Heroes
Si j’ai bien compris, la sĂ©rie Heroes est une des bonnes sĂ©ries de la rentrĂ©e 2006. Elle a dĂ©jĂ le mĂ©rite d’avoir passĂ© le cap de la première saison qui devrait s’achever dans quelques mois. Comme son titre l’indique un peu, Heroes narre parallèlement les aventures de plusieurs personnages confrontĂ©s dans le mĂŞme temps Ă un dĂ©veloppement inattendu de leurs capacitĂ©s. Entre autres, une pom-pom girl pimpante se dĂ©couvre invulnĂ©rable, tandis qu’un infirmier est persuadĂ© qu’il peut voler.
Les histoires sont accrocheuses. AccompagnĂ©es d’un arrière plan apocalyptique, elles se fondent entre autres sur l’apprentissage, devenir un hĂ©ros et font place un peu au doute (accidentellement ?) grâce Ă certains personnages qui sont peut-ĂŞtre simplement schizo ou en fin de vie façon Travolta dans PhĂ©nomène.
Surtout, au lieu de nous Ă©garer, ces histoires nous donnent l’impression qu’elles vont toutes converger transformant toutes ces coĂŻncidences et rencontres fortuites des hĂ©ros en un seul schĂ©ma, pari fort risquĂ© des scĂ©naristes mais nĂ©cessairement fascinant comme le rĂ©sume William Gibson : « l’Homo sapiens vit pour l’identification des schĂ©mas. C’est un don. C’est un piège. ».
C’est peu de dire que Heroes a l’allure confiante de cet âge d’or de la sĂ©rie US avec des dialogues solides (il suffit de voir une sĂ©rie française pour s’en convaincre) et avec une mise en scène efficace et mĂŞme inventive puisque les budgets sont limitĂ©s, et les effets spĂ©ciaux en consĂ©quence. On retrouve un excellent casting d’acteurs confirmĂ©s dont « la gueule qu’on a dĂ©jĂ vu ailleurs » renforce souvent l’adhĂ©sion. Personnellement, je suis très heureux de retrouver Adrian « Profit » Pasdar. Loin d’ĂŞtre Ă©crasĂ© par ce qui est sans doute le rĂ´le de sa vie, son personnage politicien en explore les contours. D’ailleurs, Jim Profit aurait du s’attaquer Ă la politique si la sĂ©rie avait continuĂ©. Il y a aussi tout ces trucs addictifs comme l’usage de la voix off (de la mĂŞme manière que Profit ou Desperate Housewives) et les rebondissements dantesques comme celui de l’Ă©pisode deux.
Heroes dispose aussi de quelques audaces et d’abord une violence stylisĂ©e et assez gore avec dĂ©coupage de cerveau sans anesthĂ©sie et autopsie dĂ©mente (le dĂ©but de l’Ă©pisode 4 est vraiment fort). De plus, Heroes est centrĂ© sur l’AmĂ©rique, ce dont on ne s’offusquera pas, mais s’offre quelques belles escapades en Inde ainsi qu’au Japon. Une partie non nĂ©gligeable de la sĂ©rie est mĂŞme en langue japonaise (avec un judicieux agencement des sous-titres).
Il faut alors s’intĂ©resser Ă l’un des personnages japonais, Hiro, qui sort un peu de l’ordinaire. Souvent, très souvent dans les sĂ©ries fantastiques, les personnages donnent l’impression de n’avoir jamais vu un film de science-fiction et jamais lu un comic book. Bref ce sont des amĂ©ricains qui sont comme passĂ©s Ă cĂ´tĂ© de la culture populaire. Et mĂŞme si je comprends parfaitement qu’on puisse tomber des nues en se dĂ©couvrant des pouvoirs hors du commun, il est toujours Ă©trange de les voir agir comme si ce pouvoir (voler ou bouger des objets Ă distance) Ă©tait du jamais-vu. Hiro est l’inverse de cette tendance, il a une forte connaissance de toute cette culture et s’en sert, parfois maladroitement mais toujours avec un enthousiasme communicatif, pour expliquer et exploiter son nouveau pouvoir. Grâce Ă lui, Heroes dispose d’une composante des plus passionnantes.
Enfin, Heroes est une fantaisie temporelle avec la prĂ©figuration d’une apocalypse qu’il faut dĂ©jouer et des allers et venues dans le passĂ© et l’avenir pour changer le cours du temps. Loin de trouver agaçantes les inĂ©vitables incohĂ©rences que cela risque d’induire, je me dĂ©lecte de tout ce jeu. La Machine Ă explorer le temps (de 1960), les Terminators, l’ArmĂ©e des 12 singes, l’Effet papillon, Donnie Darko, Code Quantum… autant d’histoires qui s’amusent avec le temps et qui m’enchantent tout autant. Impossible finalement de faire la fine bouche avec cette sĂ©rie. J’aime Heroes.
Tout en offrant, Ă travers une scène dans un mĂ©tro, une perspective intrigante sur ce que pourrait ĂŞtre a priori la deuxième saison, il est difficile de savoir, vu le rythme soutenu et le but visible que s’est donnĂ© la sĂ©rie combien de temps le charme va durer mais dans cette première saison, il agit indĂ©niablement.
Par Pascal 1 commentaire8 mars 2007 Catégories: Heroes SĂ©ries
1 Commentaire Add your own
1. Jb | janvier 5th, 2008 at 6:04
J’ai eu beaucoup de mal Ă entrer dedans. Le premier quart de la première saison est très obscur, Et ce Suresh qui prend tant de place au dĂ©but, alors qu’il est quasi inutile…
Mais la fin de saison est époustouflante, à partir du 118 je dirais, avec le s1e20, dans le futur, vraiment fantastique.
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