Petit écran

Revues ciné et séries TV

Les articles de Laurent

Demolition Man (Stallone in the dark)

Demolition Man est probablement le meilleur rôle de Sylvester Stallone, et en tout cas son plus politique, même si Rambo était déjà très chargé, à sa façon.
John Spartan est un super-flic dans la Californie en proie à la guerre civile et au chaos des guerres de gang et il parvient à arrêter le super-villain Simon Phoenix, interprété par Wesley Snipes. Pour une raison idiote (la mort de 36 otages lui est imputée) il se retrouve condamné à une quarante d’années en cryogénisation rééducative. Il est réveillé en avance parce que Phoenix, lui aussi cryogénisé, s’est évadé et se retrouve comme un renard dans un poulailler au milieu de couilles molles futuristes, dans un monde affreux où les rues sont propres mais où il est interdit de manger du gras, de fumer ou de jurer.
Ce film est proprement génial, il a de nombreux niveaux de lectures : violence brute pour les fans de blockbusters, autodérision (Schwarznegger avait aussi tenté le coup de la mise en abîme avec son très bon et très sous-estimé Last action hero, qui était sorti à peu près en même temps, si mes souvenirs sont exacts), mais également, et … lire la suite ›

The Guardian (Bien fou)

The Guardian, c’est Top Gun, sans les avions. On suit deux plongeurs-sauveteurs des Garde-Côte, ils nagent beaucoup, ça meurt pas mal, l’ambiance est humide et froide, et on se fait un peu chier, quand même.

Kuchter et Costner en maître-nageurs-sauveteurs d'élite

IMDB

Commando (Le mal du siècle)

Commando est le chef-d’oeuvre de Schwarznegger. Bon, ok, les Terminator le sont aussi. Mais pas dans le même genre. Avec Commando, on a affaire à un vrai nanar, pas à un film d’auteur. Et Schwarznegger a le premier rôle, là.
Notre ami Arnold a une fille, une carrière de j’ai-pas-trop-compris-quoi au sein des forces spéciales, un nom ridicule (Donny Matrix), et un méchant dictateur qui veut l’utiliser pour renverser le président d’un pays sud-américain. Il enlève la fille de Schwarzy et commet donc sa première erreur dans un dispositif jusqu’alors machiavélique. Et nous on commence beaucoup à rire, parce que la machine à tuer se met en route et les vannes fusent. Matrix suit des tueurs en Porsche jaune, kidnappe une hôtesse de l’air, fait régulièrement des queues de poisson à une pauvre Renault 5, tue, beaucoup, avec constance et une certaine élégance dans sa brutalité. Il pille une armurerie et on le sent comme dans un magasin de jouet, surtout que c’est une armurerie qui vend (ou du moins stocke) des lance-roquettes. Il y a une sorte de progression dans la visibilité et le kitsch du véhicule, et cette escalade se termine en hydravion, grâce … lire la suite ›

Los Angeles 2013 (Snake on a plane)

Los Angeles 2013 (Escape from L.A.) est à mon avis le meilleur John Carpenter, suivi de près par They live !, qui est à peine moins politisé.
Dans un monde imaginaire où les USA sont haïs par le reste du monde, dotés d’un gouvernement qui traque ses citoyens grâce aux pouvoirs d’une force de police omniprésente et moraliste, L.A. a été séparée du continent américain et transformée en une sorte de vaste zoo (qui n’est pas sans rappeller l’excellente Néo-Tokyo d’Akira) où tous les rebuts de la société sont déportés.
La fille du président détourne son avion vers L.A. pour soutenir l’infâme terroriste Cuervos avec l’aide d’une super-arme magnétique, qui pourrait réduire la toute-puissance américaine à néant.

Snake Plisken, un travelo, un loser

Snake Plisken est donc une fois de plus invité à sauver la situation, et se retrouve donc envoyé à Los Angeles, avec en bonus un virus mortel dans les veines pour le motiver et une combinaison de cuir noir SM censé le rendre indétectable, avec assez peu de succès, évidemment.
Le casting est assez excellent : Kurt Russel en aventurier solitaire, Pam Grier en travelo, l’excellent Buscemi en loser opportuniste, Bruce Campbell en chirurgien fou… il y … lire la suite ›

Canadian pie (L’Appât pie)

Canadian pie, titre français de Going the distance est un double-feature pour adolescents, puisque c’est à la fois un teenage movie et un roadtrip movie. C’est aussi un film canadien, comme le souligne subtilement le titre français.

L’histoire est simple : un jeune homme est amoureux d’une salope, qui se barre de son trou paumé pour tenter sa chance avec un réalisateur ambitieux et queutard, mais comme le jeune homme est un peu niais, il ne s’en rend pas compte et décide d’aller la retrouver à Toronto pour passer une semaine romantique avec elle et la demander en mariage.
Evidemment, ça ne va pas se passer comme ça, puisque ses deux potes vont l’embarquer dans son camping-car pour parcourir la distance par la route, et en profiter pour ramasser deux charmantes musiciennes auto-stoppeuses.
Et c’est très, très, très drôle. Vraiment. Il y a une galerie de personnages secondaires qui sont énormes (le detective privé, les parents hippies, le fermier fou du Christ et sa fille salope…), beaucoup d’humour de situation…

C’est très potache, pas mal de premier degré, mais j’aime beaucoup. Par rapport aux films franco-chiants que je me suis tapé cette semaine, c’est une vraie bouffée de fraîcheurs. … lire la suite ›

Casablanca driver (play it again, Sam)

Casablanca driver est un film Canal Plus, réalisé par Maurice Barthélémy, membre d’une des équipes de comiques de Canal +, dont j’ai oublié le nom, donc l’essentiel de l’humour du film est basé sur l’ironie et le référentiel, avec une couche d’ersatz d’absurde (du n’importe comment et du n’importe quoi qui essayent de se faire passer pour de l’absurde).

Casablanca dériveur

Le résultat est donc à peu près aussi ennuyeux que Hell, et légèrement moins drôle. Cela dit, il y a à peu près quarante secondes drôles dans le film, et il faut bien admettre qu’elles sont très drôles. A part ça, Chabat n’est pas mauvais, comme d’habitude.

IMDB

Hell (Intérieur nuit)

Hell est un film tiré d’un roman d’une jeune écrivain tendance, d’après ce que j’ai compris. C’est en plus un film français, pire, un film parisien, donc on sombre assez vite dans le pathétique. Il y a même le passage réglementaire avec Placebo en fond sonore, rien qui dépasse, donc.
Jeunes bourgeoise qui s’ennuie, fume trop, boit trop, sniffe trop, sort trop, Hell s’ennuie, s’envoie en l’air avec un garçon porsché qui s’ennuie(Nicolas Duvauchelle en séducteur dandisant, c’est dire si on est déjà bien avancé dans le nonsense). La petite Sara Forrestier n’est guère jolie, mais elle a une certaine présence à l’écran lorsqu’elle s’ennuie.

Hell (au doliprane)

Le résultat est vraiment grotesque, un peu comme du mauvais Ellis (ou du très très mauvais Nimier, ça fait un peu penser aux Enfants tristes mais en mou, et puis avec des Porsche à la place des Aston, c’est dire si on est tombé très bas), mais il y a quelques scènes hilarantes, et je soupçonne que cela pourrait être même parfois volontaire. Dans le même genre, il y a le Dahan, Déjà mort qui est beaucoup plus intéressant, ne serait-ce que parce qu’il enfile les clichés avec un peu plus … lire la suite ›

Art School confidential

La dernière fois que Terry Zwigoff et Daniel Clowes avaient travaillé ensemble, c’était pour l’adaptation de Ghost World, un des plus grand teenage movie que j’ai jamais vu.
La bande dessinée était fantastique, le film fut merveilleux. Et bien Art School confidential parvient à faire dix fois mieux.
D’abord, le scénario ne manque pas de finesse, avec cette histoire de gamin qui cherche l’amour sur un campus artistique hanté par un tueur en série. Mais ce n’est que la trame, parce que le meilleur vient d’un humour de situation qui flingue à bout touchant la plupart des clichés artistiques modernes (enfilant les clichés les uns après les autres - à la Ellis) tout en gardant une certaine tendresse pour les personnages. Dans un film de Kevin Smith, ils auraient tous été grotesque, et ça aurait été l’artillerie ironique lourde qui aurait tonné (voir Chasing Amy). Là, on est plus dans le créneau d’Anderson, avec beaucoup de personnages à la masse mais qui ne sont pas crucifiés par la mise en scène.

Art School confidential

J’aime cette attitude, en partie parce qu’elle est devenu assez rare dans le cinéma actuel.
Les acteurs sont excellent, avec en particulier … lire la suite ›

The Black Dahlia

Le Dahlia noir est un roman de James Ellroy, inspiré d’un fait divers réel et de l’assassinat de sa mère. C’est le premier volet de l’excellent Quatuor de L.A. J’ai déjà évoqué ce film sur GPN.

Le Dahlia noir, d'après James Ellroy

C’est donc un film policier où les gens portent des chapeaux. Ce n’est pas mauvais, il y a plein d’excellents acteurs, et le film est très fidèle au livre. Mais c’est un reader’s digest animé, un peu comme pour American psycho.
Le résultat n’est pas décevant, mais reste un peu creux, trop de lettre, pas assez d’esprit.

IMDB

Snakes on a plane

J’ai un peu honte de commencer ce blog avec ce film, alors que j’ai tant d’excellents films dont je dois parler, mais je viens de le regarder et je préfère tourner la page une bonne fois pour toute.

Snakes on a plane est un film catastrophe à double-feature, orienté vers les gens qui ont peur des serpents et peur de l’avion.

L’intrigue, parfaitement idiote, a fait le succès de ce film avant même que quiconque puisse le voir : un très méchant voyou veut se débarrasser d’un témoin génant et grâce à sa très puissante organisation, fait en sorte de piéger l’avion de ligne dans lequel se trouve le témoin avec toutes sortes de serpents venimeux complètement défoncés au crack pour serpent.

Snake on a plane

Alors, c’est vrai, pas mal de gens ont tenté des trucs vraiment ridicules ces derniers temps pour tuer des gens dans des avions, comme le coup de chaussures ou des boissons énergétiques explosives, mais le coup des serpents… non, soyons clairs, amis terroristes : ne tentez pas le coup, vous allez encore vous couvrir de ridicule et nous compliquer la vie dans les aéroports.

Donc, oui, contre toute attente, le … lire la suite ›