Star Trek
Vu le 12/5/2009 Ă l’UGC George V Salle 2 en VO
James Tiberius Kirk naĂ®t alors que son père meurt en sauvant de nombreuses vies. Adolescent difficile mais brillant, il dĂ©cide, grâce au colonel Pike, d’intĂ©grer la fameuse fĂ©dĂ©ration pour devenir capitaine de vaisseau et maintenir la paix dans l’univers. Ca tombe bien, un Romulien a dĂ©cidĂ© de dĂ©truire toutes les planètes de la fĂ©dĂ©ration.
J.J. Abrams a souvent dit qu’il n’avait pas une connaissance poussĂ©e de Star Trek et son univers. Au fond, les scĂ©naristes sont lĂ pour ça. L’idĂ©e la plus astucieuse est spatio-temporelle : une faille de l’espace temps permet Ă tout l’univers d’emprunter une route diffĂ©rente, mettant ainsi fin Ă toute les contraintes Ă©venementielles des protagonistes. Ainsi, Kirk n’embarquera pas d’abord sur l’USS Farragut tandis que Spock ne rencontrera pas sa mère humaine sur l’Entreprise. Les auteurs peuvent ainsi crĂ©er leur propre mythologie avec un Spock de l’espace temps original (Leonard Nimoy himself) en garant du passage de tĂ©moin. Une amourette inattendue prend donc place tandis que la planète Vulcain est pulvĂ©risĂ©e avec la plupart de son peuple sans beaucoup d’Ă©motion d’ailleurs. C’est assez logique au fond. Et voilĂ donc comment on dĂ©poussière un univers mythique, avec arrogance et roublardise (le film ne s’appelle pas Star Trek tout court pour rien d’ailleurs) mais pas mal d’efficacitĂ©.
L’Histoire change mais les caractères restent les mĂŞmes. Scotty est un inventeur/rĂ©parateur gĂ©nial, Sulu manie l’Ă©pĂ©e et un peu les gaffes, Uhura a un truc Ă l’oreille, entend et comprend tout, Chekov est un jeune chien fou aussi horripilant que dans la sĂ©rie originale avec un accent Ă couper au couteau et McCoy est très bougon. Star Trek s’attache surtout Ă dĂ©crire le respect et l’amitiĂ© naissante entre Kirk et Spock, les deux vrais hĂ©ros de l’histoire. Kirk est toujours arrogant et indĂ©pendant, prĂŞt Ă tout pour atteindre son but quitte Ă contourner les règles dont celles d’une Ă©preuve conçue par Spock. Ce dernier est Ă plusieurs reprises tiraillĂ© par sa moitiĂ© humaine notamment dans des scènes de cours d’Ă©cole fort convenues. Ca semble toujours difficile de dĂ©crire l’univers des Vulcains et leur vie logique. Ce n’est pas très rĂ©ussie dans ce film mais bon ce n’est pas moins bien que l’arène oĂą l’on se bat pour conquĂ©rir sa femme (ah, ce combat anthologique entre Spock et Kirk). Dans cette suite de figures/caractères imposĂ©s, oĂą on retrouve le mythique capitaine Pike, les acteurs sont très bons.
Quant au divertissement, Star Trek a une excellente première partie mais par la suite, la dĂ©bauche d’effets spĂ©ciaux et de frĂ©nĂ©sie (et d’invraisemblances) est surtout de mise sans pour autant vraiment passionner. Un peu comme Mission Impossible 3 dont les scènes d’action laissent plus de marbre que d’enthousiasme. Abrams s’en sort plutĂ´t bien dans l’action dans l’espace (l’introduction, la naissance de Kirk, est rĂ©ussie et Ă©mouvante) mais beaucoup moins dans l’intĂ©rieur (bagarres, fusillades) ou tout est assez incomprĂ©hensible. C’est peut-ĂŞtre mieux que le contraire. Le film aurait sans doute gagnĂ© Ă ĂŞtre plus court (on pouvait supprimer pas mal de chose dans l’Ă©pisode sur la planète de glace par exemple) mais il n’y a rien de vraiment gĂŞnant et le design des vaisseaux est rĂ©ussi. L’histoire, sur base de vengeance dans l’espace temps, est bonne et Eric Bana donne une belle intensitĂ© Ă un personnage de mĂ©chant pourtant assez peu dĂ©veloppĂ©.
Alors qu’il a plus ou moins mis en pause la franchise Mission Impossible, Abrams relance celle de Star Trek avec un certain panache. J’ai dĂ©jĂ entendu qu’il s’agissait du meilleur film de Star Trek. Je prĂ©fère au minimum le 7 et 8 (superbe) et peut-ĂŞtre mĂŞme le 10. Mais ça reste du bon boulot. Long live and prosper.
Par Pascal Commenter17 mai 2009 Catégories: Articles CinĂ©ma

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