Secret Défense
Vu le 15/12/2008 Ã l’UGC Normandie Salle 1
Après le Plaisir de chanter, on reste dans l’espionnage français mais en beaucoup plus sérieux. Secret Défense suit la trajectoire de deux jeunes inexpérimentés, une fille et un garçon, dans le monde de l’espionnage et celui du terrorisme jusqu’à l’impact. Puisqu’on est en France, qu’on a (un peu) envie d’y croire, que le réalisateur s’est entouré paraît-il d’experts de la question (on aperçoit même dans un bureau un habitué de C dans l’air !), il n’est pas déplaisant de suivre ce jeu de dupes et autres manipulations. Il y a toujours des rebondissements qu’on n’attend pas et quelqu’un d’indulgent mais amateur de thriller d’espionnage (on parle de moi en gros) pourra y trouver son compte.
Mais il ne reviendra sans doute pas sur ce film. On ressent bien que Philippe Haïm a écouté des experts, qu’on lui a dit des trucs. La restitution de ceux-ci demeure délicate. Secret Défense a tout du film avec « des gros sabots ». Le metteur en scène s’emploie très minutieusement à tout alourdir dès le générique que ce soit le contexte, le dialogue et même la musique jusqu’à mettre de la TRES grosse musique quand un mec fume son cigare tranquille devant la piscine. C’est parce que c’est le méchant. Pour faire un rendez vous discret, on se met sur un terrain totalement à découvert et sans aucune foule mais on discute dos à dos comme ça on ne se doute de rien (mais en fait c’était un coup monté). Et comme on est dans un film français, il faut mettre un arabe français agent secret qui prie Allah parce qu’il y a des bons et des mauvais arabes mais les français ils n’aiment quand même pas ça les tapis vers La Mecque. Il va sans dire que le sérieux de circonstance n’arrange rien. Curieusement, côté action c’est plutôt léger : une course en ombre chinoises et un parcours dans le métro. Et une explosion vraiment spectaculaire mais qu’on ne voit que dans un unique plan de trois secondes… Et nous apprenons donc que la DGSE résout plein d’affaires de terrorismes grâce à de gros coups de poker et des francs tireurs. Rassurant.
La partie terrorisme pouvait être plus intéressante. Et il y a des choses pas trop mauvaises comme le camp d’entraînement et quelques bonnes scènes en prison autour des relations entre Pierre et son mentor musulman. Nicolas Duchauvelle, qui joue Pierre, a un rôle assez difficile mais finalement c’est lui qui s’en sort le mieux avec Rachida Brakni mal servi hélas par un rôle incompréhensible style sergent instructeur le jour en France, agent infiltré au Maghreb la nuit. Ou l’inverse. Vahina Giocante en agent de charme, très jolie d’ailleurs, exulte plus qu’elle ne joue, Simon Abhakian est donc le super méchant cf la grosse musique et en plus il prend les femmes violemment par derrière. Enfin Gérard Lanvin est sérieux comme tout, pas mauvais mais sérieux, froid. Et triste évidemment de toutes ces pertes humaines.
Après l’également très laborieux Les Daltons, Philippe Haïm a eu raison de changer de registre mais on retrouve finalement un peu de son précédent métrage, son côté balourd sans doute. Son Secret Défense demeure un peu meilleur. Il reste du chemin à parcourir pour atteindre le niveau d’un simple Mensonges d’état ou, plus près de chez nous, d’un Agents Secrets.

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