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Jericho S101 – Home

Jericho Saison 1 Episode 1
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Réalisé par Jon Turteltaub, écrit par Jonathan E. Steinberg, Josh Schaer et Stephen Chbosky

Le premier épisode, le pilote, d’une série est toujours important. Souvent plus spectaculaire et plus cher que les épisodes suivants, il doit poser les bases du fonctionnement de la série, présenter les personnages et leurs relations entre eux, aborder les thèmes qui seront traités par la suite… et bien sur elle doit captiver le spectateur. La mise en place de l’action et le mystère et interrogations que ce point de départ génère, dans le cas d’une série-feuilleton comme Jericho, sont essentiels. Ces amorces sont rarement complexes : un meurtre (Twin Peaks), un crash d’avion sur une île plus ou moins déserte (Lost) ou carrément la fin de l’humanité (Battlestar Galactica). Évidemment les causes et les conséquences induites par l’événement de départ vont se révéler autrement plus complexes…

Dans Jericho, c’est une explosion qui est ce déclencheur, une explosion lointaine, peut-être à Denver, sous la forme d’un champignon atomique. Les signes d’apocalypse se dessinent. c’est un spectacle qui fait fuir les animaux mais qui figent les hommes. Le temps est au ralenti et les dommages collatéraux se succèdent comme l’accident de Jack Green, de retour à Jericho auprès de sa famille après plusieurs années d’absence. La peur s’empare de tous mais on essaye de se raisonner ou de se rassurer quelque peu, ce n’est peut-être qu’un accident. Un répondeur téléphonique, où l’on entend les dernières paroles de la maintenant défunte mère d’un adolescent, Dale, mettra fin à tout doute :
- Oh je suis désolé, je ne savais pas que ta mère était à Denver.
- Elle n’était pas à Denver, elle était à Atlanta.

Le parallèle avec les deux tours du World Trade Center est évident. On comprend que « America is under attack » et nous sommes loin du « Nous sommes tous des New Yorkais ». Les habitants de Jericho sont seuls.

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La petite ville en plein milieu des USA est dès lors au bord de la panique. On pense à soi, aux siens, à sa sécurité et la société. L’autorité, débordée, peut être remise en cause, inévitablement. Surtout quand les bases de la civilisation moderne vacillent comme l’électricité qui est coupée (lire à ce sujet « Quand les ténèbres viendront » d’Isaac Asimov). La peur est définitivement installée tout comme la paranoïa. « L’eau est-elle potable ?» entendons-nous dans la foule.

Dans ces conditions, les gens changent. Comme dans les guerres, comme dans toutes les situations extraordinaires. Par exemple, de nos jours, de nombreuses grandes entreprises ont des sites B, des sites de secours quand le site d’activité principal n’est plus opérationnel suite à une catastrophe (un incendie par exemple). Les experts assurent que quoiqu’il arrive, un employé sur cinq sera psychologiquement incapable de travailler. Et il est difficile de savoir comment nous allons nous comporter. La prostration étant difficilement captivante dans un show télévisé, elle est presque absente de Jericho. Mais on distingue d’autres types de comportements chez ses habitants.

Il y a ceux qui tentent de maintenir la société : ce sera peut-être le coeur de la série. Faut-il maintenir un type de société similaire à celle d’ « avant » comme on le fait par exemple dans Battlestar Galactica ? Faudra t’il inventer un nouvel ordre ? En l’absence d’informations extérieures, les autorités, la police, les pompiers se retrouvent autour de leur chef le maire Johnston Green, père de Jack, accompagné de son adjoint, son autre fils Eric. Ils se heurtent à des procédures d’urgence déjà défaillantes (prévenir la garde nationale…). La sincérité mais aussi la nécessité du secret (le bus de prisonniers accidenté) seront les clés pour le maintien ou non du pouvoir actuel.

Il y a ceux qui vont tenter de tirer profit de la situation. Profiteurs de guerre ou simples opportunistes, ils voient, avec raison, dans ce type d’événement un moyen de s’élever. C’est le cas du candidat opposé au maire, Gray Anderson, dont les discours frôlent le populisme. C’est peut-être aussi le cas de Robert Hawkins sorte d’homme qui tombe à pic et dont les motivations sont encore peu claires. Peut-être altruiste ou peut-être un des hommes-mystère de la série.

L’altruisme, ça existe un peu, au-moins dans les séries. Ainsi certains se transforment littéralement souvent malgré eux. De telles personnes deviennent simplement une autre personne, des leaders ou au-moins des gens qui prennent les choses en mains et qui les organisent. Ce sont donc les vrais héros. Ou leurs pires ennemis d’ailleurs.
Cependant, dans les séries modernes, les héros ne sont pas purs et durs. On dit qu’il n’y a pas d’amour mais que des preuves d’amour. Ainsi, il n’y a pas d’héroïsmes mais des gestes héroïques. Ces gestes ont une forte valeur symbolique qui permettent d’apaiser la colère et/ou les craintes des hommes. Dans ce premier épisode le sauvetage par Jack Green du bus scolaire et de tous les enfants, avec la désormais figure classique de la trachéotomie à l’aide d’une paille (ou d’un stylo), constitue ce geste. Il permet de calmer une foule paniquée.

C’est donc le personnage de Jack Green qui s’impose naturellement comme le personnage central de la série mais ce n’est vraisemblablement pas un super héros. Il revient chez lui, « at home », après plusieurs années d’absence le jour de la catastrophe pour demander de l’argent à son père, le maire de Jericho. Les raisons de cette demande, de son départ et de ce qu’il a fait pendant son absence sont des sources de plusieurs intrigues autour du personnage, du « héros ».

Autour de lui et de la famille Green se dessinent déjà plusieurs autres sous-intrigues : Emily, vraisemblablement un ancien amour de Jack, et l’institutrice Heather (peut-être le prémisse d’un triangle amoureux), le bon ami de Jack, avec sa soeur sourde, harcelé par le fisc représenté par une femme élégante « de la ville », un adolescent vaguement solitaire et visiblement rejeté par les pétasses locales…

Et entre l’absence de Jack, les explosions ou le personnage Robert Hawkins, Jericho a de quoi tenir en haleine. Le nom de Jericho a peut-être lui aussi un sens. La ville de Cisjordanie serait une des plus vieilles cités du monde. Autour du chaos qui s’annonce, Jericho pourrait devenir aussi la dernière… ou à nouveau la première.

Cet épisode est donc très riche, très bien écrite par ses créateurs dont c’est semble t’il la première série. Le réalisateur et producteur exécutif de la série Jon Turteltaub à la filmographie pas inoubliable mais pas mauvaise avec des films comme Phénomène, Instinct ou Benjamin Gates, met en scène avec beaucoup d’efficacité et de savoir faire toute cette communauté.

Ce n’est pas non plus un pilote exceptionnel. C’est en effet devenu presque une habitude de trouver plusieurs séries américaines dignes d’intérêt chaque année dans tous les genres. La télévision n’a donc pas fini de nous épater. Jericho nous invite vraisemblablement à explorer le comportement d’une cité isolée, une leçon sans doute politique par la micro-expérimentation.

La série, bien que considérée de bonne qualité particulièrement les derniers épisodes, ne sera pas reconduite pour une nouvelle saison. Avant de peut-être tomber dans l’oubli, elle mérite que l’on s’attarde quelque peu sur ses 22 épisodes.

Fiche IMDB

Jericho sur Petit Ecran



Un commentaire à “Jericho S101 – Home”

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