Yes Man

Vu le 26/1/2009 à l’UGC George 5 en VO

Porté par Jim Carrey, Yes Man s’inscrit dans la mouvance des comédies type Menteur Menteur ou Bruce Tout-Puissant. Pas forcément de très grands films mais de très gros succès par contre. Dans Menteur Menteur, un menteur invétéré se retrouve obligé de dire la vérité, son fils lui ayant jeté un sort. Je n’ai pas vu Bruce Tout-Puissant mais au vu du succès et du concept (Dieu/Morgan Freeman donne à Bruce/Jim Carrey ses pouvoirs), on peut deviner l’aspect énorme de l’entreprise tant au niveau des gags que des bons sentiments. Car la dernière partie des deux films consiste en une grosse louche de bonnes intentions, difficilement regardable car trop édifiante.

Yes Man suit ce canevas : Carl Allen, divorcé et banquier, dit toujours non à tout et décide de dire toujours oui. Le film a une structure très scolaire type thèse (non), antithèse (oui) et synthèse (oui et non) ce qui est en soit un progrès par rapport à Menteur Menteur (=c’est pas beau de mentir). L’élément de modification est lui personnifié par un Terence Stamp en gourou du oui que j’ai rarement vu aussi insipide. Il est donc celui qui va convaincre Carrey de dire oui grâce à un pacte de pacotille, Yes Man n’ayant pas vraiment d’argument fantastique. C’est à peu près à ce moment que le film démarre vraiment, le début étant fort longuet. J’étais pourtant bien disposé à rire et le début m’a vraiment effrayé par la pauvreté de son ton et des trois faire-valoirs amis/collègues de Carl sans intérêt. Une fois la machine à oui enclenchée, le film retrouve un peu de saveur (il faut toutefois se farcir une vieille nymphomane) d’où émerge même l’acteur Rhys Darby très sympathique en patron fan de Harry Potter et 300.

La comédie n’atteint quand même pas des sommets (une cuite à l’alcool et une autre à la Red Bull) mais le film se révèle plutôt plaisant surtout quand il lorgne dans la comédie romantique. L’atout charme de Yes Man est ainsi assurée par Zooey Deschanel, que je n’avais déjà pas oublié dans Phénomènes et Le Secret de Térabithia. Elle joue aussi Trillian dans Le Guide Galactique. En fille lunaire, chanteuse à ses heures et donnant des cours de « photofooting », elle est définitivement craquante et forme un jolie couple avec Carrey notamment dans cette grange sous la pluie, instant fort romantique. Toute l’escapade dans une ville des USA (Lincoln je crois, j’ai totalement oublié le nom de cette ville) constitue un des moments les divertissants dont la conclusion, rebondissement du film, est une amusante idée.

Après sa rupture peu convaincante, le réalisateur Peyton Reed se montre donc mal à l’aise avec ses gags vulgaires, on ressent bien que nous ne sommes pas dans une production Apatow, mais il réussit mieux ses moments romantiques nous permettant de regarder le dernier acte du film sans subir une avalanche de guimauve. Quant à la vedette Jim Carrey, elle est toujours parfaitement à l’aise, comme dans son récent Braqueurs Amateurs. Yes Man est donc beaucoup moins sirupeux que les deux comédies Menteur Menteur et Bruce Tout-Puissant. Il est aussi plus modeste et parfois ennuyeux mais finalement assez attachant.
Bonus et non des moindres : la musique dans le film, principalement par Eels, est excellente et originale pour le genre.
yesman

Par Pascal
Commenter30 janvier 2009
Catégories : Articles, Cinéma

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