The Host
Vu le 5/12/2006 Ă l’UGC George V salle 7 en VO
Après l’inoubliable Memories Of Murder, le rĂ©alisateur Joon-ho Bong passe du thriller au film de monstre. Comme dans de nombreux films du genre, The Host commence un peu dans le passĂ©, aux origines de la crĂ©ation de la bĂŞte avec un mĂ©chant AmĂ©ricain ordonnant Ă un pauvre CorĂ©en de jeter des bouteilles de formol dans l’Ă©vier qui mène directement Ă la rivière Han.
Et lĂ on peut se demander : « Et la bĂŞte elle Ă©tait comment ?» auquel moi-mĂŞme ainsi qu’ObĂ©lix rĂ©pondront : « Ah, elle Ă©tait bonne » (mais pas pour les mĂŞmes raisons). C’est que le monstre dans The Host, a fière allure. Son design est original et minutieux, une bĂŞte immonde mais très agile avec sa longue queue, digĂ©rant la chair des humains mais vomissant leurs os pendant une sĂ©quence flippante… et bien repoussante.
Quant Ă son intĂ©gration dans le film, mĂŞme si elle n’est pas toujours parfaite (notamment dès qu’il y a du feu), elle est suffisamment crĂ©dible pour enthousiasmer lors d’une première attaque sur une berge de la rivière Ă couper le souffle!
Il n’Ă©chappera Ă personne que Joon-ho Bong a inscrit une toile de fond Ă©colo-politique dans son film mettant en scène des amĂ©ricains Ă l’origine du monstre et imposant une expĂ©rimentation musclĂ©e (avec l’agent jaune-orange) Ă©paulĂ© par un gouvernement corĂ©en qui finit par semer la panique chez ses concitoyens par l’intermĂ©diaire d’une maladie que le monstre transmettrait. Le message est caricatural tout comme la plupart des scènes l’illustrant (l’opĂ©ration du cerveau demeure terrible) et elle n’est visiblement que d’un intĂ©rĂŞt moindre aux yeux de l’auteur qui prĂ©fère mettre l’accent sur la dimension humaine et dramatique de son rĂ©cit.
The Host est bien sur un (très bon) film de monstre mais il est aussi une chronique familiale centrĂ©e sur la famille Park. Une famille dĂ©glinguĂ©e mais qui s’est soudĂ©e autour de la fillette du frère ainĂ©e. L’humour du rĂ©alisateur entre alors en scène. Un humour, qu’on retrouve dans plusieurs films corĂ©ens sortis rĂ©cemment, tragico-burlesque souvent noir qui colle Ă cette petite famille jusqu’Ă presque dĂ©ranger quand ils pleurent la mort de la fillette sous l’oeil de la camĂ©ra. Joon-ho Bong filme de vĂ©ritables anti-hĂ©ros, loin des clichĂ©s hollywoodiens, dont la quĂŞte et les actions deviennent pathĂ©tiques et douloureusement touchantes.
Durant cette croisade, le rĂ©alisateur devient pertinent quand il Ă©voque son pays comme sorti de la misère, Ă travers l’enfance de Kang-du (enfance dont l’Ă©vocation fait s’endormir son frère et sa soeur !), mais toujours en proie Ă des difficultĂ©s ainsi la surprenante et dĂ©licieusement absurde sĂ©quence dans l’immeuble d’une entreprise de tĂ©lĂ©communication qui raconte aussi bien le chĂ´mage et la vie difficile des cadres corĂ©ens que la perte des idĂ©aux.
Devant la raretĂ©, malgrĂ© le bonheur Ă chaque fois renouvelĂ©, des films corĂ©ens que je vois, il n’est pas aisĂ© de retenir le nom des acteurs pourtant très talentueux et, pourtant, le quintet formant la famille fonctionne Ă merveille par exemple lors d’un très beau dĂ®ner Ă l’Ă©trange onirisme. Parmi eux, un trio d’acteurs que le rĂ©alisateur aime visiblement faire jouer : Hie-bong Byeon, Hae-il Park et le vĂ©ritablement excellent Kang-ho Song. De tous les bons coups (JSA, Sympathy for Mr Vengeance, Lady Vengeance, Memories of murder…), ce dernier mĂ©rite qu’on l’honore ne serait-ce que pour la dramatique scène sur le quai face au monstre et son père Ă terre.
Au final, The Host est jonchĂ© de moments dĂ©rangeants, hilarants, beaux, effrayants… c’est un film de genre rĂ©ussi mais Ă©galement un mĂ©lange de genres dynamitĂ© par l’humour et la sensibilitĂ© d’un rĂ©alisateur sans concession, enfin, sans concession hollywoodienne, qui confirme son talent et qu’on espère revoir très vite.
Par Pascal 2 commentaires9 dĂ©cembre 2006 Catégories: CinĂ©ma
2 Commentaires Add your own
1. Le Blog Cinébourse &raqu&hellip | décembre 9th, 2006 at 11:24
[...] The Host (++++) [...]
2. helran | janvier 9th, 2007 at 3:05
Il est terrible ce film. J’ai passĂ© un bon moment, et de franche rigolade.
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