Sans Sarah, Rien ne va

Vu le 23/6/2008 Ă  l’UGC George V Salle 3 en VO

Sarah Marshall dĂ©cide un beau jour de plaquer son petit ami fou amoureux Peter Bretter. Ce dernier est inconsolable et part pour HawaĂŻ se ressourcer. Mais il est dans le mĂŞme hĂ´tel que Sarah et son amant…

Par la suite, Peter va rencontrer une fille plus sympa. Sans Sarah, Rien ne va est en effet une comĂ©die romantique. C’est surtout dans la comĂ©die que le film est plutĂ´t rĂ©ussi. On retrouve sans mal le ton des Productions/RĂ©alisations de Judd Apatow, presque un genre en soi. Les gags sont souvent crus et hilarants, parfois inattendus. Ils apparaissent souvent comme vrais, spontanĂ©s. Car c’est bien l’authenticitĂ© de ces dialogues très sexuĂ©s et des situations, pourtant improbables sur le papier, qui font la force et le style Apatow. Cette rĂ©ussite est très liĂ©e au cĂ´tĂ© improvisĂ© et aux personnages masculins interprĂ©tĂ©s par des comiques souvent au physique atypique (Jonah Hill, hĂ©ros de Supergrave, est merveilleux en fan de Rock timide).

Ce style est bien prĂ©sent dans le film de Nicholas Stoller : la mise en scène a laissĂ© une grande place Ă  l’improvisation. Pour se faire, outre les stars du petit Ă©cran, on retrouve des pros du stand up (Russell Brand) et des transfuges de l’inĂ©branlable Saturday Night Live. On a donc une brochette de personnages un peu losers variĂ©e et drĂ´le de Paul Rudd en surfeur illuminĂ© au jeune mariĂ© (Jack McBrayer) totalement paralysĂ© par une femme nymphomane.

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Les films Apatow (40 toujours puceaux, En cloque, Supergrave) ne sont pas exempts de dĂ©fauts. On retrouve parfois des moments de flottement. GĂ©nĂ©ralement les scènes sans gags sont principalement utilitaires et surtout les personnages fĂ©minins sont rarement rĂ©ussis ou attachants. En cloque est un exemple type. Le film est bon, très amusant mĂŞme, mais Ă©tait un peu longuet et non Katherine Heigl n’est pas drĂ´le. Si les auteurs ont peut-ĂŞtre cernĂ© le mystère fĂ©minin (certaines rĂ©actions des personnages fĂ©minins sont incomprĂ©hensibles), cela passe mal Ă  l’Ă©cran.

Sans surprise, on retrouve ces problèmes dans Sans Sarah rien ne va qui n’est pas vraiment romantique. La rĂ©alisation privilĂ©gie le comique dans toutes les situations, comme la sĂ©quence de la rupture, et les situations sĂ©rieuses, l’ « étude » des relations dans le couple, sont sans intĂ©rĂŞts, purement utilitaires, quand elles ne sont pas mauvaises Ă  l’image de l’irrĂ©aliste explication de Sarah Ă  Peter sur leur couple et tous ses efforts pour le sauver.
Il faut cependant savoir que depuis son rĂ´le dans la saison 2 de Heroes, je n’aime pas Kristen Bell (Elle est plus drĂ´le que Heigl cependant). Elle n’a pas encore le beau rĂ´le ici ce qui me convient tout Ă  fait. Elle est donc LA Sarah, la vedette d’un show poussif, le post-gĂ©nĂ©rique, ou plutĂ´t pendant-gĂ©nĂ©rique, est pathĂ©tiquement drĂ´le, qui plaque Peter pour convoler avec un rocker incarnĂ© par Russell Brand, monumental en personnage totalement dĂ©connectĂ© du monde et de fait invulnĂ©rable.

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C’est finalement l’enthousiasme qui l’emporte grâce Ă  l’auteur/acteur Jason Segel. GĂ©nial dans le grand sitcom du moment, How I met your mother, il se donne totalement dans le film, particulièrement physiquement, et affine le personnage de ces comĂ©dies crues soit l’homme timorĂ© et prostrĂ©, sans ambition, qui dĂ©cide de prendre sa vie en main, ici Ă  travers la musique avec une Ă©tonnante et sincère prouesse musicale dans les derniers moments du film.

 Par Pascal     Commenter28 juin 2008    Catégories: CinĂ©ma

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