The Ghost Writer (2010) de Roman Polanski
En Anglais, nègre se dit Ghost Writer. C’est le mĂ©tier du hĂ©ros sans nom, normal vu qu’il doit rester d’anonyme, interprĂ©tĂ© par Ewan McGregor qui se trouve employĂ© Ă la va-vite pour reprendre une autobiographie de l’ex premier ministre britannique Adam Lang (Pierce Brosnan) demeurant aux USA et sur le point d’ĂŞtre attaquĂ© en justice pour crime contre l’humanitĂ©.
L’essentiel de The Ghost Writer se dĂ©roule sur une Ă®le reculĂ©e et pluvieuse de l’AmĂ©rique. Que ce soit avec une BMW abandonnĂ©e ou un vĂ©lo, sous le porche d’une maison en bois ou dans la grande chambre d’une maison super design, Roman Polanski instaure rapidement une ambiance, un style oĂą les personnages ne surjouent pas dans la gravitĂ© et la suspicion mais se tirent dans les pattes pour des raisons sans rapport avec l’enjeu principal du film. C’est une des qualitĂ©s de The Ghost Writer : le complot n’intĂ©resse que l’Ă©crivain et semble toujours Ă cĂ´tĂ© comme si tout le monde avait autre chose Ă foutre. Le trouble et le sous-entendu sont donc ailleurs Ă l’image du triangle amoureux formĂ© par Adam Lang, sa femme (Olivia Williams) et sa secrĂ©taire particulière (Kim Cattrall).
Dans une sorte de faux rythme, The Ghost Writer est traversĂ© par des scènes gĂ©niales telle l’entrevue pour le rĂ´le de nègre, vrai moment de « real business ». Faux rythme donc car The Ghost Writer insiste parfois lourdement et parfois on ne sait pas trop oĂą tout cela mène Ă l’image de ce voyage vers l’inconnu en GPS, bonne idĂ©e exploitĂ©e un peu longuement pour un rĂ©sultat qui ne nous apprend pas grand chose. On devine Ă travers cette dĂ©ambulation, apparemment vaine mais Ă©videmment importante, l’art puissant pour brouiller les pistes et Roman Polanski le maĂ®trise plutĂ´t bien avec une rĂ©solution sans grandiloquence Ă la fois ironique et suave, champagne Ă la main, oĂą les Ă©crits s’envolent autant que les paroles. Au fond, il y a dans ce cinĂ©ma quelque chose de dĂ©licieux, une sorte d’ambition modeste mais qui se rĂ©vèle vertigineuse (on parle quand mĂŞme de manipulation politique Ă l’Ă©chelle mondiale) et qu’on ne retrouve pas forcĂ©ment dans un film Shutter Island qui sort au mĂŞme moment.
The Ghost Writer se reverra mĂŞme plus facilement avec des acteurs qui font du beau jeu sans avoir l’air de se donner de la peine. Je garderai en mĂ©moire la performance de Kim Cattrall. En une descente d’escalier en tailleur serrĂ©, elle fait oublier 94 Ă©pisodes de Sex and the City. Quant Ă Pierce Brosnan, il Ă©toffe son registre du double jeu Ă la foi sĂ©ducteur et impressionnant mais aussi sensible et faussement puissant.
Par Pascal Commenter20 mars 2010 Catégories: Articles CinĂ©ma Thriller




Poster un commentaire
Trackback this post | Subscribe to the comments via RSS Feed