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Blood : The Last Vampire

Vu le le 18/6/2009 Ă  l’UGC CinĂ© CitĂ© des Halles Salle 6 en VO (j’adore cette salle très inclinĂ©e, ça faisait longtemps que je n’y avais pas Ă©tĂ©)

En prĂ©liminaire, il faut savoir que j’ai un boulot assez pĂ©nible en ce moment (toute proportion gardĂ©e avec les boulots vraiment pĂ©nibles) et que ma femme n’est pas lĂ  le jeudi soir. Je me suis donc dit que je pouvais voir des films qui l’intĂ©resse, disons, un peu moins. Curieusement mes choix les semaines prĂ©cĂ©dentes furent assez peu heureux : le relativement dĂ©cevant Watchmen, le chiant Les Trois Royaumes (oui, chiant), le mauvais X-Men Origins et, ouf, le marrant Jusqu’en Enfer de Sam Raimi.

Et donc, après une journĂ©e de boulot ailleurs et deux heures de transport dans un train très rapide, ma seule vraie option Ă©tait bien Blood : The Last Vampire. Tout au long de ses 90 minutes, j’ai vraiment eu envie d’y croire. Il se range pourtant dans la catĂ©gorie « si mauvais qu’on rĂŞve de devenir rĂ©alisateur parce qu’on a du mal Ă  croire qu’on puisse faire pire ». Sorte d’Ă©tirement du moyen mĂ©trage d’animation du mĂŞme nom (sorti en 2000), Blood raconte une histoire de vengeance, fĂ©minine, sur fond de guerre contre les dĂ©mons.

Tout est Ă  peu près ratĂ© : la photo, le sang, l’histoire – oĂą la philosophie se rĂ©sume Ă  citer le Frankenstein de Shelley -, le design (horribles dĂ©mons ailĂ©s) et le dĂ©cor. Dans les extraits de notes de production que j’ai pu lire, le rĂ©alisateur Chris Nahon loue le talent des chinois pour leur professionnalisme et leur minutie quant Ă  l’Ă©dification des dĂ©cors. RĂ©alisateur du pourtant sympathique Baiser Mortel du Dragon, il se tire une balle dans le pied, sa camĂ©ra devenant le responsable majeur, avec le montage, de ce naufrage. Pour nous raconter cette histoire, Nahon semble avoir pris le parti de tout filmer en gros plan. Il y a très peu de plans larges dans Blood et aucun dans les sĂ©quences d’action. Peu servis par un montage Ă©pileptique, les combats sont pour la plupart du temps illisibles, saccadĂ©s et sans vĂ©ritable repère dans l’espace. Le pire est celui dans le gymnase qui est Ă©vanescente sans doute parce que les deux ennemies n’avaient jamais tenues un sabre de leur vie auparavant.

Parfois dans cette succession frĂ©nĂ©tique, on trouvera quelques belles, et fugitives, images (comme le semi-ralenti de massacre de dĂ©mons dans des couleurs jaunes oĂą les combattants sont des ombres) mais on en vient Ă  croire que c’est un hasard. Et c’est dire si j’Ă©tais Ă  l’affĂ»t de la bonne scène. HĂ©las, Ă  la place d’une bonne scène, on ose nous resservir ce dĂ©mon moche (et borgne) et un climax inexistant. Le duel final est Ă  ce titre très rĂ©vĂ©lateur : il est expĂ©diĂ© en environ cinq minutes dont trois de dialogues, d’inspiration empire contre-attaquienne, et d’un combat Ă  l’Ă©pĂ©e : 10 coups d’Ă©pĂ©e environ (je ne plaisante pas), un coup dans le dos par la pseudo side-kick (insipide Allison Miller), une explosion, une tour de guet qui tombe et un coup dans le coeur. EmballĂ©.

Les acteurs ne pouvaient qu’ĂŞtre mauvais : ils le sont. Au mieux, ils cabotinent dans des rĂ´les archi-classiques (dĂ©mone arrogante, bad guy de la CIA, père militaire occupĂ© mais aimant, vieux sage de la forĂŞt et expert en arts martiaux, adolescente …). Les deux tiers du film en schoolgirl (de 400 ans…), l’hĂ©roĂŻne, Gianna Jun, est sublime. Mauvaise en langue anglaise, meilleure en japonais, certainement sous-exploitĂ© dans les scènes d’action, elle ne peut pas sauver grand chose mais sa prĂ©sence agrĂ©able est toujours ça de pris.

Film mauvais donc mais curieusement une bonne séance (carte illimité obligatoire, faut pas déconner). Je me sentais mieux après. La magie de la salle obscure.

Remarque : j’ai finalement vu le manga animĂ© dont est issu la sĂ©rie. Plus mystĂ©rieux et court, il prĂ©sente un design autrement plus rĂ©ussi et on y parle plus de vampires que dans le film de Chris Nahon. L’animation et le dessin sont superbes. Je m’Ă©tonne que ce manga, qui prend des allures de pilote, n’est pas donnĂ© lieu Ă  plus d’histoires sur ce dernier « originel » Saya.

blood-giannajun

 Par Pascal     Commenter20 juin 2009    Catégories: Articles CinĂ©ma

Les films de ma vie : conclusion (2009)

J’aurais pu citer bien d’autres films, notamment concernant mon enfance oĂą je suis assez surpris de la prĂ©dominance de comĂ©die françaises (celles du Splendid ou un film comme Le Viager, vu 100 fois)…
…ou des films familiaux comme le magnifique Portrait crachĂ© d’une famille modèle avec Steve Martin.
…tant grands moments au cinĂ©ma : CrĂ©ature CĂ©lestes, les deux premiers gĂ©niaux films de Tarantino, le duo Zorro/Small Soldiers vu coup sur coup, un autre duo français Taxi (que TĂ©lĂ©rama avait aimĂ©!)/Le dĂ®ner de con vu pendant des rĂ©visions de classe prĂ©pa oĂą je faisais vraiment la gueule (Ă  raison puisque les examens furent cette annĂ©e lĂ  un Ă©chec complet pour moi).
…Il y a aussi le traumatisme Blanche-neige, j’avais six ans. Traumatisme non pas Ă  cause de la sorcière mais parce que mes copains ne me croyaient pas quand je leur disais que je l’avais vu  : je l’avais vu en famille le samedi soir et non le dimanche après midi comme tous les autres enfants de ma classe.
…Mes deux visions Ă  la suite de Taxi Driver qui furent un choc.
…ll y a aussi le plutĂ´t nul film d’horreur Urban Legend mais dans lequel je m’Ă©tais fait draguer par un homosexuel en pleine sĂ©ance. Je ne m’en suis toujours pas vraiment remis. Ma sexualitĂ© Ă©tait pour le moins rĂ©duite Ă  nĂ©ant Ă  l’Ă©poque donc j’avais comme l’impression de toucher le fond.
…Et puis, je n’ai pas parlĂ© d’Orson Welles. La première fois que je dĂ©couvris l’acteur, il Ă©tait cachĂ© puis apparassait subitement en pleine lumière, avec un sourire en coin et la musique gĂ©niale. C’Ă©tait le Troisième Homme (qui impressionne aussi les filles dans CrĂ©atures CĂ©lestes) et depuis Welles, dont je connais assez peu l’oeuvre en fait, est une sorte de lĂ©gende (ouah, c’est original). Le lecteur attentif aura remarquĂ© qu’Ă  part quelques Disney, les films plus anciens sont rares. Ce n’est pas anormal vu qu’on voit surtout des films rĂ©cents au cinĂ©ma… j’aurais quand mĂŞme pu citer tous ces westerns vus en compagnie de mon père.
…Mon père, beaucoup de films Ă  commencer par celui-ci : Je règle mon pas sur le pas de mon père…
…etc…

Et donc avec le cinĂ©ma, devine qui je suis. Pas facile, quelqu’un de relativement conventionnel Ă  la rigueur, facilement enthousiaste quand il est dans une salle de cinĂ©ma en tout cas. J’aime les films touchants, plutĂ´t Ă  l’humour lunaire ou absurde, avec des belles fins pas forcĂ©ment happy end (comme celles de Gattaca, Brazil ou encore de Requiem for a dream), les thèmes musicaux (ceux de Hisaishi souvent comme dans l’Ă©tĂ© de Kikujiro), avec une voix off, des acteurs plutĂ´t dans l’Ă©conomie, qui disent tout avec presque rien (certains protagonistes principaux des EvadĂ©s ou Gattaca, tous ceux des films de Wes Anderson, Bill Murray sont dans cette catĂ©gorie). Tout ceci fait un peu midinette quand mĂŞme mais bon, si vous avez des films rĂ©pondant Ă  ces critères et que je n’ai pas mentionnĂ© dans les articles, n’hĂ©sitez pas.

Et maintenant ? Ou plutĂ´t depuis 2002. Il y a environ 2100 films dans mon carnet et de la place pour environ 250. Les Ă©motions ne manquent pas. J’ai vu tant de bons films mais je ne suis pas certain que ce soit pareil, que ce soit le mĂŞme Ă©merveillement. J’essaye de m’y intĂ©resser plus, de creuser dans ma passion. J’essaye d’Ă©crire des critiques mais n’en suis pas satisfait comme une impression de hors sujet : je veux dire pourquoi j’aime un film (comme Harry Knowles) mais Ă  la place je m’Ă©chine Ă  essayer de dire quelque chose d’intelligent sur les films alors qu’un tas de sites le fait mieux ailleurs. Comme le webzine l’Ouvreuse par exemple que j’ai parfois l’impression de paraphraser en beaucoup moins bien (sans toutefois le cĂ´tĂ© lourd mais peut-ĂŞtre nĂ©cessaire du nous-sommes-seuls-Ă -comprendre-le-cinĂ©ma-contre-le-reste-du-monde-qui-n’a-pas-d’argument). En fait, je crois ĂŞtre tombĂ© dans un travers plutĂ´t pervers : il m’arrive maintenant de regarder un film et de chercher Ă  dire quelque chose dessus plutĂ´t que tout simplement profiter de l’instant.

Mais le cinéma demeure quelque chose que je ne veux pas abandonner et que je pourrais encore privilégier par rapport aux séries qui sont une part pourtant actuellement majoritaire de ce que je vois sur le petit écran.

Que conclure au fond ? Qu’il faut aller au cinĂ©ma…

carnet



Introduction
L’enfance (jusqu’Ă  1990)
L’adolescence (1990-1995)
L’Ă©tudiant partie 1 (1995-1999)
L’Ă©tudiant partie 2 (1999-2002)
Conclusion (2009)

 Par Pascal     1 commentaire21 mai 2009    Catégories: Articles CinĂ©ma

Star Trek

Vu le 12/5/2009 Ă  l’UGC George V Salle 2 en VO

James Tiberius Kirk naĂ®t alors que son père meurt en sauvant de nombreuses vies. Adolescent difficile mais brillant, il dĂ©cide, grâce au colonel Pike, d’intĂ©grer la fameuse fĂ©dĂ©ration pour devenir capitaine de vaisseau et maintenir la paix dans l’univers. Ca tombe bien, un Romulien a dĂ©cidĂ© de dĂ©truire toutes les planètes de la fĂ©dĂ©ration.

J.J. Abrams a souvent dit qu’il n’avait pas une connaissance poussĂ©e de Star Trek et son univers. Au fond, les scĂ©naristes sont lĂ  pour ça. L’idĂ©e la plus astucieuse est spatio-temporelle : une faille de l’espace temps permet Ă  tout l’univers d’emprunter une route diffĂ©rente, mettant ainsi fin Ă  toute les contraintes Ă©venementielles des protagonistes. Ainsi, Kirk n’embarquera pas d’abord sur l’USS Farragut tandis que Spock ne rencontrera pas sa mère humaine sur l’Entreprise. Les auteurs peuvent ainsi crĂ©er leur propre mythologie avec un Spock de l’espace temps original (Leonard Nimoy himself) en garant du passage de tĂ©moin. Une amourette inattendue prend donc place tandis que la planète Vulcain est pulvĂ©risĂ©e avec la plupart de son peuple sans beaucoup d’Ă©motion d’ailleurs. C’est assez logique au fond. Et voilĂ  donc comment on dĂ©poussière un univers mythique, avec arrogance et roublardise (le film ne s’appelle pas Star Trek tout court pour rien d’ailleurs) mais pas mal d’efficacitĂ©.

L’Histoire change mais les caractères restent les mĂŞmes. Scotty est un inventeur/rĂ©parateur gĂ©nial, Sulu manie l’Ă©pĂ©e et un peu les gaffes, Uhura a un truc Ă  l’oreille, entend et comprend tout, Chekov est un jeune chien fou aussi horripilant que dans la sĂ©rie originale avec un accent Ă  couper au couteau et McCoy est très bougon. Star Trek s’attache surtout Ă  dĂ©crire le respect et l’amitiĂ© naissante entre Kirk et Spock, les deux vrais hĂ©ros de l’histoire. Kirk est toujours arrogant et indĂ©pendant, prĂŞt Ă  tout pour atteindre son but quitte Ă  contourner les règles dont celles d’une Ă©preuve conçue par Spock. Ce dernier est Ă  plusieurs reprises tiraillĂ© par sa moitiĂ© humaine notamment dans des scènes de cours d’Ă©cole fort convenues. Ca semble toujours difficile de dĂ©crire l’univers des Vulcains et leur vie logique. Ce n’est pas très rĂ©ussie dans ce film mais bon ce n’est pas moins bien que l’arène oĂą l’on se bat pour conquĂ©rir sa femme (ah, ce combat anthologique entre Spock et Kirk). Dans cette suite de figures/caractères imposĂ©s, oĂą on retrouve le mythique capitaine Pike, les acteurs sont très bons.

Quant au divertissement, Star Trek a une excellente première partie mais par la suite, la dĂ©bauche d’effets spĂ©ciaux et de frĂ©nĂ©sie (et d’invraisemblances) est surtout de mise sans pour autant vraiment passionner. Un peu comme Mission Impossible 3 dont les scènes d’action laissent plus de marbre que d’enthousiasme. Abrams s’en sort plutĂ´t bien dans l’action dans l’espace (l’introduction, la naissance de Kirk, est rĂ©ussie et Ă©mouvante) mais beaucoup moins dans l’intĂ©rieur (bagarres, fusillades) ou tout est assez incomprĂ©hensible. C’est peut-ĂŞtre mieux que le contraire. Le film aurait sans doute gagnĂ© Ă  ĂŞtre plus court (on pouvait supprimer pas mal de chose dans l’Ă©pisode sur la planète de glace par exemple) mais il n’y a rien de vraiment gĂŞnant et le design des vaisseaux est rĂ©ussi. L’histoire, sur base de vengeance dans l’espace temps, est bonne et Eric Bana donne une belle intensitĂ© Ă  un personnage de mĂ©chant pourtant assez peu dĂ©veloppĂ©.

Alors qu’il a plus ou moins mis en pause la franchise Mission Impossible, Abrams relance celle de Star Trek avec un certain panache. J’ai dĂ©jĂ  entendu qu’il s’agissait du meilleur film de Star Trek. Je prĂ©fère au minimum le 7 et 8 (superbe) et peut-ĂŞtre mĂŞme le 10. Mais ça reste du bon boulot. Long live and prosper.

startrek-spock-kirk

 Par Pascal     Commenter17 mai 2009    Catégories: Articles CinĂ©ma

Les films de ma vie – L’Ă©tudiant partie 2 (1999-2002)

Deuxième phase de ma vie Ă©tudiante, j’intègre une Ă©cole dans la banlieue de Paris. Puis j’achève mes Ă©tudes par quelques mois au Canada. C’est aussi l’explosion avec la carte UGC illimitĂ© que j’acquiers dès sa sortie (j’allais aux Gaumont) pour le film Scream 3.


Rushmore
rushmore(1999) Je n’ai pas vu le premier film de Wes Anderson, Bottle Rocket, aussi Rushmore est mon premier film du metteur en scène. Je l’ai dĂ©couvert au cinĂ©ma suite Ă  une critique enthousiaste de Première et la prĂ©sence de Bill « Un jour sans fin » Murray. J’ai aimĂ© Rushmore dès les premières secondes. A peu près tout est bouleversant : les personnages, le propos (un triangle amoureux avec un ado et un homme dans la force de l’âge), l’atmosphère comme en apesanteur, la division en chapitre, l’humour Ă©trange, mĂ©lancolique, la musique… Comme Gattaca, j’ai beaucoup de mal Ă  exprimer mon Ă©merveillement systĂ©matique, je suis emportĂ© par les images, devant ce film qui se prolongera Ă  l’identique, voire plus, dans les trois films suivants de l’auteur : La famille Tenembaum, La vie aquatique et The Darjeeling Limited. Je voulais vraiment Ă©crire quelque chose pour ce dernier film mais je n’y suis pas parvenu. Les films de Wes Anderson sont comme un Ă©tat d’esprit, très particuliers et qu’on peut en plus apprĂ©cier pour diverses raisons. Les films m’ont aussi rĂ©vĂ©lĂ© tout le talent d’un acteur/scĂ©nariste : Owen Wilson.


Charlie et ses drĂ´les de dames
drolesdedames(2000) Je rentre dans une salle de cinĂ©ma avec quelques amis, vaguement fatiguĂ© pour voir ce film. Je ressors en pleine forme, grisĂ©, excitĂ©, prĂŞt Ă  faire la fĂŞte (ce que je fis il me semble). J’ai Ă©crit ça comme critique Ă  l’Ă©poque :
« Ce film, c’est 1h40 d’action totale. On commence par une sĂ©quence hallucinante de parachutisme. Suit un tas de scènes de fight rĂ©ussies et qui prouve que l’inspiration Matrixienne peut etre bĂ©nĂ©fique. On a une Cameron Diaz totalement au service de son personnage. Elle est admirable. Bill Murray (« le plus grand » d’apres les cahiers du cinema et je leur donne raison) fait rire Ă  chacune de ses apparitions. L’Ă©quipe du film Ă©tant prĂŞte Ă  tout pour une bonn scène on ne s’ennuie pas une seconde. Tout est rĂ©ussi(Ă  part le scĂ©nario mais on s’en fout complètement). Pur produit hollywoodien dans ce qu’il a de meilleur, DrĂ´le de dames est le divertissement absolu.
Update 2004 : on pourrait me croire un peu trop enthousiaste mais mĂŞme avec le recul et plusieurs visions sur le petit Ă©cran, le spectacle demeure toujours sidĂ©rant »

Charlie et ses drĂ´les de dames est allĂ© au-delĂ  du plaisir coupable. J’ai conscience que le film n’est pas exactement un chef d’Ĺ“uvre mais quand je le revois, je ne parviens pas Ă  jeter la moindre scène. Et puis quand mĂŞme : Cameron Diaz, Lucy Liu, Drew Barrymore, Bill Murray, Sam Rockwell, Crispin Glover, Joey Tribianni, Luke Wilson… Il y a une forme d’insouciance, un cĂ´tĂ© dĂ©bridĂ© et ludique, une inconsĂ©quence dont peu de films disposent, pas mĂŞme sa suite (amusante quand mĂŞme). C’est peut-ĂŞtre quelque chose qu’on pouvait faire avant le 11 septembre et qu’on ne peut encore refaire maintenant. C’est un peu grandiloquent mais je le crois.


Magnolia
magnolia(2000) Il y avait d’abord Boogie Nights, merveilleux film sur l’univers du porno Ă  la fin des annĂ©es 70 Ă  travers le destin d’un acteur gâtĂ© par la nature (A ce jour, c’est toujours le meilleure rĂ´le de Mark Wahlberg) comme le montre l’Ă©tonnant plan final. Partant d’une toile de fond quand mĂŞme scabreuse et d’histoires pathĂ©tiques, Paul Thomas Anderson parvint Ă  nous transmettre tout son amour pour les personnages faisant de Boogie Nights un film parfois tendre et touchant (et donc pathĂ©tique), un beau film. J’attendais Magnolia avec enthousiasme et il dĂ©passa toutes mes espĂ©rances, pourtant grandes. Comme souvent dans les films que j’affectionne particulièrement, je me suis laissĂ© emporter dès le prĂ©-gĂ©nĂ©rique, des histoires de coĂŻncidences, et le gĂ©nĂ©rique lui-mĂŞme, fantastique. Dès lors, Magnolia est indissociable de la chanson interprĂ©tĂ©e par Aimee Mann : One. La suite est une fresque passionnante mĂŞlant des histoires de retrouvailles et de rĂ©demptions, des quĂŞtes pathĂ©tiques, de la romance et une pluie de grenouilles inattendues oĂą Anderson privilĂ©gie les mouvements amples (Ă  la steadycam je pense). Le bonheur sur grand Ă©cran.
Par la suite, Paul Thomas Anderson sortit Punch Drunk Love, pour moi son plus beau film car il me toucha personnellement, ce genre de film dont on a l’impression qu’ils ont Ă©tĂ© fait uniquement pour vous, et enfin un authentique chef d’Ĺ“uvre, un futur classique : There will be blood. On peut dire que Wes Anderson et Paul Thomas Anderson sont mes rĂ©alisateurs actuels contemporains prĂ©fĂ©rĂ©s. Ils ne m’ont toujours pas déçu.


Les Evadés
lesevades(2000) Je me souviens encore des affiches Ă  Nantes quand j’Ă©tais Ă©tudiant. Mais je n’ai pas vu les EvadĂ©s au cinĂ©ma. J’ai du attendre 2000. J’avais un enregistrement de M6 du film qu’Imdb mettait, et met toujours, avec aplomb dans les premières places (et en tĂŞte actuellement) de son top 250. Il Ă©tait autour de minuit et je n’Ă©tais pas spĂ©cialement fatiguĂ©. J’avais prĂ©vu une vision en plusieurs fois. Je l’ai regardĂ© en entier dans le noir les yeux Ă  30 cm de l’Ă©cran (30 cm aussi). Le dĂ©but est très bon, la chute de l’avocat (Tim Robbin) puis son incarcĂ©ration et sa rencontre avec Ellis (Morgan Freeman) et ses comparses Ă©taient excellentes. Le dĂ©clic, ou ce que j’appelle donc l’Ă©tat d’Ă©merveillement, est intervenu sur la scène de rĂ©fection de toit d’un immeuble oĂą Andy Ă©change des conseils financiers contre de la bière. Le regard apaisĂ© de Tim Robbin seul dans son coin m’a bouleversĂ©. A tel point que j’ai oubliĂ© le titre français pour me faire surprendre par les derniers instants avec la somptueuse narration d’Ellis. De manière un peu moins flamboyante mais honorable, Frank Darabont rĂ©cidiva avec La Ligne Verte. Mais Les EvadĂ©s demeure le feel good movie ultime. Il n’a pas volĂ© sa place ni dans le top ni dans mon cĹ“ur.


Monstres et compagnie
monstresandco(2001) De tous les Pixar, Monstres et compagnie demeure mon prĂ©fĂ©rĂ©. Bien que cela soit plus liĂ© Ă  un impact Ă©motionnel qu’une dĂ©monstration purement qualitative, je peux l’expliquer par deux raisons majeures. La première est l’action particulièrement Ă  la fin du film : pour pĂ©nĂ©trer dans les chambres des enfants, les monstres passent par des portes que nous voyons entrer et sortir dans un immense hangar et mise Ă  disposition des monstres. L’idĂ©e en elle-mĂŞme est gĂ©niale mais son exploitation l’est encore plus puisque le rĂ©cit nous plonge dans une course poursuite dans le hangar de stockage des portes : dĂ©bute alors une des meilleures sĂ©quence d’action que j’ai jamais vue entre les chambres d’enfant. Du pur gĂ©nie, original et haletant qu’on retrouve aussi dans le dernier acte de Ratatouille. C’est Ă©videmment mieux au cinĂ©ma (je l’ai vu deux fois). La seconde raison est la plus importante. C’est l’apparition de Boo. Elle m’a vraiment fait craquer. Son design, sa voix, le thème musical magnifique autour d’elle, son amitiĂ© avec Sullivan… une sorte d’osmose jusqu’Ă  l’ultime et exceptionnel plan de Sullivan de rĂ©ouverture de la porte qui me fait fondre…


Pour un garçon
pourungarcon(2002) J’ai citĂ© assez peu de comĂ©dies romantiques, genre pourtant que j’adore, J’aime les comĂ©dies romantiques, surtout celles avec Hugh Grant. Je rends hommage Ă  ce grand acteur (ici aussi) et Ă  son meilleur film : Pour un garçon. Comme confortĂ© par sa capacitĂ© Ă  jouer une superbe enflure par Woody Allen dans Escroc mais pas trop, il joue ici le cĂ©libataire Ă©goĂŻste et oisif confrontĂ© Ă  un jeune garçon envahissant, mĂ©lange Ă©trange de naĂŻvetĂ© et de luciditĂ©. Le rĂ©sultat est grandiose, une amitiĂ© profonde (marquĂ©e par la fĂŞte de fin d’annĂ©e), un humour gĂ©nial et des bons sentiments derrière des thèmes sĂ©rieux (la dĂ©pression) traitĂ©s intelligemment. Avec une coupe de cheveux inĂ©dite, Hugh Grant peaufine son style fait d’auto-dĂ©rision et de vague Ă  l’âme. Très touchant et hilarant. Tout ça par les frères Weitz après notamment American Pie. Inattendu mais rĂ©jouissant. J’ai failli dire que c’Ă©tait un grand film. En tout cas, je suis sur de revoir toujours avec plaisir Pour un garçon pendant des annĂ©es. C’est un peu une dĂ©finition d’un classique…



Introduction
L’enfance (jusqu’Ă  1990)
L’adolescence (1990-1995)
L’Ă©tudiant partie 1 (1995-1999)
L’Ă©tudiant partie 2 (1999-2002)
Conclusion (2009)

 Par Pascal     1 commentaire16 mai 2009    Catégories: CinĂ©ma

Les films de ma vie – L’Ă©tudiant partie 1 (1995-1999)

Le bac en poche, je quitte pour toujours le foyer familial. Je n’y vivrai plus de manière continue. Et je me retrouve en classe prĂ©paratoire Ă  Nantes. Admis lĂ -bas Ă  l’arrachĂ©, j’ai du mal Ă  me faire Ă  cette vie et les fameuses grèves de 95 m’empĂŞchent de rentrer chez moi. Je me souviens qu’il y avait des trains prĂ©vus mais que des cheminots avaient fini par bloquer les voies. C’est sur que quand ça nous touche directement, ça laisse des traces. Le cinĂ©ma fut une belle Ă©chappatoire.
C’est Ă  partir de cette Ă©poque que je note les films que je vois au cinĂ©ma et Ă  la tĂ©lĂ©vision dans un carnet. Je dĂ©couvre les bandes-annonces sur Internet que je mets parfois plusieurs heures Ă  tĂ©lĂ©charger (Ă  bien y repenser, ça devait faire une sale note de tĂ©lĂ©phone, dĂ©solĂ© maman/sophie) et que je dĂ©couvre aussi vĂ©ritablement les films d’horreur que mon frère louait, pour le meilleur du cinĂ©ma et pour le pire aussi.


Les 101 Dalmatiens
101dalmatiens1(1995 a priori) Les classiques Disney ressortaient rĂ©gulièrement Ă  l’Ă©poque, un peu moins maintenant oĂą l’on prĂ©fère les suites un peu cheap voire les horribles remakes en « vrai ». Ces ressorties Ă©taient une aubaine pour les parents. Ou les frères en l’occurence. Je me suis donc retrouvĂ© Ă  accompagner ma deuxième petite soeur, 9 ans, Ă  voir le film. C’Ă©tait toujours dans la petite salle de mon bled. Elle ne voyait pas bien l’Ă©cran alors elle est restĂ©e tout le temps sur mes genoux. Oh, j’ai toujours aimĂ© les 101 dalmatiens mais avoir sur soi un petit bout prendre corps et âme part Ă  l’action, craindre Cruella, taper des mains sur le siège devant, encourager les chiots Ă  aller plus vite, avoir peur pour eux, ĂŞtre avec eux, a quelque chose de bouleversant.


Tout le monde dit i love you
toutlemondeditiloveyou(1995) Il y avait une euphorie critique Ă  propos de Tout le monde dit i love you. Je crois que TĂ©lĂ©rama parlait de la meilleure comĂ©die musicale amĂ©ricaine depuis l’âge d’or de la MGM. L’attente Ă©tait très haute après un Maudite Aphrodite qui n’avait pas suscitĂ© une telle attente (TĂ©lĂ©rama avait mis « Pas si mal » ce qui est le plus bas que le magazine peut faire pour l’auteur). Le film fut un Ă©merveillement complet. D’abord il y avait Edward Norton que j’ai dĂ©couvert dans Peur Primale de Gregory Hoblit, un film Ă  twist auquel je n’Ă©tait pas vraiment habituĂ© Ă  l’Ă©poque et qui m’avait vraiment surpris (parce que j’ignorais simplement qu’il y avait un twist, dĂ©solĂ©). Edward Norton m’avait vraiment sidĂ©rĂ© et j’ai vu tous ces films jusqu’a Death to Smoochy. Il y avait la comĂ©die irrĂ©sistible et les grands acteurs/stars (Julia Roberts, Goldie Hawn, Drew Barrymore, Alan Alda, Tim Roth, Woody Allen…). Enfin, il y avait la musique, des standards repris par les acteurs plutĂ´t amateurs au chant et Ă  la danse mais justes et sincères. Du Just You de Norton avec les mannequins dansants au I’m through with love volant de Hawn, Tout le monde dit i love you me donna cette impression rare de vivre le film que je vois Ă  l’Ă©cran, de vivre le cinĂ©ma. Je l’ai vu une deuxième fois au cinĂ©ma avec ma mère et mon frère Ă  Quiberon. Ils ont bien aimĂ© c’est certain mais ne partageaient pas mon enthousiasme enfantin. Par la suite, Woody Allen sortit de très bons films mais il a fallu attendre le vĂ©nĂ©neux Match Point pour que je retrouve une telle euphorie (bien que pas du tout de la mĂŞme sorte)


A chacun sa guerre
achacunsaguerre(1997) En route pour le sud en voiture. On est dans un hĂ´tel Ă  autour de Bordeaux. Je dors avec ma petite sĹ“ur cadette (la troisième, 5 ans). Et elle dort vraiment, du moins je crois. Il y a Canal+ alors je regarde ce qui passe : c’est A chacun sa guerre, un film avec Kevin Costner et Elijah Wood passĂ© assez inaperçu. Je n’en ai pas parlĂ© alors je profite de ce film pour le faire : Kevin Costner Ă©tait vraiment une idole pour moi. Son règne Ă©tait alors dĂ©clinant mais il avait encore (et a toujours pour moi) une aura formidable que j’Ă©voque Ă  l’occasion de la sortie de Mr Brooks. Eh bien, dans cette chambre d’hĂ´tel, je passai un excellent moment, très tard, entre ce « petit » film très Ă©mouvant autour d’un vĂ©tĂ©ran du Vietnam dans la campagne amĂ©ricaine, la vraie AmĂ©rique Ă  l’abri des grandes mĂ©tropoles, et la respiration de ma sĹ“ur. Il y a quelque chose de très anodin dans cette anecdote mais c’est un souvenir heureux toujours ancrĂ© dans ma mĂ©moire.


Les Apprentis
lesapprentis(1996) J’avais vu le premier film de Pierre Salvadori, le formidable Cible Emouvante et il pourrait largement tenir sa place dans cette liste. Mais de tous les films (tous bons) du rĂ©alisateur, c’est bien Les Apprentis qui m’a le plus Ă©merveillĂ©. Deux paumĂ©s qui se lient d’amitiĂ© (la naissance de cette amitiĂ© est une formidable ellipse sous forme de brouillons de lettres Ă  une ex) et qui vivent diverses galères souvent fort drĂ´les mais de plus en plus pathĂ©tiques et dĂ©sespĂ©rĂ©es. Difficile de ne pas s’attacher Ă  ces deux clowns tristes jusqu’Ă  cette très jolie fin sur forme de vĂ©ritables retrouvailles.
Du coup, je suivais avec intĂ©rĂŞt la carrière des acteurs : Marie Trintignant (une seule mais belle scène dans Les Apprentis) Ă©tait gĂ©niale dans Des Nouvelles du bon Dieu. François Cluzet, très drĂ´le dans Enfants de Salaud, a jouĂ© dans un des grands films français de ces dernières annĂ©es (l’excellent Ne le dis Ă  personne). Quant Ă  Guillaume Depardieu, il nous a quittĂ© bien tĂ´t.


Trainspotting
trainspotting(1996) C’Ă©tait vraiment l’Ă©poque oĂą je souhaitais essayer un peu tous les cinĂ©mas, notamment les films un peu trash du moment, ceux Ă  la mode. J’avais dĂ©jĂ  vu plus jeune le premier film de Danny Boyle, Petits meurtres entre amis, et pour tout dire, c’Ă©tait une des rares fois Ă  l’Ă©poque oĂą je voyais quelque chose quelque peu diffĂ©rent voire dĂ©routant sitĂ´t passĂ© le troisième acte du film. Avec une rĂ©putation bĂ©ton et un sujet , la drogue, traitĂ© de manière frontale (et malgrĂ© tout ludique), Trainspotting Ă©tait un film très attendu et demeure un des films les plus marquants des annĂ©es 90. Et pour cause, je ne l’ai vu qu’une fois Ă  sa sortie en juin 1996 et j’ai des souvenirs tout Ă  fait prĂ©cis du dĂ©roulement, de nombreuses sĂ©quences, souvent vraiment hilarantes, de Ewan McGregor/Renton, de Robert Carlyle/Begbie… et puis de Tommy (Kevin McKidd, revu dans l’immense sĂ©rie Rome). 
Cet athlète bien sous tout rapport, clean, qui suite Ă  une rupture amoureuse (provoquĂ©e indirectement par ses amis, comble de cette tragĂ©die) se met Ă  l’hĂ©roĂŻne comme son entourage. Sauf que pour lui, il s’agira d’un voyage sans retour. Il y a cette scène oĂą Renton, sevrĂ© de force par ses parents, lui rend visite : l’appartement est vidĂ© (tout a Ă©tĂ© vendu pour de l’hĂ©ro vraisemblablement), sale et Tommy n’est plus qu’une ombre. Cette sĂ©quence, son destin tragique (il est mort Ă  cause d’un châton) est parmi ce que j’ai vu de pire sur la drogue et au cinĂ©ma. MĂŞme Bad Lieutenant ne m’a pas autant secouĂ© (sans doute parce que je l’ai vu Ă  la tĂ©lĂ© et l’effet Ă©tait attĂ©nuĂ©). Au cinĂ©ma, ces descentes aux enfers m’ont toujours mis mal Ă  l’aise. L’histoire de Tommy m’a fait faire des cauchemars. Maintenant ça va mieux, mais il est prĂ©fĂ©rable que je ne revois pas ce (grand) film.


Gattaca
gattaca(1998) Gattaca est mon film prĂ©fĂ©rĂ©. Amateur de box office, je lis boxofficeguru hebdomadairement depuis 1996. Gattaca faisait un bide au Box Office mais j’ai cherchĂ© Ă  en savoir plus sur le film. Je remarquai au travers d’une photo ce film avec Uma Thurman et Ethan Hawke. Sans trop surinterprĂ©ter, cette photo avec les deux personnages tirĂ©s Ă  quatre Ă©pingles dans leur costume sombre m’avait intriguĂ©. Le sujet, une sociĂ©tĂ© fondĂ©e sur la sĂ©lection par les gènes, Ă©tait de toute façon suffisant pour me faire me dĂ©placer d’autant que la critique Ă©tait bonne. J’ai aimĂ© ce film au delĂ  de toute attente. Je ne crois pas qu’il y ait une seule scène que je ne trouve pas gĂ©niale. En fait, je ressens plus de choses pour ce film que je ne pourrais l’exprimer. Il faudrait que je parle de chaque scène, chaque phrase prononcĂ©e en voix off par Vincent. Pas un seul instant, un seul mouvement me semble superflu ou juste « ok ». C’est le film parfait d’Andrew Niccol, magnifique, au cadre glacial mais dĂ©bordant d’Ă©motion sous un soleil persistant. Ce n’est pas le seul paradoxe : Gattaca est l’histoire d’un homme dĂ©terminĂ© Ă  devenir astronaute et qui va se servir des travers de son monde pour parvenir Ă  ses fins lĂ  oĂą il n’aurait sans doute pu y parvenir dans le notre (il a des problèmes cardiaques lourds). C’est peut-ĂŞtre le meilleur moyen de montrer qu’il est absurde. 
S’il ne fallait dĂ©couvrir qu’un seul film dans tout ceux que j’ai Ă©voquĂ©s, ce serait celui-ci.

La photo en question :

gattaca_photo


Le projet Blair Witch
blairwitch(1999) C’est l’Ă©poque oĂą j’aime bien voir des films qui font peur. Je lis assidument (comme maintenant) Mad Movies depuis qu’un pote du lycĂ©e, StĂ©phane pour ne pas le nommer, me le fit dĂ©couvrir en mĂŞme temps qu’X Files. Et donc Blair Witch est la sensation du moment. Et ça ne passe pas Ă  Quiberon. Je n’ai pas le permis mais mon pote Guillaume, qui deviendra près de dix ans plus tard un des tĂ©moins de mon mariage, sait conduire et a une voiture. Alors on va en ville, Ă  Lorient. A l’aller, on discute et dĂ©conne bien. On va voir le film. Et on rentre. Dans la voiture, on dĂ©conne mais pour se rassurer. Il fait nuit. On se dit que si tous les gens sont restĂ©s bĂŞtement regarder l’Ă©cran après la sĂ©ance, encore sous le choc, ce n’est pas pour rien. On a 22 ans. Et on est flippĂ© comme des cons.
Depuis, le concept du film rĂ©alisĂ© façon amateur a Ă©tĂ© repris avec succès (Cloverfield et [Rec]), on a dĂ©couvert bien d’autres films de terreur dont ceux du Japon. Je pourrais parler des gĂ©niaux Ring et Haute Tension et de la manière dont il scotchèrent ma deuxième petite sĹ“ur et moi et qu’entre les 101 Dalmatiens et les annĂ©es 2000, elle avait bien grandi, je pourrais aussi Ă©voquer le traumatisant Dark Water (par Hideo Nakata, auteur sur Ring). Je conclurai par Saw, un thriller Ă  twist très jouissif, tout simplement parce que c’est le dernier film du genre que j’ai vu au cinĂ©ma, ce qui est fort dommage vu que c’est Ă  peu près Ă  l’Ă©poque que ma soeur cadette s’est mise Ă  les voir Ă  la chaĂ®ne (souvent avec mon père d’ailleurs qui du coup voit tout). Mais j’aurais toujours une pensĂ©e pour ce Blair Witch, pour cette sĂ©ance en apesanteur. MĂŞme averti, mĂŞme en vf, le film m’a terrassĂ©. Quelques annĂ©es après, je revis la fin sur un petit bout d’Ă©cran, les traces de mains d’enfants sur le mur, un des protagonistes dans le coin et la fille qui pleure et s’Ă©croule. Et j’Ă©tais flippĂ© comme un con.



Introduction
L’enfance (jusqu’Ă  1990)
L’adolescence (1990-1995)
L’Ă©tudiant partie 1 (1995-1999)
L’Ă©tudiant partie 2 (1999-2002)
Conclusion (2009)

 Par Pascal     2 commentaires10 mai 2009    Catégories: Articles CinĂ©ma

Les films de ma vie – L’adolescence (1990-1995)

1990-1995 (13-18 ans) est selon moi une pĂ©riode clĂ©, particulièrement 1993. Je crois que mon amour pour le cinĂ©ma se rĂ©sume bĂŞtement Ă  courir après ces annĂ©es de grâce sans jamais trop y parvenir. C’est un moment oĂą je vais plus souvent seul au cinĂ©ma ou seulement en compagnie de mon père avec qui je passai d’excellents moments en salle. C’Ă©tait un plaisir encore assez rare et donc mon enthousiasme s’en trouvait grandi. C’est lĂ  oĂą je commence Ă  ressentir le bonheur que me procure le cinĂ©ma, la salle obscure. Des très belles choses sont dites par Jean-Luc Godard et Woody Allen sur ce sujet ici.

L’Homme aux deux cerveaux
deuxcerveaux(1990) Je passai pas mal de temps chez mon cousin (diffĂ©rent de celui qui me fit dĂ©couvrir Brazil) dans le sud. Freesbie fou, piscine, jardinage forcĂ©e… et cinĂ©ma. On louait surtout des films type ZAZ donc du type Y’a t’il un pilote dans l’avion ? et son hilarante suite (des nombreux fous rires pour faire dans la super private joke). On s’amusait bien, on se repassait des scènes. Comment sommes-nous tombĂ©s sur cet Homme aux deux cerveaux, en vo qui plus est ? Je l’ignore. Toujours est-il que cette farce un peu fantastique avec Steve Martin en docteur du cerveau nommĂ© Hfuhruhurr nous a laissĂ© sur les fesses. Qu’est-ce qu’on a rit. Je l’ai revu il y a quelques annĂ©es en français. Peut-ĂŞtre pas aussi drĂ´le que je l’espĂ©rais mais toujours très recommandable.
Quelques annĂ©es plus tard, je passai chez mon cousin pour quelques heures. On avait grandi. Le lecteur dvd n’avait pas remplacĂ© dĂ©finitivement le magnĂ©toscope mais il trĂ´nait dĂ©jĂ  dans la salle. On n’avait pas le temps de regarder un film mais on jeta un regard sur la collection de dvd naissante. Les tout premiers dvd. Il y avait l’Ă©toffe des hĂ©ros. On s’est passĂ© la superbe fin du film oĂą Chuck Yeager, qui refusa d’aller dans l’espace, se mit en tĂŞte de battre le record d’altitude en vol et vit les Ă©toiles. Le calme rĂ©gnait pendant cette vision. Un beau souvenir.


Tatie Danielle
tatiedanielle(1990) Tatie Danielle est le deuxième film d’Etienne Chatiliez après le succès mĂ©ritĂ© de La Vie est un long fleuve tranquille. Comme toujours, le mauvais esprit du rĂ©alisateur tourne Ă  plein rĂ©gime avec l’aide de Florence Quentin au scĂ©nario (et complètement en perdition depuis Le Bonheur est dans le prĂ©, mon prĂ©fĂ©rĂ© du rĂ©alisateur). Je n’ai que peu de souvenirs de la comĂ©die elle-mĂŞme et des dialogues si ce n’est prĂ©cisĂ©ment une scène vers la fin oĂą Tatie, dans un appartement dĂ©vastĂ© mange du canigou. Avais-je dĂ©jĂ  des symptĂ´mes ? Je l’ignore, mais cette scène de dĂ©chĂ©ance, vraiment dĂ©gueulasse, m’a donnĂ© la nausĂ©e jusqu’au soir et pendant la nuit. Et je suis toujours aussi dĂ©goĂ»tĂ© quand je repense Ă  cette horrible sĂ©quence. C’Ă©tait peut-ĂŞtre l’effet recherchĂ©. J’ai vu pas mal de films plutĂ´t dĂ©gueulasses et j’ai rarement aimĂ© ça (sauf gore comique type Braindead) mais j’ai vĂ©cu sans doute ici ma pire sĂ©ance de cinĂ©ma.


Terminator 2
terminator2(1991) Le problème Ă  l’Ă©poque c’est que le film Ă  Quiberon passait avec un certain retard par rapport Ă  la sortie nationale et uniquement le weekend (sauf en Ă©tĂ©). La mère d’un bon copain du collège nous conduisit donc Ă  la ville, en l’occurrence Vannes, le jour de la sortie (un mercredi donc). J’avais 13 ans, un peu au-dessus de la limite autorisĂ©e. Comment ne pas croire que nous avions vu le meilleur film de notre vie, spectaculaire, hilarant et assez touchant mĂŞme si on l’admettait moins Ă  l’Ă©poque ? Je l’ai revu deux fois au cinĂ©ma. A Quiberon.
Et je me suis longtemps dit qu’au niveau des effets spĂ©ciaux, Terminator 2 donnait l’impression qu’on ne ferait jamais mieux tandis que Jurassic Park, un an après, ouvrait le cinĂ©ma vers les effets spĂ©ciaux numĂ©riques de masse. C’est Ă©videmment faux. Mais cela rĂ©vèle combien pour moi Terminator 2 est un film dĂ©finitif.


La Crise
lacrise(1992) Il m’est difficile de dire ce que j’ai pu ressentir sur ce film que j’aime maintenant un peu moins. Plus jeune, j’ai vu Ă  de nombreuses reprises cette histoire d’un homme (Vincent Lindon) perdant le mĂŞme jour sa femme (qui le quitte) et son boulot dans l’indiffĂ©rence gĂ©nĂ©rale et qui redĂ©couvre, en gros, le sens de la vie avec l’aide d’une sorte de sidekick collant (Patrick Timsit). La Crise est un film drĂ´le et tendre, qui me prĂ©sentait Ă  l’Ă©poque des points de vue auquel je n’avais jamais vraiment songĂ©s. C’est un des tout premiers films pour lequel j’ai tentĂ© d’Ă©crire une critique. J’ai Ă©garĂ© depuis cet Ă©crit mais je crois que je considĂ©rais Ă  l’Ă©poque ce film comme mon prĂ©fĂ©rĂ©. Ce sont surtout les scènes plus touchantes qui me plaisaient notamment la fin magnifique. La musique et les paysages sont superbes. Et il y a des sĂ©quences franchement drĂ´les, notamment la visite surprise du prĂ©tendant de la soeur du hĂ©ros venant dĂ©mĂ©nager chez elle.
J’ai vu la plupart des films de Coline Serreau peu après. J’avais bien aimĂ© la Belle Verte, film plus ou moins de science fiction plutĂ´t audacieux, un peu ratĂ© quand mĂŞme. La suite de Trois hommes et un couffin, 18 ans après, Ă©tait plutĂ´t sympa. Et enfin Chaos avec un Vincent Lindon assez inattendu en enflure. Je le prĂ©fère en mec sympa mais il est tout Ă  fait bon comme tous le reste du casting d’ailleurs. Mais le propos fĂ©ministe Ă©tait sauvagement outrancier. Les hommes sont des cons et les femmes sont vertueuses. Peut-ĂŞtre, mais Ă  force d’exagĂ©ration, Serreau a sans doute desservi sa cause, mĂŞme si le film a quelques bons moments. Et finalement, Ă  chaque vision de La Crise, je me rends compte que la caricature est Ă©galement assez Ă©norme. Il demeure que La Crise fut longtemps un de mes films de chevet et que son sujet sur l’Ă©coute de l’autre n’a pas perdu tout son Ă©clat. J’ai eu Ă  peu près le mĂŞme effet que j’ai eu avec Mercredi Folle JournĂ©e de Pascal Thomas, toujours avec Vincent Lindon. J’ai adorĂ© ce film puis un peu moins après des visionnages sur petit Ă©cran. Mais il me reste les souvenirs intenses de moments merveilleux au cinĂ©ma. Et j’adore toujours autant Vincent Lindon dont j’ai vu la plupart des films depuis La Crise (dont 12 au cinĂ©ma).


My Girl
mygirl(1992) Nous sommes en pleine Macaulay Culkin mania. J’avais vu Maman j’ai ratĂ© l’avion au cinĂ©ma de Quiberon et on voyait l’enfant cabotiner devant son miroir et les scĂ©naristes s’arracher les cheveux pour faire en sorte que les parents mettent un certain temps Ă  se rendre compte de la disparition de leur progĂ©niture. Après ce succès fou, l’enfant devint une star et c’est donc dans ces conditions que sortit My Girl avec Ă©galement Anna Chlumsky, Dan Akroyd et Jamie Lee Curtis. C’est une histoire d’amitiĂ© entre deux prĂ©ados, un garçon et une fille. Une belle histoire Ă  l’issue quelque peu triste. 
Et c’est prĂ©cisĂ©ment pour cela qu’il faut que je parle de My Girl. Du haut de mes 14 ans bien avancĂ©s, il fallait montrer le moins d’Ă©motion possible, surtout du type midinette ou « gamin » (une des injures que j’entendais de plus en plus). J’ai souvent les larmes aux yeux au cinĂ©ma mais je ne pleure jamais. AccompagnĂ© de mon père et de ma petite soeur, je me devais de montrer que j’Ă©tait un homme. Pourtant, dans la pĂ©nombre, j’ai pleurĂ©. Les larmes ont coulĂ© sur ma joue. Je les ai sĂ©chĂ©s. Je suis sorti avec le regard dur, indiffĂ©rent au sort du couple Ă  l’Ă©cran. Ca ne m’arrive plus du tout au cinĂ©ma. C’est un moment clĂ© car je pense Ă  ce film Ă  chaque film un peu triste oĂą je suis sur le point de craquer. Et je me retiens. Bienvenue dans l’âge adulte.
Un film très similaire est sorti en 2007 : le secret de TĂ©rabithia. C’Ă©tait très beau Ă©galement. Je n’ai pas pleurĂ©.


Aladdin 
aladdin(1993) J’ai un souvenir en mĂ©moire deux ans avant ce film oĂą j’allais voir un Disney au cinĂ©ma, la Belle et le Clochard je crois. Alors que je faisais la queue avec ma petite sĹ“ur (la seule Ă  l’Ă©poque), je croisais des camarades du club des BĂ©lugas. Ils se moquèrent de moi arguant que le film Ă©tait pour les enfants. Je me dĂ©fendais comme je pouvais en disant que j’Ă©tais « obligĂ© » d’accompagner ma petite sĹ“ur. Je n’avais pas encore quittĂ© la candeur, parfois cruelle, de l’enfance que je rentrais dans la connerie adolescente. Le lendemain, pour me donner une contenance, je dis que j’Ă©tais restĂ© seul pour la sĂ©ance de 22h30, afin de voir Rain Man ce qui Ă©tait un mensonge. C’est ainsi que j’ai ratĂ© la Petite sirène et la Belle et la BĂŞte Ă  leur sortie, il fallait ne pas ĂŞtre un gamin. Et vint ensuite Aladdin qui eut la bonne idĂ©e d’ĂŞtre un plus acceptable car plus adulte. Je le vis dans la salle de Quiberon et je me suis vraiment amusĂ©. Et Ă  ce moment, je repensai Ă  ce mauvais souvenir et je me dis explicitement, une bonne fois pour toute, que j’irai voir ce que je voulais au cinĂ©ma. Je revis quelques annĂ©es plus tard la petite Sirène au cinĂ©ma quand il ressortit. C’Ă©tait très bien.


Jurassic Park
jurassicpark(1993, l’annĂ©e de Jurassic Park). On nous vantait les effets spĂ©ciaux prodigieux et le succès foudroyant aux USA du nouveau film de Steven Spielberg. J’Ă©tais au lycĂ©e. Station balnĂ©aire un peu rĂ©putĂ©, Quiberon demeure un bled, le cinĂ©ma c’Ă©tait le weekend et les films n’Ă©taient pas toujours de la première exclusivitĂ©. Beaucoup de lycĂ©ens autour de moi l’avaient vu ou au-moins entendu parler. Ca devait ĂŞtre la première fois que j’entendais la critique nĂ©gative du type « ce film est très amĂ©ricain ». Il y avait un consensus sur la nullitĂ© de ce film avec des dinosaures. J’aimais beaucoup Spielberg (j’aime toujours), j’aimais bien le cinĂ©ma (j’aime beaucoup plus). Mais je voulais malgrĂ© tout ĂŞtre de l’avis de tout le monde, critiquer un mauvais film parce que très amĂ©ricain. 
En ce temps lĂ  (et pour une dĂ©cennie), il n’y avait plus qu’une salle de cinĂ©ma (au lieu de deux) Ă  Quiberon. Celle-ci Ă©tait petite, 100-120 places. Pour ce film, elle Ă©tait complètement remplie. J’Ă©tais au dernier rang dans les banquettes oĂą on est mal assis. J’Ă©tais venu le voir seul un samedi soir. Ce fut une claque monumentale, une sorte d’Ă©merveillement complet. Ce soir lĂ , j’ai touchĂ© le cinĂ©ma et il me l’a bien rendu. J’Ă©tais très enthousiaste auprès de mes amis. Je ne ferai cependant pas le couplet du geek seul contre tous, il n’y a pas eu de dĂ©bats passionnĂ©s. En fait, tout le monde s’en foutait que j’ai aimĂ© le film. Il est possible que la postĂ©ritĂ© ne le retienne pas comme un chef d’Ĺ“uvre impĂ©rissable. Qu’importe, Jurassic Park est un des plus grands films que j’ai vu, un vrai bonheur mais qui s’est rĂ©vĂ©lĂ© très personnel. Je l’ai mĂŞme dit, avec conviction, Ă  l’oral de français du concours Mines-Ponts après un candidat qui parlait de poĂ©sie au 18è. Inutile de dire que je fus recalĂ©.


Meurtre mystérieux à Manhattan
meurtremysterieux(1993) Mon vrai premier Woody Allen au cinĂ©ma. J’avais dĂ©jĂ  Ă©tĂ© voir Alice en famille mais je n’Ă©tais donc pas seul. C’Ă©tait un samedi après-midi. Je crois que j’Ă©tais seul dans la salle. Il n’y avait pas toujours du monde au cinĂ©ma Ă  cette Ă©poque. Je me souviens aussi d’une sĂ©ance seul d’Ace Ventura, distribuĂ© en France après le succès de The Mask bien qu’antĂ©rieur Ă  celui-ci. Il fit dĂ©finitivement de moi un fan de Jim Carrey. Mais revenons Ă  Allen. Ma maman et mon grand frère aimaient particulièrement Woody Allen et nous avions beaucoup de VHS de ses films (en VF et VO). C’est sur que j’aimais ces films mais plus par une sorte d’instinct de groupe. J’allais voir Meurtre mystĂ©rieux Ă  Manhattan en solitaire, sans vrais repères si ce n’est un a priori forcĂ©ment positif. Comme pour Jurassic Park, ce fut un choc, la synthèse de certaines choses que j’aimais au cinĂ©ma : une comĂ©die policière avec des vrais scènes de suspense (dont le retour du suspect dans son appartement alors que Diane Keaton le fouille – la musique qui passe est absolument gĂ©niale), des acteurs gĂ©niaux et Woody Allen partout, Ă  l’Ă©criture, Ă  l’Ă©cran, Ă  la camĂ©ra. Devenu par la suite le Woody Allen prĂ©fĂ©rĂ© de mon frère, Meurtres mystĂ©rieux Ă  Manhattan est le film qui me fit complètement entrer dans son univers, sa vie (Ă  l’Ă©poque très dĂ©criĂ©e). Commença alors une redĂ©couverte des VHS et de ses films qui dure encore aujourd’hui. Et je n’ai depuis jamais manquĂ© un Woody Allen au cinĂ©ma.


Un jour sans fin
unjoursansfin(1993) Encore au cinĂ©ma de Quiberon, en Ă©tĂ©. Je ne me souviens plus ce qui m’a amenĂ© Ă  me rendre dans le cinĂ©ma ce soir-lĂ , encore seul, peut-ĂŞtre une bande-annonce drĂ´le. ArrivĂ© sur les lieux, je tombe sur un excellent pote du collège, celui avec qui j’avais vu Terminator 2, accompagnĂ© de ses potes. Je ne sais plus s’ils Ă©taient bourrĂ©s mais le moment Ă©tait plus propice Ă  la dĂ©connade sans vraiment s’intĂ©resser Ă  ce qui se passe sur l’Ă©cran. Je me suis mis avec eux. Ca dĂ©connait, ça se dĂ©plaçait. Moi je regardais le film, le festival comique si prĂ©cis et soutenu et pourtant si libre de cet homme vivant la mĂŞme journĂ©e implacablement. Et il y a le dernier acte, cette rĂ©demption magnifique, et toujours drĂ´le, nous amenant Ă  une conclusion faisant d’Un jour sans fin la plus belle des comĂ©dies romantiques et le meilleur des feel good movies. Je connaissais et apprĂ©ciais dĂ©jĂ  Bill Murray ne serait-ce que pour S.O.S. FantĂ´mes. Il rentra dans mon panthĂ©on  de « mes » acteurs avec ce film tout comme Andy MacDowell (sublime dans l’assez mĂ©connu mais pourtant excellent Harrison’s Flowers sur la guerre en Yougoslavie. Sans avoir vu la plupart de ses films, je devine que ça doit ĂŞtre de très loin le meilleur d’Elie Chouraqui).
Des années plus tard, Adam Sandler et Drew Barrymore reprirent un concept similaire avec Amour et amnésie. Résultat : La meilleure comédie romantique des années 2000. Et pourquoi pas ?


La Liste de Schindler
schindler(1994) Ironie du sort, d’une influence extĂ©rieure immense ou d’une crise adolescente, je n’Ă©tais que fort peu enthousiaste Ă  me dĂ©placer pour plus de trois heures dans cette liste de Schindler. Le plus drĂ´le est de constater que, quelques mois seulement après le choc Jurassic Park, je me complaisais une nouvelle fois dans le credo « film très amĂ©ricain ». Je m’attendais Ă  quelque chose de larmoyant en pensant Ă  des choses comme le tĂ©lĂ©film Holocaust, que je n’avais mĂŞme pas vu. Nous sommes allĂ©s le voir avec mon père et mon frère je crois. 
Que dire de ce film au fond ? Qu’on est emportĂ© dès les premiers instants oĂą Schindler prend tout son argent pour arroser des nazis, qu’on se sent con et triste Ă  la fin quand il se repend de n’avoir pu sauver plus du monde, qu’on est bouleversĂ© quand Stern nous parle du bien et du mal la fameuse liste Ă  la main, que deux expĂ©riences m’ont montrĂ© qu’il Ă©tait impossible de quitter l’Ă©cran quand on zappe sur ce film Ă  la tĂ©lĂ©, que j’ai les larmes aux yeux rien qu’en pensant Ă  ce film, qu’il avait changĂ© ma façon de voir les choses sur les hommes, sur l’Histoire, sur le pouvoir. Idiot peut-ĂŞtre mais qui puis-je ?



Introduction
L’enfance (jusqu’Ă  1990)
L’adolescence (1990-1995)
L’Ă©tudiant partie 1 (1995-1999)
L’Ă©tudiant partie 2 (1999-2002)
Conclusion (2009)

 Par Pascal     3 commentaires3 mai 2009    Catégories: Articles CinĂ©ma

Les films de ma vie – L’enfance (jusqu’Ă  1990)


Le retour du Jedi
retourdujedi(1983) Ai-je vu Le Retour du Jedi au cinĂ©ma ? Est-ce mon premier film vu dans une salle obscure ? J’aime Ă  penser que oui, que Le Retour du Jedi est mon premier souvenir de cinĂ©ma. Et je pense surtout avoir dissociĂ© mes souvenirs d’enfants de ceux de maintenant, ayant vu plusieurs fois Le Retour du Jedi. Ces souvenirs sont rĂ©vĂ©lateurs : R2D2 et CP30 dans le dĂ©sert allant rendre visite Ă  Jabba le forrestier, le duel final au sabre laser et les Ă©clairs terrifiant de l’empereur et peut-ĂŞtre un peu les Ewoks. Je me pose souvent cette question : est-ce qu’un enfant, disons jusqu’Ă  12 ans, peut regretter l’apparition des Ewoks dans Le Retour du Jedi ou celle de Jar Jar Binks dans la Menace FantĂ´me ? Je ne crois pas. 
Je me suis toujours demandĂ© Ă  quel point j’apprĂ©cierais Star Wars en le voyant pour la première fois passĂ© 20 ans. Ces films ont une plus grande force (hĂ©hĂ©) quand on les voit enfant. La majoritĂ© de ceux qui ont grandi avec Star Wars prĂ©fèrent la première trilogie, chronologiquement parlant, Ă  la seconde et beaucoup pourront le prouver de manière objective mais ce n’est vraiment pas la mĂŞme chose de voir une Ĺ“uvre lorsqu’on est adulte. Il nous restera Ă  demander Ă  nos enfants quel est leur prĂ©fĂ©rence.


Un cadavre au dessert
uncadavreaudessert(annĂ©es 80) Celui-ci est un vĂ©ritable film familial. Il devait ĂŞtre parmi nos premières VHS dès lors que nous pouvions enregistrer les films Ă  la tĂ©lĂ©. Cette histoire de meurtre pour rire est une vraie fantaisie, très parodique mais je ne le dĂ©couvris que bien plus tard. C’est la distribution qui nous plaisait beaucoup particulièrement David Niven que nous aimions particulièrement pour Le Cerveau ainsi que Peter Falk car on aimait bien Columbo. Ce n’est encore que bien plus tard que je fis le rapprochement entre Alec Guiness et Obiwan, notons que celui-ci pendant le tournage lisait le script de Star Wars, et que je dĂ©couvris l’immense Peter Sellers. Je ne parle mĂŞme pas de Maggie Smith (McGonagall dans Harry Potter), James Crowell ou Truman Capote. Je ne me rendis compte de la prĂ©sence de ce dernier dans le film lors de la sortie du film Capote. Un vrai vivier de talents. 
Quoiqu’il en soit, le ton Ă©lĂ©gant et ludique du film plaisait Ă  tous mes frères et sĹ“urs si bien que ma sĹ“ur ainĂ©e s’Ă©tait mise en tĂŞte de le retourner avec nous et des amis. Elle Ă©crivit ainsi les dialogues sur sa Rollyprint et plusieurs Ă©lĂ©ments de dĂ©cors furent construits. J’aurais du jouer le majordome aveugle (le rĂ´le d’Alec Guiness). 


Cours après moi shérif 
coursapresmoi(annĂ©es 80) Je dirais que j’ai du le voir une vingtaine de fois dans les annĂ©es 80. Je le connais presque par coeur. J’ai revu très rĂ©cemment cette course poursuite pour le fun, immense succès au box office US, avec Burt Reynolds qui « roule sa bosse » avec sa transamerica noire : transporter 400 cartons de bière de contrebande depuis Texarcana, Texas jusqu’Ă  Atlanta en 28 heures, le tout pour 80 000$. Un beau programme : des voitures, des camions, des flics et quelques filles. Au demeurant, le film est (toujours) drĂ´le particulièrement la première partie, Jacky Gleason est hilarant et Sally Field est angĂ©lique. Ma cousine espagnole appelait ce film, le « film avec des gros mots ». Le langage n’est pas très chatiĂ© effectivement. En grandissant, je comprenais peu Ă  peu les nombreuses allusions sexuelles ou racistes. Un film pĂ©dagogique en quelque sorte…


Le Cerveau 
lecerveau(annĂ©es 80) C’est un fait : quand je pense Ă  Eli Wallach et David Niven (vu aussi dans Un cadavre au dessert), je pense d’abord Ă  cette comĂ©die avec Ă©galement Bourvil et Jean Paul Belmondo soit une distribution fort hĂ©tĂ©roclite. GĂ©rard Oury est dans sa pĂ©riode oĂą il signe ses meilleurs films, gĂ©nĂ©ralement avec Louis de Funès mais pas ici. Au cours de mes dizaines de vision, j’ai appris Ă  aimer Ă  peu près tous les instants du mĂ©trage. Tous les gags fonctionnent et sont hilarants, souvent improbables (l’explosion de l’aquarium et surtout la bataille Ă  coup de fusĂ©es d’artifice) avec des dialogues gĂ©niaux. Le film parodie la mafia, les casses estampillĂ©s « du siècle » et les grandes Ă©vasions. Une de ces comĂ©dies française d’exception qui fait de l’ombre Ă  toutes celles des annĂ©es 2000.
Souvenir peu glorieux : Ă  peu près toute ma famille se moquait, et se moque encore, de moi car je chantais le gĂ©nĂ©rique d’introduction, en anglais (« The Brain« ), dans une langue personnelle faites de sonoritĂ©s que j’avais l’impression d’entendre. Difficile Ă  expliquer. Mais je me souviens encore de la manière dont je la chantais.


Ne nous fâchons pas / Le Monocle rit jaune / Laisse aller c’est une valse 

nenousfachonspas lemonocleritjaune laisseallercestunevalse


(annĂ©es 80) Trois films de Georges Lautner ont dĂ©finitivement bercĂ© mes jeunes annĂ©es. J’ai toujours l’impression que Ne nous fâchons pas est restĂ© dans l’ombre des Tontons Flingueurs. Sans mĂ©sestimer ce dernier que j’adore, je crois que je prĂ©fère ce film, question de nostalgie peut-ĂŞtre. Je le trouve aussi plus inventif et plus dĂ©lirant avec des rĂ©pliques cultes qui alimentent rĂ©gulièrement les conversations en famille, comme beaucoup des films que je cite. On y trouve aussi un rĂ©jouissant penchant anti-anglais que l’on retrouve Ă©galement, l’espace d’une sentence de Paul Meurisse, dans Le Monocle rit jaune : »Sachez mon cher qu’il est toujours bon d’ĂŞtre en guerre contre les anglais » (de mĂ©moire). TournĂ© après les Tontons Flingueurs, oĂą Paul Meurisse fait un camĂ©o, Le Monocle rit jaune clĂ´t en fanfare les aventures du commandant ThĂ©obald Dromard dit « Le Monocle ». Pas forcĂ©ment très connue, cette comĂ©die d’espionnage est dĂ©licieusement invraisemblable et mĂ©rite d’ĂŞtre dĂ©couverte rien que pour voir Le Monocle abattre deux hommes d’une seule balle et s’Ă©crier : »Oh ! Un doublĂ© ! ». Dernier film, Laisse aller c’est une valse nous fait dĂ©finitivement rentrer dans les annĂ©es 70 avec l’aide de Bertrand Blier au scĂ©nario et Jean Yanne le bougon en tĂŞte d’affiche. Comme toujours le casting est parfait et fait naĂ®tre des très grands moments de comĂ©die dont une fusillade folle dans une station service avec des chasseurs. J’envie mon frère d’avoir vu rĂ©cemment au cinĂ©ma ce film en prĂ©sence du rĂ©alisateur.


Le Père Noël est une ordure / les Bronzés / les Bronzés font du ski

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(annĂ©es 80) Plus que tous les films que je viens de citer, il n’y a pas vraiment lieu de prĂ©senter ces comĂ©dies archi-connues (trop connues ?). C’est marrant mais quand j’avais l’occasion, assez rare et sans exaltation, de parler de ces films Ă  l’Ă©cole, jusqu’au lycĂ©e, j’avais l’impression que personne n’avais vraiment vu ces films. Ce n’est qu’en arrivant qu’ »Ă  la ville » pour mes Ă©tudes que je dĂ©couvris que j’Ă©tais loin d’ĂŞtre le seul Ă  adorer ces comĂ©dies du Splendid. Particulièrement dans les deux premiers on ressent de manière palpable une profondeur dans la mesquinerie, l’hypocrisie qui fait froid dans le dos tout en faisant hurler de rire. Qu’on se le dise, ce sont ces films qui sont les vrais comĂ©dies familiales dont les dialogues imprègnent nos conversations et contribuent Ă  la constitution de son cocon. A ce que je peux constater dans mon entourage, Il est de bon goĂ»t de prĂ©fĂ©rer la pièce le Père NoĂ«l est une ordure (que ce mĂŞme entourage a seulement vu Ă  la tĂ©lĂ©). Je prĂ©fère le film, aboutissement ultime de multiples reprĂ©sentations.


L’aventure c’est l’aventure
laventure(annĂ©es 80) L’aventure c’est l’aventure est sans doute le film de Claude Lelouch que je prĂ©fère (je suis loin de les avoir tous vu ceci dit). Soit une bande de potes formant un gang atypique mais dont chacun des membres est motivĂ© par le mĂŞme but : le fric. Il en rĂ©sulte un film sur la politique terriblement comique. LĂ  encore, les scènes cultes se succèdent sans temps mort avec cinq acteurs au sommet : Lino Ventura, Jacques Brel, Charles Denner, Charles GĂ©rard et Aldo Maccionne (qui est vraiment bon : »Mais ne discoute pas avec le communisme »). Avec le recul, c’est peut-ĂŞtre curieux que de tels films soient vus et apprĂ©ciĂ©s par un gamin. Chez moi, le second degrĂ© s’est aiguisĂ© assez jeune fortement influencĂ© par un grand frère et une grande soeur. Le film a sans doute un peu vieilli mais il est toujours aussi drĂ´le.
Et nous sommes toujours en cinquième république.


Le grand blond avec une chaussure noire
legrandblond(annĂ©es 80) Sorti la mĂŞme annĂ©e que L’aventure c’est l’aventure, Le grand blond avec une chaussure noire est selon moi le meilleur film de Pierre Richard et un des joyaux de la comĂ©die française. Yves Robert tourne avec le plus grand sĂ©rieux toute la partie espionnage du film comme s’il se trouvait dans un film politique amĂ©ricain de la mĂŞme Ă©poque (le film date de 1972). Bernard Blier (avec sa rĂ©plique culte « Ce sont ses yeux qui le trahissent »), Paul Le Person et Jean Rochefort jouent le jeu avec conviction. Le rĂ©alisateur introduit alors Pierre Richard, bien accompagnĂ© par Jean Carmet, qui fait imploser tout ce monde et il fait de Mireille Darc un dĂ©licat lien entre ces deux mondes, aussi absurde l’un que l’autre au fond. Bon je ne pensais pas Ă  tout ça gamin, le film me faisait vraiment rire. J’adorais l’installation des micros dans l’appartement et l’Ă©coute permanente , le concert tournant en eau de boudin, le bruit des pistolets silencieux et l’inoubliable musique de Vladimir Cosma. Ecriture, tempo comique, mise en scène, acteurs, musique… tout est rĂ©ussi. Farpaitement. Evidemment, la suite ne parviendra pas au niveau de ce film.

Quel générique :


Brazil
brazil(1987) Nous Ă©tions en vadrouille chez mon cousin parisien, 16 ans, avec mon frère et maĂ®tre Ă  penser de 13 ans (Je ne suis pas spĂ©cialement intelligent mais j’aurais Ă©tĂ© moins que rien sans lui). J’avais Ă  peine 10 ans. Mon cousin nous fit monter dans la salle tĂ©lĂ© et nous parla d’un film qu’il avait louĂ© et qui Ă©tait super. Il le mit dans son magnĂ©toscope. Ai-je vu ce film en entier Ă  ce moment ? Je n’en suis pas si sur. Mais il est certain qu’un choc se produisit, particulièrement sur mon frère qui adora l’atmosphère, l’absurditĂ© du propos, le ton de Terry Gilliam. Nourri par ce film depuis un assez jeune âge, Brazil demeure pour moi un film somme, peut-ĂŞtre le mètre Ă©talon de tout ce que je peux aimer au cinĂ©ma : l’humour absurde, l’absurditĂ© tout court, les dĂ©cors Ă©normes, l’Ĺ“uvre dĂ©crivant tout un monde proche du notre en plus dĂ©senchantĂ©, l’aspiration au rĂŞve, Ă  la libertĂ©, l’onirisme, l’amour, la musique imprègnant les images, les travellings, la vision d’un homme… un monument qui sera prolongĂ© de plusieurs autres grands films dont le prodigieux L’ArmĂ©e des douze singes.


Mad Max 3
madmax3(1988) C’Ă©tait en classe verte aux Carroz d’Arâches. J’avais 10 ans. J’appris lĂ -bas la réélection de Mitterand. Entre une marche champĂŞtre et un cours de danse folklorique, un de nos moniteurs proposa de regarder un film parmi deux possibilitĂ©s. Ce fut Mad Max 3 ou et un autre. Le vote des Ă©lèves alla très largement en faveur de Mad Max, peut-ĂŞtre guidĂ© par le fait que ce n’Ă©tait pas spĂ©cialement pour les enfants de notre âge. Je prĂ©fĂ©rais l’autre, que je crois que j’avais dĂ©jĂ  vu. Je ne me souviens pas du tout du titre. Ce fut donc mon premier Mad Max que nous, la classe de CM2, regardions il me semble fort sagement, captivĂ©s peut-ĂŞtre. Le film n’est pas très bon et je ne l’ai jamais revu mais j’ai toujours en mĂ©moire quelques moments du film dont cette fameuse loterie des châtiments. Il y avait aussi une Tina Turner plutĂ´t mĂ©morable (si, si). A la fin, Ă  l’issue d’une grosse bataille de bolides (on adorait faire des bolides type Mad Max en lego avec mon cousin et mon frère) et d’une Ă©chappatoire vers une sorte de monde meilleur, un vilain Ă©tait totalement broyĂ© dans des dĂ©combres. Seul sa main dĂ©passait ce qui lui permit de pointer son majeur. Il n’en fallait pas plus pour provoquer la joie des Ă©lèves. Je me souviens encore jouer les critiques de pacotille commentant le bon jeu de Turner tout en trouvant Max plutĂ´t fade. En mĂŞme temps, je n’ai aucun souvenir de Mel Gibson dans ce film !
J’ai depuis vu les deux premiers films et je n’ai pas vraiment accrochĂ©. Enervant car j’ai l’impression d’ĂŞtre passĂ© Ă  cĂ´tĂ© de quelque chose.


Trois fois Indiana Jones 3
indy3(1989) Les quelques lecteurs connaissent ma passion pour Indiana Jones mĂŞme ses dernières aventures. Je ne pouvais pas ne pas le citer ici surtout qu’il me permit de dĂ©couvrir la grande salle du Kinopanorama et pour lequel je fus un client rĂ©gulier jusqu’Ă  sa fermeture. C’est une salle de fitness maintenant. Je trouve cela très tragique. Je crois que ce fut aussi mon premier film en VO. La semaine qui suit, je l’ai vu deux fois de suite au cinĂ©ma Ă  Montparnasse. C’est mon Indy prĂ©fĂ©rĂ©.



Introduction
L’enfance (jusqu’Ă  1990)
L’adolescence (1990-1995)
L’Ă©tudiant partie 1 (1995-1999)
L’Ă©tudiant partie 2 (1999-2002)
Conclusion (2009)

 Par Pascal     4 commentaires3 mai 2009    Catégories: Articles CinĂ©ma

Les films de ma vie – Introduction

Ces articles rendent hommage au CinĂ© de la ville de Quiberon, Ă  la dame qui offrait la place Ă  ma petite soeur ainĂ©e (bon, elle s’endormait systĂ©matiquement au cours de la sĂ©ance) et au Monsieur CinĂ©, encore en exercice, qui me passa Meurtre MystĂ©rieux Ă  Manhattan et Ace Ventura alors que j’Ă©tais seul dans la salle.

Depuis longtemps, j’avais envie de faire ces articles oĂą je dĂ©crivais tout ces films qui m’ont marquĂ©s pour un tas de raison du souvenir d’enfance Ă  une Ă©poque plus rĂ©cente. Une sorte de rĂ©trospective oĂą j’Ă©voque ces films que j’ai tant aimĂ©s ou que j’aime tant.
Il y a ces films impĂ©rissables qui caracolent perpĂ©tuellement en tĂŞte de tous les tops du cinĂ©ma et il y a ces autres films qui nous laissèrent une marque indĂ©lĂ©bile. Il ne faut surtout pas s’attendre ici Ă  une liste dĂ©finitive avec des Citizen Kane accompagnĂ©s de sept samourais. Nombreux films que je cite ne rentreront sans doute pas au PanthĂ©on du 7ème art mais beaucoup parmi eux m’ont bouleversĂ©, ou choquĂ©, tandis que certains faisaient tout simplement comme partie des meubles pendant mon enfance. Il y a aussi ceux qui sont associĂ©s Ă  des souvenirs plus personnels.
Les argumenteurs pourront donc me prouver en toute logique que les films citĂ©s ne sont pas toujours d’une immense qualitĂ© et pourtant, il ne s’agit mĂŞme pas de plaisirs coupables mais bien de films qui demeurent Ă  mes cĂ´tĂ©s, me rĂ©confortent ou me hantent mĂŞme si je ne les a pas revus depuis des annĂ©es. Ils m’accompagnent et leur souvenir m’accompagnera sans doute toute ma vie.

Cette sĂ©rie d’articles est aussi un exercice de mĂ©moire. Il est possible que j’ai oubliĂ© de mentionner des films que j’ai vraiment aimĂ©s, surtout jeunes. Cette liste n’est donc certainement pas exhaustive surtout que des sĂ©ances mĂ©morables, j’en ai eu dans ma vie. J’Ă©voquerai aussi bien des bons que des mauvais films. Mais surtout des bons quand mĂŞme. Je n’aime pas trop m’acharner sur des films que je n’ai pas aimĂ©s. Sauf quand j’espĂ©rais un excellent film et qu’il se rĂ©vèle mĂ©diocre.

Bonne lecture.


Introduction
L’enfance (jusqu’Ă  1990)
L’adolescence (1990-1995)
L’Ă©tudiant partie 1 (1995-1999)
L’Ă©tudiant partie 2 (1999-2002)
Conclusion (2009)

 Par Pascal     Commenter2 mai 2009    Catégories: Articles CinĂ©ma

Star Trek en affiche

J’aime Ă©normĂ©ment Star Trek donc tout nouveau film de Star Trek me met en joie. Ma joie pour ce nouvelle opus n’est cependant pas inconditionnelle. Le premier trailer est cependant bon :

Avec un budget de 150 millions de dollars, deux fois et demi plus que le prĂ©cĂ©dent Star Trek Nemesis, on peut dire que les executives de la Paramount ont vu les choses en grand pour relancer la franchise. Et on en revient donc aux dĂ©buts des hĂ©ros Kirk, Spock & Co toujours dans cette mouvance du prĂ©quel, mais aussi du renouveau avec le petit gĂ©nie J.J Abrams aux commandes de l’entreprise (ahah). S’il a rĂ©ussi Ă  la tĂ©lĂ© (Lost, Alias), son passage au grand Ă©cran passe logiquement par l’adaptation de sĂ©ries ainsi un Mission Impossible 3 assez poussif et donc ce film qui semblerait vouloir tirer un trait sur le passĂ© Ă  l’image de la Corvette dĂ©truite de la bande-annonce que d’aucun ont vu, le modèle datant des sixties, comme une illustration de ce renouveau. Arrogant donc, comme Kirk.

Tout ceci ne freinera pas l’enthousiasme Ă©norme du monde de l’internet Ă  la moindre info sur le film. J’en veux pour preuve les successives news sur les nouvelles affiches du film Ă©talĂ©es sur plusieurs mois. J’aurais quand mĂŞme quelques rĂ©serves sur leur aspect « nouveau ». Je vous laisse juge sur les affiches ci-dessous. Ou comment un filtre photoshop suffit Ă  alimenter un buzz.

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 Par Pascal     Commenter5 avril 2009    Catégories: Articles CinĂ©ma SĂ©ries

Les sorties du 1er avril

14 films cette semaine se bousculent dont un certain nombre qui pourraient avoir des prĂ©tentions en termes d’entrĂ©es au vu des diffĂ©rentes des affiches dans la ville de Paris.

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Les deux gros morceaux niveau marketing sont Safari et Monstres contre Aliens. Ce dernier m’a enthousiasmĂ© dès le premier teaser dĂ©lirant et hilarant et risque de faire beaucoup d’ombre Ă  son rival de synthèse La VĂ©ritable histoire du Chat bottĂ© qui sort bĂŞtement le mĂŞme jour avec une bande-annonce assez peu drĂ´le. Pour Safari, les nombreuses images m’ont fait sourire. Kad (acteur) et Olivier (rĂ©alisateur) semblent s’Ă©carter du nonsense qui fit mon bonheur pour Mais, qui a tuĂ© Pamela Rose ? et Un ticket pour l’espace mais, hĂ©las, pas le bonheur du box-office. Safari semble plus traditionnel dans son approche et sans doute moins barrĂ©. Le matraquage et la sincĂ©ritĂ© bonhomme de Kad Merad et de son « L’Afrique est un cri qui vient de l’intĂ©rieur » pourraient me faire me dĂ©placer.
Autre film bien reprĂ©sentĂ© : PrĂ©dictions, le nouveau film d’Alex Proyas qui prend son temps pour rĂ©aliser ses films. Onze ans ont passĂ© depuis son chef d’Ĺ“uvre Dark City, cinq depuis le sympa I, Robot. On reste dans le mainstream avec ce thriller apocalyptique menĂ© par Nicolas Cage que je n’ai pas vu dans un bon film depuis Lord Of War.

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Après ces quatre films, il reste encore de la place chez JCDecaux pour Les cavaliers de l’Apocalypse, un de ces thrillers post Seven avec serial killer, torture, rĂ©fĂ©rences bibliques Ă  la pelle, enquĂŞteur veuf et triste (Dennis Quaid) et la sublime Zhang Ziyi en folle furieuse. Ce sera pour la tĂ©lĂ©, peut-ĂŞtre. L’Ĺ“il exercĂ© apercevra sur les colonnes Morris quelques affiches de Frost / Nixon, l’heure de vĂ©ritĂ©. Sobrement intitulĂ© Frost / Nixon aux USA, le nouveau film de Ron Howard, l’ajout français de « l’heure de vĂ©ritĂ© » ne donne que peu d’indications. Il s’agit d’une Ă©mission de tĂ©lĂ©vision entre le prĂ©sentateur David Frost et de Richard Nixon peu après sa dĂ©mission de la prĂ©sidence qui fut un record d’audience aux USA. La bande-annonce promet un haletant face-face.

Dans le mĂ©tro, on aura certainement le regard attirĂ© par le regard vide de Justin Chatwin et les couleurs horribles de l’adaptation live de Dragonball par James Wong. Je ne connais pas vraiment le dessin animĂ© mais j’ai lu une vingtaine de tomes du manga lycĂ©en. Autant dire que la bande-annonce la joue beaucoup plus sĂ©rieux que le manga avec plein de kung-fu et d’explosions. Bon ça a l’air quand mĂŞme assez naze. Je suis sur que j’y trouverais mon compte mais ma femme…

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Enfin, il ne reste plus du tout de place, et aucune visibilitĂ©, pour Synecdoche, New York, première rĂ©alisation de Charlie Kaufman après quelques scĂ©narios brillants et atypiques. Quand mĂŞme : Dans la peau de John Malkovich, Human Nature, Adaptation, Confessions d’un homme dangereux, Eternal sunshine of the spotless mind. La bande-annonce prĂ©sente un film Ă©trange et bourrĂ©e d’idĂ©es portĂ©e par l’excellent Philip Seymour Hoffman jouant un dramaturge au bout du rouleau entourĂ© des femmes de sa vie, mais visuellement terne Ă  l’image de ces femmes (Samantha Morton, Catherine Keener, Emily Watson et bien d’autres…) peu joliment mises en valeur dans les quelques images qu’on peut voir.
Plus de place non plus pour Katyn, la paraĂ®t-il grande fresque d’Andrzej Wajda sur une page mĂ©connue de l’histoire polonaise pendant la seconde guerre mondiale. Enfin, pour les très courageux qui auront dĂ©jĂ  vu tous ces films, il restera notamment A l’aventure, une aventure Ă©rotique de Jean-Claude Brisseau. Beaucoup de fesses et de dialogues cons dans cette bande-annonce que j’aurais bien du mal Ă  diffĂ©rencier avec les tĂ©lĂ©films de deuxième partie de soirĂ©e de RTL9. C’est bien la bande-annonce nulle de la semaine.

 Par Pascal     Commenter31 mars 2009    Catégories: Articles CinĂ©ma

Duplicity

Vu le 25/3/2009 Ă  l’UGC George V salle 2 en VO

Deux agents secrets, Ray et Claire, dĂ©cident de dĂ©missionner de leur travail pour trouver leur place au soleil en montant un gros coup dans le privĂ©. Ils se lancent donc dans l’espionnage industriel profitant du combat entre deux entreprises de cosmĂ©tiques oĂą tous les coups sont permis.

Au vu de cet imbroglio apparemment comique, je pouvais avoir du mal Ă  retrouver l’auteur de la trilogie Jason Bourne et le rĂ©alisateur de Michael Clayton. Les liens avec ce film sont pourtant Ă©vidents puisque la toile de fonds est la mĂŞme : les grandes corporations. Ici, elles prennent la forme de deux entreprises se tirant dans les pattes. Tony Gilroy dĂ©crit l’espionnage industriel avec fĂ©rocitĂ© : les consignes de sĂ©curitĂ© Ă©normes, la parano ambiante (micro et filatures), la rĂ©union oĂą on passe en revue les actions suspectes des employĂ©es… ou encore le patron achetant une dĂ©charge pour fouiller les ordures de ses concurrents ! Rien que par cette approche, Duplicity est presque un prolongement de Michael Clayton, en un peu plus ludique.

La mise en scène expose les enjeux avec concision : un gĂ©nĂ©rique au ralenti très amusant pour exprimer la haine entre les deux corporations et un discours pour mettre en place toute l’intrigue. Quelques flash-back et un dialogue de retrouvailles brillant plusieurs fois rĂ©pĂ©tĂ©s suffisent pour captiver. La rĂ©alisation de Tony Gilroy est fluide et dĂ©veloppe une intrigue riche sans nous perdre en chemin. La force du film est Ă©galement ce grand sens du dĂ©tail. D’abord dans la description de l’espionnage industrielle mais aussi dans la manière de poser une ambiance Ă  travers des dĂ©cors ou des costumes. La villa de rĂŞve Ă  Miami ou la suite princière Ă  Rome illustrent l’envie de luxe (et de luxure) du couple d’ex agents secrets. Un bureau minimaliste très design avec un bonsai est indissociable de son propriĂ©taire amĂ©ricain (Tom Wilkinson) tandis qu’une poignĂ©e d’hommes d’affaires avec une hĂ´tesse d’un certain âge au maintien impeccable impose tout un style europĂ©en. Ces scènes, ces plans, peuvent durer que quelques secondes secondes mais j’y ai Ă©tĂ© particulièrement sensible. On pardonnera alors aisĂ©ment le tassement de l’intrigue et du suspense dans la deuxième partie (dont une scène de photocopie un peu laborieuse).

Pour les amateurs d’Hitchcock et de McGuffin, le Saint Graal de toute cette histoire est joyeusement anodin mais il n’empĂŞche que la rĂ©solution ne l’est pas tant les derniers instants Ă©chappe Ă  la mĂ©canique hollywoodienne (avec cependant le mĂŞme artifice que pour Michael Clayton) nous abandonnant sans bonheur factice mais avec le coeur mĂŞme de toute cette histoire pas si Ă©loignĂ©es des enchainĂ©es du maĂ®tre du suspense : un couple.

Duplicity raconte surtout une histoire d’amour entre deux amants obligĂ©s de cacher leur relation. Leur attirance est Ă©vidente mais comment ĂŞtre sur d’avoir confiance en l’autre ? Claire dit que l’avantage de leur relation est leur luciditĂ© que leur a confĂ©rĂ© leur mĂ©tier d’agents secrets mais il n’est qu’un rien face Ă  leur incapacitĂ© Ă  rendre sincère cette relation d’autant que celle-ci commence par une arnaque de Claire. Derrière l’attirance mutuelle et l’amour, le couple doit faire face Ă  une suspicion permanente et un instinct de domination traitĂ© plutĂ´t justement. Le couple est en dĂ©sĂ©quilibre, Claire prenant l’ascendant sur Ray, viril et confiant mais plus souvent sur la dĂ©fensive et obligĂ© de jouer ses meilleures mais peu reluisants atouts : maitre queue !
Au cours de ce jeux de dupes, Claire doit interroger une employĂ©e qui a couchĂ© avec Ray, pensant qu’il Ă©tait medecin en Afrique. Claire Ă©coute, mutique, la femme, heureuse, qui l’a rend cocue. Le travail et les dĂ©boires de la vie conjuguale sont joliment mĂ©langĂ©es dans un Ă©trange cocktail drĂ´le mais amer. C’est la meilleure scène du film. Dans les films de ce style, les seconds rĂ´les sont souvent très justement choisie. En femme cĂ©libataire buvant son martini dans un bar, Carrie Preston (que j’ai vu sans l’avoir vue dans Lost et Vicky Cristina Barcelona. Elle a un rĂ´le principal dans la sĂ©rie True Blood) est fabuleuse.

Les autres seconds rĂ´les sont tous très bons. Paul Giamatti est dĂ©cidĂ©ment gĂ©nial en grand patron, surtout lors de sa prĂ©sentation aux actionnaires. Enfin, il y a le beau couple Julia Roberts/Clive Owen, un couple dĂ©jĂ  sexy dans Closer. Dans Duplicity, la domination est inversĂ©e (Julia Roberts Ă  le dessus) et encore plus agressive. Clive Owen est une fois de plus parfaitement dans son Ă©lĂ©ment en agent sublime mais orgueilleux dans ses attitudes. Quant Ă  la vedette, bientĂ´t vingt ans nous sĂ©parent de Pretty Woman. Mais Julia Roberts assure toujours une prĂ©sence incroyable Ă  l’Ă©cran. Et en une seule bĂŞte scène, elle nous rappelle qu’elle a le plus beau sourire sincère du cinĂ©ma.

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 Par Pascal     Commenter30 mars 2009    Catégories: Articles CinĂ©ma

L’EnquĂŞte, The International

Vu le 23/3/2009 Ă  l’UGC George V salle 4 en VO

L’enquĂŞte, The International a bien fait de conserver son titre amĂ©ricain car cette enquĂŞte est très internationale : Angleterre, Usa, France, Turquie, Italie… nous voyageons beaucoup dans le film du rĂ©alisateur Tom Tykwner dans des dĂ©cors souvent excellents (mention au bâtiment au pied d’une falaise et au bord de la mer). BasĂ© sur des faits rĂ©els, nous suivons donc Louis Salinger (Clive Owen) aux quatre coins du monde, partir Ă  la chasse d’une banque soupçonnĂ©e de blanchiment d’argent et de trafics d’armes. En cette pĂ©riode de crise, ce sujet tombe presque Ă  pic pour nous rappeler une nouvelle fois du danger et du pouvoir des banques et des banquiers sans scrupule. Et la barque est vraiment chargĂ©e, la banque IBBC est quasi-assimilĂ©e Ă  une bande organisĂ©e oĂą les cadavres qu’elle laisse derrière elle se comptent par dizaines.

L’optique du rĂ©alisateur est, comme souvent actuellement, de revenir Ă  une thĂ©matique politique/magouille typiquement seventies, très sĂ©rieuse (mais non exempte de quelques scènes humoristiques) et touffue. L’ensemble se tient mais tout juste puisque toute cette histoire de trafic d’arme et de real politik n’est pas toujours traitĂ©e de manière passionnante. La rĂ©alisation peine aussi Ă  imposer vraiment un style personnel alors que le metteur en scène a par le passĂ© montrĂ© qu’il en avait un. C’est une bonne chose de se mettre au service de l’histoire mais on aurait pu espĂ©rer qu’il se l’approprie complètement. L’amateur de thriller ne doit pas bouder son plaisir surtout que Clive Owen porte le film jouant avec conviction l’Ă©puisement et l’accablement jusqu’aux toits d’Istanbul, revolver Ă  la main (avec une excellente chute).

Le clou annoncĂ© du film est bien la fusillade dans le musĂ©e Guggenheim qui sort le film du thriller tout venant. Elle n’est pas survendue : la sĂ©quence, longue et tendue, est vraiment très spectaculaire jouant avec bonheur sur l’architecture de ce lieu unique tout en s’amusant avec l’exposition oĂą l’oeuvre centrale devient le dĂ©clencheur de toute la sĂ©quence mais Ă©galement une arme ! Qu’importe toutes les invraisemblances « classiques » (la police arrive au bout de 10 vraies minutes), le professionnalisme et l’inventivitĂ© de cette fusillade n’a d’Ă©gal que le plaisir qu’elle semble avoir donnĂ© Ă  rĂ©aliser.

Au final, mĂŞme en Ă©tant laborieux, pas vraiment inoubliable (sauf la fusillade), L’enquĂŞte, par son savoir-faire et ses acteurs, vaut plus qu’un Secret DĂ©fense.

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 Par Pascal     Commenter29 mars 2009    Catégories: Articles CinĂ©ma

Les thrillers en affiche (2)

OĂą on Ă©voque ici un genre un peu moins gĂ©nĂ©ral que le thriller puisqu’il s’agit de thrillers autour de grandes corporations soit une banque pour Duplicity et deux grandes entreprises de cosmĂ©tique pour Duplicity. Deux plutĂ´t bons films qui seront l’objet des deux prochains articles de ce blog.

Leurs affiches respectives ont la mĂŞme forme soit un fond uni dans lesquels sont insĂ©rĂ©s quelques images du film. Fond noir pour L’enquĂŞte : film sĂ©rieux ; Fond blanc pour Duplicity : film plus lĂ©ger mais les teintes bleus Ă©cartent clairement Duplicity de la comĂ©die pure.

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La taille des images a de l’importance : d’un cĂ´tĂ© nous mettons clairement en vedette le couple Clive Owen / Julia Roberts avec deux photos de chaque star d’Ă©gale importance et, comme une jonction, une photo avec un tĂŞte Ă  tĂŞte passionnĂ©.
Pour L’enquĂŞte, l’affiche semble nous faire comprendre que Clive Owen est la vedette, qu’il est menacĂ© (le flingue sur sa nuque) mais aussi menaçant et protecteur (image du bas qui n’est d’ailleurs pas dans le film si je me souviens bien). Bien que son nom sur l’affiche soit aussi grand que celui d’Owen, nous comprenons aisĂ©ment que le rĂ´le de Naomi Watts est moins important plus proche de l’alliĂ©e fidèle.

Notons aussi que les noms Owen/Watts sont beaucoup moins grands que le titre du film ce qui met en valeur une histoire plutĂ´t que des stars. Ce n’est pas le cas de Duplicity oĂą les noms Julia Roberts et Clive Owen sont plus grands et dĂ©tachĂ©s.
Fait remarquable : les noms des rĂ©alisateurs, Tom Tykwer et Tony Gilroy, ne sont pas mis en valeur alors qu’ils sont relativement connus pour leur style ou leur prĂ©cĂ©dents faits d’arme.

Autre petit thème dĂ©veloppĂ© par l’affiche : les multiples dĂ©cors. D’un cĂ´tĂ© New York et un aĂ©roport, de l’autre Istanbul et un immeuble ultra-moderne. Nous allons beaucoup voyagĂ© dans ces films.

On a vu enfin que Duplicity mettait en valeur un couple. Mais les regards peu glamour, voir cachĂ© derrière des lunettes noires, et le tagline « Qui manipule qui ? » indiquent aussi un face Ă  face. On retrouve cette approche dans le prochain film de Ron Howard qui sort la semaine prochaine : Frost-Nixon. On pourrait aussi s’amuser Ă  remarquer les similitudes et diffĂ©rences avec les deux autres affiches : face Ă  face avec des profils qui s’opposent, fonds blanc mais images en noir et blanc donc peu comique, deux couleurs pour les gros titres comme Duplicity, prĂ©sence cette fois du nom du rĂ©alisateur (très connu il faut dire) ainsi que des seconds rĂ´les puisque le « couple » vedette n’est quant Ă  lui pas très renommĂ©…


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 Par Pascal     Commenter28 mars 2009    Catégories: Articles CinĂ©ma

Les sorties du 25 mars

Toujours plus fort avec 15 films Ă  l’affiche cette semaine. Peut-ĂŞtre est-ce liĂ© Ă  l’approche des vacances. Chaque semaine je suis toujours surpris du nombre impressionnant de sorties. Certes cela fait une offre variĂ©e mais qui peut vraiment suivre Ă  part quelques professionnels/critiques du monde du cinĂ©ma ? En ce qui me concerne, je peine Ă  voir la moitiĂ© des films que j’ai envie de voir. Je devrais suivre un jour le destin au box-office de tous ces films vite pas vus et vite oubliĂ©s.

troisroyaumes duplicity journeedelajupe


Le film de la semaine est le retour de John Woo dans sa terre natale pour les Trois Royaumes narrant une guerre lĂ©gendaire qui se dĂ©roula en Chine oĂą le nombre de protagonistes prĂŞt Ă  en dĂ©coudre se compte en centaine de milliers ! Si le film est en Asie en deux parties pour un total de quatre heures, c’est une version de 2h25 auquel nous avons droit en Europe. Mais mĂŞme coupĂ©, le film semble avoir bouleversĂ© beaucoup de monde par son ampleur.

Seulement deux semaines après L’enquĂŞte, Clive Owen retourne sur les Ă©crans pour un thriller d’espionnage : Duplicity. Le film marque le retour dans un premier rĂ´le de Julia Roberts. Après le très bon Michael Clayton et les scĂ©narios de la trilogie Jason Bourne (et celui d’Armageddon aussi), je suis Ă©tonnĂ© de voir Tony Gilroy dans un registre plus lĂ©ger d’embrouilles entre ex agents secrets. Le film ne cartonne pas vraiment au Box-Office US mais c’est un peu la marque de fabrique de Clive Owen. Ca ne devrait donc pas l’empĂŞcher d’ĂŞtre un bon film.

Je vais rĂ©gulièrement au cinĂ©ma depuis 1995 mais il aura fallu attendre 2009 pour que je sois intriguĂ© par un film avec Isabelle Adjani. La journĂ©e de la jupe, qui passe en mĂŞme temps Ă  la tĂ©lĂ©vision et au cinĂ©ma, est un film de Jean-Paul Lilienfeld que je n’attendais pas du tout dans ce genre de film, rĂ©alisateur du « culte » quatre garçons plein d’avenir (pas le film par contre). Adjani a jouĂ© dans un film fondamental de mon cinĂ©ma (Mortelle RandonnĂ©e) mais entre 1995 et maintenant, on ne peut pas dire sa carrière a Ă©tĂ© brillante : femme fragile dans un remake Ă  oublier (Diabolique, que j’ai vu dans la grande salle du Gaumont de Nantes avec la dĂ©testable Sharon Stone), elle Ă©tait horripilante, tant son jeu que son rĂ´le, dans le pourtant excellent Bon Voyage. Et voilĂ  qu’elle joue une prof pĂ©tant un câble en plein cours avec un revolver Ă  la main. Ca rappelle presque le Chute Libre de Joel Schumacher. La bande-annonce vaut le coup d’oeil :

Parlons quand mĂŞme de trois comĂ©dies parce qu’elles ont toutes les chances mieux marcher que les trois films prĂ©cĂ©dents (Ă  part peut-ĂŞtre le film de Sophie Fillières).

chihuahua1 premiereetoile unchatunchat

C’est fou mais en faisant cette chronique depuis seulement quelques semaines (et pour combien de temps ?), je constate qu’il sort rĂ©gulièrement des films animaliers. Je pense que Le Chihuaha de Beverly Hills risque d’ĂŞtre le pire d’entre tous. Le titre abominable et l’affiche (« Chiots Bouillants » –> Attention film pour enfant) devraient suffire Ă  faire fuir qui que ce soit, Ă©galement les parents quelque peu attentif Ă  leur progĂ©niture. Je n’invite pas mes trois lecteurs Ă  regarder la bande-annonce qui rĂ©vèle sans doute le plus consternant de toute cette entreprise : les chiens parlent.

Quoiqu’on puisse dire de sa genèse et de sa sincĂ©ritĂ©, La première Ă©toile fleure bon la comĂ©die-idĂ©e (Un famille de noirs vont Ă  la neige) jouant la carte de l’opposition noir/blanc. Et si le rĂ©alisateur/acteur/doubleur Lucien Jean-Baptiste a peut-ĂŞtre tentĂ© de raconter quelque chose de plus universel, la bande-annonce nous fait systĂ©matiquement croire le contraire. Quelques jeux de mots font rire tandis que les rĂ©actions des spectateurs laissent entrevoir un film « coup de coeur ». La question de la couleur de peau semble cependant dĂ©licate dans le cinĂ©ma français et l’anti-racisme ambiant peut engendrer un enthousiasme exacerbĂ©. MalgrĂ© le sujet un peu naze, La première Ă©toile sera t’il sur ce sujet un film aussi dĂ©complexĂ© que les films du cinĂ©ma amĂ©ricain et sans message de tolĂ©rance très engagĂ© dans le politiquement correct ?

Et donc il y a Un chat, un chat sur le thème de l’Ă©crivain en manque d’inspiration (comme l’affiche du film). La bande-annonce n’est pas drĂ´le donc je n’irai pas plus loin.

Et il y a d’autres films, comme Tokyo Sonata de Kyoshi Kurosawa qui semble très bien (la bande-annonce est très belle) mais je ne peux en parler, je suis passĂ© complètement Ă  cĂ´tĂ© de ce film. C’est assez triste.

 Par Pascal     Commenter25 mars 2009    Catégories: Articles CinĂ©ma

Watchmen – les gardiens

Vu le 15/3/2009 Ă  l’UGC Danton Salle 3 en VO

De Terry Gilliam Ă  Paul Greengrass, qui fit mĂŞme construire des dĂ©cors (!), l’adaptation de Watchmen, a Ă©puisĂ© bien du monde et dĂ©chaĂ®nĂ© les passions. Il faut dire qu’il s’agit d’un « roman graphique » nom fort pompeux qui dĂ©prĂ©cie l’image qu’on a de la BD ou du comic book sans pour autant amĂ©liorer celle de cette Ĺ“uvre qu’on pourrait tout aussi bien qualifier de livre avec des images. Soit. AurĂ©olĂ© d’un succès sans prĂ©cĂ©dent, Watchmen a Ă©tĂ© qualifiĂ© d’inadaptable par son auteur, Alan Moore (avec Dave Gibbons), dĂ©jĂ  sur des comics adaptĂ©s comme La Ligue des gentlemen extraordinaires ou From Hell. Dans ce dĂ©bat de l’impossibilitĂ© de l’adaptation, l’auteur fait plutĂ´t figure d’extrĂ©miste allant jusqu’Ă  demander le retrait de son nom de l’adaptation de Watchmen. Un homme de principe.

Après le premier succès, et premier bon film, que fut l’ArmĂ©e des morts, le rĂ©alisateur Zack Snyder se lança dans une adaptation « trait pour trait » de 300, autre Ĺ“uvre colossale (me dit-on, je ne lis jamais de comic books ni de romans graphiques) ici signĂ©e Frank Miller, une adaptation dans la lignĂ©e de Sin City (=sur fond vert/bleu). J’ai bien aimĂ© 300, je l’ai aimĂ© par avance, je l’ai aimĂ© au cinĂ©ma et je l’ai aimĂ© quand je l’ai revu en DVD. Je ne fus pas le seul puisque cette adaptation, assez audacieuse il faut le dire, connu un succès tout aussi colossal que le comics.

Il ne fut alors pas surprenant de retrouver le metteur en scène sur l’adaptation de Watchmen. Et c’est donc avec lui que Watchmen au cinĂ©ma fut greenlightĂ© avec 130 millions de dollars pour mettre en images animĂ©s le roman graphique. Mais si l’oeuvre d’Alan Moore a gĂ©nĂ©rĂ© une grosse communautĂ© de fans chez les geeks en tout genre, elle ne l’a pas fĂ©dĂ©rĂ© sur les perspectives d’une adaptation au point de gĂ©nĂ©rer des dĂ©bats un peu partout sur le web, rĂ©cemment sur le blog de Rafik Djoumi (qui n’aime pas trop).

Et moi dans tout ça ? Eh bien je ne suis pas un geek (j’avais dans les 20-25 dans le test de Rafik) et je n’ai pas vraiment compris tout le tapage autour du film. J’aime cependant les films de super hĂ©ros et il en faut beaucoup pour ne pas me faire me dĂ©placer. J’aime moins le gros marketing qui anticipe les super chefs d’oeuvre Ă  venir avec un applomb sidĂ©ral. Je n’Ă©tais donc pas forcĂ©ment dans les meilleures dispositions dans la salle pour suivre cette histoire de super hĂ©ros dĂ©chus enquĂŞtant sur le meurtre de l’un d’entre eux dans un monde uchronique oĂą Nixon en est Ă  son troisième mandat prĂ©sidentiel. Nous sommes dans les annĂ©es 80.

watchmen-rorschach

sur son visage… comme un livre (roman graphique ?) ouvert

PassĂ© la première scène vu et revu dans les bande-annonces et qui Ă©voque le meurtre du ComĂ©dien (Jeffrey Dean Morgan), mon impression est passĂ© de l’intĂ©rĂŞt poli Ă  l’extatique avec un gĂ©nĂ©rique sensationnel articulant l’histoire rĂ©cente de l’AmĂ©rique avec la naissance des premiers super hĂ©ros soit des reprĂ©sentant de la loi ayant choisi de se dĂ©guiser pour affronter les truands qui se dĂ©guisaient eux-mĂŞmes. Sur fond d’une belle ballade de Bob Dylan, nous assistons Ă  une succession de tableaux mouvants avec des images très contrastĂ©es donnant comme une impression de relief. En prime, nous savons qui a assassinĂ© Kennedy. Dès lors, je n’avais plus qu’envie d’ĂŞtre transportĂ© par le rĂ©cit. On m’avait promis quelque chose de dense, peut-ĂŞtre difficile Ă  apprivoiser au vu de la complexitĂ© du matĂ©riau original. Qu’importe, pourvu qu’on est l’ivresse, comme dans The Dark Knight.

La chute fut assez rude. Comme une impression de rien Ă  commencer justement par l’usage de la musique. Bob Dylan passait très bien au gĂ©nĂ©rique et cet usage inattendu mais très fort d’une chanson rappelle la bouleversante sĂ©quence de chaos dans Metropolis (le film japonais) sur fond de Ray Charles. Mais par la suite, elle sort de l’atypique pour finalement dĂ©contenancer. L’emploi de la chevauchĂ©e des Walkyries pour les flash-back au Vietnam est trop inappropriĂ©e pour ĂŞtre un hommage Ă  Apocalypse Now. Et 99 luftballons quand mĂŞme (parce que nous sommes en bord de la guerre sans doute)… Ecoutez cette excellente chanson en lisant la suite :

Plusieurs indices auraient du rappeler rapidement Ă  l’ordre Ă  commencer par cette semptiternelle grosse voix en guise de narration. La grosse voix, c’est Rorschach, le super hĂ©ros le plus impliquĂ© par la mort du ComĂ©dien. Ce n’est qu’au bout d’1h45 et une allusion explicite du film que j’ai fait le lien avec les tests du mĂŞme nom. Oui je ne suis pas très futĂ© mais je ne dois pas, du moins j’ose le croire, ĂŞtre le seul. J’ai Ă©galement lu que son masque fait office de rĂ©vĂ©lateurs d’Ă©motion sous la forme donc des fameuses tâches du docteur. La non lecture du comics original pose sans doute problème. Autre exemple difficile Ă  apprĂ©hender : cette horloge de l’apocalypse placĂ©e Ă  minuit moins cinq, objet fort symbolique dont on ne nous dit finalement pas grand chose. Et rien en fait. Une très belle idĂ©e qui tourne Ă  vide.

Le rĂ©alisateur avait clairement indiquĂ© une volontĂ© d’une adaptation sans adoucir le propos. Et il le fait : on voit le ComĂ©dien tuer une femme qu’il a engrossĂ©, deux chiens se disputer le pied d’une petite fille victime d’un pĂ©dophile et FantĂ´mas se balader la bite Ă  l’air. Est-ce vraiment choquant pour autant ? Non. Pourquoi ? Tout simplement parce que ceci arrive comme un cheveux sur la soupe : la femme aurait pu ne pas ĂŞtre enceinte sans strictement rien changer au propos, intĂ©ressant au demeurant puisqu’il souligne la perte d’humanitĂ© du docteur Manhattan ; la gamine, dont on ne voit mĂŞme pas une photo me semble t’il, aurait pu ĂŞtre vivante mais amochĂ©e, ça aurait d’ailleurs fait plus d’effet qu’un os avec une basket au bout ; Le docteur Manhattan aurait pu porter un slip. C’est de la fausse provocation puisque nous n’avons aucune empathie pour ces personnages. Zack Snyder se targue d’avoir convaincu les producteurs de la nĂ©cessitĂ© de ces quelques instants. Leur caractère inoffensif minimise cet exploit (notons que le film est interdit au moins de 12 ans en France).


Et oui c’est bien moi, Manhattan

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On arrive sans doute au gros problème du film, surtout si son esthĂ©tique ne suscite qu’un intĂ©rĂŞt poli : l’Ă©motion. Watchmen ne suscite strictement aucune empathie envers ses (super) hĂ©ros. Incroyablement peu sexy, le triangle amoureux est sans enjeu. La progression est très ennuyeuse et le suspense inexistant. Zach Snyder prouve sans doute involontaire qu’un rebondissement de BD ne se construit pas comme dans un film. Notons que 300 n’Ă©tait d’ailleurs justement pas un film Ă  rebondissements. Cette volontĂ© de rester fidèle a peut-ĂŞtre abouti Ă  une forme de neutralitĂ© qui nuit Ă  Watchmen Ă  tous les niveaux : l’humour n’est pas drĂ´le, le ComĂ©dien Ă©ructant avec son fusil ou les mimiques prĂ©cieuses du Hibou face au spectre joyeux ne font pas rire. Et l’ironie tombe absolument Ă  l’eau quand Snyder met en scène un Nixon au gros nez dans un dĂ©cor de QG identique Ă  celui du Docteur Folamour. Il n’est pas Kubrick et Peter Sellers et George C. Scott ne sont pas dans la salle. Cette neutralitĂ© imprègne aussi le jeu sans relief des acteurs. Tous sont assez peu connus, du moins ce ne sont pas des stars, et aucun ne devrait ressortir de Watchmen comme une rĂ©vĂ©lation. Billy Crudup Ă©tait meilleur dans Presque CĂ©lèbre et Jeffrey Dean Morgan meilleur dans Un mari de trop. Seul Jacky Earle Haley en Rorschach Ă©merge quelque peu quand il tombe le masque. Le constat est amer : on se fiche de leur introspection de super hĂ©ros. Et qu’on ne me dise pas que c’est original, c’est un thème repris dans Ă  peu près tous les films de genre de la dĂ©cennie). Et on se fiche de leur sort tout comme le sort du monde.

Il est en effet beaucoup question du sort de l’humanitĂ© dans un contexte de Guerre Froide USA/URSS. Les bombes peuvent tomber Ă  tout moment et tout le talent du docteur Manhattan ne sauvera pas de l’holocauste nuclĂ©aire. Mais tout au long du film, la politique dans Watchmen semble complètement dĂ©tachĂ©e des tracas des super hĂ©ros. A de très rares occasion dans les deux premiers tiers du mĂ©trages, grande et petite(s) histoires se mĂŞlent en dehors de bavardages. Cela n’arrange en rien notre dĂ©tachement (volontaire peut-ĂŞtre) envers le sort de ce petit monde jusqu’Ă  la fin livrĂ©e sans vĂ©ritable prĂ©paration ni rĂ©flexion. Les actes pourtant graves sont alors peu discutĂ©es, bien que discutables. A chacun de se faire son opinion sans doute, c’est plus facile. On pourra cependant apprĂ©cier le fait que la paix dans le monde façon « We are the World » en prend pour son grade. L’absence rĂ©elle d’humour/ironie, ou mĂŞme de recul, limite hĂ©las cette apprĂ©ciation. Ainsi que l’Ă©poque : alors que le monde actuel est aussi mondialisĂ© qu’Ă©clatĂ©, Snyder s’en remet au comics et demeure dans un monde bipolaire (Paul Greengrass voulait rendre l’uchronie plus contemporaine). Le rĂ©alisateur fait comme si notre monde n’avait mĂŞme pas changĂ© depuis l’Ă©poque de Marty McFly. Quand une bombe très puissante explose au coeur de Manhattan, les Twin towers restent donc debout. Ce n’est plus de l’uchronie mais de l’anachronisme.

Et malgrĂ© toute cette histoire/adaptation rĂ©putĂ©e « complexe », « profonde » et « sombre », nous n’Ă©chappons pas aux artifices scĂ©naristiques les plus triviaux tels le triangle amoureux insipide et les rebondissements au rabais (la rĂ©vĂ©lation du « mĂ©chant », la fausse destruction du Docteur Manhattan) quand ils ne sont pas agaçants. A ce titre, je commence Ă  en avoir assez de ces hĂ©ros se retrouvant face Ă  l’ordinateur Ă  trouver un mot de passe par dĂ©duction profonde (aussi dans Espion(s) d’ailleurs, les bons films n’Ă©chappent pas Ă  cette saloperie d’artifice) façon je mets le nom de ma femme ou de ce que je veux ĂŞtre. Moi, mon mot de passe au boulot c’est quelque chose comme C*Bob123+, la complexitĂ© Ă©tant obligatoire dans les environnements un tant soit peu sĂ©curisĂ©s. Evidemment c’est moins sexy. Je prĂ©fèrerais encore une rĂ©solution Ă©vidente/sous forme de gag (pas de mot de passe du tout ou celui-ci est marquĂ© sur un post-it – oui c’est souvent comme ça dans les bureaux cf la complexitĂ© demandĂ©e).

Au final, la sĂ©ance ne fut peut-ĂŞtre pas une chute comme annoncĂ©e mais une descente inexorable entrecoupĂ©e d’une poignĂ©es de bonnes choses ainsi les scènes dans la prison qui rappellent, en moins bien, l’anarchie carcĂ©rale de Tueurs-nĂ©s. L’explosion de Manhattan est Ă©galement très spectaculaire et belle. Je n’ai pas Ă©tĂ© très sensible Ă  l’aspect « annĂ©es 80″ : en gros je garde l’impression que la « reconstitution » Ă©tait Ă  base de tĂ©lĂ©s et des lunettes. Mais quelques dĂ©cors sont bons, je pense Ă  ceux de l’Artique (le repaire du mĂ©chant en fait). Il y aussi un poncif qui est Ă©vitĂ© : le mĂ©chant annonce son plan machiavĂ©lique alors que celui-ci est enclenchĂ© ! Assez drĂ´le, d’ailleurs le rĂ©alisateur en a tellement conscience qu’il le fait explicitement dire au mĂ©chant. Enfin, le questionnement sur l’humanitĂ© pouvait parfois ĂŞtre intĂ©ressant Ă  l’image du ComĂ©dien et du Docteur Manhattan devenus des super hĂ©ros et quittant donc peu Ă  peu le monde des humains, regardant peu Ă  peu les hommes avec plus de dĂ©tachement.

Sur 2h45 de film, ce n’est quand mĂŞme pas si enthousiasmant. PassĂ© le gĂ©nĂ©rique prometteur (c’est vrai quand mĂŞme, quel gĂ©nĂ©rique), la grande adaptation sans concession n’aboutit qu’Ă  un film-somme froid comme le pĂ´le nord. Tout ce dĂ©sintĂ©rĂŞt pour une histoire qui n’en manquait certainement pas, c’est un (pas si) beau gâchis. Par ses aspects politiques un peu uchroniques et son refus du spectaculaire, on pourrait rapprocher Watchmen d’une autre adaptation : V For Vendetta. Outre un casting bien plus inspirĂ© et une implication Ă©motionnelle forte, V for Vendatta avait quelque chose dont le film Watchmen est dĂ©pourvu : une âme. Et pourtant ça marche. Le film a 8.1 sur imdb. C’est certes moins que V For Vendetta mais je me dis bĂŞtement que je suis encore passĂ© Ă  cĂ´tĂ© de quelque chose de grandiose.

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 Par Pascal     Commenter21 mars 2009    Catégories: Articles CinĂ©ma

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