat Trip soit l’histoire de deux potes s’embarquant pour une croisière en célibataire pour se faire plein de filles. Mais ils n’ont pas pris conscience que c’était une croisière pour couples gays…

Boat Trip aligne donc à peu près tous les clichés sur les homos avec des fofolles, des ymca les fesses à l’air et en cuir, des top fashions, un vieux lubrique et distingué interprété par Roger Moore qui semble avoir décidé de passer le reste de sa carrière à se marrer et être payer pour ça – à ce jeu, il était fort drôle dans le Grand Tournoi de Jean Claude Van Damme – … il y a aura aussi quelques gays « normaux »  histoire de montrer aux héros qu’ils sont des gens comme les autres, mais également l’équipe de Norvège de bronzage dont Victoria « roue de la fortune » Silvstedt ! Il y a une version « unrated » où, peut-être, elle va plus loin qu’enlever les sangles de son soutien gorge. Oui car on ne peut pas dire que le film soit « chaud » ni même provocant. Il est même très sage.

Ce film marque aussi sans doute définitivement, du moins pour l’instant, l’aura positive que pouvait avoir Cuba Gooding Jr. Excellente révélation pour moi dans Jerry Maguire (avec l’oscar à la clé), il est également parfait dans le rôle court du petit ami (gay d’ailleurs) dans Pour le Meilleur et le pire et même dans Instinct que j’avais beaucoup aimé. Après il ne fait plus grand chose d’inoubliable, un De Niro un peu paresseux (Les chemins de la dignité) et un troisième rôle Pearl Harbor. Je n’ai pas vu Rat Race qui est peut-être drôle. Et puis le razzie Award succède à l’oscar et les bides s’enchaînent Boat Trip, The Fighting temptations et Ecole parternelle 2 (de Fred « les années coup de coeur » Savage !). Depuis, il tenterait de se reprendre en main.

Et finalement, sur la trame du gars qui se fait passer pour un gay pour séduire la seule fille du bateau, Boat Trip provoque une certaine torpeur dont il est difficile de sortir même si quelques gags épars pourraient être drôle. C’est sans doute cette torpeur qui est en la cause, celle qui fait qu’au lieu d’être au lit vers 22h45 on s’y retrouve vers minuit en jurant le lendemain matin qu’on ne m’y reprendrait plus. On peut toujours rêver…

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 Par Pascal     Commenter31 juillet 2008    Catégories: Indiana Jones

Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal – Commentaire

(voir aussi la longue introduction)

Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal commence par un étrange monticule de terre en guise de représentation du logo de la Paramount puis vient une voiture très happy days en plein désert du Nevada avec de jeunes insouciants s’amusant à faire la course avec un convoi militaire rempli d’espions russes. Nous sommes dans les années 50, exit les nazis donc et bonjour les soviétiques, ennemis en quête d’un savoir absolu évoluant à travers une pensée collective : le must pour des communistes ! Notons que le parti communiste russe a condamné le film.

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Cet ennemi emblématique colle parfaitement à l’esprit des années 50. Spielberg va plus loin en nous faisant traverser tout un pan de l’ambiance et de la culture de l’époque. C’est le temps de la chasse aux communistes et de la suspicion à grande échelle qui touchera même le héros Indiana Jones, devenu une cible privilégiée du FBI. Le metteur en scène parvient à recycler toute l’imagerie de l’époque à travers notamment deux grandes explosions : la première nucléaire au coeur d’un faux village restituant parfaitement l’american way of life et la seconde à partir du décollage d’une soucoupe volante. Et il y a cette séquence du bar. Dans des décors parfaits, le dialogue s’y déroulant est presque longuet mais la chute est hilarante puisqu’elle sera le théâtre d’une bagarre inattendue entre jeunes blousons noirs et jeunes teddies bleu. Outre la surprise, la séquence atteste que l’humour est bien présent dans le film.

L’aventure est aussi bien présente (avec en prime en plus une intrigante, mais peu développée, mise en abîme de l’archéologie). Se déroulant entièrement en Amérique, la saga reprend à son compte une légende ancrée dans notre imaginaire, l’Eldorado, la prolongeant d’un mythe plus contemporain qui a littéralement explosé à partir, justement, des fifties : l’intelligence extraterrestre. Assez astucieusement, le film joue avec un événement fantasmé à tendance conspirationniste à savoir Roswell. Cet approche nous conduit tout droit au « hangar secret des USA », relaté dans Indy 1, et donc à l’Arche d’Alliance tout en jouant sur le fait qu’Indy ignore totalement sa présence ! Un très bon clin d’oeil. La suite des découvertes reste dans la lignée des autres films : Tombes, squelettes, gardiens des secrets, objet clé aidant Indy (le crâne du film remplace en quelque sorte le journal dans l’épisode 3 et le médaillon dans l’épisode 1).

Indy 4 parle donc d’aliens. Et à quoi ressemblent t’ils ? A des aliens des fifties. Alors non ce n’est pas une bestiole de Tatopoulos mais ça reste cohérent avec l’ambiance posée. Et surtout, les auteurs désamorcent tout de suite ce qui aurait pu constituer un rebondissement un peu trop anticipé. Ils ont mis les pieds dans le plat en somme.

De la même manière, le film ne contourne pas la vieillesse de l’aventurier tout en évitant l’écueil de tourner celle-ci en dérision. C’est la force de l’interprétation d’Harrison Ford : il bondit, joue du fouet, se bat à mains nues et improvise presque toujours autant. Au fond, Indiana Jones est toujours Indiana Jones, aventurier et archéologue sceptique malgré tous les événements surnaturels dont il a été le témoin et toujours en quête de la part de vérité dans chacune des légendes les plus célèbres.

Cependant, outre les cheveux blancs, le poids des années est marqué par le spectre de la mort dont Indy prend conscience non pas en sautant dans le vide ou quand il a des mitraillettes pointées sur lui mais à travers une photo de son père, décédé, annonçant qu’il sera le prochain à partir. Son caractère est aussi changeant et les approches tant de l’acteur que du metteur en scène sont finalement très intelligentes faisant de Indiana un personnage à la fois sage et lucide mais aussi un peu fou et fringant. Caution scientifique durant tout le film aussi bien sur le magnétisme que la langue Maya (Indy peut traduire TOUTES les langues anciennes), son expérience et son culot, propre à ceux qui n’ont plus peur de choquer, le conduise à encourager un de ses étudiants à aller sur le terrain plutôt que jouer les rats de bibliothèque soit exactement l’inverse du professeur Jones dans l’Arche perdue (de mémoire : « 70% de l’archéologie se fait dans les livres ») dont les principes reposaient sur ces étranges paradoxe dans le plus pur style « faites ce que je dis, pas ce que je fais ».

Le retour de Marion dans ce nouvel opus s’inscrit également dans cette perspective. L’apparition annoncée de ce qui constitue sans doute l’unique grand amour d’Indiana Jones symbolise quelque peu le retour aux sources voulues par les auteurs (notons que Spielberg voulait encore voir apparaître Marion dans Indiana Jones et le temple maudit). Elle s’inscrit aussi dans l’air du temps : la figure imposée un film / une fille est moins à l’ordre du jour dans les productions familiales, les deux opus de Benjamin Gates l’attestant. A tel point que si l’actrice est indisponible, on préfère la remplacer par une autre pour le même rôle comme c’est le cas pour la Momie 3 où Maria Bello jouera le rôle détenu par Rachel Weisz auparavant.

Le rôle de Karen Allen au sourire amoureux et adolescent va évidemment au-delà du clin d’oeil. Si elle prend la même pose que dans l’Arche perdue lors de ses retrouvailles avec Jones, la joie authentique de ce dernier (sourire en plus brutalement éconduit) vaut tout les discours. C’est peut-être la scène la plus sincère de Ford. Indy ne se cache plus et a ravalé sa fierté et cette séquence sera suivie d’une déclaration d’amour devant témoin aussi rapide que définitive. De même que la révélation de Marion dans les sables mouvants montre un Indiana aussi hilarant qu’allant droit au but. Le héros n’a plus le temps d’hésiter et rattrape les erreurs du passé à la moindre occasion. La dernière scène ne dit pas autre chose : on ne vit qu’une fois.

Elle nous dit aussi avec amusement qu’Indy est encore assez arrogant, et en forme, pour ne pas passer la main. Passer la main est assez rare dans les films d’aventure. Dans Indiana Jones et le Royaume du Crâne de cristal, le personnage de Mutt Williams s’impose quand même en compagnie d’Indiana Jones comme l’héritier impétueux et plein de certitudes. Indiana Jones tente de lui transmettre son expérience tout en lui laissant développer sa fougue. De fait, Mutt est autant présent sinon plus dans les scènes d’action qu’Indy. C’est une vraie relation maître/élève (dissipé) qui se dessine, ce qui fait un peu penser à la mythologie Jedi, et qui est bilatérale : à la manière que les enfants doivent s’occuper de leurs parents vieillissant, Mutt doit sauver la mise de son nouveau mentor.
A l’écran le duo fonctionne bien : Shia LaBeouf, dont j’ai déjà vanté ici les mérites, n’a rien du sidekick qu’il était dans Constantine et assure une interprétation toujours dans le bon ton ce qui n’était pas gagné d’avance. L’illustration la plus frappante est le peigne. Se recoiffant toutes les deux scènes, Shia Labeouf est crédible là où n’importe quel autre serait passé pour un ersatz de Fonzie. La classe.

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L’absence d’une nouvelle femme pour Indiana Jones devait être contrebalancé. C’est naturellement que le grand méchant de l’histoire devient une femme. Totalement au service de son rôle, voire effacée derrière celui-ci, Cate Blanchett interprète une russe glaciale et impeccable en toute circonstance. Ajouté à son accent trop prononcé génial et son épée, le personnage a vraiment l’allure d’un ennemi juré dont la chute sera la conséquence de la volonté de s’octroyer des pouvoirs qu’elle n’est pas digne de recevoir. Comme tous les méchants dans Indiana Jones.
L’autre méchant, Mac (Ray Winstone), est réussi mais pas moins développé que les méchants d’Indy 3. Difficile en effet de nous faire avaler qu’une collaboration/amitié de plusieurs années se solde par une trahison grossière. Le personnage conserve néanmoins des aspects intéressants vis à vis de la quête de l’Eldorado car il traduit judicieusement cette fièvre de l’or qui empare son esprit dans la deuxième partie du film comme au temps des conquistadors.

Autre déception : le personnage de Ox. Même pas une déception mais une mauvaise surprise. Le personnage incarné par John Hurt est un professeur pérpétuellement à demi-fou et à côté du ton du film, plus embarrassant que raté. Peut-être qu’au film des visions, il se bonifiera telle Willie dans Indy 2.

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Bien entendu, la quête multiplie péripéties et destruction de la plupart des décors. On retrouve avec plaisir en terrain connu. A la première vision, l’action est plutôt réussie. Le résultat est pour moi sans appel : en tant que spectateur, j’ai pris beaucoup de plaisir et trouvé l’action presque toujours fort distrayante et bien découpée, lisible en fait. Outre les deux énormes explosions, les différentes poursuites sont le théâtre de nombreuses acrobaties dont le gimmick amusant est de voir Indy sauter d’un véhicule à l’autre. Le combat d’épée, évidemment annoncé, est assez anthologique. A l’inverse, les jeunes guerriers adeptes de la capoeira sont plus ludiques que menaçants.
C’est sans conteste la séquence des lianes qui est le vrai moment raté du film. L’idée des lianes et l’hommage à Tarzan était une belle idée. Malheureusement, son déroulement est trop long ou mal foutu (1).
Autre traditionnel danger : la faune. Le numérique a parfois du bon car la séquence des fourmis rouges est surprenante et tendue. Nous aurons droit aussi à quelques scorpions, le talon d’Achille de Mutt?, et la traditionnelle apparition des serpents ici sur un ton (vraiment) comique. J’avais estimé dernièrement qu’Indy avait peut-être vaincu sa phobie des serpents à travers l’expérience dans l’antre de l’Arche d’Alliance mais je me trompais.

Au fond ce qui surprend le plus c’est l’utilisation des CGI. On nous avait plus ou moins promis un usage parcimonieux des effets de ce type. Si Spielberg les a largement utilisé pour donner donner vie à des visions inédites, il ne semble pas un fanatique des fonds bleus. Et surtout, les effets se fondaient dans le décors avec beaucoup de classe. L’impression est différente dans Indy 4, les CGI sont très utilisés contrairement à ce qui avait été annoncé mais aussi assez voyants. Toute la partie dans la jungle fait très tournage en studio. Ce n’est pas choquant à première vue car le spectacle l’emporte. Il demeure que les intentions, entre manque de temps à parfaitement finaliser les effets ou une véritable volonté de faire studio, demeurent peu claires. (2)

Je ne vais pas pour autant bouder mon plaisir. Je sais que la deuxième partie déséquilibre un peu l’excellente première moitié du film, comme dans de très nombreux films. Mais comme Harry Knowles, j’ai bien vu un Indiana Jones, un aventurier vieillissant mais toujours espiègle au coeur du danger qu’il passe sa vie à trouver. Il s’amuse visiblement autant que moi. Je n’avais pas d’attente finalement démesurée, je voulais juste revoir Indiana Jones encore une fois. Je suis comblé.

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(1) J’ai lu une comparaison avec celle de poutres / barres asymétriques dans Le Monde Perdu. Aussi saugrenue puisse t’elle être, ce que je ne crois pas, la scène avait le mérite de l’efficacité et de la surprise : ce qui se déroulait juste avant (l’attaque des Raptors dont cette horrible scène où l’un deux passe la tête dans le trou que deux femmes creusaient pour s’échapper) était très tendue si bien que la salle où je voyais le film a applaudi de soulagement. Bon j’aime cette scène ! Pour revenir aux lianes, on ne retrouve rien de tout ça. Peut-être qu’une ellipse en voyant simplement Mutt surgir de la jungle aurait mieux fonctionné mais je préfère éviter le plus possible la critique type « on refait le film ».

(2) Il s’avère que la partie dans la jungle a été tournée en extérieur !

 Par Pascal     Commenter30 mai 2008    Catégories: Articles Cinéma Indiana Jones

Introduction à Indiana Jones 4

18 ans d’attente quand même. Je me souviens encore de mes séances d’Indy 3. La première au Kinopanorama à Paris 15, actuellement une salle de gym (si), à deux pas de chez moi puis deux fois d’affilée dans un cinéma de Montparnasse. J’avais douze ans. C’était quelques années avant que la salle de cinéma marque définitivement son emprise sur moi avec Jurassic Park (encore Spielberg) et Meurtre mystérieux à Manhattan (seul dans la salle un samedi après-midi).
Le fait d’avoir vu ce film au cinéma n’est sans doute pas étranger au fait que c’est mon préféré (j’ai peut-être vu le Temple Maudit au cinéma mais je ne m’en souviens pas). Voir un film dans une salle de cinéma me rend beaucoup plus indulgent et surtout plus émerveillé.

Que pouvais-je attendre au fond du nouvel épisode d’Indiana Jones ? Peut-être le retour en enfance que j’évoquais en voyant la bande-annonce.
Annonçons-le de suite : j’ai pris beaucoup de plaisir à voir Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal mais ce n’est pas le retour en enfance attendu mais bien un vrai et bon plaisir à revoir un héros au mieux de sa forme fusse t’il a priori dans le moins génial des épisodes de la série. Et toujours cette question qui revient : pourquoi avoir attendu si longtemps ?

Sans aller jusqu’à faire des considérations philosophiques Bergsonnienne sur le temps, on peut quand même dire que celui-ci provoque généralement le vieillissement. Et les enfants d’Indiana Jones ont grandi dans un monde que l’on dit incertain et dans une société de plus en plus de consommation. Ils sont devenus un des fers de lance de toute cette vague de nostalgie auquel s’ajoute par opposition toute une caste de cyniques en tout genre dont l’oeil critique, « oh regarde j’ai plein de beaux arguments pour te dire que ce que tu aimes, c’est de la merde. », va de pair avec une immense auto-satisfaction.

Il n’en faudra pas plus pour en déduire qu’étant donné cette trop longue attente, Steven Spielberg, George Lucas et Harrison Ford ont voulu surfer sur cette mode, que l’entreprise est bassement mercantile et destinée à un public d’« adulescents » avide de plaisirs régressifs. Ce soupçon est évidemment confirmé par la personnalité même de George Lucas devenu l’iiiiiignoble producteur qui mange les enfants et veut transformer le monde en image de synthèse depuis la prélogie Star Wars et qui aura refusé tous les bons scripts, dont le fameux et magnifique script de Frank Darabont que peu ont cependant lu. Tout ça pour imposer des chiens de prairie dans un scénario mou du genou. Si on peut difficilement douter du succès du film, même si on pourra gloser dans les salons sur le fait que le film n’aura rapporté « que » 300 millions de dollars, le contexte n’est pas nécessairement propice.

Sur l’aspect commercial, Indiana Jones 4 a longtemps été évoqué et espéré depuis au-moins 1997. Ses principaux protagonistes ne l’ont jamais vraiment caché comme on ne nous cache pas en effet que ce nouvel opus a été fait pour les fans. C’est le cas du troisième film mais aussi du second. C’est un peu le principe d’une suite, on la fait pour le public : si Indy 1 avait été un four, nous n’en serions tout simplement pas là. De même que des réalisateurs comme Alfred Hitchkock ou Cecil B. DeMille accordait beaucoup d’importance aux recettes de leurs films, Steven Spielberg et George Lucas demeurent soucieux du succès de leurs créations. Mais c’est une escroquerie de vouloir assimiler Indy 4 à une pure et simple machine commerciale. A croire que ces vingt dernières années, de plateaux de télé en making-of, les principaux protagonistes du film ne désiraient voir se concrétiser un Indy 4 uniquement pour l’appât du gain ou pour redorer une carrière chancelante.

Sur le côté nostalgique, il faut bien se rendre compte qu’on ne regarde pas un film de Steven Spielberg comme on revoit un générique du club Dorothée. Je me suis trompé : Indiana Jones ne joue pas sur cette corde sensible du retour en enfance mais sur un plan plus profond cité plus haut : l’émerveillement. Il s’applique aussi bien à un chef d’oeuvre incontestable qu’à un bon film d’aventure comme Indy 4. Il n’est donc pas question de justifier son côté enfantin mais de se dire que les adultes ont lu et lisent encore les trois mousquetaires, Bob Morane ou Arsène Lupin. Plus que l’enfance, c’est l’aventure, l’évasion et l’héroïsme qui priment. Et le panache : celui qui fait qu’on saute d’une voiture à une autre lancée à pleine vitesse au coeur de la jungle sans se poser de question.

Au vu de l’attente suscitée et des inévitables critiques négatives, on pourra surtout regretter que le film ne soit pas sorti en 1996 ou avant, laissant l’espoir d’une autre suite et évitant les excès d’enthousiasme et surtout les excès d’amertume et de rejet.

Ceci était une longue introduction.

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 Par Pascal     Commenter30 mai 2008    Catégories: Articles Cinéma Indiana Jones

La saga Indiana Jones : les ennemis

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Il est convenu de dire qu’un bon film d’aventure est rarement sans méchants, de même qu’un film d’aventure est bon quand les méchants sont réussis. Les mauvais sont légions dans Indiana Jones, du simple soldat nazi au prince indien en passant par un singe espion. Et il n’y a que rarement de l’ambivalence chez ces hommes et ces femmes. C’est la quête de pouvoir, la cupidité, la méchanceté même qui sont leur moteur.

Compte tenu de cette volonté de domination, de l’époque (les années 30), et du côté sérial parfaitement assumé, l’ennemi principal des Jones devient l’Allemagne nazi. Le pays est vu comme le symbole du Mal faisant passer Hitler comme particulièrement féru de mysticisme et de légendes anciennes. Dans les épisodes un et trois, Indiana Jones cassera donc du nazi, des soldats par dizaines, des tortionnaires et des collabos jusqu’à pénétrer au coeur de ses terres et rencontrer Hitler lui-même lors d’une séquence mémorable de dédicaces ! Les gamers se souviennent certainement du jeu adapté du troisième épisode offrant la possibilité alléchante de frapper Hilter dans la même situation que le film (avec cela va sans dire une issue funeste mais bon on doit mourir environ mille fois avant de finir ce jeu).

Dans cette lutte entre le Bien et le Mal, c’est évidemment le Bien qui triomphe face à des forces maléfiques toujours plus mauvaises et égoïstes. Leur chute est alors souvent aussi cruelle qu’eux. La réalisation laisse autant de place au gore, avec découpage à l’hélice et mort au rouleau compresseur quand on est tout simplement pas avalé par les crocodiles, qu’à l’ironie.

Les ennemis d’Indy meurent donc souvent sauvagement. Même le singe mourra empoisonné ou même la belle Elsa Schneider (voir l’article sur les femmes d’Indiana Jones) tombera, victime comme les autres de sa soif de puissance, l’archéologue qui ira trop loin dans la cupidité comme Bellock (ou Satipo).

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Satipo (Alfred Molina)

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Bien qu’apparaissant seulement quelques minutes dans les Aventuriers de l’Arche perdue, il est important de l’évoquer brièvement car on peut considérer Satipo, et sa bande, comme le premier ennemi d’Indiana Jones ou le premier traître. Alors qu’un de ses acolytes tente déjà d’abattre Indiana Jones dans le dos, il reste lâchement avec lui jusqu’à le suivre dans les ruines menant à l’idole. Bien qu’Indiana Jones lui sauve plusieurs fois la vie en quelques minutes, il l’abandonne tout aussi lâchement à son sort une fois l’idole entre ses mains. Une grossière erreur puisqu’il mourra abominablement au premier piège ! Nous apprenons que même si Indiana Jones n’a pas son pareil pour se fourrer dans des situations désespérantes, il convient de quand même rester à ses côtés si on veut sauver sa peau ! La trahison se paye toujours le prix fort.
Notons dans le rôle l’acteur Alfred Molina dans une de ses toutes premières apparition au cinéma.

Dr René Belloq (Denholm Elliot)

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René Belloq est un français qui pactise avec les nazis, un vrai collabo ! Ce n’est évidemment pas ce qui intéresse Steven Spielberg. René Belloq est surtout un homme se donnant tous les moyens possibles pour parvenir à ses fins en se faisant passer pour un prophète auprès de la tribu ovitos ou donc de collaborer avec les nazis pour trouver l’Arche d’alliance.
La réussite de ce méchant réside notamment dans son embarrassante supériorité qu’il puise dans son manque de scrupules et une grande confiance en lui : « Il n’y a rien que vous ne possédiez dont je ne réussisse à m’emparer. ».
Et comme Indiana Jones, Belloq est un archéologue de terrain habité par la même passion qui vaut largement celle du héros. Ses discours exaltés sur l’Arche jettent même le trouble sur les motivations d’Indiana Jones. Face à l’élégance et la non violence de Belloq, Indiana Jones avec son revolver, son fouet et sa chemise couverte de poussière, tue sans beaucoup de discernement et prend des allures de pilleur de bas étage. Il en vient à décider de faire sauter l’Arche plutôt que la remettre aux mains de Belloq et des nazis et c’est donc Belloq qui sauvera avec talent l’Arche de la destruction en convaincant le professeur Jones de ne pas la détruire.
Enfin, Belloq fait preuve d’humanité à plusieurs reprises particulièrement face aux nazis qu’il doit supporter pour trouver son trésor ou lorsqu’il croit séduire Marion en lui offrant une robe. Devant cet adversaire hors norme, Indiana Jones n’aura comme solution que de le laisser succomber à son arrogance tandis que lui choisira l’humilité lors de l’ouverture de l’Arche face aux forces divines.

Major Arnorld Toht (Ronald Lacey)

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Toht est peut-être le méchant le plus emblématique de la série. Son visage terrifiant et sa calvitie suante font de lui un nazi tortionnaire à l’image de la laideur du dictateur en plus malsain. Son entrée dans le bar de Marion Ravenwood, alors qu’il ne semblait qu’une simple menace dans l’avion conduisant Indy au Népal, révèle une voix viciée, un sourire fourbe et une cruauté sans véritable finalité. Toht EST le Mal dont la seule présence inspire la crainte et le dégoût à tel point qu’il est à l’origine d’un gag imprévisible, celui du cintre. Et il est amené et joué si sérieusement qu’il transcende son côté idiot sur le papier, un vrai gag-miracle.
Choisi par Spielberg pour sa ressemblance avec Peter Lorre, l’interprétation de Ronald Lacey fait date et, comme Denholm Elliot, est un modèle dans ce genre de personnage. L’acteur apparaîtra très brièvement dans le troisième épisode dans le rôle de Himmler !

Mola Ram (Amrish Puri)

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Celui qui a vu Indiana Jones et le temple Maudit a sans doute encore en mémoire de nombreuses séquences d’anthologie. Mais c’est peut-être la main extirpant le coeur encore battant de la poitrine d’un homme sur le point d’être sacrifié qui est la scène la plus marquante. C’est ainsi que nous découvrons Mola Ram sorte de sorcier ou de prêtre indien au pouvoir absolu et rêvant de dominer le monde par la découverte des pierres de Sankara. Indiana Jones est donc opposé à un mégalomane cupide ET terriblement cruel souhaitant être respecté comme un Dieu, entouré d’esclaves dont il dispose comme il l’entend jusqu’à s’en servir comme de projectiles sur Indiana Jones accroché au pont suspendu qui s’effondre ! Et plus terrifiant encore, il parviendra à soumettre Indiana à son contrôle grâce au pouvoir de ses potions maléfiques.
Dans ce deuxième épisode bien plus noir que le premier, Mola Ram incarne donc une sorte de démon et tous les autres méchants ne seront que des serviteurs ainsi le maharadjah, encore enfant, et Chattar Lal son tuteur lettré. Ce personnage, au crâne chauve, dans la pénombre et la fureur rappelle Marlon Brando dans Apocalypse Now. Ce n’est pas un hasard : face à lui, Indiana Jones est bien au coeur des ténèbres.

Walter Donovan (Julian Glover) et Vogel (Michael Byrne)

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Dans Indiana Jones et la dernière Croisade, les deux méchants sont comme des figures atténuées du premier épisode. Donovan est une sorte de Belloq avide de trouver le Graal et d’accéder à la vie éternelle, trouvant avec les nazis un moyen de parvenir à ses fins, tandis que Vogel « remplace » Toht dans le rôle du tortionnaire en plus brutal et aryen. A leur décharge, leur importance est mineure face à Elsa Schneider complète un trio inattendu de méchants tandis que la relation avec le père détourne les enjeux du film vers une quête du père. Moins mémorables nécessairement mais sans être inutiles : les figures imposées sont bonnes avec de belles mises à mort : un vieillissement accéléré pour Donovan et une poursuite en tank trépidante jusqu’à la chute pour Vogel.

Toute la saga Indiana Jones

 Par Pascal     Commenter17 mai 2008    Catégories: Articles Cinéma Indiana Jones

Saga Indiana Jones : les amis

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Les amitiés d’Indiana Jones sont rarement de circonstance. Il y a bien ce capitaine Katanga dans le premier épisode tout comme le capitaine Blumburtt de l’armée de sa Majesté dans le second. Tout deux troubles au début, ils s’avéreront être de vrais alliés. Mais les vraies amitiés naissent avant l’épisode sans parfois même qu’on prenne la peine de nous expliquer leur origine (la rencontre avec demi-lune est expédiée en quelques phrases). Elles confèrent à Indiana Jones une véritable existence, une histoire et des aventures antérieures (et qui mèneront naturellement à la série Les Aventures du jeune Indiana Jones que je n’ai jamais vues).

Dès l’introduction des Aventuriers de l’Arche perdue (encore une fois, presque tout est dit dans cette introduction), Indy est poursuivi par des sauvages et c’est un de ces amis, Jock, un pilote appréciant les serpents comme animal de compagnie, qui lui sauvera la mise, démarrant l’hydravion biplace (alors que l’équipée d’Indy se composait 4 personnes plus le pilote, c’est vraiment un plan B !) au son du Faucon Millenium de l’Empire Contre Attaque !

Ces amitiés sûres sont évidemment tournées vers Indiana Jones, c’est le héros après tout. Mais ce sont des amitiés qui justement semblent fortes et respectueuses. Ce sont ces fameux amis de cinéma, qui rendent service sans poser de question et qu’on rencontre assez souvent dans les salles obscures. Citons donc trois de ses plus fidèles alliés.

Dr Marcus Brody (Denholm Elliot)

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Marcus Brody est l’ami du départ, à la fois ami, confrère, confident, père spirituel et admirateur de des aventures d’Indy. Se trouvant trop vieux de cinq ans dans le premier épisode pour l’accompagner à la recherche de l’Arche perdue, il est d’abord un ami de l’ombre qui aide Jones à régler les problèmes logistiques : obtention de la mission de récupérer l’Arche perdue, acquisitions par le musée de ses trouvailles archéologiques…

Dans le troisième épisode, Spielberg prendra visiblement beaucoup de plaisir à le retrouver. Et puisqu’Indy retrouve son père, le réalisateur développe le comique du personnage « se perdant dans son propre musée ». Il est alors un véritable compagnon de l’intrigue, lien entre Indy et son père puisqu’il demeura proche des deux hommes malgré leur brouille.

Sallah (John Rhys-Davies)

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Arrivé au Caire, Indiana Jones trouve naturellement refuge chez Sallah, sorte d’Huggy les bons tuyaux égyptien mais aussi grand ami d’Indiana Jones. Lyrique et rieur, il est un allié précieux du héros quand il se trouve au proche orient prodiguant un mélange d’optimisme et de fatalisme bon enfant. Il sauvera très souvent la mise d’Indy utilisant des moyens originaux notamment en se servant d’enfants pour échapper aux griffes de Bellock.
Elégant et aimable, presque précieux dans son costume blanc, il est à la limite de la caricature coloniale du bon serviteur servant les blancs. Mais l’enthousiasme et le talent de John Rhys-Davies transcende cet écueil.
Comme Marcus Brody, le personnage apparaît dans le premier et le troisième épisode avec un potentiel comique encore plus développé dans le troisième épisode (le coup de poing à travers le journal, la voiture du beau frère).

Demi Lune (Jonathan Ke Quan)

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Sous la direction de la plupart des réalisateurs hollywoodiens, cet orphelin débrouillard et volubile aurait été traité comme un horripilant enfant star quelques années avant la sinistre série des Maman j’ai raté l’avion (bon, j’ai rigolé un peu quand je l’ai vu au cinéma, j’avais 12 ans). Spielberg sait diriger les enfants, trouver le ton juste. Demi Lune est donc un enfant volontiers cabotin sans être énervant qui a su gagner l’amitié d’Indy. Au service du héros, il apparaît autant comme un compagnon / Side-kick que comme un « boy » transportant les affaires d’Indy, préoccupation récurrente dans ce deuxième épisode où il apparaît. Il est donc une sorte de Passe Partout accompagnant le héros pour le meilleur et essentiellement le pire. Il est surtout celui qui délivrera Indy du Mal dans les entrailles du temple maudit. C’est bien cette scène d’échange de chapeaux filmée à hauteur d’enfant comme dans E.T., après une lutte difficile, qui scelle une amitié d’égal à égal.
Par la suite Jonathan Ke Quan incarnera l’inoubliable Data dans Les Goonies avec ses chaussures qui jettent de l’huile. Toute ma jeunesse.

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Toute la saga Indiana Jones

 Par Pascal     1 commentaire16 mai 2008    Catégories: Articles Cinéma Indiana Jones

Saga Indiana Jones : les femmes

Sans être un homme à femmes, Indiana Jones sait séduire, au-moins pendant son cours d’archéologie. A l’instar du marin qui en a une à chaque port, Indy a une femme par film pour lequel il joue volontiers les chevaliers servants, leur sauvant la vie une bonne demi-douzaine de fois par épisode.
La pertinence des géniteurs du héros au fouet est d’avoir su caractériser et différencier les femmes de sa vie.

Marion Ravenwood (Karen Allen)

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Marion Ravenwood est la fille d’un des mentors d’Indiana Jones qui succombera à son charme pour mieux la larguer ensuite. Dix ans plus tard, comme piégée suite à la mort de son père, elle survit dans un bar au coeur des montagnes du Népal. En une seule séquence d’un concours de descente d’alcool, Spielberg nous résume toute la force de cette femme au caractère bien trempé.
Fière mais toujours amoureuse, quand Indiana revient chercher un médaillon qu’elle détient dans les Aventurier de l’Arche perdue, elle ne peut que le suivre comme un prince charmant emmenant sa belle au bois dormant (pour la description détaillée des retrouvailles voir l’excellent article de Rafik Djoumi).
Généralement femme préférée des Indianaphiles, Marion Ravenwood est un mélange étonnamment harmonieux d’indépendance et de (très) belle à sauver (à plusieurs reprises). Et si elle marche parfois sur les plates-bandes des hommes, elle n’est pas encore une de ses héroïnes qui a échangé sa vraie féminité contre une tenue sexy généralement en latex, deux guns et des cours de kung-fu. La lutte contre l’homme n’est donc pas frontale mais plus sournoise : dans la fusillade dans le bar, elle tue deux hommes dans le dos et pour sa tentative d’évasion de la tente de Belloq, elle saoule son geôlier ! Personnage féminin le plus original et le plus crédible de la série, Marion Ravenwood est peut-être la seule vraie femme d’Indiana Jones.

Wilhelmina « Willy » Scott (Kate Capshaw)

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Chanteuse de cabaret, Wilhelmina Scott est embarquée dans l’action d’Indiana Jones et le temple maudit malgré elle. Peu habituée à la vie au grand air, elle accumule les catastrophes et les déclarations péremptoires ce qui finira par charmer Indiana Jones.
Très jolie (mais trop souvent coiffée avec une coupe années 80 trop marquée), Wilhelmina Scott collectionne les tares censées faire craquer les hommes : excessivement vénale, gaffeuse, exigeante, prétentieuse, minaude, bête… Soyons clair, pour Indy c’est vraisemblablement une histoire de cul car elle est l’archétype de la ravissante idiote mais sûre d’elle et demeure principalement un side kick comique avec beaucoup plus de cris à pousser (elle aurait même pris des cours pour le film auprès de scream queen) que de dialogues à réciter.
Globalement horripilant, le personnage a plutôt la tendance à se bonifier au fil des visions, l’abattage de Kate Capshaw (Madame Spielberg à la ville) finissant par l’emporter. Et être couvert d’insectes force le respect. Plus troublant encore est que si le personnage paraît bien caricatural, il est peut-être celui qui se rapproche le plus de nous, citadins, qui serions bien peu fiers de nous retrouver dans les mêmes situations qu’elle…

Elsa Schneider (Alison Doody)

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Le docteur Elsa Schneider est un docteur en archéologie chargée de suivre Indiana Jones dans la recherche du Graal et de son père. Séduisant Indiana, elle révèle une perfidie démente et sexuelle au cours de la quête puisqu’elle n’hésite pas à coucher avec Henry Jones Junior et Senior pour parvenir à ses fins !
Assez peu crédible en savante sexy de 23 ans, mais plus que Denise Richards en docteur en physique nucléaire façon Lara Croft dans Le Monde ne suffit pas, elle demeure comme un hommage au personnages féminins d’antan. Sa chevelure blonde impeccable très années 30-40 et son sex-appeal naturel (elle fut notamment choisi pour cela) en fait une descendante directe des femmes fatales que le cinéma de l’époque avait sanctifiées. Elle est une mante religieuse avec sa propre morale et aux intentions toujours égoïstes, le reste du monde autour d’elle n’étant que des moyens d’atteindre son but et d’étendre son pouvoir. L’erreur qu’elle commet à la fin du film (franchir la dalle scellée malgré les avertissements du chevalier) et sa chute dans les ténèbres témoignent de sa soif de pouvoir. Et les larmes de la belle lors des autodafés nazis ne suffiront pas à en faire une victime. Schneider est bien du côté des méchants.
Remarquons que l’actrice Alison Doody, incarnant cette femme fatale et qui n’a pas vraiment eu une grande carrière après ce film comme d’ailleurs Karen Allen et Kate Capshaw (disons que leur rôle le plus marquant est précisément celui dans Indiana Jones), refusa la proposition de Peter Jackson d’interpréter le rôle d’Eowyn dans le Seigneur des Anneaux, rôle qui échut à la mignonne Miranda Otto, du fait de sa grossesse.

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Toute la saga Indiana Jones

 Par Pascal     3 commentaires15 mai 2008    Catégories: Articles Cinéma Indiana Jones

Saga Indiana Jones : le père

Henri Jones Sr (Sean Connery)

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Le père d’Indiana Jones n’apparaît que dans Indiana Jones et la dernière Croisade. Il est la création la plus importante de la série après Indiana Jones lui-même. Alors que Lucas souhaitait raconter la quête du Graal, Spielberg voulait développer une relation père-fils. Loin de reléguer le Graal à un McGuffin de luxe, Spielberg parvient finalement à concilier les deux, enracinant la quête, lubie initiale du père autour de leur relation. Cette approche est classique, deux personnes se retrouvent dans l’épreuve, mais géniale. Elle bouleverse néanmoins quelques codes puisqu’il est quand même assez rare de voir Papa-Maman débarquer dans la vie du héros.

Ces retrouvailles mouvementées changent complètement notre perception du héros Indiana. Alors que nous connaissions un Indy orgueilleux avec les femmes, toujours accompagné d’amis à son service et opposé à des ennemis respectant sa valeur, nous nous retrouvons avec un enfant en représentation devant son père, soumis et dépassé, incompris mais qui cherche malgré tout à l’impressionner. Ses regards et son sourire victorieux vers son père lors de la poursuite en moto le soulignent.

Mais qui est ce père tant redouté ? Comme son fils, le professeur Henri Jones enseigne à l’université. Il est un père dont les premières apparitions, un bras affairé à sa passion puis une vieille photo, marquent la distance, le manque de communication face à Henri Jones Junior. Des moments importants se bonifiant au fil des visions. Et si son fils cherche tant à l’impressionner, c’est qu’il ne l’est pas. Aux oeillades de son fils dans la poursuite en moto, il ne répond que par un regard désapprobateur et sévère. Quand il apprend que son fils détient son journal dans sa poche au lieu de l’avoir mis en sécurité, il s’emporte alors qu’il est menacé par les nazis. Et il s’obstine à l’appeler Junior pour clairement marquer son autorité et ne pas perdre la face même en commettant les pires catastrophes : mettre le feu dans la pièce où ils sont séquestrés et mitrailler leur propre avion !

La force de ces séquences est qu’elles nous sont racontées avec un humour formidable faisant de l’épisode trois le plus drôle mais aussi le plus émouvant de la série. Sous couvert d’autorité et d’austérité, Henry Jones est un homme agé et gaffeur, complètement dépassé par les actions héroïco-suicidaires et les talents d’improvisation de son fils qu’il découvre peu à peu dès lors que ce fils entre dans son monde : celui du Graal. Et de même, Indy découvre son père dès lors que ce dernier entre dans le sien, celui de l’aventure (mouvementée). Une mise à nu aboutissant à un respect et une admiration réciproque comme lorsque le père les sauve d’une situation désespérée avec des mouettes et un parapluie.

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C’est donc en se dévoilant l’un à l’autre que le père et le fils se retrouvent et se réconcilient jusqu’aux épreuves finales pour atteindre le Graal, épreuves qu’ils vivent et subissent ensemble alors qu’ils sont séparés et qui trouve leur conclusion dans ce bouleversant « Indiana » prononcé par le père alors que son fils tente sans discernement de récupérer la coupe du Graal. On peut appeler ça du grand cinéma.

Dans ce rôle auquel il a beaucoup apporté, Lucas voyait quelqu’un de plus sérieux façon Yoda (ce n’était pas nécessairement une mauvaise idée), Sean Connery trouve là un des plus grands rôles de sa carrière. Si voir un ancien James Bond jouer les papa un peu gâteux peu vite tourner aux clins d’oeil faciles, l’acteur ne fait jamais dans l’auto-parodie mais invente un personnage comique inédit pour lui, sans ironie, sans second degré mais avec du coeur, à contre-pied de tout ce que nous pouvions imaginer. C’est la marque des géants.

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 Par Pascal     2 commentaires14 mai 2008    Catégories: Articles Cinéma Indiana Jones

La saga Indiana Jones : l’Aventure (2)

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L’aventure, c’est aussi l’action. Les créateurs des films imaginent souvent de grandes scènes d’action qui seront autant de figures imposées aux scénaristes qui devront d’une manière ou d’une autre les inclure dans le scénario.

L’action prend ainsi la forme d’innombrables poursuites, à pied, à cheval, en train, en bateau, en avion ou plus classiquement en voiture. Celle dans le désert rappelle Duel surtout quand Jones parvient à prendre le contrôle du camion et fonce vers la voiture où se trouve Belloq. La plus originale est celle dans la mine à bord de wagonnets dans un réseau de rails infini. Donner vie au plus invraisemblable tout en restant le plus sérieux possible est sans doute une des plus grandes réussites de cette série d’aventure.

Indiana Jones ne sait pas seulement tout conduire. Il sait aussi se battre. Il est parfois opiniâtre quand il a son revolver, tout le monde se souvient de la scène face au combattant à l’épée au Caire qu’il préfère abattre avec détachement : Ford était malade sur le tournage et a trouvé cette idée pour expédier le tournage alors qu’un combat singulier était prévu. Mais il ne participe pas à des fusillades sans qu’elles ne se terminent en empoignade (à l’image du combat dans le bar de Marion). Il est le plus souvent inconscient que ce soit face à des guerriers indiens dans une redite d’une séquence de Star Wars où il poursuit deux trois soldats puis se retrouve à être poursuivi par une armée entière. La séquence la plus réussie est sans doute celle sur le tank, dans Indiana Jones et la dernière Croisade à la fois drôle quand il tue d’une balle plusieurs soldats et éprouvante quand il lutte contre Vogel qui n’hésite pas à lui mettre la tête sur les chenilles du char !
On retiendra enfin avec amusement qu’Indy a eu à chaque épisode un éternel ennemi en la personne de Pat Roach. L’acteur de près de deux mètres joue un ou plusieurs rôles dans chaque film pour en mettre plein la gueule à Indy pour finalement se faire abattre par lui. Il est entre autre le colosse nazi sous l’aile volante dans Les Aventuriers de l’Arche perdue ou le chef des gardes dans Indiana Jones et le Temple Maudit. Il n’est par contre pas tué par le troisième épisode, sa scène ayant été coupée au montage (il ne fait qu’une courte apparition aux côtés de Vogel).

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Indiana Jones sait aussi détruire. C’est Indiana Jones le destructeur. On ne compte plus les explosions et les déluges de feu, quand ce n’est pas le souffle divin, en passant par les effondrements en tout genre dont le pont suspendu dans le temple maudit. A bien y regarder, il n’est pas vraiment un endroit où il se rend qu’Indiana Jones ne parvient pas à mettre sans dessus dessous !
Comme le fait remarquer George Lucas, une des raisons de tout ce désordre, outre l’entertainment, est qu’il importe que l’objet de la recherche ne soit pas conservé à la fin du film ainsi la coupe du Graal tombe dans les abîmes avec tout l’édifice où elle se trouvait tandis que l’Arche d’alliance se perd dans un hangar immense rempli de secrets en tout genre (Chris Carter saura se souvenir de cette scène pour le premier et le dernier épisode de la première saison d’X-files). Avant cela, Indy aura eu le temps de mettre à mal le temple où l’Arche était abritée depuis des millénaires…

Outre les explosions en tout genre, le cassage de nazi et la destruction de sites archéologiques, la vie mouvementée d’Indiana Jones est parfois malmenée par la faune.

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Et puis que serait un film d’aventure exotique sans serpent surtout quand son héros éprouve une phobie pour ceux-ci ? Il va presque de soi que chaque épisode doit contenir son lot de serpents en tout genre, du serpent de compagnie au cobra noblement mis en valeur (autour de milliers d’autres…) en passant par les serpents comestibles !
Spielberg n’hésite donc pas à mettre à l’épreuve son héros. Et à la fin des trois épisodes, on se dit que quand même la phobie est toute relative. Peut-être même que Les Aventuriers de l’Arche Perdue a des vertus curatives pour Indiana Jones. Dans l’introduction du troisième épisode, nous voyons le jeune Indy tombe dans un « bain » de serpents et nous assistons vraisemblablement à la naissance de sa phobie pour ceux-ci.
La phobie est illustrée dans Indiana Jones et le temple maudit lorsqu’il devient paralysé de peur face à Willie réglant son compte à un serpent, excédée par toutes les inconvenances de la jungle.
Finalement, dans le premier épisode, Indiana Jones reproduit précisément sa chute dans le bac à serpents en se plongeant dans une ruine antique pour retrouver l’Arche remplie de milliers de serpents (vraiment des milliers, le making-of du DVD est particulièrement passionnant pour cette séquence). Enfermé par Belloq avec Marion, il est obligé d’aller de l’avant pour sauver sa belle et survivre. Peut-être est-ce de la sur-interprétation (le quatrième épisode le dira) mais, au-moins le temps du sauvetage, Indiana Jones aura surmonté sa légendaire phobie.

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Outre les serpents, la série fait aussi la part belle aux rongeurs. On observe ainsi les rats dans les catacombes de Venise vivant tranquillement sur une mare de pétrole hautement inflammable. On pourra même croiser des chiroptères géants (ou chauve-souris pour ceux qui préfèrent rester populaire. Wikipédia m’apprend par ailleurs que les chauve-souris ne font pas parti des rongeurs. Si.), l’équipe ayant profité de leur présence sur les lieux du tournage en Inde.

Indiana Jones a peur des serpents mais je n’ai pas peur des serpents. Le père d’Indiana Jones a peur des rats mais je n’ai pas peur des rats. Et puis les chauve-souris « vampires géantes » vues de loin, c’est rigolo. Par contre je n’aime pas vraiment les insectes. Satiro dans Les Aventuriers de l’Arche perdue est recouvert d’araignées mais c’est plus dégoûtant que terrifiant bien qu’Alfred Molina reconnaisse volontiers que cela ne lui faisait pas particulièrement plaisir pendant le tournage. Il faut arriver à la séquence du piège de la chambre avec des pointes (la séquence préférée de Spielberg) pour se retrouver confronté à des milliers de moyens et gros insectes. Et là, je trouve ça dégoûtant ET terrifiant. Ces séquences révèlent aussi un Spielberg au service d’un film dont il a du mal à parler (il trouvait le scénario trop noir) devenant volontiers masochiste demandant à ses techniciens de jeter des insectes par seaux entiers sur Willie / Kate Capshaw, sa future femme !
Passé ces anecdotes, on louera la force des créateurs de la série à faire resurgir l’une ou l’autre de nos propres peurs et à donner vie à nos pires cauchemars…

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 Par Pascal     Commenter13 mai 2008    Catégories: Articles Cinéma Indiana Jones

La saga Indiana Jones : l’Aventure (1)

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Au départ de l’aventure Indiana Jones, il y a l’envie de Spielberg de réaliser un James Bond et l’ambition de George Lucas de retrouver l’ambiance des serials d’antan, ces feuilletons sans prétention mais au rythme trépidant. Avec un plus gros budget, sans être particulièrement astronomique, les deux réalisateurs joignent leur force pour créer un nouvel héros et retrouver l’ambiance des années 30 avec le plus grand sérieux, vraiment au premier degré, tout en y mêlant habilement humour et ironie. La réussite est absolue puisqu’ils parviennent à le faire croire aux spectateurs comme moi qui n’a qu’une idée théorique de ce qu’est un serial ou le film d’aventure de l’entre deux-guerre. Et en fait, tout concourt dans la série à restituer ce parfum d’aventure invraisemblable mais fantasmé depuis notre plus tendre enfance.

L’aventure commence très souvent par le dépaysement. Comme pour James Bond, les voyages aux quatre coins du monde sont au rendez-vous et illustrés par ces magnifiques cartes tout au long des voyages en avion, en voiture ou en sous-marin du héros. Curieusement d’ailleurs, Indy ne passe pas beaucoup de temps aux états-unis et part très vite pour les lieux chargés d’histoire(s) : Le Proche-Orient, l’Europe ou même l’Amérique du sud, la Chine, l’Inde… autant de destinations exotiques et rêvées.
Et qu’ils soient en extérieur ou en studio, les décors souvent grandioses et les nombreuses ruines et autres châteaux forts ne peuvent qu’attiser notre imagination et notre plaisir. Indiana Jones voyage pour nous dans des endroits inaccessibles ou définitivement transformés par les sociétés modernes quand ils n’évoquent, en de rare occasion, directement pas une page sombre de notre histoire lorsqu’Indy se rend à Berlin (la grande Histoire demeure cependant en marge d’Indy).

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L’aventure dans Indiana Jones passe aussi par une forte iconisation. Les acteurs sont souvent mis en valeur avec des poses très évocatrices qui nous ramènent autant aux films de l’époque du film (où on éclairait souvent le visage des stars comme s’ils étaient pris en photo) qu’à la bande dessinée colorée. En véritable homme de cinéma, Spielberg ne s’arrêtera pas à faire prendre la pose à ses acteurs mais les inscrira dans des séquences souvent lyriques.

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Ce lyrisme et cette iconisation passent également par la musique. Quand il parle de la musique de Superman, le réalisateur Richard Donner raconte la première fois où il entend John Williams faisant jouer à son orchestre le thème majeur du film. Et il s’écrit que les trois notes du « refrain » sont les trois syllabes de Superman. Quand on écoute les quatre notes du thèmes d’Indiana Jones, je ne peux m’empêcher de penser à son nom. Dans les trois films, John Williams va multiplier les thèmes associés aux personnages composant des musiques pour presque toutes les scènes du film. Une oeuvre immense pour un résultat exceptionnel, la beauté de la musique du compositeur de Star Wars renforce la tension ou l’émotion transmise par chaque scène illustrée par sa musique.

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Au final, des moments telles la découverte de l’endroit où se trouve l’Arche d’Alliance où la rencontre avec le chevalier gardant le Graal confirment que la force de la réalisation, largement autant que l’exotisme des situations, donnent naissance à des images qui vont s’imprimer longtemps dans nos rétines.

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Toute la saga Indiana Jones

 Par Pascal     Commenter13 mai 2008    Catégories: Articles Cinéma Indiana Jones

Saga Indiana Jones : Indy

Tout du mythe est presque dit dès le début dans cette introduction mystique des Aventuriers de l’Arche perdue au coeur de la jungle sud américaine. C’est la naissance d’un héros qui nous arrive d’un bloc en sortant littéralement de l’ombre et neutralisant ses adversaires avec son fouet et une tenue : la chemise ouverte à moitié, la veste en cuir, le chapeau Stetson (entre autres, voir les références plus bas), le sac en bandoulière (qui s’avère être originellement un sac pour masque à gaz…), le ceinturon avec son pistolet qui lui servira finalement assez peu.

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La première apparition d’Indiana Jones de face, sortant de l’ombre, menaçant

La présence de ce héros dans cette jungle n’est pas anodine : il est en quête d’une idole, une statuette en or massif. Il n’est pas vraiment un aventurier mais un « raider », un pilleur, pilleur pour la bonne cause, pour le musée, mais pilleur quand même à la fois malin et arrogant.

Indiana Jones

Trop arrogant. Dans sa quête de l’idole, il déjoue tous les pièges et sauve plusieurs fois la vie de son compère qui va le trahir. Et c’est cette séquence où il se présente seul devant l’idole qui scelle sous nos yeux le caractère du personnage. Lorsqu’il change l’idole contre un sac de sable, son sourire triomphant et prétentieux prend le dessus… jusqu’à la catastrophe où il finit par déclencher tous les pièges qu’il avait évité, voit son compagnon mourir, et provoque la destruction de tout le site archéologique où il se trouvait ! L’humour et l’auto-dérision mettent d’un coup à mal le héros monolithique que nous avons vu jusque là.
Et c’est couvert de toiles d’araignées, essoufflé et pathétique, menacé par une centaine de guerriers que nous entendons pour la première fois son nom, prononcé par son pire ennemi ! « Docteur Jones » ou l’art de se fourrer dans les pires situations pour parvenir à ses fins.

Dans l’introduction d’Indiana Jones et la dernière Croisade, Spielberg reproduit ce schéma une vingtaine d’année auparavant ainsi le jeune boy-scout Indiana surprend des pilleurs entrain de déterrer un trésor : la fameuse croix de Coronado qu’il tente de récupérer pour le musée mais qui lui échappera. Là encore, le héros nous est présenté d’un seul bloc mais Spielberg reprend une à une les spécificités du héros pour nous raconter leur origine commune durant l’acte fondateur de toute la vie de l’aventurier. Cicatrice, fouet, serpents, chapeau trouveront leur origine dans une course poursuite d’anthologie à bord d’un train de cirque.

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La naissance n’est pas seulement vestimentaire, elle l’est aussi dans le style du héros mélange habile de dérision (le saut à cheval), de culot et d’obstination. Car plus qu’un sacerdoce, le métier de Jones est une obsession puisqu’il recherchera la croix de Coronado « toute sa vie » résumée dans une inoubliable ellipse avec la transmission du chapeau. Un héros naît sous nos yeux, ou renaît puisque c’est le troisième épisode.

C’est aussi une mini-révolution car les héros du genre, de Bob Morane à James Bond, sont peu souvent représentés avec papa-maman. Spielberg s’amuse à transgresser ces codes et fait accompagner Indiana Jones avec son père qui nous apprend que son « Junior » se fait appeler comme le chien (le nom du chien de l’époque de George Lucas se prénomme aussi Indiana) ! L’humour est dès lors bien plus présent. Autant d’éléments qui font peut-être que les « puristes » apprécient moins ce troisième opus.

On dit donc « Docteur » Jones car Indiana Jones est aussi un professeur éminent d’archéologie au Marshall College attirant dans ses classes tout ce que compte l’université comme lolitas en quête d’aventures (notons aussi le garçon lui offrant une pomme à la fin du cour…). Indiana Jones est aussi un homme irrésistible plus macho et orgueilleux que romantique, volontiers chevaleresque mais parfois juste ce qu’il faut : il n’hésite pas longtemps pour laisser Marion à son sort dès lors que son évasion pourrait attirer l’attention sur ses recherches…

Indy est aussi un battant. Son fouet et son revolver ne sont pas des objets décoratifs mais bien des objets essentiels à sa survie. Et pour se sortir des situations improbables dans lesquelles il se trouve, il doit payer de sa personne, souvent au prix fort. Ainsi, à l’issue d’une échappée contre des serpents, de plusieurs combats à mains nues contre des soldats nazis puis d’une longue poursuite dans le désert où il est traîné sur le sol sur plusieurs centaines de mètres (ouf), Indiana Jones n’est plus que douleur et ne trouve le réconfort que dans les bras de Marion. Indiana Jones est un combattant émérite à la forme olympique mais il souffre quand même !
Ses aventures le mettent encore plus à l’épreuve psychologiquement. Dans le premier épisode, c’est sa vocation qu’il remet en cause avec un bazooka face à l’Arche et dans le troisième, il se bat pour retrouver plus que le Graal mais un père, ce que symbolise le sublime climax final et les épreuves pour parvenir jusqu’à la précieuse fontaine de jouvence. Et c’est peut-être dans Indiana Jones et le temple mauditqu’il est le plus à nu face à sa part d’ombre qu’il laisse le dominer l’espace de quelques instants, littéralement en enfer.

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Possédé par Mola Ram, Indiana rejoindra les forces du Mal.

Indy est au fond un parfait héros imparfait. A côté des Rambo, des John Matrix, des Maverick de la même époque, Spielberg proposait une autre voie avec un héros tout aussi invincible, sans trop de scrupules, mais plus humain et sincère, dont les outrances ne sont pas glorifiées mais le plus souvent tournées en dérision, se jetant corps ET âme dans l’aventure. Il est ce héros qui se jette dans le vide pour sauver son père. Nous sauver ?

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Sur le costume en général, voir l’inestimable site:
http://www.jones-jr.com/costume.html

Toute la saga Indiana Jones

 Par Pascal     3 commentaires12 mai 2008    Catégories: Articles Cinéma Indiana Jones

La saga Indiana Jones

Quelques révisions avant le très attendu Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal sont de rigueur.
Dans les articles qui vont suivre, je me concentre presque exclusivement sur les trois premiers films et non tout ce qui a dérivé de ceux-ci. Je ne mésestime pas pour autant la série ou les jeux que je ne ne connais malheureusement trop peu.

Indiana Jones

Articles

- Indy
- L’Aventure (1)
- L’Aventure (2)
- Le père
- Les femmes
- Les amis
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 Par Pascal     Commenter12 mai 2008    Catégories: Articles Cinéma Indiana Jones


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