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Un, deux, trois

Billy Wilder a tourné le film entre Juin et Septembre 1961 notamment à Berlin, qui est le lieu unique du film. En août de la même année, le Mur de Berlin est érigé d’où cette petite voix off d’introduction nous indiquant que le film se passe quelques mois avant sa construction.

Coincé à Berlin Ouest, C.R. MacNamara mène une vie mouvementée entre sa femme cynique et sa maîtresse qui est aussi sa secrétaire. Les choses se compliquent quand son patron lui demande, des USA, de chaperonner sa fille en visite dans la ville. Et la situation finit par devenir même intenable quand il apprend qu’elle s’est mariée en secret avec un communiste pur et dur et que son patron a décidé de se rendre dans la capitale allemande.

un, deux, trois

Deux choses frappent lorsqu’on regarde cette épatante comédie. Le ton d’abord qui est souvent très ironique. Billy Wilder épingle drôlement les deux camps. Entre autres, MacNamara, que sa femme surnomme « mein fuhrer », est un commercial travaillant pour Coca-Cola cherchant à vendre la célèbre boisson aux soviétiques alors que ses employés trop disciplinés marchent au pas et claquent des talons en niant leur appartenance à l’armée nazi… Pendant ce temps là, les communistes passent leur temps à défiler dans la rue, se surveillent les uns les autres et finalement acceptent sans rechigner le modèle capitaliste! L’art et la manière de dénoncer un système sans pour autant trop glorifier l’autre, le tout dans un film drôle de bout en bout.

Car si l’humour est la force du film, la mise en scène de Billy Wilder ne laisse en plus aucune place au répit. S’appuyant sur un scénario solide avec des dialogues piquants et des situations et autre quiproquos vraiment drôles, il enchaîne les événements à un rythme frénétique. Et qui va crescendo : dans la dernière demi-heure (1h30 pour le film), MacNamara change la garde robe du gendre, lui prépare un mariage, le fait adopter par un noble, lui donne des leçons de maintien, lui trouve un boulot, gère la presse et la police militaire, essaye de retenir sa femme, place sa secrétaire… un sommet de comédie pure parfaitement maîtrisé par le réalisateur épaulé par un immense James Cagney.

Un, deux, trois a plusieurs décennies et il n’a pas vieilli. Mieux (ou pire) encore : par son ton et son rythme, il vieillit la plupart de ces comédies modernes qui ont tendance à traîner en longueur.

Fiche IMDB



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