Scoop
Vu le 8/11/2006 Ă l’UGC Montparanasse salle 4 en VO
Un fan peut-il ĂŞtre vraiment déçu d’un film de Woody Allen? Non, bien sur. Bon an, mal an, il y a toujours quelque chose Ă prendre. On ne peut ĂŞtre déçu par Scoop, l’opus de 2006. On retrouve le talent de Woody Allen pour la comĂ©die, les dialogues et situations amusantes (le bateau de La Mort, la « course » en Smart), son mĂ©tier et ses mĂ©thodes (l’intrusion « naturelle » du fantastique comme dans Alice ou La Rose Pourpre Du Caire, l’intrigue bien amenĂ©e) et enfin ses passions, ici la magie.

Dans Scoop, une journaliste en herbe (Scarlett Johansson) soupçonne un sĂ©duisant milliardaire (Hugh Jackman) d’ĂŞtre un tueur en sĂ©rie. AidĂ©e par un magicien bougon (Woody Allen), elle tente de mener l’enquĂŞte. C’est sur cette trame similaire Ă Meurtre MystĂ©rieux Ă Manhattan, avec une femme obstinĂ©e et oĂą Woody Allen devient un père dĂ©passĂ© plutĂ´t qu’un mari dĂ©passĂ©, que le rĂ©alisateur met en scène une histoire mĂŞlant journalisme d’outre tombe, amour et meurtre. Sans ĂŞtre meilleur que cet illustre modèle, Scoop demeure un bon cru, très enlevĂ© et Woody s’amuse de sa prĂ©sence Ă Londres en faisant un (petit) pied de nez au happy-end hollywoodien.
Car Londres rĂ©ussit Ă Woody Allen. La prĂ©sence du mĂŞme Directeur Photo, Remi Adefarasin n’y est sans doute pas Ă©trangère Ă cette similaire ambiance londonienne entre Scoop et le superbe Match Point, son prĂ©cĂ©dent film et le personnage de Scarlett Johansson fait mĂŞme une remarque appuyĂ©e Ă l’intrigue de ce thriller amoureux. Et, tout en changeant de registre, l’auteur continue d’opposer anglais et amĂ©ricains Ă l’aide de rĂ©pliques fort drĂ´les.
Il serait impardonnable de ne pas s’attarder un peu sur Scarlett Johansson, raison d’ĂŞtre du film puisque Woody Allen a fait ce film pour elle en transcrivant une intrigue oĂą le hĂ©ros-journaliste Ă©tait un homme. En jouant les naives dĂ©vouĂ©es, terriblement gĂŞnĂ©e quand elle est sur scène, l’actrice est parfaite. Marque d’une grande actrice en devenir : avec une simple paire de lunette (parce qu’avec des lentilles elle a peur de se mettre le doigt dans l’oeil…), elle se transforme presque complètement. Presque, parce que bien sur, qu’elle soit vamp rĂ©tro dans le Dalhia Noir, mannequin dans The Island, mĂ©lancolique dans Lost In Translation, ado pimbèche dans Ghost World ou gourde dans ce film, Scarlett Johansson est toujours très sexy et on ne peut que la saluer d’avoir donner encore plus d’inspiration Ă un auteur de 50 ans son aĂ®nĂ©e.

Poster un commentaire
Trackback this post | Subscribe to the comments via RSS Feed