The Fountain
Vu le 10/1/2007 à l’UGC Ciné Cité la défense salle 8 en VO
« Finish it » est une sentence récurrente de The Fountain. Elle rappelle aussi la bataille du réalisateur de Pi et Requiem for a dream pour pouvoir monter son film après le désistement de dernière minute de Brad Pitt parti finalement tourner Troie ce qui n’est pas vraiment la même chose. L’auteur aura finalement passé une bonne partie de sa trentaine à réaliser sa vision de la mort, de la vie, de l’univers et tout le reste.

Avec un budget tronqué, Darren Aronofsky a du gérer un manque évident de moyens à l’aide notamment de plan serrés, souvent verticaux et un souci constant d’esthétisme. The Fountain est un très beau film et rien que pour cela vaut le déplacement (fait quand même rare pour moi, j’ai vu plusieurs personnes sortir de la salle). On retrouve un peu le style de ses précédents films comme la répétition des mêmes images, les trois histoires du film ne représentant qu’une seule et même quête, et une puissance évocatrice incroyable. Il faut en effet beaucoup de talent pour évoquer en une seule petite scène tout l’amour de Tom (Hugh Jackman) pour Izzi ( Rachel Weisz), un flash back un peu flou montrant une Izzi pleine de vie en robe rouge déambulant dans sa maison.
S’attaquant en même temps à l’évocation du passé et du futur, le réalisateur impose une vision de l’Espagne et des conquistadors presque féérique quand la Reine est à l’écran, ensanglantée et ocre quand le Mal est décrit : l’inquisiteur recouvrant une carte d’Espagne de sang fait froid dans le dos tout comme son assemblée dans la forteresse. Et à l’aide de trucages originaux (des photos prises dans des boîtes de Petri, c’était d’ailleurs la toute première image du film que j’ai vue et qui est celle du générique de fin), son futur est un voyage dans un univers jamais vu, magnifique.
La direction artistique semble donc parfaite d’autant plus que le travail de Clint Mansell à la musique est une nouvelle fois fabuleux, ensorcelant comme étaient les thèmes de Requiem for a dream. Dans un rôle à peu près identique à celui qu’elle avait dans The Constant gardener, Rachel Weisz est merveilleuse, indispensable, tandis que Hugh Jackman colle parfaitement au personnage surtout en conquistador obsédé par sa mission. Difficile d’imaginer le résultat avec le couple Brad Pitt/Cate Blanchett (couple également dans Babel) initialement prévu.
Et tous les efforts de Darren Aronofsky sont au service d’une expérience belle et enthousiasmante s’articulant autour de l’humain, de l’immortalité et de l’Amour. Bien que se déroulant sur trois époques différentes aux séquences qui s’entremêlent, The Fountain est complexe mais fluide jusqu’à sa magnifique (et énigmatique) conclusion, trois époques pour nous montrer la volonté de Tom de sauver l’incarnation de celle qu’il aime, Izzi, qu’elle soit une reine, un pays ou un arbre. Cette obsession qui l’éloigne pourtant d’elle qui ne parviendra qu’à attirer son attention à travers des apparitions oniriques et un livre pour aboutir à une véritable prise de conscience. The Fountain devient alors une oeuvre superbe sur un apprentissage qui dure 1000 ans.


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