Tron (1982) de Steven Lisberger
Bien que reconnaissant son imagerie, je n’avais jamais encore vu Tron. Pour être honnête, je ne m’attendais pas à grand chose voire à être embarrassé par le côté kitsch de l’entreprise. Ce fut plutôt le contraire. Déjà, je ne me souviens pas avoir vu ce design plutôt original (et co-designé par Moebius), relativement vieillot certes, comme souvent quand on traite de l’informatique, mais pas tant que ça. L’histoire elle-même oscille entre le bancal et le passionnant. Avec quelques artifices, le vol de jeux vidéos, le scanner miniaturiseur façon Chéri j’ai rétréci les gosses, Tron raconte le « kidnapping » de Kevin Flynn (Jeff Bridges) dans le système informatique de son ex-compagnie. Il découvre alors des programmes doués d’une vie propre, ayant l’apparence de leur créateur et soumis au Master Control Program, l’Intelligence Artificielle régnant sur le système, sauf sur le programme Tron, et rejetant l’existence des humains.
Bien que peu approfondi, l’enjeu devient mystique opposant la croyance en un créateur (l’humain en somme) ou la tentative d’émancipation de celui-ci. Il est illustré assez finement, et de l’intérieur, et nous voyons comment un programme progresse lui-même jusqu’à aboutir à la conclusion que l’homme n’est pas bon, ou inférieur, et entreprend de rejeter son existence auprès des autres programmes. Invraisemblable ou délicieusement délirant selon l’humeur. Et voir Kevin Flynn, le premier geek ?, tenter de pénétrer depuis sa salle de jeu un système informatique distant préfigure peu ou prou les autoroutes de l’information. Le film rapporta à sa sortie quelques 33 millions de dollars ce qui n’est pas transcendant, preuve que Tron, dont la suite sort en 2010, a su marquer durablement les esprits (grâce notamment au jeu qui lui fut associé).


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