Catégorie 'Fantastique'
Uwe Boll troisième ! MalgrĂ© un acharnement critique, et publique, Uwe Boll revient en fanfare au cinĂ©ma dĂ©but 2008 pour sortir dans plus de 1500 Ă©crans aux US (un blockbuster c’est 3000) ce gros projet d’heroic fantasy Ă 60 millions de dollars. Je veux bien que les films de Boll ne soient pas des fours financiers complets mais son financement, Ă base d’astuces fiscales en Allemagne paraĂ®t-il, demeure quelque peu nĂ©buleux. Sans surprise, King Rising fut un Ă©chec complet, ne dĂ©passant pas les 10 millions de dollars de recette sur le sol amĂ©ricain.

Et toujours sans surprise, le film est très mauvais. Mais Ă la diffĂ©rence de BloodRayne, le film ne dispose d’aucun niveau de lecture « nanar » et d’aucun plan fesse ou gore, la faute Ă ce gros budget justement qui impose que le film soit visible par le plus grand nombre. Le film est long et ennuyeux. Les scènes de bataille sont mornes, une sorte de spectacle de marionnettes. Les nombreux plans larges avec beaucoup de figurants tout comme les « chorĂ©graphies » n’apportent aucune ampleur, aucune Ă©motion. L’histoire n’est que bavardage, acteurs rĂ©citants leurs rĂ©pliques (la manière classique pour Boll de diriger son casting ?) et cabotinages pesants. Le vacuitĂ© en somme. Le vide. L’Ă©tat français n’aurait pas fait mieux avec tout cet argent.

Il ne reste au spectateur courageux (ou bĂŞte) que deux moyens de se divertir : l’histoire et le casting. King Rising dispose comme BloodRayne d’un casting dĂ©lirant : Jason Statham, Ron Perlman, Ray Liotta, Burt Reynolds, Claire Forlani, Leelee Sobieski, Kristinna « Rayne » Loken, Matthew Lillard, John Rhys Davis… Les impĂ´ts sont-ils passĂ©s par lĂ ? En tout cas, ils sont uniformĂ©ment nuls. Matthew Lillard est le seul Ă ne pas sortir de la torpeur gĂ©nĂ©rale et semble se toujours croire sur le tournage de Scoubidou.
Quant Ă l’histoire, King Rising est littĂ©ralement la version du Seigneur des Anneaux d’Uwe Boll. On peut donc s’amuser Ă trouver dans le film les nombreux points communs. Les orcs sont remplacĂ©s par des hommes chien (notons que nous ne voyons jamais plus d’une demi-seconde un gros plan de ces crĂ©atures – problèmes de maquillages foireux ? En fait, il s’agirait plutĂ´t de masques), Saroumane et Sauron sont remplacĂ©s par Gallian (Ray Liotta) qui effectue ses combats Ă distance, le hĂ©ros va devenir roi, les elfes sont reprĂ©sentĂ©s par des peuples de la forĂŞt acrobates (et pathĂ©tiques), Gandalf est remplacĂ© par Merick (John Rhys Davies qui passe donc du très haut au très bas dans le mĂŞme genre puisqu’il a un des rĂ´les principaux du Seigneur des Anneaux)… etc. C’est un peu amusant. Mais tout ceci ne fait pas un film. Je dĂ©conseille vivement ce film pĂ©nible Ă tout amateur de bon film, bien sur, mais aussi aux amateurs de nanars qui se rabattront avantageusement sur BloodRayne s’ils veulent dĂ©couvrir l’ « Ĺ“uvre » d’Uwe Boll.

Par Pascal
12 juin 2010 Catégories: Articles CinĂ©ma Fantastique
Mon deuxième film d’Uwe Boll ici dans le genre qui le rendit plus ou moins cĂ©lèbre : l’action. Ici, nous sommes dans l’heroic fantasy avec une hĂ©roĂŻne, Rayne (Kristanna Loken), une femme mi-vampire, mi-humaine (un damphire, dont j’apprends le terme), cherche Ă vengeance et part en quĂŞte pour tuer son gĂ©niteur (Ben Kingsley). Il se trouve ĂŞtre le super vilain souhaitant soumettre le monde. Mais c’est sans compter sur Rayne donc et une poignĂ©e de combattants emmenĂ©s par Vladimir (Michael Madsen).
Et pour le coup, il faut bien convenir que le « spectacle » est vraiment gratinĂ© alignant les grosses ficelles, les ellipses douteuses, les fautes de montages, la caractĂ©risation Ă©trange des personnages (on ne sait jamais trop ce qui les motive) et les retournements de situation les plus navrants avec un soucis du non spectacle qui fait presque plaisir Ă voir. Oui, BloodRayne fait bien partie de ces nanars « si mauvais qu’ils font rire ». Dans le genre, on retiendra les combats Ă l’Ă©pĂ©e qui semblent improvisĂ©s, je veux dire que je pense ĂŞtre meilleur que Rayne au sabre, mais aussi l’aspect bien gore crade du film avec nombre importants de dĂ©capitations et d’effets sanguinolents notamment lors de l’attaque du couvent. Il y a aussi la surprise de voir un casting prestigieux : Kristinna Loken (la terminatrix de Terminator 3), Michael Madsen, Udo Kier, Meat Loaf, Billy Zane, Michelle Rodriguez, Geraldine Chaplin, Ben Kingsley… ouf ! La plupart sont en roue libre et certains se contentent tout simplement de marmonner leurs rĂ©pliques comme une simple rĂ©citation (vĂ©ridique : Michael Madsen fait vraiment ça). C’est assez stupĂ©fiant Ă voir. Ajoutons Ă ce cocktail un peu de fesse, avec un lĂ©chage de tĂ©ton que je trouve plutĂ´t anthologique (surtout quand on regarde le film dans un train bondĂ©), pour conclure que, ma foi, voir BloodRayne ne fera sans doute certainement pas plus perdre de temps au spectateur que la vision d’un film français standard sorti la mĂŞme annĂ©e (reconnaissons que BloodRayne bĂ©nĂ©ficiait quand mĂŞme d’un budget confortable de 25 millions de dollars).
Petit dĂ©tail : j’ai vu la version « Unrated ». Je ne sais pas trop ce qu’elle comporte mais je me demande si toutes les scènes encore plus gores ont Ă©tĂ© ajoutĂ©es Ă la fin. A l’issue du mĂ©trage, nous voyons Rayne se poser en vainqueur sur le trĂ´ne puis fixer un point derrière la camĂ©ra. Et le montage fait resurgir plusieurs scènes du film avec des plans très gores (vraiment dĂ©gueu) pour revenir au visage de Rayne et au gĂ©nĂ©rique. C’est un peu comme si nous avions eu droits aux scènes coupĂ©es pendant la fin du film. Incroyable !
Mieux vaut lire nanarland pour en savoir plus (et mieux).


Par Pascal
10 juin 2010 Catégories: Articles CinĂ©ma Fantastique
Comme le titre original, Young Sherlock Holmes, l’indique, le film de Barry Levinson raconte la jeunesse de Sherlock Holmes Ă l’universitĂ©. PrĂ©cisĂ©ment, il scelle les destins d’Holmes et Watson et donc le dĂ©but des histoires du premier racontĂ©es par le second. Loin de trancher avec l’imagerie traditionnelle comme le Sherlock Holmes de Guy Ritchie, Le Secret de la pyramide profite de la jeunesse du hĂ©ros, du cĂ´tĂ© prequel de la sĂ©rie, pour dresser la naissance de cet imaginaire autour du cĂ©lèbre dĂ©tective, de ses vĂŞtements Ă son cĂ©lèbre « Elementaire » qui se termine ici par un « Mon cher Holmes » puisque prononcĂ© par son maĂ®tre Ă penser et inventeur farfelu.


Cette approche n’est pas innovante, peut-ĂŞtre l’Ă©tait-elle un peu plus Ă l’Ă©poque, mais elle est plaisante, jamais ennuyeuse. On ne pourra guère reprocher Ă Levinson le rythme du film. En une quinzaine de minutes, il pose l’ambiance et les personnages secondaires (les deux mentors, un riche con, une belle Ă croquer…) et les capacitĂ©s exceptionnelles de Holmes Ă travers, entre autres exemples, un jeu de piste amusant.
La suite est une trĂ©pidante aventure avec une touche de surnaturelle que Holmes dĂ©fie avec toute sa logique. Avec Steven Spielberg Ă la production, on ressent la bĂ©nĂ©fique influence d’Indiana Jones et le Temple Maudit (la scène du sacrifice) sans ĂŞtre trop morbide ni toutefois aseptiser. MĂŞme s’il est assez prĂ©visible, le dĂ©nouement, sur base de la rĂ©plique « Never replace discipline with emotions », n’incite pas Ă la rigolade et s’avère une excellente base pour une sĂ©rie…


… qui n’a jamais eu lieu, le film n’ayant pas eu Ă l’Ă©poque un gros succès. Pourtant, je n’avais vu qu’une seule fois ce film enfant et il m’avait vraiment marquĂ©. Je me souvenais prĂ©cisĂ©ment de plusieurs scènes de relation mentor/Ă©lève (j’adore ça, comme par exemple ici le dernier duel amical Ă l’escrime) et surtout de la plupart des sĂ©quences Ă effets spĂ©ciaux. Certaines sont anthologiques (l’attaque des gâteaux !) d’autres historiques ainsi l’image vraiment spectaculaire du soldat sortant de son vitrail, sĂ©quence numĂ©rique dirigĂ©e par John Lasseter.


En plus d’un bon film d’aventure, Le Secret de la pyramide est ainsi en un tour de force technique avec de superbes dĂ©cors et une bonne musique. Tout semble soignĂ© malgrĂ© un casting britannique pas forcĂ©ment inoubliable. Le mĂ©chant mystique est excellent mais on retiendra particulièrement un Watson (Alan Cox) ressemblant comme deux gouttes d’eau Ă Harry Potter. Le rapprochement ne s’arrĂŞte pas lĂ puisque l’ambiance scolaire (uniforme/Ă©charpe inclus) rappelle bien les aventures du sorcier Ă la cicatrice. Et Ă bien y rĂ©flĂ©chir, il suffirait de remplacer les capacitĂ©s de Holmes par une baguette magique et nous ne serions pas si Ă©loignĂ© de l’univers J.K Rowling… il n’est pas alors très Ă©tonnant de retrouver au scĂ©nario Chris Colombus, rĂ©alisateur des deux premières adaptations.



Par Pascal
27 mai 2010 Catégories: Articles CinĂ©ma Fantastique Thriller