Petit écran

Revues ciné et séries TV
Réalisation
Michael Patrick King
Avec :
Sarah Jessica Parker, Kim Cattral, Kristin Davies, Cynthia Nixon, Chris Noth, Candice Bergen, Jennifer Hudson
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Breaking Bad

Sex and the City

Vu le 3/6/2008 à l’UGC George 5 Salle 1 en VO

Il est délicat de faire une critique sur un film clôturant une série télévisée que je connais à peine, disons que j’ai vu 7 ou 8 épisodes, d’autant que je n’ai rien du public cible. Ce dernier est aisément reconnaissable, il suffisait d’attendre une quinzaine de minutes devant les caisses automatiques de l’UGC George 5 la semaine de la sortie du film. C’est évidemment un public essentiellement féminin, les quelques hommes perdus accompagnant madame. Elles sont des filles et des femmes se fondant dans cette masse que nous croisons tous les jours dans la rue mais qui, une fois réunies, forment une classe étonnamment homogène et en osmose avec les quatre héroïnes de la série.

Le film Sex and the City semble donc être la conclusion de la série. Les quatre femmes sont plus ou moins installées et vivent fort richement tandis que la dernière des célibataires, Carrie (qui a souvent des tenues abominables), accepte de se marier avec Mr Big. Le jour du mariage ne se passe pas comme prévu. Il faudra alors subir le plus horrible malentendu de la décennie soit :
- Big a des doutes et appelle Carrie qui est injoignable le jour J.
- Big finalement parvient à la joindre et lui dit qu’il ne peut pas et s’en va.
- Carrie lâche son téléphone au ralenti et s’en va.
- Big change d’avis et retourne à la noce (5 minutes, dans le film, plus tard).
- Il croise Carrie en voiture qui lui balance son bouquet à la figure et s’en va.
Après, ils ne se parlent et ne se voient plus pendant huit mois. Et finalement, en une seule scène, ils se retrouvent et décident de se marier quand même. Je viens de raconter la fin, oups. Et après on me dit que le script d’Indiana Jones est mauvais !

Les histoires avec les autres filles sont du même tonneau à la limite du moralisateur façon : « Même si tu étais grosse, on t’aimerait quand même. ». Tout romantisme est exclu ou bien trop appuyé. Un néophyte peut difficilement être touché par la vie amoureuse de ces femmes.
Quant à la comédie, on rit de temps en temps et tous les acteurs font bien leur travail. On retrouve avec surprise Jennifer Hudson, après Dreamgirls, toujours aussi à l’aise à l’écran : son entretien d’embauche constitue la meilleure scène du film et la plus spontanée. Son personnage, la fille qui vient à la City pour trouver le grand amour et finit par le (re)trouver dans sa ville natale, est un joli contrepoint aux héroïnes.

Devant un tel film, on pourrait donc tranquillement dire qu’il s’agit d’un épisode version longue, édulcoré soit dit en passant. Ce n’est pas tout à fait vrai. Avec un montage un peu remanié, Sex and the City correspondrait en fait à quatre épisodes mis bout à bout (le mariage raté, la dépression, la vie sans Big fois deux qui se clôture par les retrouvailles). Tout ça pour la modique somme de soixante-cinq millions de dollars là où la production de trois épisodes en aurait coûté peut-être quatre. Strictement rien ne justifie à l’écran une telle somme. Certains se sont certainement bien servis au passage, un peu comme dans les Bronzés 3. Dans le genre série récente adaptée à l’écran, on peut dire ce qu’on veut de la qualité d’une adaptation comme X-Files mais au-moins l’argent était un peu dépensé pour l’image avec de grosses explosions et des images magnifiques.

En définitive, Sex and the city semble comme souvent réservé exclusivement aux fans. Les autres ne trouveront pas là une raison de découvrir la série. Et l’amateur de comédie romantique préférera le plus modeste Jackpot, sorti deux semaines plus tôt, et qui est à la fois plus drôle et même plus romantique.

sexandthecity



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