Les Simpson – saison 8
Je termine le visionnage de la saison 8 en DVD. Des épisodes que j’avais déjà vu, certains plusieurs fois, certains très récemment sur W9. Le plaisir demeure toujours intact. Revenons sur deux épisodes particulièrement marquants
4F20 – Les vrais-faux Simpson (Simpsons Spin-off Showcase)
Dans le commentaire, Matt Groening reconnaît avoir été réticent à la mise en oeuvre de cet épisode car il n’a jamais vraiment souhaité que la série montre les Simpson en tant qu’acteur d’une série. Deux possibilités : soit il ne peut empêcher un épisode de se faire, soit il est très ouvert. En tant que fan naïf, j’opterai pour la deuxième possibilité. L’épisode en question, présenté par Troy McClure, se divise en trois parties qui sont des séries dérivées : une série policière, une sitcom et un show (à l’américaine je dirais). Le résultat est comme souvent prodigieux.
Les références sont bien sur multiples. Les vrais-faux Simpson est un festival de gags mais plus encore, c’est la précision de la réalisation qui est démente. Les trois segments reprennent à leur compte toutes les figures imposées dans chacun de leur genre respectif jusque dans le style des dialogues, les situations et l’ambiance du générique du début au gag de fin. Un bonheur à chaque vision (je l’ai vu trois fois en deux jours).
4F19 – L’ennemi d’Homer (Homer’s Enemy)
C’est peut-être un épisode essentiel. La première fois que j’ai vu L’Ennemi d’Homer, en 1998, ce fut presque un choc, comme l’impression que les créateurs de la série avait tenté quelque chose. Le commentaire nous le confirme et résume l’étrangeté de cet épisode par un concept finalement simple : que se passerait-il si un personnage de la vie « réelle » venait travailler avec Homer ? Le personnage en question est Frank Grimes, un homme austère et malchanceux qui travaille énormément pour s’en sortir. Face à Homer, fumiste totale mais finalement beaucoup plus heureux et aisé que lui, il finira par le hair.
Il faut voir plusieurs fois cette épisode parce qu’au fond elle est comme souvent remplies de gags aussi hilarants qu’absurdes. Faisant une sorte de contrepoids, la deuxième intrigue relate les aventures de Bart avec une usine désaffectée qu’il a acheté dans une vente aux enchères. C’est une bonne idée mais peut-être difficilement étirable sur un tiers d’épisode. Quelques gags simpsonniens font cependant mouche.
Mais vraiment, c’est le jusqu’auboutisme de l’intrigue et sa noirceur qui marquent les esprits. Frank Grimes souligne la vie privilégiée, en se référant à son illustre passé (notamment sa rencontre avec Gerald Ford dans l’épisode sur George Bush, assez controversé également, ainsi que son voyage dans l’espace) et l’injustice totale de sa situation : « Vous ne faîtes que vampiriser les gens honnêtes qui travaillent dur comme moi. Si vous viviez dans n’importe quel autre pays, vous seriez mort de faim depuis longtemps. ». Des remarques peut-être pertinentes mais qui dans la série plongera Grimes dans la folie lors d’une séquence où on rit plus ou moins jaune, jusqu’à une issue fatale.
Le conseil de Matt Groening pour cet épisode est que chacun soit un peu plus Homer. Peut-être a t’il raison mais aimerions-nous Homer si c’était notre collègue de bureau ? Cette connexion avec ce qui est finalement le monde réel et ses frustrations est plutôt perturbante. L’Ennemi d’Homer est un grand et audacieux épisode.
Guide des épisodes de cette exceptionnelle saison 8
On laissera le mot de la fin à un groupe qui m’étonne de plus en plus, The Bloodhound Gang, qui après avoir rendu hommage à Chasey Lain, loue Ralph Wiggum. Voir le clip ici.

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