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Susie Salmon, 13 ans, vit heureuse dans une famille heureuse. A quelques jours de son premier rendez-vous galant et de son premier baiser, elle est assassinée par un de ses voisins. De l’au-delà , une sorte de purgatoire, elle regarde et tente de communiquer avec sa famille.
Pour son « retour » vers des films moins énormes que King Kong et Le Seigneur des Anneaux, Peter Jackson adapte un roman sur cette jeune fille assistant aux supplices de sa famille après sa mort. En mélangeant thriller, ados et fantastique, Jackson se rapproche de son magnifique Créatures Célestes. Avec de plein de morceaux de vrai cinéma et de coups de génie, le résultat m’a parfois décontenancé et pourtant, avec le recul, Lovely Bones se tient admirablement.
Le film traite aussi du deuil. Avec beaucoup de justesse, le metteur en scène ne filme pas des pleurs de groupes mais des âmes solitaires vivant le deuil chacun de leur côté : le père enfermé dans son bureau, la mère qui perd pied, le fils qui rêve de sa soeur, la fille cadette qui court, qui court. Et bien sur Susie, généralement seule et monologuant dans son monde imaginaire, un monde souvent superbe, un peu kitsch et parfois même assez laid mais qui n’est en fait l’expression des sentiments et de l’imaginaire d’une adolescente marquée par son père. Jackson nous rappelle aussi sa maîtrise et son amour du cinéma notamment dans ce travelling étrange de Susie parcourant plusieurs paysages.

La virtuosité la plus palpable de Jackson réside dans la tension : la scène du meurtre bouleverse par son découpage (avec la famille de Susie à table) et son inéluctabilité. Le suspense devient Hitchcockien dans la maison du meurtrier et son plancher qui grince. Toutes les scènes avec le meurtrier (Stanley Tucci, excellent), sont inquiétantes et parfois mêmes insoutenables dans les non dits et la sensation de peur et d’écrasement. Lovely Bones prend alors des aspects de thriller fantastique, sans véritables indices mais à travers des convictions et des sensations que le père et la soeur de Susie ressentent séparément.
Bien que tournée comme un thriller, la scène clé du film est une rencontre qui n’avait pu avoir lieu. Cette séquence est aussi dérangeante que futile au vu des enjeux et de la tension qu’impose Jackson sur un coffre-fort mais elle est finalement émouvante et profonde. Elle nous ramène aux désirs premiers de Susie et au vrai thème du film : l’adolescence. Je ne peux que la lier à l’accroche sur l’affiche de Créatures Célestes : la tendre histoire vraie d’un crime abominable.
Alors si le déroulement peut nous perdre un peu, ou du moins alterner des scènes sublimes (le champs de mais avec le père poursuivant le meurtrier, la découverte de la vie de ce dernier par Susie dans son purgatoire) avec des acteurs parfaits (Mark Wahlberg et Saoirse Ronan) et des moments plus en retrait (Rachel Weisz et Susan Sarandon n’ont pas les meilleures parties), Lovely Bones est un film aux thèmes profonds et intelligemment traités qui nous accompagnent après la séance de cinéma, ce qui n’est pas si évident. Lovely Bones est bien une réussite. Peter Jackson accumule les visions magnifiques et manie les tensions les émotions avec adresse et audace. Un vrai bon cinéaste.



Par Pascal
9 mars 2010 Catégories: Articles Cinéma
Je n’avais vu qu’une poignée de photos de ce biopic français sur la vie d’un cet artiste singulier. Par contre, difficile de ne pas passer à côté de la médiatisation du film qui est sortie du classique affiche de cinéma et presse spécialisée. L’acharnement de Joann Sfar à dire qu’il ne s’agit pas tout à fait de la vie de Gainsbourg, que c’est « un conte de Joann Sfar » (ajout à la demande de Jane Birkin) mais que, malgré tout, ces mensonges peuvent faire surgir le vrai Gainsbourg m’a quelque peu soûlé. Je connais assez peu de biopic qui n’essaient pas de faire ressortir la vraie personnalité de l’homme/femme qu’ils décrivent. L’approche du réalisateur est certes originale, iconoclaste mais le but est le même, classique. Ce mélange j’assume/j’assume pas est un peu difficile à tenir. Et j’ai encore un peu de mal à digérer l’auto-citation très Alain Delon dans le générique de fin.
Mais l’oeuvre elle-même ? Elle est réussie. Je ne m’attendais pas à grand chose et le début, toute l’enfance de Gainsbourg, est formidable. C’est une vie onirique vue comme un fantasme d’où vont naître tous les gainsbourg : le juif, le pianiste, le séducteur, gainsbarre… l’apparition en arrière-plan de son alter ego (une marionnette) puis sa charge frénétique au piano (son père : « tu joues mieux la nuit » !) est le meilleur du film, superbement éclairé. Faussement timide, le gamin Lucien/Serge a du culot et dessine bien les femmes nues lui attirant toute sorte de sympathie (ce qui le sauvera au moment d’une rafle pendant la guerre).
Gainsbourg enfant, c’est l’acteur Kacey Mottet. Il est assez prodigieux, enfantin et espiègle mais déjà très Gainsbourg, en mesure de voler la vedette à Gainsbourg adulte. Mais l’interprète Eric Elmosnino est lui-même étonnant. Outre le maquillage et la ressemblance physique, il exécute toute une gestuelle et un langage qui évoluent tout au long du film. Sfar raconte le succès de Gainsbourg par une série de rencontres et de coups de foudre : la danse avec chaque femme qui le séduit et qu’il séduit est importante. Javanaise pour Juliette Greco, yé-yé pour France Gall, slow dans une boîte gay pour Birkin, danse lascive et libre pour Bardot (Laetitia Casta est formidable, Sfar a sur retranscrire tout le choc de la chanson initials B.B. lors de son arrivée sur le palier de l’appartement de Gainsbourg), boîte de nuit aux lumières dures pour Bambou.
La reste est une solitude étrange et des provocations diverses. Sfar ne montre pas frontalement, comme Leaving Las Vegas, l’alcoolisme (quel intérêt au fond ?) mais sa mise en scène de plus en plus saccadée, comme si Gainsbourg avait de moins en moins de moments de lucidité, semble traduire la fuite dans les spiritueux. Et on allume une quantité astronomiques de clopes dans ce film.
Au final, Gainsbourg (vie héroïque) est un bon biopic avec une bonne moitié vraiment enlevée et un dernier tiers plus triste, moins captivant. Il faut dire que je n’aime pas le reggae et sa reprise de la Marseillaise, qui a visiblement choqué, est surtout pénible à écouter. Sfar sait toutefois rester très sensible. Il peut être fier de son film et de sa vérité sur Gainsbourg.





Par Pascal
6 mars 2010 Catégories: Articles Cinéma
Quelques mois après La Route un autre film post-apocalyptique débarque sur les écrans : Le Livre d’Eli soit la longue marche d’Eli mué par une volonté de faire parvenir son seul livre, une Bible, à destination à travers un monde dévasté.
Contrairement à La Route, il ne reste pas que deux balles dans le revolver d’Eli et il sait aussi se servir d’un couteau. Le meilleur du film sont ces scènes d’action qui sonnent toutes comme des règlements de compte, vifs et prenants. La fusillade autour de la maison (en aller-retours type travelling incessants ?!) est un très grand morceau de bravoure. Les frères Hughes empruntent au western, bien sur, mais aussi à divers genres de films d’arts martiaux avec un homme (Denzel Washington) se servant de tous ses sens pour exécuter des gestes précis et fatals.
La toile de fond est ce monde apocalyptique où règne la cruelle loi du plus fort. La scène où Eli assiste à un viol en se suppliant de ne pas intervenir est douloureuse. Le Livre d’Eli alterne les bonnes idées (le traitement des cannibales et les mains qui tremblent, l’usage des lunettes de soleil et les aveugles) et des invraisemblances qui laissent perplexe à l’image de l’héroïne (Mila Kulis, craquante dans Sans Sarah, rien ne va, un peu moins ici sauf dans sa petite robe) en pantalon slim sexy dans le chaos. On me répondra à raison que si le monde explose demain, les magasins seront remplis principalement de ce type de fringues. Et il y a aussi ce curieux paradoxe de trouver des étendues verdoyantes abandonnées alors que le reste de l’humanité s’entassent au milieu du désert. Radioactivité peut-être mais dans ce cas, je ne ferai pas coucher mes héros dans une centrale nucléaire.
Cela ne gêne tout de même pas pour suivre la quête mystique d’Eli. L’affiche de A Boy and his dog (un homme et son chien communique par télépathie dans un monde post-apocalyptique) dans une chambre sonne comme une note d’attention sur les capacités hors norme du héros, accentuée par une conclusion quelque peu inattendue (avec un Malcom McDowell assez grotesque) mais qui touchera ceux qui sont sensible en cette foi qui transporte les montagnes. Dans ce rôle, Denzel Washington est exemplaire en tout point et iconique quand il recule dans la pénombre le couteau à la main. Gary Oldman retrouve quant à lui un rôle de vrai méchant qui lui colla à la peau dans les années 90. J’ai même cru une bonne minute qu’on allait avoir une redite du Cinquième Elément lorsqu’il ouvre une boîte précieuse. Pour les amateurs de la série Rome, on retrouve l’excellent Roy « Titus Pullo » Stevenson dans le rôle du bras droit un peu sous-exploité.
Pour résumer, Le Livre d’Eli est plus accessible et moins sordide que La Route. Plus fun, plus sexy (c’est pas Charlie et ses drôles de dames non plus hein), moins déprimant, moins contemplatif. Les deux films sont bons mais disons que celui-ci se reverra beaucoup plus facilement.

Par Pascal
2 mars 2010 Catégories: Articles Cinéma
La Route est l’adaptation d’un best seller que je n’ai pas lu. Ma principale motivation est mon intérêt pour les films tournant autour d’une apocalypse, d’un monde en perdition. Et on peut dire que nous sommes plutôt bien servis en ce moment. Ca doit être le côté réchauffement climatique / fin du monde qui rend les gens fort pessimistes. La Route se déroule dix ans après cette apocalypse, dont on ne saura rien, dans un monde où plus rien ne peut pousser, où toute vie a disparu si ce n’est quelques humains hagard. Nous suivons le parcours d’un homme et son fils en route vers le sud.
Si on peut encore rire quelques mois après la fin du monde et se servir à bouffer au moindre drug-store comme dans l’excellent Zombieland, au bout de dix ans il ne reste rien et le metteur en scène John Hillcoat ne nous épargne pas grand chose sur la survie des humains. La dévastation me fait rarement rire (2012 est à ce titre profondément cynique, limite nauséabond sous couvert d’effets spéciaux « réussis » ce que je ne trouve d’ailleurs pas) et La Route est sans doute une des évocations les plus noires que j’ai vues sur ce thème. Les visions sombres se succèdent et la découverte abominable dans la cave d’une maison par l’enfant et son père devrait me hanter un bon moment. La Route raconte la perte de l’humanité (pas de nom, un passé de plus en plus diffus) et de tout véritable instinct de survie de celle-ci (symbolisée, lourdement ai-je entendu, notamment par cette meute d’hommes poursuivant une femme et son enfant pour, sans doute, les manger) au profit d’une mêlée générale pour ramasser les miettes. Dans cette lutte constante (vaine ?) pour s’élever, les acteurs Viggo Mortensen et Kodi Smit-McPhee sont formidables, le père toujours prêt au pire, le fils s’accrochant à tout prix à son âme enfantine et généreuse.
Il n’est pas adapté selon moi de terminer ce genre de film par un final totalement positif (par exemple, celle de Postman, excellent film au demeurant, me paraît assez faible) ou totalement désespérant. John Hillcoat trouve un juste milieu très touchant et un beau visage d’enfant. Ma femme a détesté ce film. Sure que ce n’est jamais drôle. La Route mérite pourtant un visionnage, le cÅ“ur certes bien accroché.

Par Pascal
27 février 2010 Catégories: Cinéma

Comme je l’ai déjà dit, j’ai beaucoup de mal à écrire sur Wes Anderson pourtant un des metteurs en scène qui m’a le plus émerveillé ces dernières années. J’ai vu le jour de sa sortie son Fantastic Mr. Fox, l’adaptation d’un roman de Roald Dahl dont l’affiche promo ne cesse de rappeler qu’il est l’auteur de Charlie et la Chocolaterie ce qui renvoie non au pas au livre mais au film de Tim Burton bien sur qui a fait des millions d’entrées. Les as du marketing ont encore frappé.
Wes Anderson a choisi l’animation en image par image un peu comme James et La Pêche Géante tiré lui aussi d’un livre de Roald Dahl. Ce n’est pas pour autant véritablement un film pour enfants. Ces derniers peuvent le voir mais je ne suis pas certain que son esprit les passionne. L’approche sur la forme est bien nouvelle pour Wes Anderson mais il ne renonce pas à son cinéma avec des travelling géniaux et des gros plans frontaux sans profondeur plutôt rares dans l’animation (me semble t’il). Il fait également appel à sa troupe. Si en tête d’affiche (aux voix), George Clooney et Meryl Streep sont des nouveaux venus, Anderson retrouve Owen Wilson, Bill Murray, Michael Gambon, William Dafoe, Jason Schwartzman…
Le metteur en scène, et scénariste, ne renonce pas non plus à ses thèmes de prédilection avec un personnage central qui est un père atypique comme le furent Royal Tanembaum ou Steve Zissou. La filiation tient à nouveau une place prépondérante avec le style de l’auteur tout en « déviances élégantes ». Ainsi Mr Fox préfère ouvertement son neveu à son fils jusqu’au bout. Fantastic Mr Fox introduit cependant une réflexion sur la différence et l’amour. Le fils délaissé est dit « différent » et se sent rejeté ce qui le rapproche de son père, lui-même différent, et fait de lui un être à part entière. C’est à la femme/mère Mrs Fox que revient ce rôle de ciment entre les différents protagonistes. L’angle de vue de Wes Anderson est aussi original que poignant loin du gnangnan ou de l’émotion facile.
J’ose quand même dire que tout génial qu’il soit, Fantastic Mr. Fox est peut-être le moins bon film de son auteur. Il manque peut-être un peu de rythme dans la première partie, il faut sans doute du temps pour s’imprégner de cette animation saccadée, mais superbe, après plusieurs films au style bien reconnaissable, s’imprégner de cet univers où les animaux sont élégants mais mangent comme des animaux et rêvent d’un certain retour à la vie sauvage. Et il y a déjà beaucoup d’amour, de personnages étranges (l’opossum maître de maison qui renvoie au fidèle serviteur de Royal Tenenbaum).
Les éléments mis en place, la seconde partie devient parfaite. Elle enchaîne les morceaux de bravoure enlevés dont un combat rat/renard, monté littéralement comme une bande dessinée, vraiment étonnant, l’humour dans les dialogues et les situations, et les (nombreuses) séquences typiquement andersonniennes dont la rencontre « autre » avec le loup est l’élément le plus magnifiquement représentatif. Une nouvelle fois, Wes Anderson m’offre un moment de bonheur. Fantastique Fantastic Mr Fox.

Par Pascal
23 février 2010 Catégories: Articles Cinéma
La mode est au « reboot » soit le redémarrage d’une franchise. C’est parfois récurrent, comme pour James Bond avec Casino Royale, ou pour redémarrer une série sur des nouvelles bases comme par exemple l’Incroyable Hulk bourrin mais sympa, de Louis Leterrier seulement quelques cinq ans après le Hulk statique mais sympa, d’Ang Lee. C’est au tour de Sherlock Holmes de faire un retour (fracassant au vu du succès) sur grand écran.
Bien que le style pouvait s’y prêter, cette lecture ne succombe pas aux sirènes du sérieux et de la sombritude sauf au niveau des éclairages puisqu’on ne voit pas grand chose notamment au début. On n’est pas non plus dans la gaudriole mais dans le rock’n roll. Faire appel à Guy Snatch Ritchie et à Robert Iron Man Downey Jr pour donner le concert est évidemment lumineux bien que le film ne le soit pas trop mais je me répète.

Pour être honnête, j’ai passé un bon moment en salle. Surtout au début comme souvent dans ces films où la mise en place des personnages, des décors et de l’ambiance sont plus passionnants que l’intrigue elle-même. La grandiloquence de cette dernière, ni plus ni moins que la domination du monde, me plaît beaucoup même si elle dissimule en fait une grande vacuité et des méchants plutôt insipides. Mark Strong, qui joue Lord Blackwood, était beaucoup plus impressionnant dans Mensonges d’Etat qu’ici. On pourrait même frôler l’ennui au vu des multiples répétitions qui n’apportent rien au film : nous avons donc droit à deux combats avec le même colosse, le second étant beaucoup moins rigolo que le premier. On voit aussi Holmes imaginer par deux fois l’issue de ses faces à faces puis les exécuter à l’identique sans toutefois que cela serve à quelque chose par la suite. Quant à Moriarty (ouais ça spoile mais à vrai dire vous allez voir, on s’en fout pas mal) apparaît plusieurs fois mais ne sert strictement à rien si ce n’est à terrifier une Rachel McAdams dans un rôle difficile à faire exister. Ce sera donc pour la suite. Enfin, le gros problème sont les déductions à l’emporte-pièce nous donnant aucune véritable chance d’être impressionné par le talent d’observation du célèbre détective alors qu’en filigrane se dressait une tentative d’opposition entre science et magie (noire) que Holmes rejette en toute logique.
Pour ainsi dire, on frôlerait le hors-sujet. Mais pourquoi ai-je passé un bon moment ? Peut-être parce que Guy Ritchie semble presque s’amuser de la gratuité des choses qu’il nous montre. Tout se réduit à des gags et des poses mais au fond ça fonctionne bien. Avec une excellente musique, on s’amuse avec un certain enthousiasme de voir Holmes et Watson expédier leurs ennemis à coup de tatanes, se moquer de Scotland Yard (« Ils ne manquent pas une occasion de manquer une occasion »), raconter des blagues dans une prison ou tout simplement s’invectiver avec l’ardeur que leur confère leur profonde amitié. Les hésitations de Watson, souhaitant se fiancer et arrêter les enquêtes tout en étant exalté par celles-ci, sont le meilleur du film. Robert Downey Jr et Jude Law sont parfaitement à l’aise, Guy Ritchie filme bien les explosions au ralenti et fait donc rire lors du premier combat avec un colosse (français !). A défaut d’être bonnes, les bases sont sympathiques et, espérons-le, c’est le côté ludique qui ressortira dans les prochaines visions sur petit écran. Souhaitons donc aussi tout le meilleur pour la suite annoncée.

Par Pascal
20 février 2010 Catégories: Articles Cinéma
La révolution annoncée a donc lieu. Avatar a remporté toutes les gloires et beaucoup de dollars, galopant après le succès de Titanic. Le marketing était énorme quand même tout comme le buzz beaucoup moins négatif que Titanic dont on prédisait le plus souvent le naufrage alors que c’est finalement Postman qui but la tasse. Le succès était ici probable. Un succès colossal, « historique », est toujours imprévisible par contre. Je suis donc fasciné par ce retour fracassant de James Cameron au cinéma après douze ans et des documentaires, remportant prix et suffrages quasi-unanimes. « Quasi », Indeed, parce qu’il y aura toujours les anti-succès, les anti- »américains », les anti-schtroumpfs (car bleu= schtroumpf, n’est-ce pas. Quelque soit la couleur des extra-terrestres, on se serait de toute façon moqué) etc… Ce qui m’a étonné le plus finalement sont ces pro-Avatar au point de décrypter/dénoncer la moindre réserve énoncée sur le film du critique parisien et parvenu au pauvre bougre dans un commentaire d’allociné. C’est de bonne guerre.
J’ai vu deux fois Avatar en 3D. Pas en Imax, car Avatar ne se jouait finalement que dans une salle, ce qui un peu fort de café, mais dans un MK2, car UGC ne croit pas en la 3D. MK2 en a d’ailleurs profité pour passer la location des lunettes de deux à trois euros à la sortie du film de James Cameron. Comme MK2 est la chaîne de la « diversité », qu’elle ne cherche certainement pas à gagner des euros sur le dos des spectateurs et que tous les films en 3D sortis sont hollywoodiens, je suppose qu’on ne doit voir dans cette augmentation qu’une taxe contre les impérialistes américains et leurs horribles supporters. « Z’aviez ka aller voir RTT ké achement bien aussi ».
Rappelons qu’Avatar raconte le pillage des ressources de la planète Pandora, où vit le peuple Na’vi dans une nature foisonnante, par les terriens (une grosse compagnie employant des mercenaires). Soucieux entre autres de virer proprement les « sauvages » d’un immense arbre abritant un gisement précieux, ils engagèrent le programme Avatar où un Na’vi cloné à partir de gènes d’un humain est relié à l’humain en question et contrôlé à distance par lui. A leur contact, un marine, Jake Sully, va épouser la cause des Na’vis et se soulever contre les humains.
Avatar ne m’a pas fait l’effet que j’ai eu au cinéma pendant Abyss, Terminator 2 ou même Titanic. Au vu des réactions presque fusionnelles avec le film, au vu de la révolution, et surtout des révolutionnaires qui nous assènent que le film est un chef d’oeuvre, j’ai cette douloureuse impression de perdre mon libre arbitre. Je me sens un peu obligé d’aimer Avatar, comme si mon amour pour le cinéma, qui je crois m’échappe de plus en plus en vieillissant et en devenant de plus en plus con, était remis en question par le manque d’engouement pour le film.
Cette pression idiote, mais réelle, et ma grille de lecture m’ont gêné quelque peu dans la première partie du film où je me suis surpris à plus prendre du recul par rapport à ce que je voyais plutôt que m’immerger. Ce recul est d’autant plus rageant que la technologie, la 3D sont tellement au point qu’on n’a pas besoin de chercher ce qui vrai ou faux. Tout est parfaitement intégré, et le spectateur devrait donc surtout s’intéresser au film. C’est tellement évident que je me suis demandé si je ne devais pas voir Avatar également en 2D d’autant que l’image serait plus nette. Les effets, souvent vertigineux, le sont peut-être tout autant en 2D.
J’ai eu du mal avec la première partie du film. Par le côté binaire sans doute, et surtout par le fait que le Mal est représenté tout simplement par moi-même, l’occidental qui en a un peu rien à foutre de la nature sauvage. La trame du film est classique : de l’apprentissage, du choix, de l’amour. Ce n’est absolument jamais niais. Tout juste faut-il se farcir l’éternelle scène imposée du « au fait, je t’avais menti » – « ohmondieu, je te déteste …. (15 minutes plus tard)… mais en fait je t’aime, pardonne moi de ne pas t’avoir pardonné ». Et encore, Neytiri / Zoe Saldana a une telle hargne, une telle sincérité qu’elle parvient à faire passer la pilule.
On a rapproché, à juste titre, le film de la légende de Pocahontas (Version le Nouveau Monde de Malick, hein, quoique j’ai rien contre le Pocahontas de Disney. J’adore la chanson l’air du vent). James Cameron a souvent affiché ses goûts et rend hommage a des films comme 2001 (le vaisseau début) ou le Solaris (la notion de planète vivante) de Tarkovsky jusqu’aux images extraordinaires de Mamoru Oshii. Les influences et similarités avec les auteurs japonais m’ont assez frappé. Je pensais à Avalon pour toute la partie technologique, et morose, et bien sur à l’exceptionnel Princesse Mononoke de Hayao Miyazaki brassant des thèmes fort similaires autour de l’écologie et de l’humanité.




L’humaniste James Cameron partage aussi avec eux un pessimisme pour la race humaine. Avatar raconte bel et bien une histoire très mauvaise pour les hommes avec happy end en trompe l’oeil puisque l’Homme, et sa technologie est bien le perdant. La défaite est d’autant plus amère qu’elle est causée par Jake Sully (le héros, joué par Sam Worthington que je n’ai pas trouvé spécialement inoubliable), l’humain converti à la cause des Na’vis. Ces derniers sont sublimés dans le film : leur civilisation est présentée comme riche, parfaite. Pour accentuer l’effet, le passé n’est que rarement évoqué pas plus qu’il n’y aura de traîtres parmi le peuple Pandorien. Au contraire donc des humains avec la résistance de Jake. La réplique de l’excellent bad guy (Stephen Lang) devient aussi simple que significative : « ça fait quoi d’avoir trahi sa propre race ? ». Excellente question, elle explique un peu ma gêne à propos de la portée écologique du film et surtout que l’identification au héros, ou au moins à sa cause, était peu aisée. Pour parler crûment : plutôt crever à 82 ans en regardant Cosby Show à la télé qu’en étant bouffé à 25 par un oiseau que je suis entrain de dresser. Cela donne d’ailleurs lieu à une excellente réplique à propos du compagnon de vol que doit choisir le héros Jack Sully : « Comment vais-je le reconnaître ? – Il va essayer de te tuer. ». Noble mais aussi curieuse façon de procéder pour l’Occidental nanti que je suis que de devoir se soumettre à un tel ordre des choses. Parce que c’est la Nature, imbécile. Ah. On ne se pose pourtant pas trop souvent cette question sur la Nature parfaite : comment a t’elle pu, dans sa perfection, engendrer son pire ennemi, l’Homme ?
Ce n’est donc pas vraiment une surprise si mon personnage préféré est Parker (Giovanni Ribisi, dans son meilleur rôle depuis des lustres), le gérant de toute la société avec un discours pro-humain, pro-pognon sans fioriture, hermétique (ou peut-être qui ne veut pas entendre ce discours) à tout cet esprit écolo new age et d’ouverture aux autres mais avec une culpabilité et un poids de responsabilités qui se dessinent peu à peu. Son « Let’s pull the trigger » est profondément déchirant, le pessimisme rare de celui qui a conscience du prix à payer pour que son monde survive. J’adore toutes ses scènes, de son entraînement au putt à son ultime regard plein d’amertume et de défaite, notre défaite.
Toutes ces considérations de comptoir, qui entravait parfois mon enthousiasme devant ce spectacle, sont balayées par la seconde partie d’Avatar qui est sidérante, surtout à la deuxième vision. J’ai retrouvé le cinéma (ouf). La coupe a lieu à l’apparition du Taurus Macto après une des plus belles ellipses que j’ai vues de ma vie (le saut vers l’oiseau rouge), sublimation d’une ellipse-gag de Waterworld où l’on voyait Costner se faire happer par un énorme poisson puis le manger le plan d’après. Une fois les pièces, discutables, de l’échiquier mises en place et le conflit inévitable, la mise en scène de James Cameron trouve un souffle qu’on n’avait pas vu depuis… Titanic. La mobilisation des Na’vis et des humains sur base de discours guerriers, d’union sacrée donne le frisson. J’ai toujours adoré les relations de confiance aveugle entre les hommes (ou équivalent Pandoriens) et Cameron sublime ces séquences. Ainsi, Jake et son « ennemi » Tsu’tey se retrouvent dans un combat commun avec déférence et respect réciproque : le discours en deux langues cimente ce lien « à la vie, à la mort ». Les rencontres avec les autres clans sont aussi rapides qu’inoubliables particulièrement celle chez les dompteurs d’Ikran avec une guerrière tout en rouge, iconique à souhait.
La grande bataille, dans la jungle et dans les airs, est grandiose. La stratégie est d’une limpidité qui a du nécessiter une préparation et un travail dantesques tant au niveau de l’exploitation des lieux que sur le montage et les différents rebondissements. La charge de Jake Sully sur les hélicoptères est tout en héroïsme, celle du leader conduisant ses troupes dans un combat qui se révèle désespéré. En trente minutes, les émotions sont multiples : appréhension, horreur, peur, souffle des discours guerriers (venant des deux camps), soulagement, surprise… Cameron agit sur nous en virtuose, totalement maître de son art, enchainant avec lyrisme les visions les plus folles.
Et comme il se doit, alors que le sort (ou la Nature) a scellé l’issue de la bataille, tout s’achève en huit clos entre les trois personnages principaux et cette phrase qui lance le duel : »I kinda hope you say that » (faut voir le film). Un duel où Jake joue sa double vie (le moment où il passe plusieurs fois d’humain puis Na’vi puis humain est une trouvaille géniale) jusqu’à son issue brutale et surtout ces retrouvailles bouleversantes entre Neytiri et Jake en « vrai ».
Je peux donc conclure que j’ai bien aimé Avatar mais sans trop d’excès. Cela se jouera sur plusieurs visions, de celles qui font devenir les films des classiques. Cameron, comme une sorte de thérapeute, m’a sorti de mes grilles de lecture foireuses. Je suis peut-être un mouton, va savoir. Mais un mouton qui a passé un excellent moment.

Par Pascal
18 février 2010 Catégories: Articles Cinéma
Vu le 21/10/2009 Ã l’UGC Normandie Salle 1
Après le récent Petit Nicolas, encore une adaptation du regretté Goscinny. Le Lucky Luke dessiné par Morris a déjà fait l’objet de plusieurs dessins animés (mon préféré étant la Balade des Dalton) et films notamment le récent et raté Les Dalton avec Eric et Ramzy. Cette fois-ci, c’est le couple James Huth/Jean Dujardin qui relève le défi en racontant la lutte de Lucky Luke pour rétablir l’ordre à Daisy Town.
La réussite de cette nouvelle adaptation est surtout formelle. De ce point de vue, le film n’est pas loin d’être merveilleux : splendides paysages argentins mis en valeur par la caméra de James Huth et son équipe, jouant en virtuose les couleurs et éclairages de son métrage. Les décors de Daisy Town sont aussi réussis, très détaillés et soigneusement usés tout comme les costumes, vieillis avec amour, et imaginatifs, gentiment parodiques parfois (la traîne de Jesse James). James Huth a parfaitement habillé son film. L’univers de ce Lucky Luke est esthétiquement réussi. Même sans s’intéresser à l’action, on ne peut qu’être qu’admiratif du travail effectué jusqu’au effets spéciaux ainsi ce duel où voir dégainer Luke surprend et impressionne. Plaisir des yeux donc.
Lucky Luke démarre même plutôt bien. Enfin, pas exactement. Il y a cette première scène qui sonne comme un avertissement : on voit les parents du jeune Luke, père irlandais, mère indienne, se faire abattre par un gang. Avec la montre à musique et ce trauma d’enfance, on lorgne du côté de Leone mais pas vraiment de Lucky Luke. D’entrée, Huth nous prévient : Luke sera torturé par le Mal, la vengeance. Sans être un spécialiste de la question, Luke dans la bande dessinée est un monolithe tout en confiance, un sourire ironico-narquois sur les lèvres, souvent amusé comme s’il connaissait l’issue de l’histoire dès le début. Le générique joue d’ailleurs sur la légende, l’icône : habillement en gros plans et tir plus vite que l’ombre contre le mur. La mission de Luke est rapidement avancée par la cavalerie. Passée la réminiscence plutôt nulle du fabuleux album Le 20ème de cavalerie avec McStraggle (peu excusable), deux scènes exemplaires : une explication dans le wagon enfumé du président, le film se joue avec délectation de cette histoire de je fume/je fume pas, et une rencontre dans le bureau du shérif avec Pat Poker vraiment réussie, tout en clair obscur avec une démonstration de force rappelant, en mieux, celle pourtant géniale du dessin animée Daisy Town (anthologique « j’ai plus de monnaie, aucune importance, je vais en faire » avec le billet qui se transforme en pièces). Lucky Luke est sur les bons rails. L’humour, les dialogues, l’ambiance sont bien présents, palpables.
Nous entrons alors dans une sorte de faille, un peu comme le final dans l’adaptation de Blueberry. Lucky Luke laisse tomber le flingue et se transforme en fermier amoureux. Toute cette partie est tellement déconcertante que je me suis demandé si je n’étais pas entrain de voir un chef d’Å“uvre. A plusieurs moments, on se demande surtout s’il ne s’agit pas d’un délire du héros entrain de rêver tant tout semble décousu avec une alternance de hauts et de bas, de gags « autres » parfois drôles (« c’est chiant d’être fermier »), parfois moins (on pouvait définitivement se passer de la relation zoophile). L’album-film devient un étrange fourre-tout où on frôle l’overdose de n’importe quoi et des caméos de personnages sans intérêts (Phil Defer).
C’est le problème de ces adaptations qui veulent tout donner tout de suite, faire le tour complet du personnage dès sa première apparition ce qui est déjà un peu idiot si on veut lancer une franchise (mais est-ce vraiment le but de cette entreprise ?). Lucky Luke règle ses problèmes d’enfance tout en étant déjà une légende, le film le présentant comme le plus grand justicier d’un Ouest finissant marqué par la fin de la construction de la ligne de chemin de fer d’Est en Ouest. Lucky Luke n’est cependant pas un héros de comic-book mais d’une bande dessinée belge avec des héros sans passé (Luke, Tintin, Spirou, Astérix…). . Certains des plus grands représentants du genre se sont parfois intéressés à l’origine de leurs personnages à commencer par Goscinny pour Astérix et l’histoire Comment Obélix est tombé dans la marmite de potion magique – notons qu’il n’en a pas fait un « vrai » album. Mais ils le font après que leur héros sont bien installés en album. Notre époque semble à tout prix vouloir imposer le contraire. Est-ce pourtant si impossible d’espérer faire la même chose pour un film ? James Huth répond non. Il en met plein la vue sur la forme, réussite, et sur le fond, échec. C’est mieux que Les Dalton quand même, mais ce n’est pas certains que ce Lucky Luke aura beaucoup plus de succès.
Avec un rebondissement téléphoné, le réalisateur redonne heureusement son arme à Lucky pour clore le film dans un repaire de super vilain superbe et ludique. Le film retrouve un bon style, un bon rythme, pas prodigieux mais autrement plus captivant que tout le développement avec un jeu de miroir final étonnant. Ca fait trente à quarante minutes tout à fait présentables. On peut facilement en conclure que le métrage souffre d’un problème d’écriture et de montage. On se prend à rêver ce qu’aurait pu donner l’adaptation par les auteurs habiles d’OSS 117. Non pas que je souhaitais voir ce Lucky Luke tomber dans la pure parodie mais on pouvait espérer un peu de rigueur dans le scénario, d’autant qu’au delà de la parodie, OSS 117 est d’abord présenté comme un vrai héros, même si c’est tourné en dérision.
Jean Dujardin est tout à fait à la hauteur du rôle tout comme Sylvie Testud en Calamity Jane. Cette femme est à l’aise dans tout ce qu’elle joue. Daniel Prévost est également parfait, fin, jamais dans l’outrance. Outrancier, Michaël Youn l’est évidemment en Billy the Kid mais c’est son rôle qui le veut. Il semble même dirigé, canalisé. Melvil Poupaud, Jesse James féru de Shakespeare, et Jean-François Balmer, sorte de père de substitution de Luke, m’ont semblé moins convaincants, outranciers aussi mais pas dans le ton. Du moitié-moitié en somme comme ce film qui a des qualités et des défauts. James Huth a tenté quelque chose avec cette adaptation mais ne transforme pas cette tentative. Il livre une oeuvre assez inclassable (à qui est destiné ce film ?) et bancal. Rendez-vous sans doute dans X années pour un nouveau reboot.

Par Pascal
24 octobre 2009 Catégories: Cinéma
L’univers de Goscinny, et plus largement la bande dessinée, est régulièrement malmené au cinéma. Avec un capital sympathie intact voire renforcé, l’adaptation du Petit Nicolas était plutôt une gageure. Et le pari est plutôt réussi et le film est en plus un succès, ce qui n’est pas si étonnant au vue de sa couverture médiatique. Outre la promo très lourde, mais habituelle, ces dernières semaines, Le Petit Nicolas a bénéficié de beaucoup de publicité pendant la préparation et le tournage, Télérama ayant même honoré le film d’une couverture plusieurs mois avant sa sortie.
Cette adaptation tient plus de l’hommage. Laurent Tirard ne s’est pas emparé du sujet pour se l’approprier mais a cherché à rendre le plus palpable à l’écran le ressenti de ces nouvelles illustrées par Sempé. Du coup, Laurent Tirard soigne décors, costumes et effets puis fait appel à Alain Chabat, sans doute celui qui a le mieux réussi l’adaptation une adaptation de Goscinny avec Asterix : Mission Cléopâtre, pour les dialogues.
Figure imposée : les présentations. On ne pénètre pas dans le monde du Petit Nicolas comme si tout le monde le connaissait. Les livres se vendent toujours bien mais pour beaucoup dont moi, le Petit Nicolas, c’est surtout un souvenir d’une lecture d’enfance. Nicolas doit donc nous raconter sa vie et son entourage. Et c’est très réussi. En une poignée de minutes, ses amis, ses parents, le surveillant, la maîtresse, le patron de son père sont tous très bien caractérisés et le charme opère. Le générique qui succède à cette présentation est vraiment joli avec une excellente musique et thème musical signés Klaus Badelt (protégé de Hans Zimmer, il est également compositeur sur des blockbusters comme Pirate des Caraïbes). Autant dire qu’on est dans de bonnes dispositions dès le début.
Le film de Laurent Tirard tient la route (de la comédie) pendant toute son 1h30. Le metteur en scène compile plusieurs histoires avec un fil conducteur (le petit frère), assez naturellement au fond puisque Le Petit Nicolas est une séries de petites nouvelles. La reconstitution, ou plutôt la représentation, des années 50 (60 ?) est colorée et joliment désuète. Et lisse pourrait-on dire, nous sommes bien dans la fantaisie et pas dans l’évocation réaliste d’une époque révolue. Au-moins, le poids de la nostalgie (c’était mieux avant) ne risque donc pas de nous écrase. Quelques biens pensants grincheux et autre partisans de la Halde s’alarmeront peut-être et verront dans cette adaptation une ôde à la (vieille)-France d’avant forcément nauséabonde. Et nous découvrons pas contre des enfants dynamiques et amusants en culottes courtes et cravates. La troupe de gamins est vraiment attachante et très bien interprétée. Laurent Tirard tire le meilleur des enfants sans forcer dans le cabotinage. Mon préféré est peut-être Clotaire/Victor Carles, vraiment naturel, hilarant quand il passe le test de Rorschach.
La visite médicale a d’ailleurs quelque chose d’absurde. Et avec un peu de recul, on peut oser dire qu’on retrouve un peu l’esprit de dérision de Goscinny transcrite au cinéma : un peu d’absurdité tendre tout au long du film entre les quelques séquences autour du gosse de riche Geoffroy et son valet ou tout simplement des parents de Nicolas. Laurent Tirard s’amuse également avec quelques astucieuses mises en abîmes (le magazine Pilote et la recette de la potion magique) et même un caméo (un personnage d’un film récent à très grand succès apparaît trois secondes) qui m’a fait éclater de rire. Enfin, On rit beaucoup avec les diverses catastrophes de chacun : la télévision, le dîner avec le patron, les lignes à copier… Et sans être vraiment développé au delà de la description initiale de Nicolas, chaque acteur adulte a sa chance. Si on peut donner une mention spéciale à Valérie Lemercier, je n’oublierai pas le visage catastrophé de Sandrine Kiberlain, l’institutrice, quand on lui annonce qu’elle devra préparer un spectacle avec sa classe pour la venue du ministre !
A vrai dire, vu l’état actuel de notre cinéma, vu les comédies françaises qui cartonnent (Neuilly sa mère…), on pouvait difficilement espérer mieux que ce film sincère et vraiment drôle. Une surprise pour moi, même si j’avais déjà aimé Molière et Mensonges et trahisons et plus si affinités.

Par Pascal
17 octobre 2009 Catégories: Cinéma
Revu le 28/9/2009 en DVD
Un film d’enfance que je n’avais pas vu depuis peut-être 20 ans… Bien qu’assez rare dans dans les années 90 et 2000, le film de capes et d’épées comporte quelques réussites à commencer par l’excellent Fille de d’Artagnan de Bertrand Tavernier, le meilleur film avec Sophie Marceau, le plus drôle aussi. Il y a aussi deux remakes, tout deux avec Vincent Perez, le Bossu (très bon) et Fanfan la tulipe (que j’avais bien aimé à sa sortie, voilà ). Si on étend plus généralement au film d’époque, je pense aussi à Ridicule (formidable) et le Libertin (encore avec Perez, très à l’aise dans le genre, mais le film a très mauvaise réputation malgré (ou à cause) la nudité de plusieurs protagonistes). Je pense aussi au film de Gérard Jugnot, le Rose et le Noir, sur lequel je ne ferai pas de commentaire et laisse le soin au lecteur de constater par lui-même à quoi nous avons affaire (ici, c’est du très lourd).
Cartouche, c’est l’histoire de Dominique, voleur moral et libre, brûlant sa jeunesse dans le larcin et la séduction. Avec un panache exceptionnel, Jean-Paul Belmondo l’interprète comme une fuite en avant constante parsemée de coups d’éclats comme autant de provocations face à une société stérile, formée d’une populace aveugle ou manipulable et d’une noblesse déconnectée et stupide (le Maréchal d’armée presque gâteux est à ce titre hilarant). Cartouche semble alors passer comme un prophète promettant des jours meilleurs et le partage des richesses. Philippe De Broca n’en fait cependant pas le représentant d’une cause juste mais un électron complètement libre, irresponsable et égoiste emportant tout entier son entourage au gré de ses envies personnifiées ici par la belle Vénus. Cartouche ne joue donc pas avec les limites, il les franchit jusqu’à ce qu’on finisse par l’arrêter, conscient de son destin qu’il évoque dès le début à son frère alors qu’un voleur se fait torturer sur la place publique.
Il n’est dès lors pas étonnant que la comédie très enlevée du début devienne amère. Les multiples refus de Isabelle de Ferrussac à ses avances et un sacrifice douloureux ramènent Cartouche à sa condition. Lucide, il l’a toujours été mais c’est bien la tristesse qui transparaît dans les derniers beaux instants du film. Ce virage cohérent et virtuose font de Cartouche un spectacle populaire exemplaire. Le film est un véritable plaisir. Visuel d’abord avec des paysages magnifiques, d’excellents costumes* colorés et des décors parfois superbe (le cloître notamment et l’intérieur de la cathédrale) mais aussi sonore, la musique de George Délérue étant prodigieuse. Cartouche est également très drôle avec des bonne répliques et de la répartie puis de nombreux moments gentiment absurdes dont toute la première partie à l’armée puis les différents vols du « gang » de Cartouche comme le déménagement complet d’un salon luxeux en une vingtaine de secondes (!).
Autour de Belmondo, deux acolytes et une femme (plus Jacques Balutin en drôle de moine) qui surjouent avec bonheur. La Douceur est en fait une brute jouée par Jess Hahn vu également en Américain dans Laisse aller c’est une valse (et plein d’autres comédies de l’époque). La Taupe est le casanova cultivé parfaitement incarné par un Jean Rochefort déjà flegmatique et philosophe. Et il y a Claudia Cardinale, sublime dans ses vêtements de gitane, à la fois fière et minaude, amoureuse et pieds nus. De Broca la filme également avec amour, éclatantes dans les derniers instants en rouge ou en argent. Elle rend les tout derniers moments du film éclatants, d’une beauté stupéfiante jusqu’aux ultimes instants. Et c’est ainsi que sans faire de (nouvelles) vagues, le couple Belmondo/de Broca tirèrent à cette époque le cinéma français vers le haut…










*C’était une époque où le port de la puffy shirt régnait en maître, alors que maintenant c’est fortement déconsidéré.

Par Pascal
10 octobre 2009 Catégories: Articles Cinéma
Cinq films un peu au hasard en DVD brassant une large période de la vie de réalisateur de Woody Allen. Ce grand auteur m’a toujours plu et ce n’est pas son superbe dernier film Whatever Works, qui changera la donne.
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe… sans jamais oser le demander
**1/2
Avec ce titre devenu célèbre, Woody Allen est encore dans sa période pré-Annie Hall. Ses films vont plus volontiers dans le loufoque. Tout ce que vous… n’est cependant pas une comédie pure mais une parodie. Et plutôt que faire une grande parodie d’un genre connu, Allen en effectue de multiples dans ce film à sketches. Il ne faut pas se voiler la face : le film a plutôt vieilli et la farce tourne souvent court. On peut aussi se demander si l’objectif du film était systématiquement le rire. Le premier sketch, où Allen enchaine les bides (hilarants), les gags visuels et une illustration des contraintes d’une ceinture de chasteté, fait très bien illusion. C’est d’ailleurs le plus drôle des sketches. Le dernier, une sorte d’Il était une fois la Vie pour adulte où Woody Allen s’illustre dans son costume de spermatozoïde, est également décalé et plutôt drôle (on notera la présence de Burt Reynolds, le film sort la même année que Délivrance). Dans l’histoire du sein géant, la satire des mÅ“urs contemporains laisse place à une parodie appliquée (et assez réussie) du film d’horreur qui n’aurait pas déplu à Mel Brooks. Soit.
Mais que dire de celui de la sodomie où un docteur perd tout à cause de son amour pour un mouton (!) ? On pouvait s’attendre à un marivaudage décalé mais Allen prend le spectateur à contrepied et signe un sketch tourné comme un film intimiste et destructeur, plus cruel que drôle. Gene Wilder est excellent en docteur tombant sous le charme de la bête jusqu’au déni lors de la séquence dérangeante où sa femme le surprend en compagnie de son mouton avec un porte-jarretelle (!!). On retrouve aussi ce ton amère dans le sketch du travesti grimée en femme et perdu à seulement quelques mètres de la sienne, qui ne sait rien, et également dans la parodie de jeu télévisé où la neutralité du présentateur devant les déviances de ses candidats ne prête pas forcément au rire. D’ailleurs ce jeu est finalement assez moderne. De l’absurde inconfortable en quelque sorte. Pour le spectateur non admirateur de l’auteur, on peut quand même (oser) dire que le film ne vaut pas, plus, la réputation de son titre.

La Rose Pourpre du Caire
***1/2
Ce n’est pas le film le plus connu de Woody Allen. Sa durée courte (1h20 à peine) et son principe, qu’il convient de ne pas trop dévoiler, mérite pourtant qu’on s’y attarde.
Pendant les années 80, Mia Farrow est de presque tous (tous en fait à part Stardust Memories) les films de Woody Allen. Comme Alice, elle tient ici (presque) seule le film. Pendant la crise des années 30, Cécilia, minée par un mari en perdition après la perte de son emploi, survit grâce aux séances de cinéma jusqu’à ce qu’un événement pour le moins incongru lui donne la possibilité de rêver à travers un amoureux joué par Jeff Daniels. La Rose Pourpre du Caire devient un véritable hommage au cinéma de l’époque et à ses codes et leur aura si particulière (louée aussi dans Crimes et Délits où un personnage s’enthousiasme pour les films avec ses acteurs portant des smokings alors qu’ici on admire les téléphones blancs et les affichages lumineux).
Il n’est alors pas étonnant de voir le film prendre des allures féériques tout en restant très drôlement prosaïque (Allen exploite complètement son idée-rebondissement) jusqu’à sa conclusion quelque peu inattendue. Pour résumer, la romance n’est pas un feel good movie total, Allen privilégie plutôt la cohérence de ses personnages mêmes quand ils sont tiraillés entre des choix délicats. Toute la conclusion/confrontation dans la salle de cinéma est brillante et touchante. « Last week I was unloved. Now two people love me and it’s the same two people. ». Mia Farrow doit choisir non pas entre réalité et fiction mais entre deux vies rêvées, aucune d’entre elles n’étant vraiment acquise. Et bien que fort simple, le plan final, le lumineux visage de Mia Farrow, est pour moi un des plus beaux plans de toute l’Å“uvre du metteur en scène. « I’m in heaven ».

Crimes et délits
****1/2
Je n’avais pas encore vu ce film, Å“uvre reconnue et maîtresse de son auteur (troisième film du classement de l’auteur sur imdb après les difficilement contestables Annie Hall et Manhattan). On ne peut pas dire que sa réputation soit sous-estimée. Le choc passé, je peux dire que Crimes et Délits est un très grand film. Bertrand Tavernier rapprocha ce film d’Hannah et ses sÅ“urs au sujet de sa structure et de son propos, en plus grave. La mise en scène est étonnante et complexe, faite de flash-back, parfois réduits à une seule image (l’enfance religieuse de Judah/Martin Landau) ou interagissant avec le présent où Allen pousse le concept du personnage spectateur de sa vie passée. Elle est au service d’histoires séparées d’une même famille. Alors que Judah fait tout pour que sa maîtresse folle amoureuse ne révèle tout à sa femme jusqu’à envisager le pire, Cliff (Woody Allen), réalisateur de documentaire, joue au père avec sa nièce et tombe amoureux de sa productrice (Mia Farrow) également convoitée par Lester, producteur à succès et beau-frère de Cliff.
Le titre est évidemment en référence au Crime et Châtiment de Dostoïevski. La manière frontale et complexe où le réalisateur aborde le crime et la culpabilité qui lui succède est vertigineuse. Martin Landau est à ce titre exceptionnel, inoubliable quand il revient dans la maison de son enfance (où on aperçoit France Conroy, Ruth dans Six Feet Under). Le triangle amoureux, quant à lui, aurait fait un beau sujet de comédie. Mais c’est la désillusion qui domine, même pas le cynisme. Dans Crimes et Délits, chacun a ses raisons et le cÅ“ur n’a pas grand chose à faire, sinon perdre. Je crois que Woody Allen a dit qu’il ne se trouvait pas bon acteur. Pourtant, à la fête qui clôt le film, il est bouleversant.
Chef d’Å“uvre lucide, Crimes et délits révèle des thèmes dont Woody Allen se servit dans ses films suivants. D’une blague sur la boxe, il fait un point de départ d’un film (comme Annie Hall) à savoir Anything Else. Deux films de sa filmographie récente reprennent le thème cher à Dostoïevski et Crimes et Délits : l’abrupt Rêve de Cassandre raconte ainsi l’opposition entre deux frères face à un acte horrible. Le joyau Match Point est quant à lui l’aboutissement de l’évocation du crime impuni où finalement c’est la chance (ou le destin selon les sensibilités) qui dirige notre existence sans autre forme de moralité.

Tout le Monde dit I Love You
****1/2
Depuis 40 ans, la comédie musicale est un genre se faisant rare dans le paysage hollywoodien. Bon il y a eu Grease ainsi quelques films musicaux plus axés sur le dépassement de soi dans les années 80 (Flashdance, Fame, La Fièvre du Samedi soir) puis dans les années 2000 (8 mile ou le remake de Fame, High School musical que je ne connais pas du tout). Au milieu des années 90, Allen se lance dans ce projet de comédie musicale qui me marqua à vie d’où sa présence dans les films de ma vie. En le revoyant, je ne me peux m’empêcher d’être aux anges. Ce film restera pour moi un film enchanteur. A 60 ans, Woody Allen s’offre un petit plaisir en embrassant une actrice de la moitié de son âge et par ailleurs star de Hollywood, Julia Roberts. Il passe même pour le meilleur coup de sa vie !
Casting de stars (tellement que Liv Tyler et Tracey Ullman furent coupées au montage !) donc avec notamment des jeunes qui montent comme Natasha Lyonne, Natalie Portman, Lukas Hass. Woody Allen n’a également pas son pareil pour les embaucher les nouveaux talents (Billy Crudup ici) ou les relancer : c’est peut-être un hasard mais Drew Barrymore comme Julia Roberts sont à ce moment à la veille de (re)devenir des grandes stars. Barrymore est sur le point de devenir culte dans Scream tandis que Roberts va enchainer de nombreux succès (après plusieurs bides dont Mary Reilly) à commencer par le Mariage de mon Meilleur Ami. Toutes assurent un spectacle inoubliable en poussant la chansonnette de manière fort respectable (sauf Drew Barrymore qui refusa de chanter, se trouvant trop affreuse. Elle chante pourtant correctement dans Le Come Back). Le bonheur je vous dis.

Anything else
***
Nous sommes à New York. Woody Allen commence par raconter une histoire drôle (déjà racontée dans Crimes et Délits) sur la boxe qui résume en grande partie le film. Les plans sont fixes et les personnages discutent hors et dans le champ. Les blagues (souvent hilarantes) de stand-up s’accumulent. Le héros est un gagman voulant devenir écrivain sérieux, a des problèmes de couple, voit un psy, s’adresse à la caméra. On prend les même et on recommence ? Anything Else est une variation mineure mais souvent délicieuse de l’Å“uvre de Woody Allen. Et ce sont bien ces petites variations et différences qui font plaisir. Les personnages principaux ont rarement été aussi jeunes, à peine plus de 20 ans et Woody Allen s’octroie ici un rôle presque inattendu de vieux sage face à son alter ego classique (Jason Biggs)
Le personnage de Woody Allen est une variation étrange du névrosé (très) cultivé qui vieilli en devenant un mentor terriblement paranoïaque et armé. Impossible de ne pas y voir le Alvy d’Annie Hall ou le Isaac de Manhattan demeuré solitaire, presque une conscience (il n’apparaît qu’avec Jerry). Jason Biggs/Jerry est un condensé proche de la caricature de l’homme s’enfermant très tôt dans des situations inextricables. Et drôles : psy muet, copine prétendument frigide, belle-mère envahissante, agent jouant de la torture affective… Face à son autre lui-même Woody Allen « père » en finit par exhorter son disciple à quitter New York (et à donner des coups) pour Los Angeles, chose dont il fut lui-même incapable (ou alors le temps d’une escapade désastreuse) quelques 25 ans auparavant. Le lien élève/maître (à ce propos un thème également abordé dans… Crimes et Délits !) devient jeu de miroir temporel, le fantasme d’une deuxième chance.
Dans ce rôle miroir, Jason Biggs s’en tire honorablement mais sort peu de l’exercice d’interprétation d’un personnage du répertoire allénien (à ce jeu, Larry David dans Whatever Works est excellent et plus inspiré). Christina Ricci joue de son visage à la fois beau et étrange et s’avère être une vamp énervante mais aussi terriblement sexy en culotte et tshirt blanc. Car le Woody Allen des années 2000, avec des actrices comme Evan Rachel Wood, Christina Ricci, Penelope Cruz et évidemment Scarlet Johansson, se veut plus « hot » qu’il ne l’a jamais été. Cela ne nuit aucunement au(x) film(s)…

Par Pascal
3 octobre 2009 Catégories: Cinéma
Vu le 16/9/2009 Ã l’UGC Normandie salle 1 en VO
Wikus Van De Merwe est un employé du MNU, Multi-National United, fraîchement nommé pour une mission importante : faire signer des avis d’expulsion à des centaines de milliers d’aliens naufragés sur la Terre et parqués dans un immense camp : le District 9. Malheureusement pour lui, tout ne se passe pas comme prévu.
Quand on interroge un scénariste ou un réalisateur expérimenté, il nous raconte régulièrement que toutes les histoires ont déjà été racontées, qu’il existerait tout au plus une dizaine de schémas de base. Ce sont les petites variations qui peuvent captiver. Dans ce quartier désolé de réfugiés aliens sur le point d’être transférés dans un autre site encore plus sordide (mais éloigné du centre-ville), Wikus (Sharlto Copley, excellent – sa transformation physique et mentale est vraiment passionnante) va finir par être en relation avec un alien et son fils (splendides interprétations, si on peut dire cela d’êtres en images de synthèse) et prendre conscience de son action néfaste à leur contact. Une histoire fort classique en effet, rebattue dirons certains, mais racontée avec du coeur et du souffle jusqu’à la fin et le beau dernier plan.
La mise en scène prend le parti du pure réalisme. Elle commence et se finit comme un documentaire avec interview et interactions entre le sujet et l’équipe de tournage. D’une manière très habile, et qui nécessite plusieurs visions ou quelques rudiments de mise en scène (pas tout à fait mon cas), le film bascule dans la « fiction » pour mener tambour battant le parcours chaotique de Wikus jusqu’à un dernier acte. La réussite de ce côté est complète : nous sommes au cÅ“ur du District 9. Rien de mieux pour nous captiver. Au vu du budget (30 millions de dollars ce qui est assez peu pour un film de ce type) et de la qualité des effets, c’est vraiment impressionnant.
Car si District 9 est tourné de manière très réaliste, la caméra filme des choses extraordinaires à commencer par l’arsenal guerrier. Il y a cette scène où on oblige un personnage à appuyer sur la détente de plusieurs armes extra-terrestre. Malgré toute l’horreur la scène, séance de torture physique et mentale, provoquant une empathie réelle avec le personnage, on partage aussi l’enthousiasme des bourreaux face au potentiel de ces machines de mort tout droit sorties d’un FPS sauvage. Séquence pas gratuite puisque le réalisateur Neill Blomkamp poursuit une deuxième partie de pétaradante, intégrant de manière cohérente des plans exploités dans le jeu vidéo (A la première personne mais aussi en contre plongée avec l’arme en premier plan). Le final au climax fou dans un District 9 dévasté est une guerilla chaotique, sorte d’extension d’un duel à trois avec des bons, des brutes et des truands et avec des robots ! Neill Blomkamp réussit exactement là où échouait Gamer en étant également intense mais aussi décomplexé ET immersif pour le spectateur. Le résultat est aussi limpide que jouissif, brillant avec une bataille finale crédible et ironique (les aliens ne se battent pas !). Très supérieur, l’arsenal des aliens n’est pas non plus indestructible face à celui des humains plus nombreux et bien armés comme avec le BMG. C’est aussi pour ça que je vais au cinéma.
J’adore aussi la science-fiction surtout quand les mondes/aliens décrits sont réussis. C’est le cas pour District 9 et ses aliens. La mise en scène façon documentaire permet de nous donner beaucoup de détails sans alourdir le propos que Blomkamp illustre avec des images-chocs comme la première image des aliens agonisants dans leur vaisseau ou livrés à eux-mêmes, c’est-à -dire sans élite puisque la civilisation décrite se rapproche d’une structure type fourmilière, quand ils errent, pisse ou vomissent à même la rue. En plus d’être parfaitement intégré au décor, le look des aliens est excellent, à la fois terrifiant (ils peuvent sans mal décapiter quelqu’un) mais aussi quelque peu comique, les aliens devenant presque attachants par leur surnom, crevette, et par leurs moeurs étranges (ils sont dingue de la nourriture pour chat) qui ne sont pas sans rappeler sous bien des aspects le Docteur Zoidberg de Futurama.
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On dit souvent qu’un bon film de science-fiction doit révéler des situations très contemporaines notamment du point de vue politique. Neill Blomkamp, né en Afrique du Sud et faisant se dérouler l’action du film à Johannesburg, ne cache pas qu’il s’est inspiré de sa propre expérience et du récent passé de son pays alors en pleine apartheid. Blomkamp aborde un thème cependant plus général à savoir la question de la concentration d’étrangers (« aliens »). Le réalisateur dresse alors un constat peu reluisant avec les profiteurs : les officiels, la MNU faisant preuve au mieux d’une bienveillance très coloniale (le héros avec ses procédures d’expulsion met mal à l’aise) ou au pire d’une inhumanité glaçante (les expérimentations du sous-sol), et les officieux à savoir ceux misant sur le commerce parallèle en boîtes de chat, armes, alcool et prostitution et symbolisés ici avec un groupe de Nigérians vivant dans des conditions à peine meilleur que les aliens (Pourquoi des Nigérians ? Je l’ignore mais ça donne un côté serie B/mafia tout en demeurant crédible).
District 9 demeure plutôt une satire qu’un film à message d’autant que Blomkamp brouille la situation en montrant un peuple avec une technologie très avancée mais qui semble avoir oublié ce qu’elle est et d’où elle vient. Et il n’hésite pas à laisser quelques zones d’ombre au spectateur (à commencer par la disparition de presque toute l’élite). Après la séquence des armes et le look des aliens, on retrouve encore une certaine ambivalence : Ces aliens, au système fort discutable* mais rendus sympathiques (ou au-moins victime de notre … inalienité) auraient-ils pu être hostiles ? Peuvent-ils avoir conscience d’eux-mêmes et donc d’autrui à l’image de cette mini-révolte (bien sauvage !) dans les dernières séquences ? Des pistes suffisamment inexplorées pour une suite.
Et si le film se suffit à lui-même, je n’aurais rien contre une suite. District 9 est un vrai premier film assurément, une oeuvre de jeunesse en tout cas, plus maitrisée que bien des oeuvres de jeunesse mais avec tout autant de hargne et de passion.
* Au fond, critiquer l’action des humains envers les aliens revient à critiquer leur système élite/ouvrier et critiquer précisément leur élite qui se sert d’eux (même si je concède que résumer ce statut à élite/ouvrier est peut-être simpliste) et qui est ici symbolisée par le père alien George et son film, qui passent les deux personnages les plus sympathiques du film (et qui sont attristés par le sort de leur peuple). D’aucun diraient cependant que ce système est un peu le notre avec une populace de moutons guidés par une élite inaccessible… Demeure le libre arbitre.

Par Pascal
26 septembre 2009 Catégories: Articles Cinéma
Contact est un film magnifique. Je ne dirais pas le meilleur de Robert Zemeckis parce qu’il a fait plusieurs films que je revois régulièrement avec plaisir (Retour vers le futur, A la poursuite du diamant vert, Roger Rabbit, Forrest Gump) mais il n’a en tout cas pas fait mieux depuis. J’aime aussi ce scénario couplé à une belle performance d’acteur où un protagoniste meurt au début et laisse son empreinte dans tout le reste de l’histoire. Un excellent exemple est Liam Neeson dans Gangs of New York. Il joue dix minutes mais sa présence est palpable et sa mémoire obsède les deux principaux personnages (Leonardo DiCaprio et Daniel Day Lewis). Il y a aussi Vincent Perez dans Le Bossu et donc David Morse dans Contact dont la mort marquera sa fille Eleanor (Jodie Foster) jusqu’au miracle. Le moment clé est lorsque Eleanor (ici jeune fille interprétée par Jena Malone) le trouve allongé dans le salon et doit courir chercher son médicament :
Cette scène m’avait bouleversé et me bouleverse toujours. Ce n’est pourtant qu’assez récemment que j’ai compris (ou lu plutôt) que le plan est « impossible » donc truqué. Vous pouvez trouver une explication ici. Mais plus que la technique et son aspect irréel, c’est bien son sens qui est émouvant. Dans cette scène, le point de vue est en quelque sorte l’armoire à pharmacie. Annoncé par le « I Get your medecine », Eleanor doit courir rapidement vers celle-ci pour sauver son père. Le ralenti étire la séquence pour mieux nous faire prendre conscience que sa course aussi rapide soit-elle est interminable et désespérée. Il est trop tard lorsqu’elle ouvre l’armoire. La caméra se rapproche des médicaments alors que la porte se referme et que le reflet du miroir laisse apercevoir une photo du père et sa fille. C’est la fin d’une époque. Fondu au blanc. Tellement sublime que je n’arrive pas à penser la scène autrement. C’est certain, la technique intéresse et passionne Robert Zemeckis mais il sait toujours la mettre au service de son histoire.
Par Pascal
19 septembre 2009 Catégories: Articles Cinéma
Un adolescent triomphe dans un jeu vidéo en ligne guerrier, triomphe de son concepteur star Ken Castle (Michael C. Hall). Mais on est dans la futur et son personnage est une personne réelle, Kale (Gerard Butler), jouant contre d’autres humains dans un combat à mort.
Après le très ludique Hypertension qu’on dit fort inspiré du jeu GTA, il n’est pas illogique de voir les auteurs Neveldine&Taylor s’attaquer à un film sur les video games comme dit Finkielkraut. La forme est un peu la même, un cocktail de violence et de vulgarité mené tambour battant, mais le ton diffère. C’est l’image qui nous l’indique : Hypertension est très coloré tandis que Ultimate Game est majoritairement gris sauf dans lors des séquences SimLife avec des vrais gens. C’est donc du sérieux.
C’est même un peu trop premier degré. Hypertension nageait dans la vulgarité jouissive (la levrette en pleine rue) et l’humour volontiers potache (« Al Quaieda ! »). L’humour dans Ultimate Game est plus rare et souvent noir avec les figurants à découvert en plein théâtre des opérations ou des gamers obèses et/ou pervers choisissant comme avatar (humains donc) des jeunes filles sexy.
L’action est également bien peu euphorique : on voit des combats urbains et des poursuites en voitures (qui roulent au vomi !) sans aucun enjeu un peu comme regarder quelqu’un jouer à un First Person Shooter avec une caméra plus… volatile disons. Etait-ce vraiment le but ?
Il en résulte même, dans une salle obscure du moins, un sympathique ennui. Cela peut paraître un comble pour un film d’une durée d’1h30 mais le scénario accumule dans son dernier tiers bien trop de pistes pour maintenir mon intérêt : super combattants, expériences de l’armée, domination du monde, rebelles jouant sur de vieilles bornes arcades, virus, mémoire restituée sur écran, nanotechnologie, contrôle… Cette accumulation m’a laissé un peu à la périphérie du film un peu comme le casting d’ailleurs composé de nombreuses têtes connues parfois issues de la télé (Kyra Sedgwick, John Leguizamo, Terry Crews, Milo « Petrelli » Ventimiglia dont l’apparition tient plus du caméo) autour d’un Gerard Butler physiquement impressionnant et très concerné et de Michael C. Hall, raison majeure de ma présence en salles, qu’on voit principalement au début et à la fin où il me sauve de la torpeur.
Le concept semblait pourtant rigolo ou du moins intéressant. Les deux trublions donnaient leur vision du combat de gladiateurs à l’ère du jeu vidéo massivement multijoueur. On appelle d’ailleurs souvent une aire de jeu dans les FPS une arène. On a un peu vu ça dans Running Man et le Prix du danger, le contrôle réel d’autrui en moins. C’est ce contrôle qui me paraît casse-gueule. Si on élude le problème moral comme le fait le film, quel intérêt pour un gamer de jouer un être humain mortels aux gestes forcément imparfaits alors que c’est la perfection des coups et la capacité à rejouer, l’immortalité en somme, qui plaît ?
Mais au fond, les réalisateurs ont tous compris : ce qui marche dans le jeu, c’est la violence et le sexe. Ultimate Game n’en fait pas mystère même si les deux sont plutôt fugaces (on retiendra le plan bien racoleur d’Amber Valletta à quatre pattes avec une culotte en latex). Filmé un peu pareil qu’Hypertension mais en changeant de ton, on ne tire que peu de plaisir coupable de ce Ultimate Game. Déception forcément.

Par Pascal
12 septembre 2009 Catégories: Articles Cinéma
Vu le 9/6/2009 Ã l’UGC Normandie salle 1 en VO
Cette critique comporte un spoiler si vous n’avez pas regardé la bande-annonce du film.
En 2018, l’humanité lutte pour sa survie contre les machines. John Connor fait parti de la résistance. Avec le reste de l’humanité et sa hiérarchie, il prépare une attaque d’envergure contre un des sites principaux des machines. Au même moment, Marcus Wright, condamné à mort avant le jugement dernier mais ayant donné son corps à la science se réveille sans trop savoir ce qu’il fait ici.
Avant toute chose, il faut dire que j’ai vraiment adoré les deux premiers films de McG : Charlie et ses drôles de dames et sa suite. J’en parle d’ailleurs un peu ici. Après avoir notamment préparé une nouvelle adaptation de Superman, McG est sans doute désireux d’atteindre une certaine maturité après ces deux divertissements fantastiquement régressifs. Voyant dans la saga Terminator un moyen d’y parvenir, il affirme, pour ce premier épisode sans Arnold Schwarzenegger, avoir renoncé à tenir compte de Terminator 3, régressif vis à vis des deux autres opus, avec pas mal de passages de comédie (mais au fond c’était déjà le cas pour T2). A partir d’un premier scénario (écrit par les scénaristes du troisième épisode !), il s’entoure de Jonathan Nolan, frère de Christopher Nolan et co-scénariste de ses films, et de Christian Bale pour l’aider à réaliser une vision beaucoup plus sérieuse, plus « sombre ». Nous sommes vraiment victimes de cette sombritisation presque obligatoire.
Je n’aime pas cette démarche, cette façon d’écarter d’un revers de la main ce troisième opus sans être James Cameron. Certes Terminator 3 : Le soulèvement des machines est bien moins bon que ses deux prédécesseurs mais Jonathan Mostow ne s’était pas donné d’ambitions démesurées et avait livré un film de bonne facture avec des résonances parfois appuyées mais pas mal de bonnes choses (l’histoire de la mort de Sarah Connor, très belle, et son « héritage » dans le cercueil façon « on ne sait jamais », l’idée avec les réseaux mondiaux que Skynet est partout et de fait indestructible) et une conclusion audacieuse et terrible qui renverse le principe du film précédent : nous ne sommes pas maître de notre destinée. Quoiqu’on pense de ce film, ce final désenchanté laisse le champ libre de très belle manière à une suite apocalyptique. Et somme toute, j’avais bien vu un Terminator.
Malgré tout, Terminator 4 suit chronologiquement les trois premiers épisodes : 1984, 1995, 2006 et donc 2018 pour cet épisode. Le ton n’est plus le même, bien plus sérieux. Pour réussir son film, McG s’inspire des meilleurs films d’action récents. Le plan séquence étonnant dans l’hélicoptère rappelle les expérimentations d’Alfonso Cuaron dans le chef d’Å“uvre Les Fils de l’homme, le robot qui ramasse les humains est une redite du traumatisant La Guerre des Mondes de Steven Spielberg, la dévastation à tout niveau, les quelques voitures et motos, rappellent évidemment la saga Mad Max… et le site de Skynet avec ses hautes tours et ses flammes semble même être une réminiscence moderne du Mordor de Peter Jackson ! L’oeil cinéphile trouvera sans doute encore plus de ponts avec les films récents à commencer par cette photo terne et réaliste un peu à la manière du Black Hawk Down de Ridley Scott,en moins saturé.
Le résultat est sans appel : Terminator Renaissance est un film d’action terriblement efficace avec des séquences très bien réglées et filmées. Au cinéma, le spectacle est prenant, jamais ennuyeux. De ce point de vue, McG signe un bon film, son moins bon film selon moi, mais je reconnais que sa réalisation a beaucoup progressé. La force de McG est d’avoir réussi à digérer toutes ces références. Terminator Renaissance est une véritable réussite plastique, cohérente et à l’excellent design, accentué à l’écran par une mise en scène mettant tout ces éléments bien en valeur et par la musique de Danny Elfman, vraiment épique et guerrière. Dans ces conditions difficile de bouder son plaisir.
Terminator Renaissance souffre cependant de deux vrais problèmes. Le premier est le manque d’âme et le second, tout aussi ennuyeux, est que parmi toutes les sources d’inspiration, McG en a mis une de côté : Terminator.
A moins d’être Spielberg et de tourner la Guerre des Mondes, trop de sérieux tue le sérieux. Les scènes deviennent solennels et l’émotion disparaît. Terminator 4 est un film plutôt sec et froid si bien que les destins des personnages nous laisse plutôt indifférent, d’autant plus que nous connaissons celui des principaux (John Connor et Kyle Reese). Et alors que l’humanité est à l’agonie, jamais McG ne nous fait ressentir son désespoir pas plus que l’espoir de jours meilleurs. John Connor est surtout dépeint comme un guerrier valeureux plus que le prophète sauveur de l’humanité en proie au doute sans trop d’explications. McG a privilégié le film de guerre plutôt que le film apocalyptique. Et il gâche ainsi la conclusion de T3 aussi bien la terrible fin du monde que l’histoire d’amour naissante lorsque Connor et sa compagne se prennent la main en comprenant la situation. Le rôle de Bryce Dallas Howard en Kate Connor est ainsi purement utilitaire. Dans le rôle de Connor, Christian Bale est convaincant mais donc trop sérieux. Et il avait déjà joué un John Connor dans l’excellent Règne du feu où il était autrement plus sincère, désespéré puis résolu, inoubliable.
Au lieu de développer le personnage de Connor, McG introduit un nouveau personnage : Marcus Wright (Sam Worthington, très bien mais pas la sensation qu’on est entrain de nous vendre), humain ne se rendant pas compte qu’il est en fait une machine. Si on n’a jamais vu une seule image de ce film auparavant, c’est une surprise (ma femme a été surprise). C’est évidemment une approche originale, du point de vue de la saga Terminator, mais le traitement de cette idée est léger pour peu qu’on ait vu plus de quatre épisodes de la série Battlestar Galactica, bien plus complexe et riche sur ce thème du lien homme/robot-cylon. Pas mauvais du tout si on n’a pas vu la série (ou Blade Runner) mais pas passionnant dans le cas contraire.
J’adore comment certaines critiques (notamment Mad Movies) ont loué la performance de Sam Worthington et l’audace de faire de lui le héros du film. A croire qu’on a oublié le titre du film qu’on regarde et le fait qu’Arnold Schwarzenegger était un cyborg dans les trois premiers épisodes ! Dans ces trois premiers films, John Connor est presque le McGuffin de toute l’histoire : il n’est justement pas un héros mais quelqu’un qui devra l’être dans le futur et qui ne sait pas comment faire (tout comme sa mère Sarah). Et au moment de se confronter frontalement à son destin, de transformer John Connor, McG botte en touche et fait surgir Marcus Wright. John Connor est déjà un guerrier respecté qui a beaucoup d’adeptes, même si son aspect prophète est hélas à peine effleuré. Comme si j’avais manqué un épisode, celui qui nous explique comment on devient un héros. Face à cet enjeu qui peut-être complexe, l’approche de McG est plutôt prudente et assez générale. Et c’est là que je suis le plus déçu : j’ai vu un très bon film d’action, avec des idées intéressantes, mais je ne crois pas avoir vu un Terminator en dehors de très gros coups de coude au niveau des dialogues (la plupart des punchlines chocs des deux premiers films sont là ) et de quelques images (les guns n’ roses quand Connor enfourne sa moto comme dans T2) qui plombent plus le film qu’elles n’assurent la continuité de la saga. Le faux caméo de Schwarzenegger n’apporte rien non plus. C’est vrai que c’était une figure imposée.
Exit donc le voyage dans le temps (et l’envoi de Kyle Reese), la peur terrible des Terminators à l’allure humaine, la reprogrammation de ceux-ci pour l’usage de l’homme, la cicatrice et la mort de John Connor, la victoire totale de l’humanité. Tout comme il manque une véritable bataille rangée robots / humains car toute géniale que soit l’action dans le film, les robots sont rarement plus de trois dans le même plan… Tout ça c’est peut-être pour la suite. La réaction public est hélas mitigée : le film marche moins bien au box office US que T3 alors qu’il bénéficie d’une classification PG-13 lui offrant un plus large public. Et l’absence de Schwarzenegger n’est certainement pas l’unique raison. J’espère sincèrement qu’on en restera pas là , à un simple bon film un peu anonyme, et qu’enfin on abordera de manière plus décomplexée ce fabuleux univers que Terminator Renaissance.

Par Pascal
24 juin 2009 Catégories: Articles Cinéma
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