Dirt

Dirt est une sĂ©rie dĂ©butĂ©e en 2007. Deux saisons sont pour l’instant sorties: douze Ă©pisodes pour la première, sept pour la seconde Ă  ce jour.
Le personnage principal, Lucy Spiller, est interprĂ©tĂ© par Courteney Cox. Elle campe une rĂ©dactrice en chef d’un tabloĂŻd basĂ© Ă  Hollywood, nommĂ© Dirt Now. Perverse, roublarde mais aussi mal dans sa peau, elle centre toute sa vie sur son magazine et son succès dans les kiosques. Ses mĂ©thodes de travail sont extrĂŞmement immorales. Corruption, chantage de cĂ©lĂ©britĂ©s, mensonges, promesses non tenues, tout y passe. Mais elle-mĂŞme arrive Ă  justifier son job et son utilitĂ© dans la sociĂ©tĂ©, en rejetant les consĂ©quences nĂ©fastes de ses articles sur les acteurs du jeu; son journal n’Ă©tant qu’un rĂ©vĂ©lateur. Des explications plus « psychologiques » expliquent ce comportement, mais je n’en dirai pas plus.

Les autres personnages sont tout aussi intéressants.
Le second rôle de la série est le photographe paparazzi et ami de Lucy, Don. Il est schizophrène, mais fonctionnel, comme il aime le répéter.
Les autres rôles, en vrac: une jeune et charmante journaliste arriviste, un directeur de publication minable, des acteurs hollywoodiens caricaturaux prêts à tout pour réussir.

Les intrigues de la sĂ©rie sont mĂŞlĂ©es. Contrairement Ă  House M.D., certaines trames durent des saisons entières, d’autres sont plus Ă©pisodiques, seulement lĂ  pour assurer une couverture d’un des numĂ©ros du magazine de Lucy.

Un peu comme dans Californication, il y a beaucoup de scènes de sexe. C’est normal, c’est Hollywood. Dirt

Il faut poser une question importante maintenant: pourquoi regarder cette série?
On peut dire qu’elle permet de dĂ©couvrir le fonctionnement du micro-système hollywoodien. Car on devine aisĂ©ment que les intrigues sont inspirĂ©es de faits rĂ©els.
Il paraĂ®t impossible de s’identifier Ă  un des personnages. Ils sont trop immoraux pour cela. Lucy est proprement dĂ©testable. D’ailleurs, Courteney Cox, avec ses cheveux de corbeau et son visage Ă©maciĂ©, la campe superbement. Seul le photographe, Don, est un poil attachant, parce qu’il souffre, et provoque en nous de la compassion. Il fait bien sentir qu’il n’aime pas son job, mais le fait plus par impuissance de changer que par rĂ©elle mĂ©chancetĂ© ou arrivisme. Plus amoral qu’immoral.

Cela suffit-il Ă  regarder Dirt? Ă€ part ces deux raisons, Ă  vrai dire rien n’y pousse: son univers comme les personnages, tout y inspire la rĂ©pugnance.
Néanmoins les histoires sont bien construites, intéressantes, et, aussi étrange que cela puisse paraître, on y accroche bel et bien.

 Par Jb     Commenter8 mai 2008    Catégories: SĂ©ries TĂ©lĂ©vision

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