Walkyrie
Vu le 2/3/2009 l’UGC George V salle 1 en VO
En 1943, le colonel allemand Colonel Claus Von Stauffenberg (Tom Cruise) est grièvement en Afrique du Nord. Trop mutilĂ©, il est nommĂ© Ă l’Ă©tat major de l’armĂ©e de rĂ©serve en Allemagne. Il s’engage alors corps et âme dans une opĂ©ration visant Ă tuer Hitler et mettre fin au rĂ©gime nazi.
A maintes reprises, Bryan Singer n’a pas cachĂ© sa fascination pour la seconde guerre mondiale et le rĂ©gime nazi. Dans Un Ă©lève douĂ©, il rĂ©ssucite un ancien SS (Ian Mckellen) rĂ©fugiĂ© Ă travers les yeux d’un adolescent et dans X-Men, il nous apprend le passĂ© de Magneto (toujours Ian Mckellen) dans les camps de concentration. Il dessine alors les contours du Mal absolu et sa naissance. En abordant directement pour la première fois la seconde guerre mondiale, le rĂ©alisateur change de point de vue puisqu’il n’explore pas les racines du Mal mais l’inverse oĂą comment une poignĂ©e de conspirateurs tentent de tuer Hitler pour en finir avec une guerre qu’ils savent perdu.
De fait, Walkyrie n’est pas un film dĂ©rangeant comme pouvait l’ĂŞtre un Ă©lève douĂ© mais un thriller dĂ©voilant une tranche d’histoire assez peu connue de l’Allemagne nazi. Peu connue et sans enjeu : nous savons qu’Hitler va s’en sortir et il ne peut y avoir de Keyser Söze. Singer nous mĂ©nage cependant un suspense sobre et minutieux autour des mĂ©canismes du stratagème montĂ© par Von Stauffenberg. Et comme il ne peut jouer sur l’issue des Ă©vĂ©nements, il insiste sur la confusion qui règne durant l’exĂ©cution du plan qui n’est pas sans des aspects presque ludiques Ă travers ce gĂ©nĂ©ral de rĂ©serve avec ses ordres contradictoires. L’Ă©vocation du jeu des communications dans une salle oĂą des dactylo reçoivent et transmettent les instructions Ă la chaĂ®ne illustre très bien le drame se jouant entre les conspirateurs et le pouvoir en place. La reconstitution est excellente. Le fait de tourner sur certains lieux historiques n’a ici rien d’accessoire mais fait ressortir sur tout le film un grand rĂ©alisme. Le metteur en scène parvient Ă nous faire ressentir l’Histoire Ă travers plusieurs dĂ©tails Ă propos de la forte centralisation Ă Berlin de l’empire nazi ou sur la dĂ©sinformation auprès Hilter (Goering annonce le 7 juin 1944 que la situation est sous contrĂ´le en Normandie !).
Dans leurs uniformes ou leur costume de ville, les acteurs sont excellents. Le premier mot prononcĂ© par Terence Stamp (un « please » voilĂ©) vaut plus que toutes ses scènes dans Yes Man. Quant Ă Tom Cruise, quand on le trouve allongĂ© et bandĂ© dans son lit Ă l’hĂ´pital, on pourrait croire Ă une note d’intention mais elle est malmenĂ©e par la scène suivante lorsqu’il revĂŞt son uniforme d’apparât blanc : tout mutilĂ© qu’il soit, Tom Cruise est Ă©tincelant. Et tout Ă fait crĂ©dible. Au-delĂ de la ressemblance physique, il campe un officier noble issue de l’aristocratie, droit comme une flèche, une vrai idĂ©e qu’on peut se faire d’un homme d’honneur qui fait son devoir en sacrifiant tout. Walkyrie est le portrait de cette homme, une figure du hĂ©ros presque primaire, sĂ©rieuse : Von Stauffenberg ne doute jamais du bien fondĂ© de ses actes et assume les consĂ©quences qu’elles pourraient avoir, mĂŞme pour sa famille. C’est cette certitude d’un homme au destin lui-mĂŞme tragiquement certain que Tom Cruise magnifie.
Par Pascal Commenter5 fĂ©vrier 2009 Catégories: Articles CinĂ©ma


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