Catégorie : Comédie

L’As des As (1982) de Gérard Oury

Je ne suis pas sur d’être un grand fan de la période années 80 de Belmondo. Disons que j’ai vu six de ses films : Le Guignolo, Les Morfalous, Joyeuses Pâques, Hold-up, Itinéraire d’un enfant gâté et donc L’As des As. Ils ne tiennent pas tous la comparaison avec sa filmo des décennies précédentes. Mais l’acteur n’a vraiment pas à rougir non plus. A défaut de m’exalter, ces films constituent de bons divertissement (sauf Joyeuse Pâques qui n’est pas bien bon malgré, et un peu à cause de, Sophie Marceau).

Pas de surprise avec L’As des As, gros succès à sa sortie, qui fait presque figure de modèle de la période. Tout le film gravite autour de la star ici entraîneur de l’équipe olympique de boxe et entraînée dans le sauvetage de juifs dans l’Allemagne de 1936. En dehors de Belmondo, il n’y a pas grand chose si ce n’est l’illustration d’une belle amitié entre lui et un officier nazi (Frank Hoffman), amitié forgée lors d’un combat aérien pendant la première guerre, et qui donne un état des lieux de la nation sous Hitler avec un peuple enthousiaste, galvanisé. Le gamin (Rachid Ferrache) fait ce qu’on attend de lui et l’humour potache se paye la tronche des nazis un peu comme dans Papa Schultz avec par exemple un seul acteur (Günter Meisner) interprétant Adolf Hitler et sa sœur… Enfin, Marie France Pisier est jolie mais mauvaise. Absolument.

L’As des As demeure quand même amusant et l’abattage de la star toujours aussi réjouissant et drôle porté par une musique solide de Vladimir Cosma. Il nous gratifie en outre de quelques belles prouesses physiques et acrobatiques notamment en avion et c’est vraiment impressionnant. Bref mais impressionnant. On a juste le temps de faire un « oh! » puis ensuite prendre la mesure de ce que nous venons de voir. J’adore ça.

Par Pascal
Commenter17 juin 2010
Catégories : Articles, Cinéma, Comédie

Itinéraire d’un enfant gâté (1988) de Claude Lelouch

Je crois aimer Claude Lelouch. Je n’ai pourtant vu que sept de ses films. J’avais conservé un bon souvenir de celui-ci en l’ayant toutefois un peu oublié. Et pourtant, la première partie est vraiment mémorable. La mise en scène de Lelouch est aussi vertigineuse que les prouesses des artistes de cirque qu’il filme. Les allers-retours temporelles sur cette mort qui n’en ai pas une foisonnent jusqu’à la rencontre en Afrique entre un homme d’affaire, Sam Lion, fuyant le monde et sa famille (Belmondo) et un jeune homme maladroit mais décidé (Richard Anconina).

Belmondo est vraiment bon dans ce film dans un rôle d’un homme marqué, enfant gâté qui a tout vu et vieux sage un poil têtu, ce pourquoi il essaye de reprendre les affaires de son ex-entreprise, maintenant en difficulté, en mains par l’intermédiaire d’Anconina. J’ai peu de souvenirs de Tchao Pantin donc je me laisse croire que c’est le meilleur film d’Anconina. Leur histoire commune est tendre et le film est souvent amusant à l’image la scène anthologique où Sam Lion explique à son protégé comment ne pas avoir l’air étonné. On n’oubliera pas pour autant les seconds rôles, formidables, avec une mention spéciale à Daniel Gélin, en père blasé et heureux.

Et il y a cette touche personnelle, propre à Lelouch je pense, à trouver la légèreté dans des situations casse-gueules (les retrouvailles) et inventer des personnages tourmentés d’où ressort paradoxalement du bonheur et du plaisir. Le réalisateur est bien un amoureux de la vie même quand il rencontre le pire dans la chute glaçante de Partir Revenir. Itinéraire d’un enfant gâté est un beau film.

Par Pascal
Commenter14 juin 2010
Catégories : Articles, Aventure, Cinéma, Comédie

Postal (2007) de Uwe Boll

Le réalisateur Uwe Boll s’est taillé au fil des années une solide réputation de plus mauvais réalisateur du monde, une sorte d’Ed Wood des années 2000. J’ai entendu pour la première fois parler de lui pour House of the Dead. Le film avait mauvaise réputation mais en même temps, rare sont les adaptations de jeux vidéos qui ont bonne réputation. Le film ne rapporta pas beaucoup d’argent mais apparemment suffisamment pour rentrer dans ses frais d’après IMDB.

La production suivante du réalisateur fut une nouvelle adaptation de jeu, celle du célèbre Alone in the Dark. Budget confortable (20 M$) et casting solide : Christian Slater, Stephen Dorff et une Tara Reid essayant de se diversifier après pas mal de comédie pour ado. Le film est un four au Box Office et surtout un four critique. Mais Uwe Boll se spécialise pourtant dans le genre et continue d’enchaîner les films d’action parfois relativement onéreux : In the Name of the King: A Dungeon Siege Tale coûte quand même 60 M$. Tout une communauté d’internautes engagea une véritable campagne de dénigrement systématique, lui suppliant même d’arrêter le cinéma. Uwe Boll les provoque en les défiant alors à un combat de boxe. Ceux qui acceptèrent se prirent alors un coup de Boll, plutôt un signe de malchance ici. Et Uwe Boll poursuit avec une assurance insolente sa carrière. Ca mérite qu’on s’y attarde.

Mon premier film de Uwe Boll est donc Postal soit une « grosse » comédie mêlant terrorisme, religion, politique et american way of life et un peu LE film d’Uwe Boll. Dans la ville de Paradise, Dude est un chômeur marié à une obèse lubrique et vivant dans une caravane. Cherchant à se sortir de là, il s’allie à ami devenu gourou d’une secte pour voler des caisses d’une célèbre poupée allemande, Krotchy Dolls, qu’ils pourront vendre à prix d’or aux enchères. Mais des terroristes islamiques emmenés par Ben Laden, vivant aux USA, ont la même idée, en vue d’un attentat à l’arme bactériologique.

Comme une sorte de réponse à la célèbre saillie d’Audiard, Uwe Boll ose tout : terroristes demandant à Ben Laden le nombre exact de vierges au paradis avant de s’écraser sur une tour du WTC, massacres d’enfants et d’handicapés dans un parc d’attraction, scènes de sexe avec une obèse (farine inclus)… et donc l’accroche du film : Bush et Ben Laden gambadant main dans la main. C’est peu de dire que le film est plus provocant, et vulgaire, que drôle. On ne rit d’ailleurs pas beaucoup, surtout quand on regarde le film dans un Thalys entouré d’hommes et femmes d’affaire. La surenchère permanente (la fusillade à la sécu US est plutôt drôle), quelques plans sexy et la trajectoire vengeresse du Postal Dude constituent malgré tout un plaisir coupable pour les amateurs.

Bande-annonce (qui annonce vraiment la couleur, j’aime bien l’encouragement final de Ben Laden sur le film) :

Par Pascal
Commenter7 juin 2010
Catégories : Articles, Cinéma, Comédie

Fantastic Mr. Fox (2009) de Wes Anderson

Comme je l’ai déjà dit, j’ai beaucoup de mal à écrire sur Wes Anderson pourtant un des metteurs en scène qui m’a le plus émerveillé ces dernières années. J’ai vu le jour de sa sortie son Fantastic Mr. Fox, l’adaptation d’un roman de Roald Dahl dont l’affiche promo ne cesse de rappeler qu’il est l’auteur de Charlie et la Chocolaterie ce qui renvoie non au pas au livre mais au film de Tim Burton bien sur qui a fait des millions d’entrées. Les as du marketing ont encore frappé.

Wes Anderson a choisi l’animation en image par image un peu comme James et La Pêche Géante tiré lui aussi d’un livre de Roald Dahl. Ce n’est pas pour autant véritablement un film pour enfants. Ces derniers peuvent le voir mais je ne suis pas certain que son esprit les passionne. L’approche sur la forme est bien nouvelle pour Wes Anderson mais il ne renonce pas à son cinéma avec des travelling géniaux et des gros plans frontaux sans profondeur plutôt rares dans l’animation (me semble t’il). Il fait également appel à sa troupe. Si en tête d’affiche (aux voix), George Clooney et Meryl Streep sont des nouveaux venus, Anderson retrouve Owen Wilson, Bill Murray, Michael Gambon, William Dafoe, Jason Schwartzman…
Le metteur en scène, et scénariste, ne renonce pas non plus à ses thèmes de prédilection avec un personnage central qui est un père atypique comme le furent Royal Tanembaum ou Steve Zissou. La filiation tient à nouveau une place prépondérante avec le style de l’auteur tout en « déviances élégantes ». Ainsi Mr Fox préfère ouvertement son neveu à son fils jusqu’au bout. Fantastic Mr Fox introduit cependant une réflexion sur la différence et l’amour. Le fils délaissé est dit « différent » et se sent rejeté ce qui le rapproche de son père, lui-même différent, et fait de lui un être à part entière. C’est à la femme/mère Mrs Fox que revient ce rôle de ciment entre les différents protagonistes. L’angle de vue de Wes Anderson est aussi original que poignant loin du gnangnan ou de l’émotion facile.

J’ose quand même dire que tout génial qu’il soit, Fantastic Mr. Fox est peut-être le moins bon film de son auteur. Il manque peut-être un peu de rythme dans la première partie, il faut sans doute du temps pour s’imprégner de cette animation saccadée, mais superbe, après plusieurs films au style bien reconnaissable, s’imprégner de cet univers où les animaux sont élégants mais mangent comme des animaux et rêvent d’un certain retour à la vie sauvage. Et il y a déjà beaucoup d’amour, de personnages étranges (l’opossum maître de maison qui renvoie au fidèle serviteur de Royal Tenenbaum).
Les éléments mis en place, la seconde partie devient parfaite. Elle enchaîne les morceaux de bravoure enlevés dont un combat rat/renard, monté littéralement comme une bande dessinée, vraiment étonnant, l’humour dans les dialogues et les situations, et les (nombreuses) séquences typiquement andersonniennes dont la rencontre « autre » avec le loup est l’élément le plus magnifiquement représentatif. Une nouvelle fois, Wes Anderson m’offre un moment de bonheur. Fantastique Fantastic Mr Fox.

Par Pascal
Commenter23 février 2010
Catégories : Articles, Cinéma, Comédie


Catégories

Archives