Sherlock Holmes (2009) de Guy Ritchie
La mode est au « reboot » soit le redémarrage d’une franchise. C’est parfois récurrent, comme pour James Bond avec Casino Royale, ou pour redémarrer une série sur des nouvelles bases comme par exemple l’Incroyable Hulk bourrin mais sympa, de Louis Leterrier seulement quelques cinq ans après le Hulk statique mais sympa, d’Ang Lee. C’est au tour de Sherlock Holmes de faire un retour (fracassant au vu du succès) sur grand écran.
Bien que le style pouvait s’y prêter, cette lecture ne succombe pas aux sirènes du sérieux et de la sombritude sauf au niveau des éclairages puisqu’on ne voit pas grand chose notamment au début. On n’est pas non plus dans la gaudriole mais dans le rock’n roll. Faire appel à Guy Snatch Ritchie et à Robert Iron Man Downey Jr pour donner le concert est évidemment lumineux bien que le film ne le soit pas trop mais je me répète.
Pour être honnête, j’ai passé un bon moment en salle. Surtout au début comme souvent dans ces films où la mise en place des personnages, des décors et de l’ambiance sont plus passionnants que l’intrigue elle-même. La grandiloquence de cette dernière, ni plus ni moins que la domination du monde, me plaît beaucoup même si elle dissimule en fait une grande vacuité et des méchants plutôt insipides. Mark Strong, qui joue Lord Blackwood, était beaucoup plus impressionnant dans Mensonges d’Etat qu’ici. On pourrait même frôler l’ennui au vu des multiples répétitions qui n’apportent rien au film : nous avons donc droit à deux combats avec le même colosse, le second étant beaucoup moins rigolo que le premier. On voit aussi Holmes imaginer par deux fois l’issue de ses faces à faces puis les exécuter à l’identique sans toutefois que cela serve à quelque chose par la suite. Quant à Moriarty (ouais ça spoile mais à vrai dire vous allez voir, on s’en fout pas mal) apparaît plusieurs fois mais ne sert strictement à rien si ce n’est à terrifier une Rachel McAdams dans un rôle difficile à faire exister. Ce sera donc pour la suite. Enfin, le gros problème sont les déductions à l’emporte-pièce nous donnant aucune véritable chance d’être impressionné par le talent d’observation du célèbre détective alors qu’en filigrane se dressait une tentative d’opposition entre science et magie (noire) que Holmes rejette en toute logique.
Pour ainsi dire, on frôlerait le hors-sujet. Mais pourquoi ai-je passé un bon moment ? Peut-être parce que Guy Ritchie semble presque s’amuser de la gratuité des choses qu’il nous montre. Tout se réduit à des gags et des poses mais au fond ça fonctionne bien. Avec une excellente musique, on s’amuse avec un certain enthousiasme de voir Holmes et Watson expédier leurs ennemis à coup de tatanes, se moquer de Scotland Yard (« Ils ne manquent pas une occasion de manquer une occasion »), raconter des blagues dans une prison ou tout simplement s’invectiver avec l’ardeur que leur confère leur profonde amitié. Les hésitations de Watson, souhaitant se fiancer et arrêter les enquêtes tout en étant exalté par celles-ci, sont le meilleur du film. Robert Downey Jr et Jude Law sont parfaitement à l’aise, Guy Ritchie filme bien les explosions au ralenti et fait donc rire lors du premier combat avec un colosse (français !). A défaut d’être bonnes, les bases sont sympathiques et, espérons-le, c’est le côté ludique qui ressortira dans les prochaines visions sur petit écran. Souhaitons donc aussi tout le meilleur pour la suite annoncée.



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