Ultimate Game
Un adolescent triomphe dans un jeu vidéo en ligne guerrier, triomphe de son concepteur star Ken Castle (Michael C. Hall). Mais on est dans la futur et son personnage est une personne réelle, Kale (Gerard Butler), jouant contre d’autres humains dans un combat à mort.
Après le très ludique Hypertension qu’on dit fort inspiré du jeu GTA, il n’est pas illogique de voir les auteurs Neveldine&Taylor s’attaquer à un film sur les video games comme dit Finkielkraut. La forme est un peu la même, un cocktail de violence et de vulgarité mené tambour battant, mais le ton diffère. C’est l’image qui nous l’indique : Hypertension est très coloré tandis que Ultimate Game est majoritairement gris sauf dans lors des séquences SimLife avec des vrais gens. C’est donc du sérieux.
C’est même un peu trop premier degré. Hypertension nageait dans la vulgarité jouissive (la levrette en pleine rue) et l’humour volontiers potache (« Al Quaieda ! »). L’humour dans Ultimate Game est plus rare et souvent noir avec les figurants à découvert en plein théâtre des opérations ou des gamers obèses et/ou pervers choisissant comme avatar (humains donc) des jeunes filles sexy.
L’action est également bien peu euphorique : on voit des combats urbains et des poursuites en voitures (qui roulent au vomi !) sans aucun enjeu un peu comme regarder quelqu’un jouer à un First Person Shooter avec une caméra plus… volatile disons. Etait-ce vraiment le but ?
Il en résulte même, dans une salle obscure du moins, un sympathique ennui. Cela peut paraître un comble pour un film d’une durée d’1h30 mais le scénario accumule dans son dernier tiers bien trop de pistes pour maintenir mon intérêt : super combattants, expériences de l’armée, domination du monde, rebelles jouant sur de vieilles bornes arcades, virus, mémoire restituée sur écran, nanotechnologie, contrôle… Cette accumulation m’a laissé un peu à la périphérie du film un peu comme le casting d’ailleurs composé de nombreuses têtes connues parfois issues de la télé (Kyra Sedgwick, John Leguizamo, Terry Crews, Milo « Petrelli » Ventimiglia dont l’apparition tient plus du caméo) autour d’un Gerard Butler physiquement impressionnant et très concerné et de Michael C. Hall, raison majeure de ma présence en salles, qu’on voit principalement au début et à la fin où il me sauve de la torpeur.
Le concept semblait pourtant rigolo ou du moins intéressant. Les deux trublions donnaient leur vision du combat de gladiateurs à l’ère du jeu vidéo massivement multijoueur. On appelle d’ailleurs souvent une aire de jeu dans les FPS une arène. On a un peu vu ça dans Running Man et le Prix du danger, le contrôle réel d’autrui en moins. C’est ce contrôle qui me paraît casse-gueule. Si on élude le problème moral comme le fait le film, quel intérêt pour un gamer de jouer un être humain mortels aux gestes forcément imparfaits alors que c’est la perfection des coups et la capacité à rejouer, l’immortalité en somme, qui plaît ?
Mais au fond, les réalisateurs ont tous compris : ce qui marche dans le jeu, c’est la violence et le sexe. Ultimate Game n’en fait pas mystère même si les deux sont plutôt fugaces (on retiendra le plan bien racoleur d’Amber Valletta à quatre pattes avec une culotte en latex). Filmé un peu pareil qu’Hypertension mais en changeant de ton, on ne tire que peu de plaisir coupable de ce Ultimate Game. Déception forcément.


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